C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Abraham Lincoln est le plus admiré des présidents de l’histoire des Etats-Unis. Son portrait, sculpté sur le mont Rushmore, apparaît aussi sur le billet de 5 dollars US. On lui attribue la loi qui met fin à l’esclavage des noirs dans les Etats du Sud.
Lorsqu’il est touché par une balle dans la nuque le 14 avril 1865, son œuvre vers l’unification de tous les Etats de ce nouveau monde n’est pas encore bien comprise mais les américains sentent confusément qu’ils viennent de perdre un grand président.
Né en 1809 dans une famille de bûcherons du Kentucky, Abraham se lance dans l’étude du droit et devient, comme avocat, un modèle d’intégrité.
Sa voix et la clarté de son raisonnement lui valent d’être élu, en 1834, au Congrès de l’Illinois dans les rangs des « Whigs », jeune parti libéral qui s’oppose aux démocrates, puis en 1846 au Congrès fédéral de Washington.
L’Amérique de cette époque est un conglomérat d’Etats en devenir, issus de la conquête vers l’Ouest, qui s’appuient au Nord sur l’édification de nouvelles industries et, au Sud, sur l’exploitation de cultures agricoles nécessitant une main d’œuvre nombreuse, si possible mal rétribuée.
Frappé par la lecture du roman « Uncle Tom’s Cabin » d’Elisabeth Harriet Beecher Stowe, et indigné par la proposition du sénateur démocrate Douglas qui autorise, en 1854, les électeurs du Kansas et du Nebraska à choisir leur statut d’Etat libre ou esclavagiste, Lincoln s’écarte de son parti Whig pour fonder le « parti républicain » dont il devient, en Illinois, le chef de file anti-esclavagiste, avant d’être élu, le 06 novembre 1860, premier président républicain, moins d’un siècle après la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique. Dans son discours d’investiture, il rappelle qu’il est attaché à la nouvelle constitution et prône l’abolition à terme de l’esclavage, après son maintien sous certaines conditions.
La Caroline du Sud, dont les plantations de tabac, café, sucre et surtout coton ont besoin du travail des esclaves noirs, décide aussitôt de faire « sécession », bientôt imitée par dix autres Etats aristocratiques qui vont se « confédérer » contre les Etats industriels du Nord.
Le 15 avril 1861, les troupes confédérées font feu sur un fort dépendant du gouvernement fédéral. C’est le début de la « Guerre de Sécession », ou « Civil War » en anglais, qui voit en juillet de la même année des Américains s’affronter sur le champ de bataille de Bull Run.
Quatre années de combats fratricides pour faire émerger une nation unie autour du même drapeau. En 1863, les combats sont d’une extrême violence et le président Lincoln cherche le moyen d’y mettre un terme. C’est ainsi qu’après la sanglante bataille de Gettysburg, il se rend sur le lieu de l’inauguration d’un cimetière honorant les 8.000 soldats tombés à cette occasion. Son discours, « the Gettysburg Address », concentré sur les valeurs
communes qui unissent ces héros, est encore récité par cœur par les écoliers américains, à l’instar des fables de La Fontaine en France.
C’est en avril 1865 seulement, après la dernière tentative du général sudiste Robert Edward Lee, près de Appomatox, face aux généraux « Yankees » Grant et Sheridan, que les hostilités vont cesser.
Abraham Lincoln peut alors s’accorder un moment de détente. Le 14 avril, il se rend, avec sa femme, au Ford’s Theatre de Washington. C’est là que l’acteur sudiste John Booth l’attend. Profitant d’un moment d’inattention du garde du corps, l’assassin se glisse dans la loge présidentielle et tire un coup de pistolet dans la nuque du 16ème président des USA, aux cris de « Sic semper tyrannis », la devise de Brutus, « Qu’il en soit toujours ainsi avec les tyrans ».
Loin d’être un tyran, Lincoln fut un grand serviteur de la démocratie, un chantre de l’unité fédérale, un pourfendeur de l’esclavage, laquelle trouvera un aboutissement posthume avec le XIIIème Amendement qui dispose que « Ni esclavage, ni aucune forme de servitude involontaire ne pourront exister aux Etats-Unis, ni en aucun lieu soumis à leur juridiction ».
