C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Je vous donne mon mail personnel, si vous voulez vraiment me joindre : logetteyves@yahoo.fr,. Merci de votre fidélité. Papyves.
Au moment où les prétendants à l'investiture finale aux USA se disputent sur le maintien des troupes américaines en Afghanistan et en Irak, il est intéressant de revenir sur un épisode qui fit de JFK, John Fridgerald Kennedy, un héros de la guerre dans le Pacifique en 1943.
Suite à l'abandon de ses études à la Stanford Graduate School, fin 1940, John souhaite rentrer dans la Marine. Son état de santé, notamment ses problèmes de dos, l'en empêchent mais l'intervention de son père, Joseph Kennedy, ambassadeur à Londres, auprès des autorités de l'US Navy, va lui permettre d'intégrer ce corps au printemps 1941 puis d'être promu au grade d'Enseigne de vaisseau en Septembre de la même année.
En 1942, il suit la formation de l'Ecole des Patrouilleurs Torpilleurs (PT) à Melville, dans le Rhode Island dont il deviendra instructeur. En Février 1943, il est affecté à la base de Tulagi, sur l'île de Rendova qui fait partie des îles Salomon (archipel du Pacifique, Nord Est de l'Australie, là où se trouve aussi Guadalcanal). Embarqué sur le USS Rochambeau, il y arrivera le 16 Avril 1943 pour prendre le commandement du lance-torpilles PT-109.
Depuis Pearl Harbor, le 07 Décembre 1941, le Japon et les Etats-Unis sont en guerre. Aussi, lorsque le Lieutenant John F. Kennedy quitte le port à la tête de son PT, aux côtés d'autres embarcations, pour rejoindre la Nouvelle Géorgie où les Japonais ont construit un aérodrome, il sait qu'il n'y va pas pour se baigner mais qu'il participe sûrement à un débarquement de vive force. Les Japonais possèdent quelques centres de résistance sur des îlots comme Kolombangara ou Munda qu'ils ravitaillent par des bateaux que les GIs appellent « Tokyo Express ». Et c'est justement un Tokyo Express que l'escadre de patrouilleurs américains va rencontrer, dans la nuit du 1er au 2 Août 1943, quand 4 destroyers japonais, avec 1.000 soldats à bord et 70 tonnes de matériels, quittent le détroit de Bougainville pour se diriger vers la base de Vila.
Le croisement n'eut lieu qu'au retour de la mission japonaise, alors que les navires, après avoir déchargé leur cargaison, sont à pleine allure dans la nuit sans lune. Le commandant d'un patrouilleur US a juste le temps de voir quatre taches lumineuses sur son radar lorsque le destroyer Amagiri, de 2.050 tonnes et 115 mètres, quatre fois plus gros que le frêle PT de John, de 24 mètres, le percute par le travers et le coupe en deux. Deux marins américains sont tués sur le coup et un autre grièvement brûlé par l'explosion de la soute à carburant. Les autres torpilleurs n'ont rien vu de l'éperonage et les rescapés s'accrochent au reste de la coque en attendant le secours qui ne viendra pas. Vers quelle île nager sans tomber dans les mains de l'ennemi ?
Sur toutes les îles occupées par les Japonais, les Australiens avaient placé des espions qui renseignaient les troupes américaines. Ce fut le cas du Lieutenant de vaisseau Arthur R. Evans des Marines qui, depuis son poste d'observation de Kolambangara, avait vu l'explosion survenue sur le PT de John mais il en conclut qu'il n'y aurait pas de survivant. C'est ce renseignement qui arriva au PC de Guadalcanal.
Les rescapés, dont le brûlé que John tirait lui-même derrière lui, avaient réussi à atteindre un atoll puis un autre plus prêt des passages de navires, d'où ils purent faire comprendre à deux indigènes rencontrés, Biuku et Eroni, que leur pirogue pourrait porter un message au premier américain qu'ils trouveraient sur leur route. Par chance, ces indigènes connaissaient l'existence d'Evans. C'est ainsi qu'une coque de noix de coco gravée au couteau servit de message de détresse pour le futur Président des Etats-Unis dont les « exploits » militaires furent largement relayés dans les médias par son millionnaire de père. Souffrant toujours du dos et atteint par la malaria, Kennedy quittera les îles Salomon en Décembre 1943 juste à temps pour passer, en héros décoré, les fêtes de fin d'année aux USA.
