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Lebuzuk - historik

Les délires d'histoire de Papyves.../...ça s'est passé aujourd'hui !

Papyves

C'est  sympa  un  Blog : On  peut  aller  au  bout  de  son  monologue  sans  risquer  d'être  interrompu.  On  n'est  même  pas  obligé  de  lire  les  commentaires  d'autrui.


Non,  je  rigole,  si  j'écris  c'est  pour  être  lu,  pardi.  Alors,  bonne  lecture.  Vous  pouvez  zapper,  je  ne  m'en  offusquerai  pas.


En  fait,  si  je  suis  là,  c'est  parce  que  je  cherche  surtout  à  me  souvenir  de  l'anniversaire  du  jour.  Que  s'est-il  passé  aujourd'hui ?  On  oublie  trop  le  passé.  L'histoire  nous  apprend  pourquoi  nous  en  sommes  arrivés  là.  J'évite  quand  même  de  choisir  un  événement  anniversaire  qui  sera  bien  médiatisé. 

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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.

C'est quoi, ce Blog ?

Glossaire

De Gaulle et la BBC | 18 juin 2009

 

Londres,  le  18  Juin  1940 : Discours ( que  l’histoire  retiendra  sous  le  nom  d’Appel )  du  Général  de  Gaulle  à  la  BBC ( lu  mais  non  enregistré ) :

 

Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.

Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres.

 

Publié par Papyves à 05:42:47 dans Aventures | Commentaires (1) |

C’est la faute de l’Europe ! | 07 juin 2009

 

Phénomène  « insignifiant »  aujourd’hui,  dimanche  07  Juin  2009,  les  européens  élisent  leurs  députés,  au  suffrage  universel  direct,  pour  les  5  ans  à  venir.

Impliquant,  au  sein  de  l’Union  Européenne,  27  pays  différents  et  498  millions  d’habitants,  rien  moins  que  cela,  cet  évènement  devrait  ou  aurait  du  faire  la  Une  de  tous  les  journaux  depuis  des  semaines.  Or,  il  semble  que  tout  le  monde  s’en  moque,  journalistes  compris.  L’Europe,  c’est  loin  et  désincarné.  Qui  peut  citer  un  seul  des  785  députés  au  Parlement  européen  de  Strasbourg,  député,  pas  chef  de  parti ?

Pourtant,  l’union  de  près  de  500  millions  d’êtres,  soit  plus  que  les  Etats-Unis ( 306  millions ),  plus  que  la  Russie  et  l’Ukraine  confondus ( 187  millions ),  ou  le  Brésil ( 190  millions ),  devrait  susciter  un  engouement  et  un  espoir  que  ne  reflète  pas  le  taux  record  d’abstentions  qui  sera  annoncé  ce  soir  même.

Certes,  le  Parlement  n’a  pas  les  pouvoirs  législatifs  de  la  Commission  qui  en  a  le  monopole,  ni  même  ceux  du  Conseil  des  ministres  ( en  ce  sens,  on  ne  devrait  pas  parler  de  parlement  mais  d’assemblée )  mais  c’est  lui  qui  vote  les  dépenses  communes  et  donc  la  part  de  ce  qui  est  rétribué  aux  différentes  nations  et  à  ses  administrés.

Le  Parlement  européen  est  la  seule  instance  à  être  élue  directement  au  suffrage  universel  par  les  citoyens  eux-mêmes,  lesquels  s’en  désintéressent  complètement  au  motif  que  « l’Europe  prendrait  des  décisions  seule  et  indépendamment  des  avis  des  populations,  voyez  l’Irlande  qu’on  fait  revoter  après  qu’elle  ait  dit  Non  au  précédent  scrutin ».  Faux  procès,  à mon  sens. 

