• Mort du Maréchal Juin.

    A 78 ans, le dernier Maréchal de France, Alphonse Juin, s'éteint au Val de Grâce le 27 Janvier 1967. Pied-noir né à Bône et fils de gendarme, cet élève doué sort major de la Promotion Fez de Saint-Cyr en 1912, celle du Général de Gaulle. Homme de terrain et fin stratège, il se bat au Maroc, avec ses Tabors et ses Goumiers, pendant la première guerre mondiale puis sur le front champenois en 1915 où il perd l'usage de son bras droit, ce qui en fera le seul officier à saluer de la main gauche.

    Après un stage à l'école de guerre, il est affecté en Tunisie puis au 7ème régiment de tirailleurs algériens de Constantine où il se mariera et enfin à nouveau au Maroc. Pénétré de la doctrine propre à Lyautey, il se révèle, au poste de chef de cabinet militaire du résident général du Maroc aussi bon stratège qu'organisateur avisé et fin diplomate en étant associé à la mise en œuvre de la politique de pacification entamée par Lyautey.

    Elevé en 1938 au rang de Général de Brigade à l'âge de cinquante ans, il va bientôt vivre sa deuxième guerre mondiale à la tête de la 15ème Division d'Infanterie Motorisée. Il tiendra tête à l'avancée allemande à Valenciennes mais, ne voulant pas reculer, sera fait prisonnier et interné à la forteresse de Königstein. Rapatrié sur la demande du Maréchal Pétain, il est nommé commandant en chef pour l'Afrique du Nord en 1941, en remplacement de Weygand. Lors du débarquement allié en Afrique, en 1942, Juin pousse Darlan à proclamer le cessez-le-feu et favorise le ralliement à Giraud. Il passe des accords avec le commandement américain, ordonne la mobilisation et déclenche les hostilités sur le front tunisien face à l'Africacorps du Général Rommel. Nommé Général d'Armée en 1942, il commande en 43 et 44 le corps expéditionnaire français qui va se couvrir de gloire en Italie. Vainqueur au Garigliano sur le belvédère du Monte Cassino en privilégiant une attaque en souplesse par les flancs ( grâce aux mulets de sa « Royal Brêle Force » de Spahis marocains, selon le mot moqueur des Anglo-saxons ) plutôt qu'un affrontement direct, il offre aux Américains une voie triomphale vers Rome et Sienne, en Juin 1944.

    Rappelé à Alger comme chef d'état-major de la Défense nationale, il transmet son commandement au Général de Lattre de Tassigny, le 23 Juillet 1944. Il assumera ensuite la haute fonction de Résident Général au Maroc.

    Alphonse Juin sera un rare français à avoir exercé, de 1952 à 1956, la charge de commandant interallié des Forces Atlantiques terrestres du secteur Centre-Europe de l'OTAN, sous les ordres directs du Général Eisenhower, futur Président américain.

    C'est en 1952 aussi qu'il est élevé, le 08 Mai, à la dignité de Maréchal de France et, comme le veut la tradition, élu à l'Académie Française, en Novembre, accueilli par le discours de Maurice Genevoix. Cependant, Juin verra les dernières années de sa vie assombries par la guerre d'Algérie. Il se montrera hostile à la politique algérienne du Général de Gaulle mais refusera néanmoins de soutenir le putsch des généraux en 1961.

    Il est, bien sûr, inhumé aux Invalides.


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 27 Janvier 2008 à 16:58
    Maréchal....
    Maréchal Joint ? C'est pas le chef des dealers ?
    2
    Dimanche 27 Janvier 2008 à 17:21
    Chef
    Tu as raison, on est toujours le chef de quelque chose mais à la mesure de son génie propre. Toi, c'est la dérision, je crois, non ?
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