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Lebuzuk - historik

Les délires d'histoire de Papyves.../...ça s'est passé aujourd'hui !

Papyves

C'est  sympa  un  Blog : On  peut  aller  au  bout  de  son  monologue  sans  risquer  d'être  interrompu.  On  n'est  même  pas  obligé  de  lire  les  commentaires  d'autrui.


Non,  je  rigole,  si  j'écris  c'est  pour  être  lu,  pardi.  Alors,  bonne  lecture.  Vous  pouvez  zapper,  je  ne  m'en  offusquerai  pas.


En  fait,  si  je  suis  là,  c'est  parce  que  je  cherche  surtout  à  me  souvenir  de  l'anniversaire  du  jour.  Que  s'est-il  passé  aujourd'hui ?  On  oublie  trop  le  passé.  L'histoire  nous  apprend  pourquoi  nous  en  sommes  arrivés  là.  J'évite  quand  même  de  choisir  un  événement  anniversaire  qui  sera  bien  médiatisé. 

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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.

C'est quoi, ce Blog ?

Glossaire

La lettre de Guy Môquet | 22 octobre 2009

 

C’est  aujourd’hui,  22  Octobre  2009,  68  ans  après  qu’il  fut  fusillé  à  Châteaubriand,  que  la  lettre  d’adieu  à  sa  famille  du  jeune  militant  communiste  Guy  Môquet  devrait  être  lue  dans  tous  les  lycées  de  la  République  Française.

Bien  sûr,  puisque  c’est  une  décision  unilatérale  du  Président  de  la  République,  relayée  évidemment  par  le  Gouvernement,  bon  nombre  d’enseignants  ne  la  liront  pas  à  leurs  élèves,  pour  des  raisons  politiques,  tout  comme  ils  ne  feront  pas  de  commentaire  historique  sur  les  conditions  de  sa  rédaction.

C’est  dommage,  car  c’est  une  lettre  admirable  d’un  jeune  Français  de  17  ans  qui  s’est  engagé  à  fond  dans  une  cause  qu’il  estimait  juste  et  qui  était  prêt,  en  distribuant  des  tracts  interdits,  à  risquer  sa  vie  pour  des  idées  nobles.

Les  jeunes  élèves  d’aujourd’hui,  malgré  l’image  nonchalante  qu’ils  affichent  souvent,  seraient  sans  doute  prêts  à  faire  de  même  s’ils  étaient  placés  dans  les  mêmes  conditions  historiques.  Alors  pourquoi  leur  refuser  l’accès  à  cette  belle  page  d’histoire  de  leur  pays ?  

Voici  cette  lettre :

 

"Ma petite maman chérie,

mon tout petit frère adoré,

mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi.

Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable, je ne peux le faire hélas ! J’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées. Elles pourront servir à Serge qui, je l’escompte, sera fier de les porter un jour.
A toi petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels.
Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon cœur d’enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime"

 

Publié par Papyves à 10:56:19 dans Faits politiques. | Commentaires (2) |

Alésia, le génie de Vercingétorix ( début ) | 07 octobre 2009

 

Et  le  07  Octobre,  Vercingétorix  dut  se  résoudre  à  capituler.

Pourtant,  tout  s’était  déroulé  comme  il  l’avait  prévu  jusqu’alors,  en  cette  année  52  avant  notre  ère :  César  était  tombé  dans  le  piège  que  le  chef  Arverne  lui  avait  tendu  et  la  colonne  interminable  de  cohortes  armées,  à  pied  ou  à  cheval,  de  chariots  tirés  par  des  bœufs  venait  de  s’arrêter  au  pied  de  cette  falaise  bordée  de  gorges  infranchissables,  en  haut  de  laquelle  des  milliers  de  Gaulois  l’attendaient,  sur  l’oppidum  entourant  l’Alésia  des  Mandubiens.

Car,  en  vérité,  César  est  en  grande  difficulté  depuis  que  l’insurrection  gauloise  s’est  quasiment  généralisée  à  toute  la  Gaule.  Il  est  aux  abois  et,  après  la  déculottée  subie  à  Gergovie ( près  de  Clermont-Ferrand ),  il  bat  en  retraite. 