Méconnaissance,  en  tout  cas,  du  fonctionnement  et  des  responsabilités  de  chacune  des  instances  européennes.  Mais  la  faute  en  revient  aux  hommes  politiques  des  différents  pays  et  surtout  aux  journalistes  qui  ne  jouent  pas  leur  rôle  d’analyse  et  de  pédagogie  pour  faire  comprendre  aux  populations  les  arcanes  d’un  système  considéré  comme  d’autant  plus  complexe  et  loin  des  préoccupations  des  gens  qu’il  est  méconnu.  On  se  méfie  toujours  de  ce  qu’on  ne  connaît  pas.

L’Europe  sert  d’ailleurs  de  bouc  émissaire  idéal  à  bon  nombre  de  leaders  politiques  qui  préfèrent  la  montrer  cyniquement  du  doigt ( même  s’ils  ont  voté  discrètement  pour  les  lois  qui  en  ressortent )  plutôt  que  d’avouer  que  c’est  la  faiblesse  de  leur  action  qui  est  à  l’origine  de  la  dégradation  des  conditions  de  vie  de  leurs  concitoyens.

Il  est  vrai  que  l’augmentation  générale  des  prix  au  lendemain  de  l’instauration  de  l’Euro  n’a  pas  arrangé  l’image  d’une  Europe  qui  peine  à  donner  des  preuves  de  mesures  de  défense  des  intérêts  des  habitants  et  qui  passe  pour  une  organisation  de  régulations  et  d’établissement  d’interdits  et  de  normes  de  plus  en  plus  contraignantes.

Au  moment    les  présidents  français  et  américain  commémorent,  en  Normandie,  les  combats  héroïques  de  leurs  soldats  pour  libérer  les  peuples  d’Europe  de  la  gangrène  nazie,  qui  aurait  pu  parier,  au  lendemain  du  débarquement  du  06  Juin  1944,  ( sinon  le  Général  de  Gaulle )  que  les  dirigeants  français  et  allemands,  main  dans  la  main,  oeuvreraient  65  ans  plus  tard  pour  l’édification  d’un  nouvel  ordre  européen,  fondé  sur  la  paix,  la  liberté,  des  valeurs  communes ?

Comment  ne  pas  être  admiratif  devant  ces  paroles  du  grand  poète  visionnaire  qu’est  Victor  Hugo,  lorsqu’il  déclarait,  en  1849  déjà,  au  lendemain  de  la  guerre  de  sécession  et  bien  avant  les  deux  guerres  mondiales :

« Un  jour  viendra    vous, (…) nations  du  continent,  sans  perdre  vos  qualités  distinctes  et  votre  glorieuse  individualité,  vous  vous  fondrez  étroitement  dans  une  unité  supérieure,  et  vous  constituerez  la  fraternité  européenne. (…). Un  jour  viendra    l’on  verra  ces  deux  groupes  immenses,  les  Etats-Unis  d’Amérique,  les  Etats-Unis  d’Europe, (…) se  tendant  la  main  par  dessus  les  mers,  échangeant  leurs  produits,  leur  commerce,  leur  industrie,  leurs  arts,  leurs  génies,  défrichant  le  globe, (…) et  combinant  ensemble,  pour  en  tirer  le  bien-être  de  tous,  ces  deux  forces  infinies,  la  fraternité  des  hommes  et  la  puissance  de  Dieu. ».

Je  suis  allé  voter  ce  matin  car  ce  droit  d’agir  sur  les  décisions  qui  seront  prises  en  mon  nom  quelque  part  m’a  été  offert  par  les  générations  qui  m’ont  précédées  et  se  sont  battues,  à  mort,  pour  cela.  Au  contraire  de  ces  régimes  totalitaires    les  femmes,  les  exclus,  les  citoyens  mêmes  n’ont  pas  ce  droit.

Une  image  devrait  nous  habiter,  au  moment  de  prendre  la  canne  à  pêche,  ce  dimanche,  c’est  celle  de  ce  jeune  chinois,  seul  devant  une  colonne  de  chars,  sur  la  place  Tienanmen.  Tout  un  symbole.  On  n’a  pas  trouvé  mieux  encore  que  la  démocratie,  la  voix  du  peuple,  pour  gouverner  bien  les  peuples.