Même si ces belles paroles auront du mal à prendre corps dans la société ( on se souvient du sinistre Ku Klux Klan ), on ne peut que saluer la détermination constante d’Abraham Lincoln sur ce dossier. Pendant ce temps, outre Atlantique, Victor Hugo publie « Les Misérables ».
Publié par Papyves à 14:43:28 dans Grands Chefs | Commentaires (0) | Permaliens
En ce 19 mars, anniversaire des « accords d’Evian » de 1962,
vous lirez dans toute la presse en France que cette date correspond
à la fin de la guerre d’Algérie.
C’est inexact.
Quand une guerre s’achève, les armes se taisent. Or, en Algérie en
1962, les massacres ont continué bien après cette date, alors que
les troupes françaises, disciplinées, ont été les seules à respecter le
« cessez-le-feu » signé à Evian la veille et ont rangé les fusils dans
les armureries.
Alors que la situation s’était apaisée, du fait d’un quadrillage efficace par
les soldats du général Massu notamment, après donc que la victoire militaire
fut acquise sur le terrain face à des actes de terrorisme aveugle,
le fait que les soldats français rentrent, sur ordre, dans leurs cantonnements
a laissé la place aux « combattants » du FLN, Front de Libération Nationale, qui se
mirent à occuper le terrain d’où ils avaient été chassés et, sans opposition puisque l’armée
française respectait, seule, le cessez-le-feu, se lancèrent dans une véritable chasse à
l’européen et aux « traitres » que constituaient les Harkis, ces soldats français musulmans
qui avaient choisi de soutenir la France.
Il y aura ainsi, après le cessez-le-feu du 19 mars et pendant plusieurs mois, plus
d’enlèvements, plus d’assassinats de civils européens et de harkis ( plus de 100.000 )
que durant toutes les années de guerre précédentes. Le 05 juillet 1962,
par exemple, près de 700 européens seront massacrés à Oran alors que les milliers
de soldats français restèrent l’arme au pied, sur ordre. La Cour pénale internationale laisserait-elle passer
cela aujourd’hui ?
Certes, les attentats et les massacres, les tortures mêmes, ne furent pas
seulement l’affaire de poseurs de bombes algériens fanatiques et
anti-français, comme Zohra Drif. Ils furent aussi perpétrés, du côté français, par une
fraction armée de l’OAS, Organisation Armée Secrète, qui n’acceptait pas l’abandon de l’Algérie française
dont les trois départements avaient connu une croissance sans précédent depuis l’arrivée
des premiers colons en 1830.
Mais les Algériens ramassèrent le pouvoir que leur laissaient des milliers de
fonctionnaires, policiers, représentants de l’Etat, contraints de se retirer
du pays. Il n’était pas nécessaire, de surcroit, de se venger atrocement sur une
population de « pieds noirs » qui vivait jusqu’alors en harmonie avec eux, de
les enlever pour les soumettre à l’esclavage avant de les exterminer, d’égorger tant de
leurs frères musulmans, après les avoir émasculés, mutilés, de violer leurs femmes et filles.
Le 19 mars 1962, début du déchainement des violences par le FLN, n’est donc
pas une date à fêter en France. Il faut lui préférer le 05 décembre qui est officiellement, de par la
Loi, la date de la Journée nationale d’hommage aux « morts pour la France » pendant
la guerre d’Algérie mais aussi les combats du Maroc et de Tunisie.
Puissent les passions, de part et d’autre, accepter un jour de regarder l’Histoire en face.
Publié par Papyves à 12:41:27 dans Faits politiques. | Commentaires (0) | Permaliens
Sous Louis XIV et Colbert, vers 1680, la marine française, dite « la
Royale », est la plus importante du monde avec environ 200 navires de
guerre, ce qui lui permet de faire la loi et d’explorer de nouveaux continents.