Avant  que  les  peuples  gaulois  qu’il  avait  ralliés  à  sa  cause ( Eduens  notamment )  ne  basculent  aussi  dans  la  révolte,  il  entreprend  de  rejoindre  la  « Province  romaine »,  au  Sud  du  Rhône,  pour  reconstituer  son  armée  et  notamment  sa  cavalerie.  Il  veut  surtout  mettre  à  l’abri  le  formidable  butin  de  guerre  amassé  pendant  la  campagne  depuis  59.  La  route  la  plus  directe  et  la  plus  sûre  vers  Genève  et  les  Allobroges  alliés,  depuis  Langres    il  a  rassemblé  le  gros  des  Légions  ( sitôt  que  Labiénus  a  pu  le  rejoindre  avec  ce  qu’il  reste  du  raid  infructueux  sur  Lutèce – Paris - ),  traverse  le  Jura  et  passe  par  Pontailler ( entre  Dijon  et  Besançon ),  Tavaux ( Dôle ),  Poligny,  Champagnole,  Alésia  puis  Nyon.

Refusant  d’affronter  les  Romains  en  combat  frontal,    ceux-ci  excellaient,  Vercingétorix,  sorti  vainqueur  de  la  réunion  des  chefs  à  Bibracte  ( Morvan ),  avait  privilégié  une  stratégie  de  harcèlement  systématique  et  de  terre  brûlée  pour  empêcher  les  légions  de  César  de  se  ravitailler  sur  l’habitant,  en  vivres  et  fourrage.  L’Imperator  pouvait  observer  les  incendies  des  citadelles  et  des  bourgades  qu’il  avait  l’intention  de  traverser  et  il  pouvait  ainsi  se  rendre  compte  que  la  révolte  contre  sa  présence  s’était  bel  et  bien  généralisée.

Face  à  l’oppidum  d’Alésia,  César  comprend  que  cette  place  forte  ne  peut  pas  être  prise  «  autrement  que  par  un  siège »,  comme  il  le  dit  dans  ses  Commentaires  de  la  Guerre  des  Gaules,  car  le  contournement  est  impossible  et  l’ordre  de  faire  demi-tour  impensable  à  annoncer  à  des  légions  déjà  démoralisées.  Les  Gaulois  sont  bien  là,  il  le  sait  depuis  la  surprise  de  la  première  attaque  de  cavalerie  dans  la  plaine  de  Crotenay ( à  15  km  d’Alésia ),  attaque  qu’il  retourna  cependant  à  son  avantage  grâce  aux  cavaliers  germains  qu’il  avait  fait  requérir  en  toute  hâte.  Il  entame  alors  l’édification  d’un  système  de  fortifications  et  de  valorisation  des  obstacles  du  terrain  pour  encager  les  Gaulois  et  les  affamer  sur  leur  plateau.  Ce  sera  la  « contrevallation »,  enceinte  majeure  qui  enserre  au  plus  près  l’oppidum,  sur  16  km,  dans  les  secteurs  sans  falaise.  César  est  passé  maître  dans  cet  exercice  de  fortifications  de  siège.

De  son  côté,  Vercingétorix  a  rassemblé  du  bétail,  engrangé  un  mois  de  céréales  pour  les  combattants  et  de  foin  pour  les  chevaux,  au  cas    les  prairies  seraient  rapidement  rasées  par  ceux-ci.  C’est  bien  la  preuve  qu’il  ne  s’est  pas  laissé  enfermer  mais  avait  prémédité  la  bataille  à  cet  endroit  qui  est  la  capitale  religieuse  de  toute  la  Celtique.  Quel  symbole  s’il  l’emporte !  D’autant  qu’il  a  l’avantage  numérique  avec  ses  80.000  hommes  face  aux  72.000  légionnaires  de  César.

Pendant  que  les  romains  s’affairent  à  édifier  la  contrevallation,  le  chef  Arverne  tente  une  sortie  avec  ses  cavaliers  qu’il  a  rassemblés  sur  un  grand  terre-plein  à  l’abri  d’une  « maceria »  de  protection.  Mais  ce  sont  à  nouveau  les  cavaliers  germains  qui  vont  semer  la  panique  dans  les  rangs  gaulois,  lesquels  refluent  en  désordre  vers  le  camp.  Dès  lors,  Vercingétorix  décide  de  se  séparer  de  ses  propres  cavaliers  ( autant  de  bouches  en  moins  à  nourrir )  et  leur  donne  comme  mission  de  lever  dans  chaque  tribu,  en  Gaule,  un  contingent  de  guerriers  qui  constitueront  « l’armée  de  secours ».  Pris  dans  un  étau  entre  celle-ci  et  les  assiégés,  le  Proconsul  devra  bien  céder. 

