C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Paul Verlaine aurait pu devenir ce grand poète universel et parnassien qu’il rêvait d’être, tout à son admiration de son maître, Charles Baudelaire, si le diable en personne n’était venu envahir son univers tranquille et bouleverser sa vie bien mieux que l’absinthe qu’il affectionnait. Le diable, c’est Arthur Rimbaud bien sûr. Ce gamin de 17 ans, bouillonnant et génial, de 10 ans son cadet mais si extravagant dans son comportement et ses délires verbaux, écrit à Verlaine un jour de Septembre 1871, depuis Charleville, après avoir lu ses « Fêtes galantes ». Celui-ci l’invite alors chez lui pour discuter poésie mais c’est un ouragan de folie qui débarque dans le foyer où Mathilde, la toute jeune femme de Paul, attend son futur bébé, Georges qui naîtra en Octobre. Paul est subjugué et fasciné par ce jeune prodige. Relisant avec son hôte les poèmes qu’il a apportés, il est ébloui par le génie poétique du jeune homme et aussi par sa beauté.
Verlaine tombe aussitôt amoureux de l’adolescent et l’entraîne dans les cercles artistiques et salons littéraires de sa connaissance mais aussi dans les tripots où il avait l’habitude de s’encanailler. Ce qui n’est pas pour déplaire à Arthur, ravi de quitter sa province ennuyeuse et de donner libre cours à son penchant de révolté et de provocateur. Ensemble, et se stimulant mutuellement, ils entament une période de production féconde et sans tabou qui bouleverse les codes de la littérature poétique. Toujours vus côte à côte dans les salons ou au théâtre, les deux amants sont bientôt l’objet de ragots. Dans les années 1870, l’amour entre hommes n’est pas encore toléré. Nous sommes aussi en plein épisode de la Commune à Paris que Verlaine soutient en restant à son poste de fonctionnaire à l’Hôtel de Ville, observant la formidable répression orchestrée par Adolphe Thiers.
Sujets aux railleries permanentes, menacés de représailles post Commune, les deux poètes s’enfuient à Londres puis à Bruxelles. Lassé des frasques de son mari qui a abandonné femme et enfant, Mathilde Verlaine demande le divorce mais Paul croit pouvoir sauver son couple, même si sa passion pour Arthur est la plus forte.
C’est dans cet état d’esprit qu’il quitte Londres, en Juillet 1873, après une énième dispute avec Rimbaud pour un motif futile et qu’il atterrit dans un hôtel de la gare du Nord à Bruxelles. Seul et dégrisé, il écrit pour tenter de renouer les liens avec son épouse et avec son ami. Refusant longtemps de le suivre, Arthur accepte enfin, à la lecture d’un télégramme déchirant, de retrouver son mentor en Belgique. Mais les retrouvailles se passent mal car Rimbaud confirme qu’il veut reprendre sa liberté et rentrer à Paris.
Pour donner du corps à sa menace de mettre fin à ses jours si Arthur ne le rejoignait pas depuis Londres, Paul avait acheté, au matin du 10 Juillet 1873, un pistolet et quelques cartouches qu’il tenait, chargé, dans sa poche. Passablement éméché et même carrément ivre, du fait d’avoir traîné la veille et toute la journée dans les cafés, Verlaine tente de retenir Rimbaud qui parait décidé à rompre. Pour l’en empêcher physiquement, Paul se met en travers de la porte de la chambre d’hôtel et sort le fameux pistolet. Deux coups partent. Le premier atteint Rimbaud au poignet gauche et le second, lâché par reflexe, perce le plancher. Subitement paniqué à la vue du sang et comprenant enfin ce qu’il venait de faire, Verlaine se précipite sur Paul, implorant son pardon et le suppliant de le tuer. C’est la mère de Verlaine, accourue de la chambre voisine, qui prendra alors les choses en mains avec calme et entraînera les deux garçons à l’Hôpital Saint-Jean.
Le soir même, le lamentable trio rentre à l’hôtel, rue des Brasseurs. Rimbaud est plus que jamais conforté dans son intention de partir. Tous trois reprennent le chemin de la gare du Midi, Paul excité et Arthur méfiant. Avant d’y arriver, Paul se dresse une dernière fois devant son ami et met la main à sa poche. Rimbaud prend peur et fuit jusqu’à rencontrer un agent de police à qui il narre l’aventure. Verlaine est arrêté, interrogé puis incarcéré. C’est vraisemblablement à cause de son homosexualité avérée qu’il fera de la prison, plus qu’en raison de la blessure bénigne infligée à son ami.
S’ensuivront de très beaux poèmes, de la part de Verlaine, écrits en prison et à sa sortie, avant qu’il ne sombre à nouveau dans la débauche et la misère. De son côté, l’élève surdoué qu’était Rimbaud va changer complètement de vie, abandonner l’écriture et chercher dans l’aventure, l’exotisme et le négoce des armes la clef secrète qui permet, comme il le disait dans ses premiers poèmes, de « s’évader de la réalité ».