La  démocratie,  nous  l’avons.  Défendons  la !  Vive  l’Europe !

 

Publié par Papyves à 12:56:20 dans Faits politiques. | Commentaires (8) |

Israël est proclamé ( partie 2, suite ) | 14 mai 2009

 

( Lire  d'abord  le  texte  ci-dessous,  ceci  en  est  la  fin )

C’est  cette  déclaration  Balfour  de  Novembre  1917,  reconnue  par  la  SDN,  Société  des  Nations,  qui  va  légitimer  le  retour  massif  des  juifs  en  Palestine  dès  1918  et,  trente  ans  plus  tard,  la  création  de  l’Etat  d’Israël  avec  David  Ben  Gourion ( fils  du  lion ).

A  la  fin  de  la  seconde  guerre  mondiale,  en  1945,  le  monde  découvre  avec  horreur  le  plan  d’extermination  nazi,  appelé  « la  solution  finale ».  Renforcé  par  ce  drame,  le  mouvement  sioniste  reprend  alors  de  plus  belle  et  incite  les  juifs  de  la  Shoah ( catastrophe  en  hébreu )  à  rejoindre  la  Palestine.  Mais  les  Anglais  qui  administrent  encore  le  territoire  par  protectorat  vont  s’opposer  à  toute  immigration.  On  se  souvient  de  l’épisode  du  navire  Exodus  arraisonné  et  refoulé  en  1947  au  large  des  côtes  de  Haïfa  avec  4.500  survivants  des  camps  de  la  mort  que  les  britanniques  vont  renvoyer  en … Allemagne !

 

L’ONU  prend  alors  conscience  qu’il  faut  faire  quelque  chose  pour  ce  peuple  errant  et  elle  organise  puis  fait  voter  un  plan  de  partage  de  la  Palestine  en  deux  Etats,  la  Palestine  arabe  et  l’Etat  d’Israël.  Aussitôt,  les  pays  arabes  voisins  s’opposent  à  cette  décision  et  attaquent  le  pays  dès  le  lendemain.  Les  combats  ne  s’arrêteront  qu’en  1949  sans  traité  de  paix  mais  avec  des  annexions  de  territoires,  l’Egypte  s’étant  emparé  de  la  bande  de  Gaza  et  la  Transjordanie ( à  l’Est  du  Jourdain )   ayant  pris  possession  de  la  Cisjordanie ( à  l’Ouest  du  Jourdain ).  Quant  à  l’Etat  palestinien  et  la  zone  internationale  autour  de  Jérusalem,  ils  n’existent  plus.  D’où  les  conflits  incessants,  sous  forme  de  vraies  guerres  israélo-arabes  ou  de  terrorisme,  pour  la  reconquête  de  ces  territoires,  conflits  que  nous  connaissons  encore  aujourd’hui.

Chaque  partie  s’estime  victime  de  la  situation : Israël  a  des  airs  de  citadelle  assiégée  et  se  défend  becs  et  ongles  pour  ne  pas  disparaître.  L’Islamisme  est  nourri  par  les  humiliations  successives  que  les  peuples  arabes  ont  été  contraints  de  subir  de  la  part  d’un  Etat  souvent  jugé  arrogant  et  impérialiste,  protégé  par  les  puissants  Etats-Unis  d’Amérique. 

Politiquement,  une  issue  viable  et  acceptée  par  tous  n’est  pas  visible  à  échelle  humaine.  En  matière  de  foi  et  de  religion,  en  revanche,  nous  devrions  nous  souvenir  que  nous  sommes  tous  cousins  car  Abraham  est  vénéré  comme  le  père  des  croyants  par  les  trois  religions,  Judaïsme,  Christianisme  et  Islam ( sous  le  nom  d’Ibrahim ). 

En  ce  14  Mai,  je  vous  souhaite  un  bon  « Yom  Ha’atzmaout ».