Lorsqu’il  apprend  ( vraisemblablement  par  des  prisonniers )  qu’une  armée  de  secours  est  en  préparation  dans  son  dos,  César  ordonne  l’érection  d’une  seconde  enceinte,  de  20  km,  à  l’arrière  de  ses  propres  troupes  pour  se  protéger  contre  la  venue  de  ces  renforts.  Ce  sera  la  « circonvallation »,  elle  aussi  renforcée  de  fossés,  « d’agger »  de  terre  et  de  pièges  sous  forme  de  trous  coniques  camouflés  par  des  branchages  et  contenant  des  branches  acérées  ou  des  pieux  épointés.

De  toute  la  Gaule,  ou  presque,  convergent  en  Septembre  52,  les  renforts  attendus  par  Vercingétorix  dont  le  total,  selon  César,  atteindra  254.000  hommes  et  8.000  cavaliers.  Une  telle  masse  ne  se  rassemble  pas  facilement  ni  rapidement  et  les  jours  passèrent  sur  l’oppidum  sans  qu’on  ne  les  visse  poindre  à  l’horizon.  Les  vivres  s’amenuisant  dangereusement,  le  retard  de  cette  armée  de  secours  devenait  critique  car,  de  son  côté,  César  renforçait  ses  fortifications  et  les  étendait  en  profondeur.  Lorsqu’enfin  les  renforts  arrivèrent,  sous  les  clameurs,  des  attaques  gauloises  furent  lancées  de  tous  côtés,  notamment  par  Vercassivellaun,  cousin  arverne  de  Vercingétorix,  qui  investit  la  moitié  du  camp  nord  romain  mais  le  franchissement  des  fortifications  consomme  beaucoup  d’hommes  et  d’énergie.

Les  attaques  dans  la  plaine  étant  infructueuses,  Vercingétorix  décide  de  faire  la  jonction  avec  son  cousin  en  escaladant  les  abrupts  qui  dominent  le  camp  nord. 

A  suivre  ci-dessous :

Publié par Papyves à 10:44:24 dans Grands Chefs | Commentaires (0) |

Alésia, le génie de Vercingétorix ( suite ) | 07 octobre 2009

 

 

 Suite ....

Cependant,  depuis  son  poste  d’observation,  César  rappelle  ses  légions  de  flanc  et  au  sud  de  l’oppidum  pour  les  engager  aux  points  qu’il  sent  défaillants.  Puis  il  se  porte  lui-même,  tout  drapé  de  rouge,  au  devant  de  la  bataille,  galvanisant  ses  légionnaires  harassés,  ordonnant  à  Labienus  et  à  ses  cavaliers  un  mouvement  de  contournement  pour  prendre  les  gaulois  à  revers. 

L’arrivée  de  ces  cavaliers  et  de  cohortes  neuves  dans  le  dos  des  gaulois  déjà  épuisés  entraîne  alors  un  sauve-qui-peut  que  ne  manquent  pas  d’observer  les  combattants  restés  sur  les  hauteurs  de  la  citadelle.  On  croit  que  l’armée  de  secours  va  s’élancer,  vu  sa  supériorité  numérique  mais  elle  ne  bouge  pas,  pire  elle  s’enfuit  sans  combattre,  sans  doute  gangrénée  par  les  chefs  Eduens  jaloux  du  prestige  de  Vercingétorix.  Le  repli  des  forces  au  contact  est  alors  ordonné  par  Vercingétorix  qui  ne  peut  que  constater  l’échec  de  ses  attaques  successives.  Le  formidable  complexe  fortifié  par  César  et  la  passivité  de l’armée  de  secours  ont  eu  raison  de  la  détermination  des  gaulois  assiégés.

Caius  Julius  César  l’a  échappé  belle,  son  triomphe  n’en  sera  que  plus  grand  lorsqu’il  exposera  le  fier  chef  Gaulois  derrière  un  char  dans  les  rues  de  Rome  avant  de  le  faire  étrangler  dans  sa  cellule  en  46  avant  JC.