Le lendemain de son investiture comme Président des Etats-Unis, donc le 21 Janvier 1961, JFK invitera tous les survivants du PT 109, ainsi que le Lt Arthur R. Evans, à la grande parade présidentielle où une réplique du torpilleur sera exposée. Il faudra attendre 2007 pour que le dernier indigène sauveur de John soit enfin honoré.
Hélas ( je devrais dire Dallas ) pour JFK, les eaux troubles de la politique furent moins souriantes que celles du Pacifique.
Publié par Papyves à 01:06:10 dans Grands Chefs | Commentaires (3) | Permaliens
Elève brillant à Louis-le-Grand, Jean Jaurès est reçu premier à l'Ecole normale supérieure, en philosophie, devant Henri Bergson. Issu d'une modeste famille de la bourgeoisie provinciale, il fut un élève doué qui deviendra maître de conférences à la faculté des Lettres de Toulouse. Mais c'est en politique qu'il marquera son temps, en étant l'un des piliers fondateurs du socialisme à la française.
Admirateur de Gambetta, élu à 25 ans député républicain, en 1885 à Castres dans le Tarn, Jaurès siège au centre gauche car les radicaux de Clemenceau sont trop agités et les socialistes trop violents. Il soutient Jules Ferry à l'Assemblée ainsi que les modérés et croit à l'alliance des ouvriers et de la bourgeoisie laborieuse, en digne fils de la révolution de 1789.
Jaurès est à l'écart de la politique en 1892 lorsqu'éclate la grande grève des mines de Carmaux. Il avait perdu son poste de député du Tarn en 1889 au profit d'un industriel et avait repris son enseignement à la faculté de Toulouse. C'est ainsi qu'il est reçu docteur en philosophie. Mais la grève des mineurs de Carmaux, toujours dans le Tarn, le remet en selle. Jaurès soutient la grève dans des articles à la « Dépêche ». Contre la République qui envoie l'Armée pour soutenir le patron, il défend le maire, ouvrier de la mine, licencié pour cause d'absences et se présente sous la bannière socialiste à Toulouse. Il remporte le siège, en 1893, grâce au vote des mineurs et se consacre dorénavant à la lutte des ouvriers, verriers à Albi, vignerons dans l'Hérault, par exemple.
Quand l'affaire Dreyfus prend de l'ampleur, il sort de sa réserve, après Zola, et s'engage aux côtés de l'officier, au nom du traitement humain à conserver à l'homme plutôt que de façon doctrinaire, comme le marxiste Jules Guesde. Directeur du journal La petite République, il énumère les preuves qui disculpent Dreyfus. C'est à la tête du nouveau « Parti socialiste français » qu'il soutient le vote pour la séparation des Eglises et de l'Etat (1905) et dénonce le génocide arménien.
Dans un contexte international de lutte des classes, il milite pour l'unité socialiste et se rallie à la « Section française de l'Internationale ouvrière », la SFIO, mais ne convainc pas les syndicalistes de la CGT, plus révolutionnaires. Son quotidien L'Humanité, fondé en 1904, devient une référence pour tous les socialistes et draine de belles plumes. Soutenant la première participation de ministres socialistes dans un gouvernement, celui du Bloc des gauches de Waldeck-Rousseau, il ne sera lui-même jamais ministre mais sera réélu plusieurs fois député.
Son combat pour la paix l'amènera à s'intéresser tout logiquement aux armées de la nation et il rédigera une importante proposition de loi, en 1910, dans laquelle il préconise une réorganisation de la Défense nationale et une révision de la Loi des Trois ans ( de service militaire ). Etre anticolonialiste et pacifiste n'est pas dans l'air du temps, lequel est plutôt à l'écoute des « revanchards » après la défaite de 1870. Aussi, lorsque les Autrichiens envoient un ultimatum à la Serbie, après l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand à Sarajevo, à l'été 1914, Jaurès pressent le danger de la guerre et tente, en vain, d'infléchir la politique du gouvernement.