C’est ainsi qu’en avril 1682, Cavelier de La Salle, partant du Canada
qu’avaient conquis avant lui les Jacques Cartier et Samuel de Champlain, descend
le Mississipi jusqu’à son embouchure et peut offrir au Roi soleil cet
immense territoire vierge au centre de ce « nouveau monde »
qu’il baptise « Louisiane » en son honneur.
Mais la Royale et les terres occupées de l’autre côté de l’océan
coûtent cher alors qu’on a déjà fort à faire et à guerroyer
sur le vieux continent. En 1730, la flotte de guerre n’a plus
que 70 à 80 navires alors que la « Navy » qui a envié et copié sur la
marine française au temps de sa gloire en compte déjà près de
200. Ce renversement de puissance sur les mers va beaucoup compter pour
le maintien des peuplements sur les rives acadiennes.
C’est la Guerre de Sept ans (1756-1763 ) qui va précipiter la perte,
par la France, de tous ses territoires d’outre-mer. Les origines de la
Guerre de Sept ans s’appuient sur le renversement des alliances quand la
France lâche la Prusse, qui a déçu, au profit de l’Autriche,
ennemi héréditaire de l’époque. L’incident déclencheur est la saisie,
dans plusieurs ports du monde, de 300 navires de commerce français par
les Anglais qui n’arrivaient pas à l’emporter sur le terrain canadien
malgré leur supériorité numérique.
Courte mais dense, cette guerre, mondiale déjà, se déroulera sur le continent
européen mais aussi sur les mers jusqu’aux Indes et en Amérique du
fait des visées de l’Angleterre sur les possessions françaises
de la Nouvelle-France ( le Québec ), des Antilles et des Indes.
Installés dans l’Est du nouveau continent, les Anglais n’ont
jamais relâché leur harcèlement des campements français alliés aux
amérindiens. L’Acadie ( qui deviendra Nouvelle Ecosse et Nouveau Brunswick )
leur avait été cédée par le traité d’Utrecht en 1713.
Progressivement, les navires anglais débarquent suffisamment
de soldats pour qu’une attaque en règle puisse être déclenchée devant Québec
et le sacrifice de Montcalm sur les Plaines d’Abraham, en
septembre 1759, n’y fera rien.
Pour remercier l’Espagne de l’avoir accompagnée dans la Guerre de Sept ans
contre la Grande Bretagne, Louis XV lui offre, en 1762, la Louisiane
occidentale, rive droite du Mississipi, ainsi que la Nouvelle-Orléans. L’Espagne
la restituera d’ailleurs en 1800 peu de temps avant que Napoléon
ne la brade à nouveau.
Lors du Traité de Paris qui clôt la guerre de Sept ans, le 10 février
1763, la France cède ce qu’il reste de la Louisiane, rive gauche
cette fois, mais elle doit aussi se défaire de ses possessions indiennes
que Dupleix avait si brillamment conquises.
Ne lui reste alors que cinq comptoirs que des générations d’élèves vont
apprendre par cœur pour le certificat d’études : Pondichéry, Chandernagor,
Yanaon, Karikal et Mahé.
Hormis quelques îles (Saint-Domingue, Martinique, Guadeloupe ) et comptoirs
en Afrique, la France perd ainsi la totalité de son premier empire colonial.
Une semaine plus tard, le 15 février 1763 en Europe, la paix signée
en Saxe entre la Prusse et l’Autriche consacre l’avènement
du plus puissant état allemand.
L’année 1763 aura ainsi modelé un nouvel ordre mondial : l’Angleterre
a pris la barre sur les mers et la Prusse a pris l’ascendant sur terre.
Publié par Papyves à 20:10:59 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
C’est le 11 Janvier 1907 que nait à Paris Pierre Isaac Isidore Mendès France, brillant
homme politique français. Titulaire du Bac à 15 ans, sorti 4ème de Sciences-Po à 18
ans, c’est le plus jeune avocat français, 20 ans, qui va militer pour les valeurs républicaines
et contre l’extrême droite. Inscrit au Parti Radical à 16 ans, il critique déjà les orientations de Edouard
Herriot et soutient Daladier et le Front Populaire. Plus jeune député français à 25 ans, il devient maire
de Louviers, en 1935, à 28 ans. Il sera le seul député de gauche à voter contre la participation française aux
Jeux Olympiques organisés par les Nazis à Berlin en 1936.
