• Vous n'aurez pas ....

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    Hormis les exemples avec Israël, peu de guerres entre nations auront été aussi courtes que celle qui opposa les Français aux Prussiens, vite rejoints par tous les royaumes allemands, en 1870-71. Six mois, en effet, suffirent pour parachever le désastre français qui provoqua l'effondrement de l'Empire après la défaite de Sedan, où se trouvait Napoléon III lui-même, et pour souder l'unité allemande derrière Bismarck.

    Tout est parti de la vacance du trône d'Espagne, auquel se présente Léopold de Hohenzollern mais que Napoléon III ne veut pas voir occupé, une nouvelle fois, par un prétendant germanique, ce qui placerait la France en étau entre l'Espagne et l'Allemagne, comme au temps de Charles Quint. Il le fait donc savoir par un message porté au roi Guillaume de Prusse qui demande à Léopold de se désister. Cependant la France, par l'intermédiaire de son ambassadeur Benedetti, semble insister pour avoir une garantie de ce retrait et le roi de Prusse répond sèchement qu'il « n'a rien d'autre à dire à l'ambassadeur ». Son télégramme (la dépêche d'Ems) sera réécrit par le Chancelier Otto von Bismarck, en des termes plus offensants, ce qui entraînera la déclaration de guerre.

    Le fusil Chassepot français est supérieur au Dreyse allemand, aussi les Français partent-ils confiants. Mais les munitions sont achetées à la manufacture belge de Herstal qui dépend du Kronprinz et, naturellement, elles n'arriveront pas à temps, notamment à Sedan. De plus, les canons d'artillerie français datent des guerres Napoléoniennes alors que le Krupp est en acier et se charge déjà par la culasse. Enfin, les forces françaises, 265.000 hommes, sont globalement inférieures de moitié, en nombre, à celles des Prussiens qui alignent plus de 500.000 soldats. Comble de malheur, le haut commandement français sera défaillant.

    Il s'ensuit une série de défaites successives, d'abord sur la frontière Nord des départements de Moselle et d'Alsace, malgré quelques charges et contre-attaques héroïques, puis plus en profondeur. Bazaine, dans Metz, capitulera quasiment sans combattre, Mac-Mahon sacrifiera sa cavalerie pour assurer son repli face au Kronprinz, Napoléon III lui-même sera fait prisonnier à Sedan, le 02 Septembre 1870. Partout, « ça tombe comme à Gravelotte ». Bref, c'est le désastre en quelques semaines, les Allemands sont à Paris. Seule Strasbourg résistera ainsi que Belfort avec Denfert-Rochereau mais il devra capituler, lui aussi, puisque l'armistice est déjà signé, en Janvier 1871, et que Guillaume est proclamé Empereur du II° Reich à Versailles. Les pertes seront équilibrées, autour de 140.000 morts, des deux côtés.

    Cependant, la Garde nationale et les ouvriers de Paris refusent d'accepter la défaite et mettent en place un gouvernement insurrectionnel, la Commune de Paris, qui sera maté par Adolphe Thiers, lors de la « semaine sanglante » de fin Mai 1871.

    Le traité de paix, signé à la hâte, le 26 Février, à Versailles, sera confirmé par le traité de Francfort du 10 Mai 1871. La France doit rendre à l'Allemagne les pays annexés par Louis XIV en 1861, soit toute l'Alsace (sauf Belfort), une grande partie de la Moselle, et une plus petite de la Meurthe et des Vosges. De plus, des indemnités à hauteur de 6 milliards de francs or, ramenés à 5 milliards après négociations, seront imposées aux vaincus. Les troupes allemandes pouvant rester sur le territoire, tant que ces indemnités ne sont pas payées. Des souscriptions auprès de la population permettront de les payer, pour les dernières, en 1873. Une clause du traité permet aux habitants de cette nouvelle « Elsass-Lothringen » de choisir entre la soumission aux règles administratives d'outre-Rhin ou de partir. Environ 150.000 d'entre eux s'exileront. Mais le sentiment patriotique reste vivace, même sous l'occupation allemande et la « revanche » est dans tous les esprits. Bien qu'obligés de parler allemand, c'est en français que les trois départements perdus chanteront, jusqu'en 1918, le refrain connu suivant :

    « Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine,
    Et, malgré vous, nous resterons Français.
    Vous avez pu germaniser la plaine,

    Mais notre cœur, vous ne l'aurez jamais. »<o:p> </o:p> 

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