Les nationalistes, notamment parmi les mouvements de jeunes étudiants, l'accusent alors d'agir contre les intérêts de la nation et l'un d'entre eux, Raoul Villain, le tue d'un coup de révolver, le 31 Juillet 1914. Son assassin sera acquitté, après quelques mois de prison.
En Novembre 1924, sa dépouille sera conduite au Panthéon lors d'une grandiose cérémonie, en présence de tous les mouvements politiques de gauche, sauf le Parti communiste. En 1936, la victoire du Front Populaire aux élections, sera, en quelque sorte, sa victoire posthume. En Mai 1981, le premier Président de la Vème République, issu des rangs socialistes, François Mitterrand, aura comme premier geste celui de venir s'incliner devant la tombe de Jaurès au Panthéon. C'est dire l'enracinement que celui-ci, homme de convictions, a réussi à effectuer dans l'inconscient du parti socialiste, désormais riche d'un héraut fondateur de grande stature.
Ce remarquable orateur avait aussi le sens de la formule. Ne disait-il pas : « Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent et une confiance inébranlable pour l'avenir ». Motivation toujours valable aujourd'hui.
Publié par Papyves à 00:04:16 dans Grands Chefs | Commentaires (2) | Permaliens
Lorsque le roi Hassan II du Maroc décède, à 70 ans, le 23 Juillet 1999, tous les chefs d'Etat du monde entier, ou presque, font le déplacement à Rabat pour venir saluer sa dépouille. Contrairement à la tradition musulmane, on a même repoussé l'enterrement de 2 jours pour que ceux-ci aient le temps de se rendre devant le Mausolée.
Son père, Sultan depuis 1927 sous le protectorat français, deviendra roi du Maroc, après l'indépendance en 1956, en adoptant le nom de Mohamed pour montrer sa filiation avec le Prophète. Il va éduquer son fils aîné Moulay Hassan, né en 1929, en l'initiant très tôt à la politique internationale. C'est ainsi que celui-ci dîne, à l'Hôtel Anfa en Janvier 1943, aux côtés de Roosevelt et de Churchill, alors qu'il n'a que 14 ans. Il participe au discours du Trône, en 1952, considéré comme la charte du nationalisme marocain contre le protectorat et accompagne même son père lorsque le sultan est exilé en Corse puis à Madagascar. Il partagera donc son triomphal retour dans le royaume, en 1955.
Une fois l'indépendance acquise en 1956, son père le nomme Chef d'état-major des toutes jeunes Forces armées royales. C'est à ce titre qu'il réprime, durement, le soulèvement du Rif. Il est proclamé Prince héritier en Juillet 1957 puis devient vice-Premier ministre et ministre de la Défense en 1960.
Le 03 Mars 1961, à la mort de son père, feu Sa Majesté Mohamed V, Moulay Hassan est proclamé roi du Maroc et donc Commandeur des croyants. Un règne de 38 ans, sans partage, va s'instaurer dans lequel l'opposition sera officiellement autorisée mais pratiquement jamais permise. Malgré l'adoption d'une Constitution, inspirée de celle de la France, en Décembre 1962, le régime est celui d'un pouvoir absolu qui jettera dans les prisons mouroirs des milliers d'opposants réels ou supposés. Après les émeutes de Casablanca, en 1965, par exemple, ce sont 10 ans d'exception qui vont s'abattre sur le pays. C'est à cette époque aussi que le chef charismatique et intègre de l'Union nationale des forces populaires, Mehdi Ben Barka, est mystérieusement enlevé à Paris puis livré à la police d'Etat marocaine, coiffée par le Général Oufkir. On ne le reverra plus.
