• Henri de Navarre, premier souverain français de la branche dite de « Bourbon », est sacré Roi de France en l'église de Chartres par l'archevêque de Bourges, le 27 Février 1594. Il prend alors le nom de Henri IV. La cérémonie n'a pas pu se dérouler à Reims, comme les anciens Capétiens l'avaient fait avant lui, car la ville appartient aux Guise, opposés aux Bourbons.

    Originaire du Béarn, né au château de Pau, Henri IV est huguenot ( protestant calviniste ). Succédant à sa mère, Henri devient d'abord roi de Navarre en 1572 puis se marie à Marguerite de Valois, sœur de Charles IX dite la « reine Margot » mais qui est catholique. Cette dualité de religions à la tête du royaume entraînera le massacre de la « Saint Barthélémy » déclenchée, le 24 Août 1572, par la reine-mère Catherine de Médicis qui veut éviter la guerre avec la catholique Espagne et pousse à l'élimination des chefs protestants, dont l'amiral Gaspard de Coligny, qui en étaient partisans. Plus de 5.000 victimes seront dénombrées sur tout le territoire en quelques semaines d'un exorcisme collectif que personne ne put arrêter. Epargné par les massacres, Henri IV est contraint de se convertir au catholicisme. Il aura cette phrase célèbre, en abjurant sa foi : « Paris vaut bien une messe ».

    Après ce énième épisode des guerres de religions de cette époque, un traité de paix sera signé par Henri IV lui-même, le 13 Avril 1598, c'est « l'Edit de Nantes » autorisant, dans certaines limites, la liberté de culte pour les protestants. Après plusieurs décennies de guerres civiles, la France connaît enfin la paix. Vient alors une période de gouvernance assagie, avec des ministres compétents tels que le Duc de Sully. En 1600, après avoir fait annuler son mariage avec la reine Margot, le « Bon Roy Henry » épouse Marie de Médicis dont il aura six enfants.

    Dix ans plus tard, avec une armée complètement réorganisée, Henri IV s'apprête à repartir en guerre contre les Habsbourg lorsqu'il est assassiné à Paris par Ravaillac, un catholique fanatisé, le 14 Mai 1610.

    D'Henri IV, on se souvient, comme des images d'Epinal, de la «  Poule au pot » qu'il souhaite voir cuire dans chaque marmite, de l'Edit de Nantes qui met fin à des années d'affrontement religieux et permet de s'occuper enfin de « labourage et pâturage qui sont les deux mamelles de la France ». On oublie les atrocités et les guerres pour sourire doucement à l'évocation de ses 13 enfants illégitimes et de ses innombrables maîtresses.

    Ne disait-on pas qu'il était le « Vert Galant » ? De nos jours, cela ne se fait plus, n'est-ce pas ?

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  • A la mort de son père, le roi Georges VI, duc d'York, Elisabeth II accède au trône d'Angleterre à l'âge de 26 ans, le 06 Février 1952. Née Elisabeth Alexandra Mary Windsor, elle devient reine du Royaume-Uni mais aussi de 16 Etats indépendants issus notamment du Commonwealth soit 130 millions d'habitants. On sait qu'elle est la souveraine du Canada, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande entre autres, mais on sait moins qu'elle est le Commandant en chef des armées de chacun de ces 16 Etats.

    Cinquième femme à occuper de plein droit le trône britannique, ayant déjà fait, en 2002, son jubilé d'or après 50 ans de règne, elle approche le record de longévité de Victoria ( dont elle est une descendante ) qui servit 64 ans la couronne.

    En 1947, à 21 ans donc majeure, Elisabeth prononce en Afrique du Sud son premier discours d'allégeance à l'Empire : « ...les progrès de la science me permettent de ....prononcer mon serment solennel en m'adressant à l'ensemble de l'Empire. ....Je déclare devant vous tous que je consacrerai toute ma vie, soit-elle longue ou courte, à votre service et au service de la grande famille impériale dont nous faisons tous partie.... ». A son retour, elle épouse le lieutenant Philip Mountbatten, ex prince de Grèce et de Danemark, aujourd'hui Son Altesse Royale le prince Philip, duc d'Edimbourg dont elle aura 4 enfants ( le prince Charles en 1948, la princesse Anne en 1950, le prince Andrew en 1960 et le prince Edward en 1964 ) et 7 petits-enfants.

    Célèbre par sa collection de chapeaux, elle revendique son rôle public en assistant à de nombreux événements culturels mais s'est toujours refusée à donner des interviews dans la presse. Autour d'elle, le protocole est très strict : pas question de lui adresser la parole ou de lui tendre la main, une révérence est de mise si on appartient au Commonwealth, il est «  shocking » de la toucher et on ne lui parle qu'en anglais, voire en français ( langue qu'elle maîtrise parfaitement ) en l'appelant « Madame ».

