• Les grandes avenues du Baron Haussmann.

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>En 1850, la capitale française n'a pas l'aspect harmonieux que nous lui connaissons aujourd'hui. Un entrelacs de rues étroites et sinueuses forme le cœur de Paris que la population rend responsable de l'insalubrité, empêchant la circulation de l'air et la dispersion des miasmes, porteurs de maladies. Ouvrir de grandes avenues serait plus hygiénique.
    Napoléon III, dès qu'il obtient les pleins pouvoirs, peut imprimer sa marque en matière d'urbanisme, pour des raisons sociales certes, mais diront certains, pour des raisons tactiques aussi en permettant à la force publique de s'élancer sur de grandes artères que le canon peut battre sur toute leur longueur. Les soulèvements populaires ont renversé plusieurs régimes depuis 1789. Napoléon reprend les idées de Rambuteau ( qui avait réalisé les premières percées en 1836 ) et cherche l'homme déterminé et fidèle qui saura mettre sa politique en œuvre. Il a vu la transformation de Londres avec ses grands parcs et son réseau d'assainissement. Paris se doit d'être à la hauteur. Ce sera le Baron Georges Eugène Haussmann que l'on nomme Préfet de la Seine, le 23 Juin 1853.
    Haussmann a l'obsession de la ligne droite. Il va tailler de grandes coupes Est-Ouest et Nord-Sud, se croisant au Châtelet, de 20 à 30 mètres de large qui nécessiteront d'abattre de nombreux bâtiments, amputer des cours, raser l'église Saint-Benoit et la moitié de l'île Saint-Louis ou même la maison où il est né car mal placée sur son plan. Mais on lui doit les Champs Elysées, les avenues en étoile qui convergent vers l'Arc de Triomphe et quelques belles perspectives. Il aura eu raison de l'insalubrité et du choléra, mais pas de la tuberculose.
    La rénovation de Paris se veut globale, en surface et en sous-sol. En surface, percement de nombreux grands boulevards, vastes avenues et rues transverses qui vont désengorger Paris. Mais construction aussi de nouveaux édifices, comme l'Opéra ( de Garnier ), les Halles ( de Baltard ), des ponts, les grandes gares ou certains théâtres. Enfin, aménagement de parcs et jardins, comme le parc du Luxembourg ou de Montsouris et l'entretien des bois de Vincennes et de Boulogne. En sous-sol, un nouveau circuit d'approvisionnement en eau potable et en gaz ainsi qu'un système d'évacuation des déchets et des eaux usées. L'eau potable, qui était puisée dans l'Ourcq jusqu'alors, sera acheminée depuis Château-Thierry sur un aqueduc de 600 kilomètres, construit par l'ingénieur Belgrand entre 1865 et 1900. En sous-sol encore, le système des égouts, datant de 1370, est complètement rénové et élargi jusqu'à Asnières où il débouche et une loi de 1852 impose le raccordement des immeubles à ces égouts modernes.
    La construction des immeubles, le long des nouvelles voies, est soumise à des conditions particulières sur l'aspect des façades et des balcons qui doivent être alignés au même niveau, d'un immeuble à l'autre. La pierre de taille est obligatoire sur les boulevards. Mais Haussmann n'a pu éviter la dissymétrie, encore actuelle, entre l'Ouest plus bourgeois et l'Est plus populaire.
    Grâce au soutien inconditionnel de Napoléon III, le « Baron » Haussmann ( qui aurait usurpé son titre ) pourra présider pendant 17 ans (1853 à 1870) aux énormes changements urbains de la capitale qui seront financés par un emprunt de l'Etat, de 250 millions de francs, en 1865 puis un autre de 260 millions en 1869. Les travaux d'Haussmann seront donc décidés et encadrés par l'Etat, mis en œuvre par les entrepreneurs privés et financés par l'emprunt. Sa persévérance à transformer Paris lui vaudra d'accéder à la fonction de Sénateur, en 1857 puis de membre de l'Académie des Beaux-Arts, dix ans plus tard.
    Mais interminables, défigurant certains quartiers, gouffres à dépenses non contrôlées, les travaux d'Haussmann s'attirèrent des critiques et mécontentements légitimes, notamment à cause des expropriations. Emile Zola, dans son roman « La curée » et plus encore Jules Ferry dans un célèbre pamphlet qu'il intitule « Les comptes fantastiques d'Haussmann » (1) dénonceront la corruption et le trou financier qui se creuse, à mesure que les prêts diminuent. Le Baron constructeur sera finalement renvoyé au début de 1870, après un débat au Parlement, quelques mois avant la défaite de Sedan et la chute du Second Empire qu'il aura soutenu jusqu'au bout.
    Aujourd'hui encore, nous pouvons admirer ces ensembles architecturaux harmonieux et homogènes, par quartier entiers, qui tranchent sur l'anarchie de certains centres des capitales étrangères. Je regrette quand même cette « verrue » qu'est la tour Montparnasse qui avait sa place ... à la Défense.
    (1)   : par allusion aux « Contes fantastiques d'Hoffmann »
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  • Commentaires

    1
    kaddouri
    Lundi 14 Juillet 2008 à 04:24
    haussmann
    qu'est ci qu'il fait aussmann en algérie exactment et merci
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    2
    Nemrod
    Samedi 6 Mars 2010 à 15:05
    Titre et Chute
    Bjr, intéressant mais titre et chute ne me satisfont pas étant donné que l'un annonce un angle centré sur les avenues inspirées par Haussmann et votre point de vue sur la Tour Montparnasse est en plus de sa subjectivité hors sujet!
    3
    Dimanche 7 Mars 2010 à 19:46
    Hors sujet
    Désolé, Nemrod, mais je maintiens mon aparté sur la tour Montparnasse. Cette remarque n'est absolument pas hors sujet car il s'agit justement d'harmonie architecturale d'ensemble. La tour M, gratte-ciel au milieu de bâtiments d'égale hauteur, jure et gâche les perspectives.
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