Si le pays est tenu d'une main de fer à l'intérieur, c'est un souverain modéré qui s'affiche à l'extérieur du Maroc, auprès des nations occidentales et du monde arabe. Il jouera notamment un rôle actif en faveur des efforts de paix au Proche-Orient, rencontrant l'Israélien Shimon Pérès en 1986, négociant le rétablissement des relations diplomatiques avec l'Algérie en 1988 et en étant l'instigateur de la création de l'Union du Maghreb arabe.
Les abus que constate la population marocaine ( sévère répression à la suite d'une « suspicion » de complot, par exemple ) vont engendrer le désir, chez certains opposants, de faire disparaître le souverain. Hassan II échappera ainsi à plusieurs attentats dont deux sérieux en 1970 et en 1972 et assouplira le régime à la fin de son règne, en se réconciliant avec les chefs de l'opposition. Il n'aura alors plus qu'une ambition « Etre un grand roi » mais il ne renonce pas à sa fortune personnelle qui dépasserait, et de loin, la dette nationale du pays, de quoi entretenir les nombreux palais opulents qu'il possède au Maroc, sans compter un riche manoir près de Paris.
En Octobre 1975, Sa Majesté le Roi organise la glorieuse « Marche verte » de 350.000 Marocains brandissant des drapeaux et le Coran, en direction de l'ancienne colonie espagnole du Sahara occidental, ce qui lui fournit l'occasion de refaire l'unité autour de sa personne et d'annexer ensuite, par occupation, le territoire que lui disputait la Mauritanie et, surtout le Front Polissario.
Ce fin politique, diplômé en France, père de cinq enfants, à l'aise et diplomate sur le plan international, dur et arbitraire sur le plan intérieur, aura tenté de concilier modernisme et tradition, Orient et Occident dans un Maroc qu'il a, certes, structuré et unifié mais qu'il laisse à son fils, Mohammed VI, en net retard social et éducatif.
Quelle facette de sa personnalité les 60 chefs d'Etat, venus s'incliner devant son cercueil, vénéraient-ils le plus, ou le moins ? Mystère de la politique.
Publié par Papyves à 02:11:18 dans Grands Chefs | Commentaires (0) | Permaliens
Ce matin, il me prend l'envie de vous parler d'un drôle de soldat mais de ceux dont le caractère trempé est comme l'acier de leurs biceps endurcis par les coups, et qui, tel un James Dean ou Gérard Philippe des rings, a su rejoindre la légende par une disparition prématurée.
Il fallait véritablement un coup de pouce du destin pour abattre le « bombardier marocain » comme était surnommé Marcel Cerdan dans le monde de la boxe, dans les années 1940, sinon nul n'aurait arrêté ce petit homme nerveux et trapu, de 1,69 mètres et 73 kilos. Sans cet accident d'avion fatal du 28 Octobre 1949, Cerdan aurait continué à perforer toutes les défenses gantées de ses adversaires qui craignaient son doublé du droit, express comme l'éclair.
Marcellin Cerdan est né en Algérie, le 22 Juillet 1916. Il a 6 ans lorsque sa famille s'installe à Casablanca, au Maroc. Son père l'entraîne à la boxe, comme ses frères, alors que le jeune Marcel s'intéresse plutôt au football, pour lequel il a d'ailleurs des aptitudes. Sur le ring, il s'entraîne pourtant durement et arrive, à 17 ans, à son premier combat professionnel, en 1933, avec un moral de vainqueur. On est à Meknès et il descend son premier adversaire. Ses succès le font vite remarquer et il monte à Paris où il débute à la Salle Wagram. Il gagne alors tous ses combats et devient champion de France en 1939 puis champion d'Europe. Dur sur le ring, puncheur très mobile sur ses courtes jambes, il paraît invincible.
Mais aux Etats-Unis, Tony Zale est surnommé « Le roi du K.O. », c'est une autre paire de manches. Le 21 Septembre 1948, cependant, en arrêtant le combat à la douzième reprise, l'arbitre déclare Marcel Cerdan champion du monde des poids moyens. Le bombardier a encore frappé mais les esprits, cette fois.
