C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
A moins de 1.000 km des Etats-Unis et uniquement séparée de la Floride par Cuba, Haïti est la partie occidentale ( en forme de pinces de crabe ), la plus pauvre, de l’île de Saint-Domingue qu’on nomme encore Hispaniola ( la Petite Espagne ) depuis que Christophe Colomb la baptisa ainsi en 1492. La partie orientale étant la République dominicaine. Alors, pourquoi y parle-t-on le Français et non l’Anglais ou l’Espagnol ?
Tout simplement parce que c'était une colonie française !
Les premiers indigènes, quelques milliers d’Arawaks et de Caraïbes ( d’où le nom de l’archipel ), avaient nommé leur île Ayiti, la terre de rocailles ou de montagnes. Ils seront décimés au XVI° siècle par les Espagnols qui exploitaient les gisements d’or. Le minerai jaune se faisant rare, les colons abandonnent la partie Ouest de l’île aux flibustiers anglais, néerlandais ou français, pour rechercher de l’or dans la partie Est. Les pirates et boucaniers français se concentrent alors sur l’île de la Tortue, au Nord, qu’ils utilisent comme base arrière pour éliminer petit à petit leurs rivaux et établir sur la Grande Terre des bases, comme la première capitale Cap-Haïtien fondée en 1670, qui seront l’origine des grandes villes actuelles. Comme la France de Louis XIV est plus riche et politiquement plus puissante que l’Espagne, elle investit massivement dans le développement de plantations et l’importation d’esclaves pour les faire fructifier. La production sucrière devint alors la première richesse de l’île, avant le café.
Lors du traité de Ryswick en 1697, l’Espagne reconnaît à la France la possession du tiers de l’île, dans sa partie occidentale, qui devient de fait la Colonie française de Saint-Domingue ( Le Haïti actuel ). Dès lors, le Français s’installe officiellement malgré le Créole que parlent tous les esclaves noirs puisqu’on leur interdisait d’utiliser leur langage africain d’origine.
En 1789, à la veille de la Révolution française, moins de 50.000 blancs exploitaient 700.000 esclaves noirs et mulâtres ( métis de noirs et blancs ) dans de grandes exploitations dont la production traversait l’Atlantique vers l’Europe. La révolte des noirs, sous la conduite de chefs comme Toussaint-Louverture ( le premier Général noir français ), Dessalines ou Pétion, fut une véritable guerre de libération. Ravagée par la fièvre jaune, la force expéditionnaire envoyée par Bonaparte pour y faire face, dut capituler en 1803. C’est cette guerre perdue qui forcera Napoléon Bonaparte à confirmer l’abolition de l’esclavage et à abandonner la Grande Louisiane aux Etats-Unis pour une bouchée de pain. « A quoi me sert de conserver la Louisiane si je ne peux garder Saint-Domingue ».
En Janvier 1804, Dessalines proclame l’indépendance de la première république noire et se déclare cependant Empereur. La colonie française disparaît, donnant naissance à Haïti mais la langue française reste celle des affaires ( elle deviendra langue officielle, aux côtés du créole, en 1918 ).
Politiquement, on connaît la suite, l’occupation musclée des Américains de 1915 à 1934, les juntes militaires, la dictature des Duvalier, père et fils, « Papa-Doc et Baby-Doc », les Tontons Macoutes, la presque parenthèse du prêtre Aristide de 1990 à 2004, le retour des premiers Marines américains, avant-garde d’une force internationale de l’ONU pour ramener l’ordre à Port-au-Prince. Et toujours la misère inacceptable de la population qui pourrait passer de 9 à 20 millions dans 10 ans. Un tel état de fait, avec un chômage à 60 %, un produit intérieur brut par habitant de 470 dollars US quand celui des Américains, leurs presque-voisins, est de 45.000 dollars fera craindre bientôt aux Américains qu’une poudrière s’installe à leur porte. Sans doute, la formidable armada US, qui se met en place depuis le terrible tremblement de terre du 12 Janvier 2010, pour humanitaire et sécuritaire qu’elle soit à l’origine, va-t-elle s’orienter vers un programme de reconstruction et de stabilisation sociale afin de refermer le couvercle de cette marmite.