    En tant que souveraine du Royaume-Uni, Elisabeth II a son effigie sur les billets de banque et les timbres-poste britanniques ; en tant que reine du Canada, elle figure aussi sur les pièces de monnaie et le billet de 20 dollars canadiens. Depuis 1952, elle aura vu passer 11 premiers ministres à Londres parmi lesquels : Churchill, Macmillan, Margaret Thatcher et Tony Blair.

    Réputée pour sa liberté de ton et toujours en phase avec son temps, la reine met aujourd'hui ses discours ( comme les voeux de Noël 2007 ) sur Internet via Youtube. Qui a dit que la Royauté britannique n'était pas moderne ?


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  • Après l'annonce, dès 1862, de la proclamation d'émancipation des esclaves américains par le Président républicain Abraham Lincoln, le Congrès vote, le 31 Janvier 1865, le 13ème amendement de la Constitution qui abolit l'esclavage aux Etats-Unis.

    Elu Président en 1860, anti-esclavagiste convaincu, Lincoln s'opposera au sécessionnisme de 11 états confédérés du Sud de ce qui n'était pas encore les Etats-Unis, au cours de ce qu'il faut bien appeler une guerre civile et qui sera la Guerre de Sécession entre deux conceptions : celle des capitalistes industriels protectionnistes du Nord et celle des planteurs libre-échangistes du Sud, un duel entre la ville et la campagne, en somme. Produits manufacturés et services d'un côté contre coton, tabac et canne à sucre de l'autre.

    Après des revers initiaux face à des sudistes plus aguerris soutenus par les Britanniques, l'armée nordiste « yankee » du général Grant aura le dessus et l'unité de l'Union sera préservée contre les Confédérés. Ce conflit durera de 1861 à 1865 et sera le plus traumatisant de l'histoire des Etats-Unis. Les principaux combats eurent lieu sur les territoires du Sud à Gettysburg, Chancellorsville, Spotsylvania, Wilderness, Bull Run et Stone River notamment et virent s'illustrer les généraux Lee, Bragg, Hooker, Grant, McClellan.

    Plus de 610.000 hommes seront tués et largement autant blessés mais cette guerre régla deux problèmes qui tourmentaient les américains depuis 1776 : elle abolit l'esclavage et confirma que le pays formait bien une nation indivisible et non pas des états semi-indépendants.

    Réélu en 1864, Lincoln aura le temps d'ériger la fête du « Thanksgivings » traditionnelle des Indiens pour remercier le ciel des bonnes récoltes de l'année, en fête nationale américaine mais il ne verra pas la réconciliation de tous les états de l'Union car un opposant sudiste se glissera derrière lui le 14 Avril 1865, au cours d'une sortie au théâtre et lui tirera une balle dans la nuque.

    Voyez l'évolution du front de cette « American civil war » sur ce lien : http://www.koreus.com/video/guerre-secession-4-minutes.html

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>( Photo : Mount Rushmore, South Dakota, dans l'ordre : Washington, Jefferson, Roosevelt et Lincoln )

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  • L'apôtre de la non violence, le Mahatma Gandhi, est assassiné par un extrémiste hindou le 30 janvier 1948. Il lui est reproché de n'avoir pas conservé l'intégrité territoriale de l'Inde lors de l'accession à l'indépendance. L'impossible entente religieuse entre musulmans et hindous a en effet entraîné une partition entre Inde et Pakistan et un exode massif de populations.

    Mohandas Karamchand Gandhi est né dans le Gujerat en 1869 d'un père appartenant à la caste intermédiaire des marchands ( gandhi signifie épicier ) qui l'élève dans la tolérance de l'Islam mais c'est surtout l'influence du Jaïnisme qui va inspirer le jeune Mohandas. Cette religion prône, en effet, la non violence radicale, l'ahimsa, envers les hommes et les animaux. Marié à 14 ans, il fait ses études à Londres où il sera avocat puis il part en Afrique du Sud pendant 20 ans avant de revenir aux Indes en 1914 pour mettre un terme à l'exploitation coloniale de son pays, sans répandre une goutte de sang. Il y parvient en 1947 grâce à un programme de non-coopération, de boycotts et de manifestations silencieuses, telles que la marche du sel en Mars 1930 où il parcourt, avec ses disciples, 350 km jusqu'à la mer pour ramasser symboliquement une poignée de sel frappé par une taxe imposée par le pouvoir britannique. Il est bien sûr arrêté et mis en prison comme il le sera souvent.