C'est là-bas qu'il rencontre Edith Piaf, la môme qui chante l'amour des gens du peuple avec cette voix si puissante, et qu'il n'avait qu'entre aperçue à Paris. C'est le coup de foudre. Une passion intense va naître entre la frêle chanteuse et le cogneur qui s'était pourtant marié en 1943 avec Marinette Lopez et dont il aura trois garçons. Cerdan est un héros. A Paris, on acclame ce petit Français du Maroc qui a su défier les Américains chez eux.
Mais la roue de la fortune est imprévisible et, le 17 Juin 1949, Marcel est dépossédé de son titre et de sa ceinture par Jake la Motta. Aussitôt, une revanche est programmée pour le 2 décembre 1949 au Madison Square Garden. Une voyante aurait pu dire que le 2 décembre est une bonne date puisque c'est le jour du sacre de Napoléon et de sa plus belle victoire à Austerlitz. Las, pour Marcel, c'est la chute au sens propre car l'avion Constellation qui l'emporte de Paris à New-York où il doit s'entraîner et rejoindre Edith, s'écrase aux Açores, le 27 Octobre 1949, en faisant 48 morts. Parmi les victimes, on déplorera aussi la perte de la violoniste Ginette Neveu et du peintre Bernard Boutet de Monvel. Edith Piaf ne se remettra jamais de cette disparition et sombrera dans le spiritisme.
Malgré cet arrêt brutal de sa carrière, Cerdan affiche un palmarès exceptionnel : Sur 123 Combats disputés ( Ali n'en compte que 57 ), seulement 4 défaites et 12 adversaires mis K.O. dès le 1er round dont le plus rapide, en 1942, au bout de 22 secondes face à Gustave Humery qui restera plusieurs heures dans le coma. Champion du monde, 4 fois champion d'Europe et 5 fois champion de France, Marcel Cerdan aurait sans aucun doute eu une carrière à la Cassius Clay.
Ses cendres ont été inhumées au Maroc puis, en 1995, au cimetière Sud de Perpignan. Soixante ans ont bientôt passé depuis sa mort et, malgré tout, il reste dans le haut du classement des sportifs préférés des Français, à l'égal des Zidane, Platini, Pelé, Douillet ou Prost.
C'est pour lui qu'Edith Piaf, malgré sa profonde déprime, écrira sa chanson « l'Hymne à l'amour ». L'un et l'autre sont indissociables dans notre mémoire collective. J'ai encore envie de lui crier « Aller, chauffe Marcel ».
Publié par Papyves à 00:39:12 dans Grands Chefs | Commentaires (0) | Permaliens
Bien avant Charlemagne, Jules César ou même Hannibal, l'un des plus grands conquérants de l'Antiquité fut certainement Alexandre III dit « le Grand ». Alexandre était fils de roi et a été élevé comme tel, ayant même eu le grand Aristote pour précepteur. Fils du roi de Macédoine ( Grèce du Nord ), Philippe II et de la fille du roi des Molosses ( en Epire, Albanie actuelle, le pays d'Achille qu'il vénérera ), il naît le 21 Juillet 356 avant JC. Son père est en guerre contre les Perses ( Iran actuel ) et commence à rassembler toutes les forces macédoniennes pour en finir avec eux, lorsqu'il est assassiné en - 336. Alexandre, qui n'a alors que 20 ans, est proclamé roi et il jure de poursuivre l'œuvre de son père. C'est le début d'une formidable conquête.
Après avoir maté les rebellions internes, de Thèbes notamment, et laissé la surveillance de la Grèce aux soins d'Antipater, avec les contingents les plus sûrs de l'armée, il part, en compagnie de Ptolémée, pour l'Asie (334) avec une armée de 35.000 fantassins ( organisés en phalanges ) et 5.000 cavaliers. Chef entraînant et fougueux, souvent colérique, il n'hésite pas à risquer sa vie, ce qui fait l'admiration de ses soldats. Débarquant à Troie, à l'entrée du détroit des Dardanelles, il met les Perses en fuite après une ardente mêlée de cavalerie mais avant de les poursuivre, il s'empare des villes de la côte ( turque ) pour éviter qu'elles ne servent de base de départ pour une conquête de la Grèce. Puis, il s'enfonce à l'intérieur des terres, bouscule avec fougue l'immense armée de Darius dans la plaine d'Issos, obligeant celui-ci à fuir. Désormais, les routes de la Syrie et de l'Egypte lui sont ouvertes et plusieurs villes se rendent. Alexandre s'acharnera plusieurs mois sur Tyr qui résistait sur son île mais il s'en empare finalement.