Dans ces conditions, hypothétiques j’en conviens, la langue française parlée en Haïti, risque de n’être plus qu’un souvenir dans quelques générations. Tant pis pour la Francophonie mais tant mieux pour les Haïtiens si leur niveau de vie augmente.
Publié par Papyves à 19:33:07 dans Faits de Société. | Commentaires (1) | Permaliens
Le monde est ainsi fait que ce sont les hommes, un peu partout, qui dirigent les Etats et décident, seuls souvent, de leur devenir et du quotidien des peuples. Les femmes doivent se plier aux règles édictées par la gent masculine et se taire. Jusqu’au jour où elles se révoltent contre le fait établi et résistent, définitivement. C’est grâce à elles, j’en suis persuadé, que le monde évoluera dans le bon sens. Une femme, même Margareth Thatcher au moment du conflit des Falklands, ne prend pas plaisir à faire la guerre.
C’est une femme, noire, Rosa Parks en 1955, qui refusa de céder sa place dans un bus de Montgomery en Alabama, à un homme blanc, comme le voulait la coutume ségrégationniste de l’époque. Elle militera ensuite avec Martin Luther King.
En Birmanie, Han San Su Khi, Prix Nobel de la Paix, est la figure de proue non violente de l’opposition à la junte militaire qui tient le pays par la terreur. Seule contre tous, elle refuse de quitter son pays comme le souhaite la junte et reste leur épine dans le pied. Elle croupit donc en prison mais tient tête à ses geôliers.
C’est une autre femme, Emma Snodgrass, qui fit scandale à Boston, le 29 Décembre 1852, en portant des pantalons d’homme en public, non par souci d’élégance mais par affirmation de sa liberté d’agir. Pourtant, sans remonter à Jeanne d’Arc ou au Chevalier d’Eon, elle n’était pas la première femme dans l’histoire à s’habiller en homme. Georges Sand avait bien lancé la mode de la cravate et du prénom masculin pour faire ressortir, en contrepoint, sa féminité, ce qui lui assura de nombreux succès.
Aujourd’hui, en occident, les femmes peuvent s’habiller comme …. j’allais écrire comme elles le souhaitent, mais il vaut mieux dire comme la mode le leur suggère. De toute façon, elles ont la liberté de suivre ou non cette mode vestimentaire et nul macho ne pourra empêcher une adolescente de revêtir les habits noirs et les chaînes des Gothiques ou les strings dépassant du pantalon bas de hanches. Il ne s’agit pas de mode mais de liberté individuelle, comme fumer le cigare ou porter la mini-jupe dans les années 60.
Malheureusement, ce qui est vrai en occident ne l’est plus ailleurs, c’est à dire dans la majorité des nations de la planète où, il faut bien le reconnaître, les femmes sont soumises. La force physique supérieure de l’homme lui permet, depuis la nuit des temps, d’imposer à sa compagne les règles de la vie en commun. La force morale et l’éducation des filles permettront, cependant, à celles-ci de s’en affranchir puis de dominer à leur tour, j’en suis convaincu.
Ce sont les femmes, elles-mêmes, qui se libéreront des voiles islamiques prétendument exigés par la religion musulmane. Le hijab qui ne laisse voir que le visage, le niqab les yeux ou la burqa, véritable prison à grille, ne seront pas supportées vitam et aeternam par ces dernières.
Et ce que femme veut … se réalise un jour ou l’autre !
Bonne année 2010, mesdames !
Publié par Papyves à 10:22:22 dans Faits de Société. | Commentaires (4) | Permaliens
Il est des dates qui marquent chacun d’entre-nous : son anniversaire, le premier flirt ou la perte d’un parent proche. Qui ne se souvient de ce qu’il faisait le jour du 11 Septembre 2001 ? Pour ma part, participant à une réunion internationale à Bruxelles, je revois la mine d’incompréhension de nos collègues américains à qui l’on venait d’apprendre, en ce « nine-eleventh », la nouvelle des attentats sur les tours jumelles de NY et le Pentagone.