Vercingétorix  n’est  donc  pas  ce  petit  chef  imbécile  et  prétentieux  qui  s’est  laissé  enfermer  sur  le  monticule  dérisoire  qu’est  le  Mont  Auxois  mais  plutôt  un  grand  stratège  dont  la  tactique  de  harcèlement  et  d’embuscades  systématiques  contre  les  légions  romaines  en  mouvement  avait  conduit  le  grand  César  à  organiser  la  retraite  de  ses  troupes  en  empruntant  le  seul  itinéraire  laissé  libre  par  le  Gaulois  sur  la  route  de  Genève,  itinéraire  menant  au  cul-de-sac  devant  Alésia.

Il  est  regrettable  de  constater  que  les  plus  grands  noms  de  l’archéologie  française  continuent  à  soutenir  mordicus  une  thèse  indéfendable.  Rien,  mais  absolument  rien,  à  Alise  Sainte  Reine  ne  corrobore  les  écrits  de  César,  confirmés  par  ceux  de  Plutarque,  Florus,  Don  Cassius,  Diodore  de  Sicile,  etc  .

Certes,  on  peut  y  trouver  des  vestiges  gallo-romains  ( mais    n’en  trouve-t-on  pas ? )  mais  rien  datant  de  52  avant  JC.  Le  Mont  Auxois ( qui  n’est  pas  en  Séquanie,  dommage )  n’est  pas  un  obstacle  militaire  et  César  eut  pu  le  contourner  aisément.  Il  est  trop  exiguë  pour  contenir  les  80.000  combattants,  les  10.000  cavaliers  et  les  milliers  d’habitants  de  la  cité  ( Urbs )  avec  leurs  propres  troupeaux.  Du  reste,  ni  les  fossés  et  les  murets,  ni  les  monts  et  les  vallées  ne  sont  positionnées  au  bon  endroit,  c’est  à  dire  au  pied  ou  au  pouce  près,  comme  a  eu  soin  de  le  préciser  César  dans  le  « De  Bello  Gallico »  .

En  revanche,  tout  mais  absolument  tout,  concorde  sur  le  plateau  oppidum  jurassien  de  Chaux  des  Crotenay,  à  la  fois  les  surfaces,  les  distances,  les  hauteurs,  les  vestiges  militaires  et  religieux.

Rendons  grâce  à  l’inventeur  du  site,  le  Professeur  André  Berthier  et  dénonçons  l’imposture  perpétrée  à  Alise  depuis  Napoléon  III  ( comme  le  fait  si  bien  Danièle  Porte  dans  son  livre  chez  Carnot ). 

Voir,  à  ce  sujet,  le  site  Alésia  ci-contre  dans  mes  favoris.

 

Publié par Papyves à 10:33:41 dans Grands Chefs | Commentaires (1) |

Les accords de Munich | 30 septembre 2009

Le  30  Septembre,  au  retour  de  Munich,  chacun  est  satisfait  de  l’accord  commun  obtenu  dans  la  nuit  car  la  paix  a  été  sauvegardée.  En  cette  fin  Septembre  1938,  la  guerre  semble,  en  effet,  imminente  avec  l’Allemagne  nazie  dont  les  ambitions  et  les  revendications  territoriales  croissent  de  façon  inquiétante  malgré  les  discours  apaisants  du  Führer  envers  l’extérieur.  Les  Européens  se  sont  déjà  inclinés  devant  la  réoccupation  de  la  Rhénanie  en  Mars  1936,  alors  que  les  Traités  de  Versailles  et  Saint-Germain  en  Laye  la  voulaient  démilitarisée.  Ils  ont  observé  sans  mot  dire  « l’Anschluss »  de  l’Autriche  en  Mars  1938  puisque  cette  annexion  serait  « la  dernière »  selon  le  vœu  d’Hitler  lui-même.

Mais  voici  que  le  dictateur,  qui  veut  sa  revanche  sur  le  « Diktat »  infâmant  imposé  à  l’Allemagne  en  1919,  revendique  maintenant  les  zones  frontalières  de  la  Tchécoslovaquie,  nommées  les  « Sudètes »    les  3,2  millions  d’allemands  sont  majoritaires  par  rapport  aux  autres  populations  slovaque,  tchèque,  hongroise,  polonaise,  ruthène,  juive  ou  rom. 