En Egypte, Alexandre est accueilli en libérateur car les Perses y sont détestés. Il reçoit de leurs mains le titre de « fils d'Amon », porté jadis par les Pharaons et fonde la ville d'Alexandrie qu'il souhaite helléniser en y plaçant des administrateurs macédoniens. Considéré comme un Dieu, enivré par ses succès, il recommence en 331 la lutte contre Darius, l'empereur de Perse, dont il veut prendre la place. Il franchit le Tigre et l'Euphrate sans trop de résistance car Darius l'attend plus à l'Est, près de Gaugamèle. Utilisant sa tactique habituelle d'enveloppement de l'aile droite par la cavalerie, Alexandre rompt le front de l'armée perse et poursuit vers l'Est. Reçu comme roi de l'Asie à Babylone et à Suse, il incendie les palais de Persépolis qui résiste et repart, en marche forcée, à la poursuite de Darius. Lorsque celui-ci est assassiné par un satrape, Alexandre, qui l'a enfin rejoint, fait rendre les honneurs royaux à sa dépouille.
Poussant toujours vers la Perse orientale pour la soumettre ( Afghanistan, Turkestan et Béloutchistan d'aujourd'hui ), il fatigue ses troupes dans des terrains difficiles mais il ne veut pas s'arrêter tant qu'il n'a pas atteint l'Inde, pays magique et inconnu. En descendant le bassin de l'Indus, il va se heurter au roi belliqueux Poros qui lui tient tête avec notamment une armée montée sur éléphants. Cette dernière bataille, si pénible, en pleine mousson, aux portes du Gange qui fait frontière avec le monde connu d'alors, est la bataille de trop pour son armée qui se mutine et exige de rebrousser chemin. Alexandre doit s'exécuter.
Le retour, en trois colonnes parallèles, s'avère difficile et Alexandre, pour redonner du moral aux troupes, organise « les noces de Suse » au cours desquelles 10.000 soldats, 80 généraux ( ses diadoques ) et le roi lui-même, prennent une épouse de souche persane. Ce sera ensuite Babylone où il entreprend de grands travaux mais ses rêves d'autres expéditions sont brutalement brisés par une fièvre maligne ( malaria, typhoïde ? ) qui l'emporte en 10 jours, en Juin 323 avant JC.
Il aura vécu 33 ans, comme le Christ, et conquis en 10 ans seulement, tout le Moyen-Orient et l'Asie centrale jusqu'au Pakistan actuel. Il a fait pénétrer, dans ces pays lointains, la civilisation grecque dont les traces sont encore visibles de nos jours. Son espoir était de mélanger les peuples, les Grecs comme les Barbares orientaux, pour n'en faire qu'un et l'administrer avec des gouverneurs locaux. Partout où il est passé, bien qu'il se soit constitué un formidable butin de guerre, il a créé de nouvelles Alexandrie, il a frappé monnaie, développé l'agriculture et l'irrigation, ouvert des routes et intensifié les échanges commerciaux, tout en conservant les coutumes locales.
Même si son empire va rapidement se disloquer après lui, les conquêtes d'Alexandre ont permis à la pensée, l'art, la littérature et à la société grecques de se transmettre aux Romains et donc à toute l'Europe.
On comprend pourquoi Alexandre le Grand a été le seul à pouvoir dénouer ( certes d'un coup d'épée ) le « nœud gordien » fixant le joug d'un char. Son entrelacement complexe, disait la légende, ne serait dénoué que par le futur maître de l'Asie.
Publié par Papyves à 02:53:40 dans Grands Chefs | Commentaires (2) | Permaliens
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