Le 09 Novembre est de ces dates là : En France, on se souvient de la chute du mur de Berlin en 1989, plus rarement de la mort du Général de Gaulle en 1970, qui eut lieu pourtant le même jour.
Les Allemands, eux, ne sont pas prêts d’oublier les évocations liées aux quatre 09 Novembre de leur Histoire :
Cela commence en 1918, après 4 ans de guerre et un début d’insurrection des comités de soldats et ouvriers qui veulent suivre l’exemple des Bolcheviques de Russie, lorsque la « République allemande » est proclamée à Berlin par Philipp Scheidemann, social-démocrate, d’une fenêtre du Reichstag puis par le spartakiste Karl Liebknecht, quelques heures plus tard, depuis le balcon du « château », place Marx-Engels. Ce 09 Novembre, l’Empereur a abdiqué, le II° Reich a vécu. S’ensuivra la « November-revolution » qui débouche, en 1919, sur la République parlementaire de Weimar jusqu’en 1933.
Puis, en 1923 soit 10 ans avant qu’il n’accède au pouvoir et au poste de chancelier par la grâce du Maréchal Von Hindenburg, un inconnu nommé Adolf Hitler, chef du NSDAP ( NationalSozialistische Deutsche ArbeiterPartei ), Parti national-socialiste des travailleurs allemands créé à Munich, qu’on appellera bientôt Nazi par dérision, tente un putsch par la force, en Bavière, avec l’appui du Général Erich Ludendorff. Alors que les dirigeants du Land, du balcon d’une brasserie, s’adressent à 3.000 bourgeois inquiets de l’occupation de la Ruhr, Hitler fait irruption, révolver au poing, à la tête des militants du NSDAP, pour les intimer de lui céder le pouvoir. Bilan : 16 morts et un bref passage en prison pour Hitler. Dans le subconscient des Allemands, cette date du 09 Novembre 1923 ( le putsch de la brasserie ) reste comme la première action publique des Nazis en Allemagne.
Toujours un 09 Novembre, mais en 1938 cette fois, est déclenchée la « Nuit de Cristal » contre les Juifs, à vrai dire un véritable Pogrom ( Reichspogromnacht ) au cours duquel plus de 100 personnes sont tuées, une centaine de synagogues brûlées et des milliers de magasins pillés. A l’origine, un jeune juif polonais agresse le diplomate allemand Ernst von Rath à Paris. Il n’en faut pas plus à Goebbels, ministre de la propagande, pour dénoncer un complot juif et lancer les SA ( Sturm Abteilung = sections d’assaut ) et les Jeunesses hitlériennes dans les rues des principales villes, notamment Berlin et Vienne.
Enfin, et là vous en lirez des tonnes de pages ce mois-ci dans toute la presse, le 09 Novembre 1989, le mur de Berlin tombait, aux airs de violoncelle de Rostropovitch. Entre la République démocratique et la République fédérale allemandes, un vrai mur double de pierres et de barbelés avait été construit dès 1961 pour empêcher la fuite des cerveaux Est-allemands vers l’Eldorado de l’Ouest. En Mai 1989, ce « mur de la honte » commence à se fendiller entre la Hongrie et l’Autriche, brèche où s’engouffrent des milliers de personnes. Puis, poussés par la « perestroïka » et la « glasnost » initiées par Mikhaïl Gorbatchev, les dirigeants de RDA pensent réduire les manifestations de plus en plus nombreuses par une politique d’ouverture timide des frontières et ils autorisent les Allemands de l’Est à voyager à l’étranger « sans aucune condition particulière ». C’est la ruée vers les postes frontières qui restent cependant fermés, n’ayant pas encore reçu l’ordre d’ouvrir les barrières. Au bout de quelques heures, débordés, les douaniers les laissent tout simplement passer sans contrôle. Dès le lendemain, le mur de béton est attaqué par tous les moyens que les Berlinois trouvent à leur portée. Stupeur dans le monde entier, de part et d’autre du mur, où l’évènement n’avait en aucune manière été anticipé.