Jusqu’où  ira-t-il ?  Le  Premier  ministre  britannique,  Neville  Chamberlain,  multiplie  les  gestes  d’apaisement  et  lui  rend  visite  par  deux  fois  ( avec  comme  arrière  pensée  de  préserver,  par  un  accord  secret,  les  intérêts  anglais ).  Hitler  fait  monter  la  tension  et  invoquant  le  droit  des  peuples  à  disposer  d’eux-mêmes,  menace  d’envahir  ces  territoires  au  plus  tard  le  1er  Octobre  1938,  lorsque  Mussolini,  le  Duce  italien,  propose  une  conférence  de  la  dernière  chance.  Français,  Britanniques  et  Italiens  se  retrouvent  alors  à  Munich,  le  29  Septembre,  mais  pas  les  Tchécoslovaques  ni  les  Russes  qui  les  soutiennent.

Visiblement  impressionnés  par  un  Führer  nerveux  et  impatient,  le  Français  Daladier  et  l’Anglais  Chamberlain,  pourtant  alliés  et  garants  de  la  Tchécoslovaquie,  finissent  par  accepter  un  compromis  présenté  par  Mussolini,  dans  lequel  le  gouvernement  de  Prague  est  sommé  d’évacuer  les  Sudètes  dans  les  10  jours  pour  laisser  la  place  à  une  occupation  progressive  des  troupes  allemandes.

A  Londres  et  à  Paris,  les  journaux  titrent  naïvement  «  la  paix  est  sauvée »  et  Edouard  Daladier  tout  comme  Chamberlain  sont  accueillis  en  héros  à  leur  descente  d’avion.  En  fait,  les  chancelleries  occidentales  pensaient  secrètement  que  cet  accord  allait  pousser  Hitler  à  la  guerre … contre  l’Union  Soviétique. 

Cependant,  ces  accords  ne  valent  rien  pour  Hitler  qui  annexe  les  Sudètes  par  la  force  dès  le  lendemain.  Hongrois  et  Polonais  s’estiment  autorisés  à  s’emparer  eux  aussi  d’un  morceau  de  la  Tchécoslovaquie  qui  est  ainsi  démantelée.  Le  Président  tchèque  Benes  démissionne  le  05  Octobre.

Moins  d’un  an  plus  tard,  la  Pologne  est  envahie  par  un  Hitler  convaincu  que  personne  n’osera  plus  s’opposer  à  ses  visées  expansionnistes. C’est  le  début  de  la  seconde  guerre  mondiale.

Les  accords  de  Munich  deviendront,  par  la  suite,  le  symbole  de  la  faiblesse  et  de  la  démission  des  démocraties  européennes  face  à  la  montée  des  fascismes.  C’est  Winston  Churchill  qui  aura  le  mieux  résumé  cette  lâcheté :

« You  were  given  the  choice  between  dishonour  and  war.  You  chose  dishonour  and  you  will  have  war”

 

 

Publié par Papyves à 14:20:03 dans Faits politiques. | Commentaires (2) |

La prise du Trocadéro. | 31 août 2009

 

En  cette  fin  d’été,  quelques  baigneurs  sont  encore  présents  dans  les  bassins  du  Trocadéro  à  Paris.  Qui  se  souvient  que  ce  bâtiment,  miroir  de  la  Tour  Eiffel,  évoque  aussi  une  bataille  militaire  qui  se  déroula  dans  le  Sud  de  l’Espagne  pour  sauver  le  trône  d’un  roi  Bourbon ?

Après  les  excès  révolutionnaires  et  la  disgrâce  de  Louis  XVI,  les  monarques  européens,  pensant  pouvoir  rétablir  la  monarchie  en  France,  vont  pousser  à  une  série  de  guerres  entre  la  France  et  le  reste  de  l’Europe.  De  leur  côté,  les  révolutionnaires  songent  à  conforter  leur  République  face  aux  ennemis  de  l’extérieur  et  vont  maladroitement  pousser,  après  les  succès  inattendus  de  Valmy  et  de  Jemmapes  en  1792,  à  l’acquisition  des  « frontières  naturelles »,  Rhin,  Alpes  et  Pyrénées.

Un  petit  tacticien  corse  de  génie  mais  trop  gourmand  en  tirera  les  meilleurs  marrons  du  feu  jusqu’au  coup  d’arrêt  de  Waterloo  en  1815.