Sous-secrétaire d’Etat au Trésor sous Léon Blum en 1938, il est mobilisé, comme lieutenant de réserve,
en 1939 et passe un brevet d’observateur pilote pour pouvoir se battre. Après la débâcle de 1940, il
embarque sur le « Massalia » avec 26 parlementaires opposés à l’armistice pour continuer la lutte depuis
l’Empire colonial en Afrique du Nord mais il est arrêté au Maroc, accusé de désertion et jugé par
une parodie de tribunal acquis à la cause de Vichy ( Mendès est juif ), condamné à 6 ans de prison et
à la destitution. Incarcéré, il écrit à Pétain et s’échappe de l’hôpital militaire en 1941. Il veut prouver
son patriotisme et défendre son honneur. Ayant rejoint Londres et les Forces françaises libres, il
participe aux combats aériens.
Nommé par de Gaulle en 1943 Commissaire aux finances, il se heurte à son ministre de tutelle, René
Pleven, trop timoré et démissionne en 1945. Il sera alors nommé au FMI après avoir participé à sa
création ( Bretton Woods, 1944 ) et se rangera aux côtés de l’anglais Keynes pour ménager les petits pays.
En vain face au géant américain.
En Octobre 1950, après le revers de Cao Bang, le député de l’Eure lance un violent réquisitoire à la tribune contre
la guerre d’Indochine. « Il faut soit trois fois plus d’effectifs pour réaliser nos objectifs, soit un accord politique
immédiat ». Il ne sera, hélas, pas écouté. En Juin 1954, après la défaite de Dien Bien Phu, il est investi Président du
Conseil ( Premier Ministre ) pour faire la paix en Indo. Il mène alors les négociations à leur terme à Genève
puis nomme une équipe jeune et technique dont Chaban-Delmas et Mitterrand. Mais, sitôt l’Indochine achevée, ce
sont les comptoirs de l’Inde et les pays du Maghreb, où la France est présente sous forme de colonies et de
protectorats, qui s’agitent. Habile négociateur, Mendès rencontre le Bey tunisien, le Néo-Destour et les militaires
et offre l’indépendance à la Tunisie en 1956 ( discours de Carthage ).
Suivant son exemple, cette même politique de négociation sera poursuivie au Maroc.
En revanche, PMF comme on le nomme familièrement, a une autre conception de l’Algérie car « l’Algérie, c’est
la France » et il approuve les réactions fermes qui suivent les 70 attentats meurtriers du FLN faisant
des dizaines de victimes civiles, dès la « Toussaint rouge » du 1er Novembre 1954. Après le coup d’Etat avorté
des 4 généraux d’Alger, le 13 Mai 1961, Mendès salue l’action du général de Gaulle. « La guerre civile a été évitée »
dit-il. Mais, après les accords d’Evian, il va s’opposer à lui sur la question de l’élection du Président
au suffrage universel qu’il estime anticonstitutionnelle.
C’est alors qu’il se tourne vers un opposant au général de Gaulle et va soutenir la candidature de François
Mitterrand en 1965, y compris après l’échec de celui-ci, puis celle de Gaston Defferre mais les Communistes ne
lui pardonnent toujours pas.
Après 1972, malade, il prend ses distances avec la politique, tout en gardant un œil sur la paix au Moyen-Orient.
Ce grand républicain, patriote ( Croix de guerre 39-45, Médaille de la Résistance ), droit et intègre, fin négociateur qui
savait expliquer les choix politiques aux Français dans ses « causeries » à la radio ( il est l’auteur de plusieurs
ouvrages politiques ), s’éteint à Paris en Octobre 1982, après la victoire de la Gauche. Ses cendres seront dispersées dans
sa propriété de Louviers.
Son aura et son ascendant lui survivent.