 

Publié par Papyves à 06:03:20 dans Faits politiques. | Commentaires (2) |

Israël est proclamé ( partie 1 ) | 14 mai 2009

 

Le  14  Mai  1948,  conformément  à  la  décision  de  l’ONU,  David  Ben  Gourion,  président  du  Conseil  national  juif,  et  Chaïm  Weizmann,  futur  chef  de  l’Etat,  proclament  la  naissance  de  l’Etat  d’Israël.  Que  de  chemins  épineux  pour  en  arriver  là !

A  l’époque  d’Abraham  ( vers  2.000  avant  Jésus  Christ )  et  des  patriarches  qui  l’ont  suivi,  ce  peuple  choisi  par  Yahvé  ( Jéhovah )  portait  le  nom  d’Hébreux,  tribus  semi-nomades  de  Syrie  ayant  traversé  l’Euphrate  vers  la  terre  de  Canaan ( la  Palestine ).  Puis,  à  la  période  des  rois,  David,  Salomon  et  autres,  ce  furent  les  « fils  d’Israël »  ou  Israélites,  du  nom  que  prit  Jacob  après  avoir  lutté  toute  une  nuit  avec  l’ange  envoyé  par  Dieu.  Enfin,  les  Judéens  ou  Juifs  tireront  leur  nom  du  royaume  de  Juda ( vers  700  av  JC ),  bâti  autour  de  Jérusalem.

Au  premier  millénaire  avant  notre  ère,  la  Palestine  connaît  une  forte  poussée  démographique  qui  entraîne  une  première  vague  d’émigration  qu’on  appellera  « diaspora »  du  grec  dispersion.  Mais  ce  « croissant  fertile »  reste  très  attrayant  donc  très  peuplé  et  à  l’époque  du  Christ,  soit  au  début  de  notre  ère,  la  Palestine  est  aussi  peuplée  qu’aujourd’hui  alors  que  le  monde  entier  ne  compte  que  250  millions  d’habitants,  c’est-à-dire  27  fois  moins  que  de  nos  jours.

Pourtant,  Jérusalem,  capitale  de  l’ancien  royaume  de  Judée,  est  mise  à  sac  par  l’armée  romaine  de  Titus  en  l’an  70.  Tout  est  détruit,  y  compris  le  Temple  de  Salomon  dont  il  ne  reste  qu’un  pan  de  mur,  le  « mur  des  lamentations ».  Les  trésors  du  Temple  sont  pillés,  la  Ménorah,  ce  chandelier  sacré  à  7  branches,  disparaît. 

Juifs  et  Chrétiens  ont  en  commun  la  foi  dans  un  même  Dieu  unique,  celui  d’Abraham. Mais  les  Juifs,  à  la  différence  des  Chrétiens,  ne  reconnaissent  pas  en  Jésus  un  Messie,  fils  de  Dieu  car  ils  attendent  encore  ce  Messie  rédempteur  qui  viendra  un  jour  les  délivrer  de  l’oppression  et  sauver  l’humanité.  La  Bible,  ensemble  de  récits  théologiques  écrits  quelques  siècles  avant  J.C,  est  la  source  du  Judaïsme  et  son  inspiration.  Elle  relate  l’alliance  conclue  entre  le  Dieu  unique  et  les  Hébreux,  selon  l’annonce  faite  à  Abraham  et  confirmée  à  Moïse.

Les  deux  communautés  religieuses  reconnaissent  la  Bible,  dans  sa  version  Ancien  Testament ( car  les  Chrétiens  ajouteront  le  Nouveau  avec  les  Evangiles  des  apôtres ),  mais  l’interprètent  de  façon  différente,  au  travers  du  Christ ( traduction  grecque  de  Messie )  Jésus  de  Nazareth  ( qui  pourtant  était  juif )  ou  de  la  Torah ( la  loi  en  Hébreu ).  Une  autre  différence  est  que  l’on  devient  chrétien  par  croyance  et  souhait  alors  qu’on  n’est  juif  seulement  si  l’on  descend  d’une  mère  juive. En  fait,  les  premiers  chrétiens  sont  des  juifs  qui  ont  suivi  le  Christ  et  cru  en  lui.