    Lors de la seconde guerre mondiale, « Bapu ( père ) » comme on le surnommait, lance le slogan anti-anglais «  Quit India as masters » et pousse à l'insurrection. Il retourne en prison, avec de nombreux membres du Congrès, sa femme Kasturbai y meurt. Churchill le fait libérer en 1944 puis les travaillistes accélèrent le processus de décolonisation car la Grande-Bretagne est plus préoccupée de son redressement économique et social que du sort de son lointain Empire. La partition du pays est effective en Août 1947 avec Lord Mountbatten malgré le jeûne protestataire du Mahatma ( qui signifie : « Grande Ame » ).

    C'est parmi ses frères les plus proches, les hindous, qu'un extrémiste le tuera de trois balles lors d'une prière publique, le 30 Janvier 1948. Jawaharlal Nehru a depuis, comme Premier Ministre, repris à sa manière le combat du Père de la Nation indienne. Même le problème douloureux des castes qu'il a combattu sera allégé.

    La vie ascétique et l'enseignement de Gandhi inspirèrent Martin Luther King, Nelson Mandela et Ang San Su Kyi, ainsi que le cinéma : On se souvient de la remarquable interprétation de Ben Kingsley en 1982.

    Pour ma part, j'aime à me souvenir d'une de ses maximes : «  Colère et intolérance sont les ennemis d'une bonne compréhension ». Voilà de la sagesse !

    ( Photo : Nehru et Gandhi )

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  • A 78 ans, le dernier Maréchal de France, Alphonse Juin, s'éteint au Val de Grâce le 27 Janvier 1967. Pied-noir né à Bône et fils de gendarme, cet élève doué sort major de la Promotion Fez de Saint-Cyr en 1912, celle du Général de Gaulle. Homme de terrain et fin stratège, il se bat au Maroc, avec ses Tabors et ses Goumiers, pendant la première guerre mondiale puis sur le front champenois en 1915 où il perd l'usage de son bras droit, ce qui en fera le seul officier à saluer de la main gauche.

    Après un stage à l'école de guerre, il est affecté en Tunisie puis au 7ème régiment de tirailleurs algériens de Constantine où il se mariera et enfin à nouveau au Maroc. Pénétré de la doctrine propre à Lyautey, il se révèle, au poste de chef de cabinet militaire du résident général du Maroc aussi bon stratège qu'organisateur avisé et fin diplomate en étant associé à la mise en œuvre de la politique de pacification entamée par Lyautey.

    Elevé en 1938 au rang de Général de Brigade à l'âge de cinquante ans, il va bientôt vivre sa deuxième guerre mondiale à la tête de la 15ème Division d'Infanterie Motorisée. Il tiendra tête à l'avancée allemande à Valenciennes mais, ne voulant pas reculer, sera fait prisonnier et interné à la forteresse de Königstein. Rapatrié sur la demande du Maréchal Pétain, il est nommé commandant en chef pour l'Afrique du Nord en 1941, en remplacement de Weygand. Lors du débarquement allié en Afrique, en 1942, Juin pousse Darlan à proclamer le cessez-le-feu et favorise le ralliement à Giraud. Il passe des accords avec le commandement américain, ordonne la mobilisation et déclenche les hostilités sur le front tunisien face à l'Africacorps du Général Rommel. Nommé Général d'Armée en 1942, il commande en 43 et 44 le corps expéditionnaire français qui va se couvrir de gloire en Italie. Vainqueur au Garigliano sur le belvédère du Monte Cassino en privilégiant une attaque en souplesse par les flancs ( grâce aux mulets de sa « Royal Brêle Force » de Spahis marocains, selon le mot moqueur des Anglo-saxons ) plutôt qu'un affrontement direct, il offre aux Américains une voie triomphale vers Rome et Sienne, en Juin 1944.

    Rappelé à Alger comme chef d'état-major de la Défense nationale, il transmet son commandement au Général de Lattre de Tassigny, le 23 Juillet 1944. Il assumera ensuite la haute fonction de Résident Général au Maroc.

    Alphonse Juin sera un rare français à avoir exercé, de 1952 à 1956, la charge de commandant interallié des Forces Atlantiques terrestres du secteur Centre-Europe de l'OTAN, sous les ordres directs du Général Eisenhower, futur Président américain.

    C'est en 1952 aussi qu'il est élevé, le 08 Mai, à la dignité de Maréchal de France et, comme le veut la tradition, élu à l'Académie Française, en Novembre, accueilli par le discours de Maurice Genevoix. Cependant, Juin verra les dernières années de sa vie assombries par la guerre d'Algérie. Il se montrera hostile à la politique algérienne du Général de Gaulle mais refusera néanmoins de soutenir le putsch des généraux en 1961.

    Il est, bien sûr, inhumé aux Invalides.


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