C'est le 22 Janvier 1980 qu'Andrei Sakharov est arrêté et déporté à Gorki ( Nijni-Novgorod ) avec son épouse Elena Bonner. Docteur en physique, il avait été un des contributeurs du programme de recherche aboutissant à la première bombe thermonucléaire (H) soviétique en 1953. Parallèlement à ses recherches, et de plus en plus fortement, il affirme son intérêt pour les droits de l'homme et le contrôle des armes nucléaires (il participe notamment à l'élaboration du traité de Moscou de 1963 interdisant les essais atmosphériques). Ses prises de position en faveur des Droits de l'homme en URSS, contre les tentatives de réhabilitation de Staline et contre la répression qui s'abat sur les dissidents sous Brejnev lui valent l'estime du monde entier, pas du KGB. Dans le bloc soviétique, sous Staline et Brejnev, la société est encadrée, embrigadée et la répression s'abat sur tous ceux qui ne se conforment pas au modèle, notamment les intellectuels. Passé au premier plan de l'opposition au régime, avec l'écrivain Alexandre Soljenitsyne, Sakharov dénonce les internements arbitraires, les camps de travail, les multiples violations des libertés fondamentales. En 1975, les autorités refusent de lui délivrer un visa pour se rendre à Oslo, pour recevoir le prix Nobel de la Paix qu'il vient de recevoir. A partir de 1980, il est assigné à résidence et ne pourra retrouver sa liberté de mouvement qu'avec l'arrivée au pouvoir de Gorbatchev.
Et dire qu'il est encore des régimes qui croient qu'on peut embrigader la pensée humaine et museler l'opposition. Le monde n'avance que par la contestation tout comme les peuples n'accèdent à la liberté que grâce à l'éducation.
Curieux et paradoxal, quand même, d'avoir attribué le Prix Nobel de la Paix à un des inventeurs de la bombe atomique qu'on appellerait aujourd'hui de destruction massive.