Depuis  la  plus  haute  antiquité,  il  y  eut  toujours  des  juifs  en  Terre  Sainte  malgré  les  occupations  grecque,  romaine  ou  arabe  et  les  exodes  entraînés  par  ces  invasions. L’important  empire  sémite  du  3ème  millénaire,  découvert  grâce  aux  tablettes  cunéiformes  d’Ebla,  en  témoigne.  Mais  la  population  juive  s’est  considérablement  multipliée  hors  de  ce  creuset,  au  sein  de  la  diaspora  extérieure ( aujourd’hui  encore,  il  y  a  plus  de  juifs  aux  Etats-Unis  qu’en  Israël ).  Ce  sera  sa  force  pour  développer  un  lobby  de  par  le  monde  mais  aussi  sa  faiblesse  de  ne  pouvoir  s’appuyer  sur  un  Etat  enraciné  et  reconnu.

Aucune  véritable  conscience  d’appartenance  à  une  communauté  spécifique  ne  vit  le  jour  avant  l’affaire  Dreyfus  en  France :

Un  journaliste  hongrois,  d’origine  juive,  Theodor  Herzl,  assiste  à  la  cérémonie  de  dégradation  du  Capitaine  Dreyfus,  dans  la  cour  des  Invalides  à  Paris,  le  05  Janvier  1895.  L’officier  avait  été  condamné  à  tort  pour  haute  trahison,  notamment  du  fait  de  son  statut  de  juif.  Herzl  est  révolté  par  la  flambée  d’antisémitisme  dans  la  patrie  des  Droits  de  l’Homme.  Il  en  tire  la  conclusion,  dans  son  livre  qu’il  intitule  « l’Etat  juif » : « Der  Judenstaat »  que  les  Juifs  doivent  posséder  leur  propre  Etat  et  il  se  lance  dans  une  croisade,  à  base  de  congrès,  qui  portera  le  nom  de  Sionisme. Sa  thèse  du  retour  à  Jérusalem  suscite  d’emblée  l’enthousiasme  des  juifs  exilés.

Le  Sionisme  tire  son  nom  de  Sion,  l’une  des  collines  de  Jérusalem.  Ce  mouvement,  initié  par  le  choc  de  l’affaire  Dreyfus  mais  aussi  par  les  pogroms  ( destruction  totale  en  russe )  d’Europe  centrale,  vise  à  la  création  d’un  Etat  juif  indépendant  en  Palestine,  dans  le  triangle  Sinaï,  Jourdain,  Liban-Syrie.

Herzl  avait  pourtant  accepté,  faute  de  mieux,  la  proposition  du  britannique  Joseph  Chamberlain  qui  offre  une  partie  de  l’Ouganda,  alors  possession  anglaise,  comme  terre  d’accueil.  Les  juifs  « territorialistes »  s’en  satisfont  mais  les  « sionistes »  ne  veulent  rien  d’autre  que  la  terre  d’Israël.

Pendant  la  première  guerre  mondiale,  Français  et  Anglais  concluent  des  accords  secrets  en  vue  de  se  partager  les  futures  dépouilles  de  l’empire  Ottoman ( turc ),  allié  des  puissances  centrales,  notamment  la  Syrie  et  la  Palestine.  Parallèlement,  les  Britanniques  promettent  au  chérif  Hussein  de  La  Mecque  tous  les  territoires  arabes  sous  occupation  turque.  Or,  ce  sont  les  mêmes.  L’hypocrisie  atteint  son  comble,  en  1917,  lorsque  le  ministre  britannique  des  Affaires  Etrangères,  Arthur  James  Balfour,  qui  veut  se  rallier  le  soutien  des  juifs,  notamment  américains,  adresse  une  lettre  ouverte  à  Lord  Rothschild  dans  laquelle  il  déclare : «  Le  gouvernement