Publié par Papyves à 12:44:59 dans Grands Chefs | Commentaires (1) | Permaliens
Pour s’assurer l’accès aux matières premières qui leur manquaient, les Japonais ont mené, fin XIXème et début du XXème siècles, une
politique d’expansion qui leur a permis de mettre la main sur Formose, la Corée, le sud de Sakhaline disputée avec les Russes et enfin les possessions allemandes après la première guerre mondiale. Ce qui contraria fort les occidentaux, Français d’Indochine et Américains notamment qui s’étendaient, eux, sur l’ensemble du Pacifique.
En 1940, l’Empire japonais de Hiro-Hito ( localement Shôwa )rejoint les forces de l’Axe ( Berlin, Rome, Tokyo ) et louche à nouveau sur les ports chinois que les Etats-Unis soutiennent par un prêt-bail dès 1941 et par un embargo anti-japonais. Le ressentiment contre les Américains grandit alors aussi vite que les dépenses d’armement au Japon, lequel se convainc qu’il faut frapper un grand coup.
Pearl Harbor est une vaste crique au sud de Oahu, l’une des îles volcaniques Hawaï, territoire américain donc au milieu de l’océan pacifique où se concentre à l’abri, pendant la WW2, une flotte de guerre US importante ( ne manquent que les porte-avions ). Ce sera la cible de la marine et de l’aviation japonaises qui préparent, en grand secret, aux ordres de l’amiral Yamamoto, une attaque brutale foudroyante.
Les Japonais connaissaient l’implantation des navires américains dans la rade car leurs espions avaient l’habitude de transmettre les mouvements de ceux-ci par des codes lumineux vers un sous-marin croisant au large. Les bâtiments de guerre étaient amarrés deux par deux pour réduire la surface à défendre contre des actes terroristes.
Le dimanche 07 décembre 1941, une armada silencieuse japonaise s’est avancée par le Nord-Ouest depuis les îles Kouriles, jusqu’à 200 miles ( 370 km ) de Pearl Harbor. A 06 h 00, au cri de « Tora, tora, tora » (Tigre ), l’amiral Nagumo fait décoller sa première vague de 183 avions, bombardiers, torpilleurs et chasseurs. Puis, à 07 h 15, il envoie la deuxième vague forte de 167 appareils. Les premières bombes nippones sont larguées par les bombardiers en piqué à 07 h 53, sur les 94 navires de guerre en rade. C’est la surprise totale dans cette garnison tranquille. L’officier de quart s’époumone à la radio « Air raid on Pearl Harbor. This is not a drill », « ceci n’est pas un exercice ». Les bateaux touchés contaminent par le feu leur jumeau amarré sur leur flanc, les avions imbriqués sur le tarmac ne peuvent décoller au milieu des explosions et sont détruits mais des actes héroïques permettent aux canons anti-aériens de riposter avec succès.
La deuxième vague, passant au-dessus d’Honolulu, acheva les bombardements vers 09 h 45 car Nagumo annula la troisième attaque prévue, estimant que l’effet de surprise était perdu. Les pertes sont à la hauteur de la surprise stratégique : 2.400 morts et près de 1.200 blessés côté américain pour seulement 64 morts, un sous-marinier capturé et 29 avions abattus sur 350 engagés, côté nippon.
Pourtant, des renseignements de plus en plus alarmistes avaient été reçus par l’amirauté à Washington mais on s’était persuadé que les Philippines ou l’Indonésie pourraient en être le but, pas un Etat américain. Le dernier message d’alerte décodé sera d’ailleurs envoyé d’abord au Panama, puis aux Philippines et enfin, mais à 08 h 00 seulement, à Pearl Harbor. Le rusé président Roosevelt aurait-il laissé sciemment se développer une attaque contre un territoire et des forces américaines pour retourner une opinion américaine peu encline à l’entrée en guerre des Etats-Unis contre l’Allemagne ? De fait, sitôt connue cette attaque, ressentie comme un électrochoc outre-Atlantique, c’est Hitler qui va déclarer le premier la guerre aux Etats-Unis. « Ma responsabilité est dégagée » dira Roosevelt qui pourra, dès lors, lancer en toute bonne conscience la formidable machine économique américaine dans le conflit, avec le résultat positif que l’on sait.
Publié par Papyves à 12:40:46 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
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