• La croisade des Albigeois.

    Le 15 janvier 1208, le légat du pape, Pierre de Castelnau, est assassiné sur une route du Languedoc sur les ordres du comte de Toulouse, Raimon VI, qu'il venait d'excommunier. Avec ce meurtre débute une guerre affreuse, la croisade des Albigeois, qui va mettre à feu et à sang le Midi toulousain, de la Garonne au Rhône. Le légat venait d'excommunier Raimon VI, descendant du chef de la première croisade en Terre Sainte, en raison de son excessive sollicitude pour les Cathares ( du mot grec katharos qui signifie pur ), aussi appelés Albigeois ( référence géographique évidente ) et considérés comme hérétiques puisque ne reconnaissant pas le dogme et les enseignements de l'Eglise catholique.

    Ce drame de trop entraîne le Pape à lancer l'appel à la croisade, malgré le peu de soutien du roi Philippe Auguste qui a fort à faire avec les Anglais et se tient en retrait de cette guerre civile ou fratricide. C'est la première fois, en effet, qu'une croisade est dirigée contre des gens qui se réclament du Christ mais cet aspect ne gêne pas les contemporains. Elle va avoir raison de l'hérésie mais son effet le plus tangible sera l'annexion de la région au domaine capétien, ce qui deviendra la France. Originaires de l'Italie du nord, les cathares recueillaient depuis un demi-siècle un succès croissant dans le Midi toulousain en raison de leur doctrine simple et exigeante, fondée sur l'opposition entre le Bien et le Mal. Ils se disent les « vrais chrétiens », condamnant l'Ancien Testament, ce que conteste l'Eglise qui envoie contre eux les « inquisiteurs » qui ne seront pas tendres avec les « parfaits » comme ils désignaient eux-mêmes ces hérétiques. Ces derniers préféraient s'appeler les « bonshommes et les bonnes femmes ».

    Ce n'est qu'en 1229, par le traité de Paris avec Saint Louis, que la croisade des Albigeois viendra à bout de ces « boulgres », dont le nom rappelle l'origine bulgare ou balkanique de l'hérésie cathare. Le dernier baroud d'honneur sera le siège de Montségur, près de Foix en 1244 où plus de deux cents cathares refusent de renier leur foi et sont brûlés vifs au pied de la forteresse. Ultime barbarie d'une guerre qui n'en manqua pas. L'hérésie va perdurer encore un demi-siècle dans les villages reculés des Pyrénées. Le dernier parfait ou bonhomme cathare est brûlé en 1318.

    Aujourd'hui, cette page d'histoire douloureuse fait le bonheur du tourisme local qui en fait une source de fierté et d'identité régionale occitane en s'appuyant notamment sur les ruines des châteaux cathares du Midi Toulousain.

    ( Image : Expulsion des Albigeois de Carcassonne en 1209 )

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 16 Janvier 2008 à 15:24
    Pierre de Castelnau
    Bonjour, Les historiens penchent aujourd'hui pour la date du 14 janvier 1208. C'est ce que laissent entendre les datations approximatives proposées par les sources médiévales.Cela ne change pas grand chose, toutefois.
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    2
    Mercredi 16 Janvier 2008 à 21:12
    Merci.
    Merci pour ces précisions et pour l'intérêt que vous portez à ce blog.
    3
    Fab
    Jeudi 17 Janvier 2008 à 12:26
    Albigeois, martyrs..
    En effet, quelle sombre passage de notre Histoire de France, pendant laquelle, au nom de Dieu, on a massacré, tué, brûlé... Un très bon livre sur le sujet : "Raymond le Cathare" par Dominique Baudis. J'ai adoré. On y découvre que le Comte de Toulouse, contraint, se ralliera aux Croisés. Sa tolérance à l'époque dérangeait énormèment, car sur ses terres, Chrétiens, Albigeois (le terme Cathare est très comtemporain), païens et même juifs et musulmans vivaient ensemble, sans rivalités, sans haine. Un rêve utopique aujourd'hui ! Bravo Papyves et continues de nous dévoiler l'histoire de cette manière très originale. A+
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