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Le martyr d’Oradour sur Glane.

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Avec le débarquement des Alliés en Normandie, le 06 Juin 1944, les maquis multiplient les opérations de sabotage et de harcèlement afin de handicaper les mouvements des troupes allemandes. C'est le cas pour la Panzer-division SchutzStaffel (SS) « das Reich » du général Lammerding, attaquée dans Tulle par les FFI et qui procède à des exécutions de représailles. Le 10 Juin, le régiment « der Führer » de cette division quitte Saint Junien. En début d'après midi, une colonne de 8 camions et 2 blindés à chenilles, commandée par le Sturmbannführer Adolf Diekmann, est aux portes d'Oradour-sur-Glane, un paisible village du Limousin, à 20 km de Limoges. La mission de ce bataillon est de récupérer les armes et munitions des maquisards, de délivrer le Major Kämpfe captif et, en cas d'échec, de fusiller 40 « terroristes », pour l'exemple.

Convoqué par le commandant Diekmann, le maire du village fait clamer, par le crieur public, l'ordre aux habitants de se rassembler sur le Champ de foire. Ce qu'ils font sans peur, pensant qu'il s'agit d'un contrôle de routine. Les soldats allemands fouillent les maisons et en sortent, sans ménagement, les personnes qui s'y trouvent encore, y compris dans les fermes alentours. Un des alsaciens enrôlés de force dans la SS, un « Malgré-nous », traduit les propos du commandant qui parle d'une cache d'armes et de la disparition d'un officier SS, enlevé par les maquisards FTP. La population ne dit mot. Après avoir écarté les femmes et les enfants, l'officier interroge à nouveau les hommes sur l'emplacement des caches d'armes. Pas de réponse. Alors, les 180 hommes et jeunes gens sont emmenés vers différents bâtiments, non habités, du village qu'ils doivent, sous la menace de mitrailleuses, vider de tout ce qu'ils contiennent.

Pendant ce temps, les 350 femmes et enfants sont dirigés vers l'église et y sont enfermés. Les soldats déposent une lourde caisse d'où dépassent des mèches et y mettent le feu mais elle n'explose pas tout de suite et se contente de faire une épaisse fumée qui asphyxie les otages, pris de panique. C'est alors que les militaires ouvrirent le feu et jetèrent des grenades sur ces pauvres victimes sans défense jusqu'à ce qu'il n'en reste plus une vivante. Seule Marguerite Rouffanches, 47 ans, eut la vie sauve, en s'échappant par un vitrail brisé, après avoir fait le mort pendant la tuerie. Le silence obtenu, les soldats recouvrent les corps de paille et de bois et y mettent le feu. L'église s'embrase et le clocher s'effondre.

De leur côté, les hommes fouillent toujours les granges et autres garages, à la recherche d'hypothétiques caches de munitions. Soudain, une explosion se fait entendre en provenance de l'église. C'est le signal du mitraillage des différents groupes épars. Les « radounauds », nom des habitants, tombent les uns sur les autres et les SS achèvent ceux qui gémissent encore. Puis ils font le tour du village, pillent à l'occasion et mettent le feu aux habitations visitées, école comprise. Après que les SS aient quitté Oradour, vers 22 heures, on dénombrera 642 victimes et 328 constructions brûlées.

Une autre version des faits, dite révisionniste, établit que le massacre n'était pas prémédité mais résulte d'une bavure effectuée par une troupe harcelée par les maquisards, lors de son repli, de Montauban vers le Nord. La détonation dans l'église, en particulier, serait due à l'explosion, sûrement accidentelle, d'une énorme réserve d'explosifs que les résistants FTP avaient cachée dans le clocher. Se croyant attaqués, les SS avaient ainsi riposté par des fusillades exagérées.

Aujourd'hui, les ruines béantes, conservées en l'état sur ordre du Général de Gaulle, s'offrent encore au visiteur et un mémorial Centre de la mémoire immortalise la souffrance de ce « village martyr ».  Souvenons-nous !

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