Malheureusement, il reste encore aujourd’hui, dans le monde, d’autres murs entre les peuples. Egoïsme et préservation des acquits locaux, peur de l’étranger, exclusion et refus du partage en sont la cause persistante. Les véritables murs sont dans la tête et le cœur des peuples. Et de ceux-là, aucune pioche ne viendra à bout, hélas.
Publié par Papyves à 10:05:35 dans Faits politiques. | Commentaires (4) | Permaliens
C’est aujourd’hui, 22 Octobre 2009, 68 ans après qu’il fut fusillé à Châteaubriand, que la lettre d’adieu à sa famille du jeune militant communiste Guy Môquet devrait être lue dans tous les lycées de la République Française.
Bien sûr, puisque c’est une décision unilatérale du Président de la République, relayée évidemment par le Gouvernement, bon nombre d’enseignants ne la liront pas à leurs élèves, pour des raisons politiques, tout comme ils ne feront pas de commentaire historique sur les conditions de sa rédaction.
C’est dommage, car c’est une lettre admirable d’un jeune Français de 17 ans qui s’est engagé à fond dans une cause qu’il estimait juste et qui était prêt, en distribuant des tracts interdits, à risquer sa vie pour des idées nobles.
Les jeunes élèves d’aujourd’hui, malgré l’image nonchalante qu’ils affichent souvent, seraient sans doute prêts à faire de même s’ils étaient placés dans les mêmes conditions historiques. Alors pourquoi leur refuser l’accès à cette belle page d’histoire de leur pays ?
Voici cette lettre :
"Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi.
Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable, je ne peux le faire hélas ! J’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées. Elles pourront servir à Serge qui, je l’escompte, sera fier de les porter un jour.
A toi petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels.
Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon cœur d’enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime"
Publié par Papyves à 10:56:19 dans Faits politiques. | Commentaires (8) | Permaliens
Et le 07 Octobre, Vercingétorix dut se résoudre à capituler.
Pourtant, tout s’était déroulé comme il l’avait prévu jusqu’alors, en cette année 52 avant notre ère : César était tombé dans le piège que le chef Arverne lui avait tendu et la colonne interminable de cohortes armées, à pied ou à cheval, de chariots tirés par des bœufs venait de s’arrêter au pied de cette falaise bordée de gorges infranchissables, en haut de laquelle des milliers de Gaulois l’attendaient, sur l’oppidum entourant l’Alésia des Mandubiens.
Car, en vérité, César est en grande difficulté depuis que l’insurrection gauloise s’est quasiment généralisée à toute la Gaule. Il est aux abois et, après la déculottée subie à Gergovie ( près de Clermont-Ferrand ), il bat en retraite.
Avant que les peuples gaulois qu’il avait ralliés à sa cause ( Eduens notamment ) ne basculent aussi dans la révolte, il entreprend de rejoindre la « Province romaine », au Sud du Rhône, pour reconstituer son armée et notamment sa cavalerie. Il veut surtout mettre à l’abri le formidable butin de guerre amassé pendant la campagne depuis 59. La route la plus directe et la plus sûre vers Genève et les Allobroges alliés, depuis Langres où il a rassemblé le gros des Légions ( sitôt que Labiénus a pu le rejoindre avec ce qu’il reste du raid infructueux sur Lutèce – Paris - ), traverse le Jura et passe par Pontailler ( entre Dijon et Besançon ), Tavaux ( Dôle ), Poligny, Champagnole, Alésia puis Nyon.