En  Espagne,  la  première  guerre  d’indépendance,  achevée  en  1814,  voit  les  espagnols  repousser  les  troupes  françaises  que  Napoléon  avait  installées  pour  s’opposer  au  Portugal  et  la  restauration  du  roi  Ferdinand VII,  prince  des  Asturies.  Mais  celui-ci,  autoritaire  et  borné,  ne  peut  éviter  un  soulèvement  populaire  malgré  l’instauration  d’une  Constitution  libérale  acceptée  du  bout  de  la  plume.

Craignant  que  ces  libéraux  ne  lui  confisquent  son  pouvoir  à  l’Assemblée  des  Cortès,  Ferdinand  fait  appel  à  la  « Sainte-Alliance »,  véritable  cartel  des  vieilles  royautés  pour  se  maintenir  en  place  malgré  les  idées  révolutionnaires  qui  diffusent  en  Europe.

En  1823,  ayant  vent  de  cet  appel,  l’ambassadeur  de  France  à  Londres,  le  poète  François-René  de  Chateaubriand,  obtient  l’aval  des  autres  souverains  ( russe,  anglais,  autrichien  et  prussien )  de  l’alliance  pour  l’envoi  d’une  expédition  chargée  de  donner  une  leçon  aux  libéraux  espagnols.  Il  convainc  aussi  Louis  XVIII  que  cela  permettrait,  outre  le  fait  de  maintenir  un  Bourbon  sur  le  trône  à  Madrid,  de  redorer  le  blason  de  la  gloire  militaire  française,  passablement  ternie  lors  de  la  campagne  de  Russie.

C’est  le  duc  d’Angoulême,  neveu  du  roi  et  fils  de  Charles X,  qui  est  placé  à  la  tête  du  corps  expéditionnaire,  lequel  doit  traverser  toute  la  péninsule  ibérique,  avec  20.000  chevaux  et  96  pièces  d’artillerie,  à  la  poursuite  de  la  famille  royale  car  l’Assemblée  des  Cortès,  effrayée  par  les  premiers  succès  français,  a  transféré  celle-ci,  de  force,  à  Cadix  en  Andalousie.

Le  port  de  Cadix  est  défendu  par  plusieurs  forts  dont  le  fort  du  Trocadéro,  au  bout  de  la  presqu’île.  Les  soldats  français,  menés  notamment  par  les  généraux  Guilleminot,  Oudinot  et  Molitor,  attendent  la  marée  basse  et  l’investissent,  côté  mer,  grâce  à  un  assaut  à  la  baïonnette  qui  surprend  les  Espagnols.  Les  canons  du  fort  sont  retournés  contre  la  ville  qui  capitule  le  lendemain.  Ce  petit  fait  d’armes  du  31  Août  1823  aura  un  grand  retentissement,  vanté  par  le  vicomte  de  Chateaubriand  lui-même  dans  ses  « mémoires  d’outre-tombe ».  Pendant  que  le  duc  d’Angoulême  est  acclamé  à  Paris,  le  despote  Ferdinand,  qui  était  déjà  arrivé  au  pouvoir  par  un  quasi  coup  d’état  contre  son  père  Charles IV,  retrouve  son  trône,  ne  se  prive  pas  de  lancer  une  brutale  répression-inquisition  et  d’abolir  la  constitution  de  1812  qu’il  avait  rétablie  à  contrecœur. 

La  prise  du  Trocadéro  aura  ainsi  permis  le  retour  de  la  terreur  orchestrée  par  un  souverain  qui  n’a  pas  compris  que  les  temps  avaient  changé  et  que  la  révolution  française  avait  initié  un  nouvel  ordre  du  monde.

Plus  clairvoyant  mais  très  indécis  et  flegmatique,  Louis  XVIII  en  France,  tentera  d’accommoder  les  principes  républicains  et  la  monarchie,  sans  plus  de  succès.  Plutôt  que  d’affronter  les  évènements  de  face,  c’est  par  la  fuite  et  le  refuge  auprès  des  cours  voisines  que  les  souverains  français  auront  donc  tenté,  comme  à  Varennes ( Louis XVI )  ou  à  Gand ( Louis XVIII ),  de  trouver  des  appuis  de  légitimité.  Peine  perdue,  l’Histoire  avance  inexorablement  et  foule  le  manteau  de  ceux  qui  ne  savent  préserver  les  intérêts  de  leur  peuple.

 

Publié par Papyves à 09:07:57 dans Faits politiques. | Commentaires (0) |

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