Refusant d’affronter les Romains en combat frontal, où ceux-ci excellaient, Vercingétorix, sorti vainqueur de la réunion des chefs à Bibracte ( Morvan ), avait privilégié une stratégie de harcèlement systématique et de terre brûlée pour empêcher les légions de César de se ravitailler sur l’habitant, en vivres et fourrage. L’Imperator pouvait observer les incendies des citadelles et des bourgades qu’il avait l’intention de traverser et il pouvait ainsi se rendre compte que la révolte contre sa présence s’était bel et bien généralisée.
Face à l’oppidum d’Alésia, César comprend que cette place forte ne peut pas être prise « autrement que par un siège », comme il le dit dans ses Commentaires de la Guerre des Gaules, car le contournement est impossible et l’ordre de faire demi-tour impensable à annoncer à des légions déjà démoralisées. Les Gaulois sont bien là, il le sait depuis la surprise de la première attaque de cavalerie dans la plaine de Crotenay ( à 15 km d’Alésia ), attaque qu’il retourna cependant à son avantage grâce aux cavaliers germains qu’il avait fait requérir en toute hâte. Il entame alors l’édification d’un système de fortifications et de valorisation des obstacles du terrain pour encager les Gaulois et les affamer sur leur plateau. Ce sera la « contrevallation », enceinte majeure qui enserre au plus près l’oppidum, sur 16 km, dans les secteurs sans falaise. César est passé maître dans cet exercice de fortifications de siège.
De son côté, Vercingétorix a rassemblé du bétail, engrangé un mois de céréales pour les combattants et de foin pour les chevaux, au cas où les prairies seraient rapidement rasées par ceux-ci. C’est bien la preuve qu’il ne s’est pas laissé enfermer mais avait prémédité la bataille à cet endroit qui est la capitale religieuse de toute la Celtique. Quel symbole s’il l’emporte ! D’autant qu’il a l’avantage numérique avec ses 80.000 hommes face aux 72.000 légionnaires de César.
Pendant que les romains s’affairent à édifier la contrevallation, le chef Arverne tente une sortie avec ses cavaliers qu’il a rassemblés sur un grand terre-plein à l’abri d’une « maceria » de protection. Mais ce sont à nouveau les cavaliers germains qui vont semer la panique dans les rangs gaulois, lesquels refluent en désordre vers le camp. Dès lors, Vercingétorix décide de se séparer de ses propres cavaliers ( autant de bouches en moins à nourrir ) et leur donne comme mission de lever dans chaque tribu, en Gaule, un contingent de guerriers qui constitueront « l’armée de secours ». Pris dans un étau entre celle-ci et les assiégés, le Proconsul devra bien céder.
Lorsqu’il apprend ( vraisemblablement par des prisonniers ) qu’une armée de secours est en préparation dans son dos, César ordonne l’érection d’une seconde enceinte, de 20 km, à l’arrière de ses propres troupes pour se protéger contre la venue de ces renforts. Ce sera la « circonvallation », elle aussi renforcée de fossés, « d’agger » de terre et de pièges sous forme de trous coniques camouflés par des branchages et contenant des branches acérées ou des pieux épointés.
De toute la Gaule, ou presque, convergent en Septembre 52, les renforts attendus par Vercingétorix dont le total, selon César, atteindra 254.000 hommes et 8.000 cavaliers. Une telle masse ne se rassemble pas facilement ni rapidement et les jours passèrent sur l’oppidum sans qu’on ne les visse poindre à l’horizon. Les vivres s’amenuisant dangereusement, le retard de cette armée de secours devenait critique car, de son côté, César renforçait ses fortifications et les étendait en profondeur. Lorsqu’enfin les renforts arrivèrent, sous les clameurs, des attaques gauloises furent lancées de tous côtés, notamment par Vercassivellaun, cousin arverne de Vercingétorix, qui investit la moitié du camp nord romain mais le franchissement des fortifications consomme beaucoup d’hommes et d’énergie.
Les attaques dans la plaine étant infructueuses, Vercingétorix décide de faire la jonction avec son cousin en escaladant les abrupts qui dominent le camp nord.
A suivre ci-dessous :
Publié par Papyves à 10:44:24 dans Grands Chefs | Commentaires (0) | Permaliens
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