Pas étonnant que ces deux trublions, aux mœurs et aux écrits sulfureux, soient entrés dans la légende.
Sur l’image, Paul Verlaine est en bas à gauche et Arthur Rimbaud est à ses côtés.
Publié par Papyves à 16:51:00 dans Faits de Société. | Commentaires (5) | Permaliens
L'année 2001 est restée dans les mémoires du fait de l'effondrement, le 11 Septembre, des deux tours jumelles du World Trade Center de NY, ainsi que d'une l'aile du Pentagone, après que des terroristes extrémistes aient propulsé des avions de ligne sur ces objectifs ciblés.
Mais une autre catastrophe, culturelle celle-là, eut lieu le 26 Février de la même année, lorsque le mollah Mohammed Omar, émir autoproclamé des Taliban en Afghanistan, émit un décret qui stipule que « toutes les statues situées dans les différentes régions du pays doivent être détruites ( ... ) de façon à ce qu'à l'avenir, personne ne leur rende de culte ni ne les respecte.».
Or, le centre de l'Afghanistan fourmille de vestiges anciens et de statues. Ce fut une voie de passage des pèlerins bouddhistes vers la Chine et l'Inde, avant l'arrivée des Musulmans au IXe siècle. Bamiyan, en particulier, sur l'ancienne route de la soie vers l'occident, était une cité religieuse prospère, comptant de nombreux monastères, comme en témoignaient les deux statues monumentales ( 55 et 35 mètres de haut ) des deux Bouddhas debout, excavées au VIe siècle dans la paroi d'une falaise de grés, au milieu de cette vallée à 2.500 mètres d'altitude et à 230 kilomètres au Nord-Ouest de Kaboul. Avec les peintures des grottes et cavités annexes, elles faisaient partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Pourtant, bravant le tollé général de toutes les nations du monde, hormis le Pakistan, l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, les Taliban ( pluriel de Taleb, étudiant en théologie ) tirent au canon et à la roquette sur ces Bouddhas, le 08 Mars 2001, détruisant les parties inférieures, la tête ayant été détruite en 1998. « Cela n'est pas aussi facile qu'on peut le penser, se plaint le ministre de l'information taliban, car les statues sont fermement attachées à la montagne ».
Deux jours plus tard, les artificiers pakistanais et saoudiens, issus de leurs rangs, parachèvent l'œuvre de destruction à coups d'explosifs. « Nous ne faisons que casser des pierres » déclare le mollah, désireux de faire disparaître toute image de dieux infidèles à l'Islam.
« La reconstruction n'a pas été jugée prioritaire » déclare piteusement le représentant de l'UNESCO en 2002 alors que le site faisait partie de son patrimoine à sauvegarder avant la destruction des statues.
C'est qu'il ne reste plus grand chose à sauver à Bamiyan ... sauf, peut-être, une statue encore plus colossale ! Celle-ci représenterait un Bouddha couché de 350 mètres ( plus de 1000 pieds ) de long, entrant dans le nirvâna. Selon un pèlerin bouddhiste chinois, nommé Xuanzang ( ou Hiuan-Tsang ), qui se rendit en Inde en 632, l'année même de la mort de Mahomet, ce Bouddha couché était recouvert d'or et de bijoux fins.
Sans doute aussi, devrait-on se préoccuper de ces peintures découvertes derrière les statues, dans des grottes ornées de fresques millénaires représentant des scènes de bouddhisme. Ces peintures à l'huile sont plus anciennes que celles des pionniers hollandais et italiens qui pensaient en avoir inventé la technique aux XIVe et XVe siècles mais elles sont très abîmées.
Après la chute des Taliban, les chercheurs de tous pays se mirent en quête de ce troisième Bouddha. On crut l'avoir découvert en Septembre 2008 lorsqu'une équipe d'archéologues franco-afghane mit à jour les restes ( le cou, une main et l'épaule droite ) d'un Bouddha couché de 19 mètres de long seulement, non loin du lieu du dynamitage. Trop petit.
Même s'ils ne seront vraisemblablement jamais reconstruits, la population locale, faite de Chiites Hazara, espère pourtant le retour des Bouddhas qui leur assuraient des revenus touristiques appréciables. Elle avait mal vécu l'arrivée de cet Islam rigoureux, inspiré du Wahhabisme saoudien, appliquant la charia, la lapidation des adultères et l'amputation des voleurs, la non scolarisation des filles et l'exclusion de toute référence occidentale.
La population locale sait intuitivement que l'Islam ne prône pas l'obscurantisme mais bien la tolérance. Allah, que de mal fait-on en ton nom ! Je suis sûr que tu ne cautionnes pas tout ce que ces fanatiques orchestrent, en vérité, à leur propre profit.
Publié par Papyves à 14:18:47 dans Faits de Société. | Commentaires (1) | Permaliens
A écouter les radios ou en lisant la Presse, on pourrait croire que nous sommes entrés dans l'ère de la « Sinistrose ». Eh bien non, figurez vous que nous sommes en « Nivôse », du 21 Décembre au 19 Janvier. Du moins, le serions nous restés si le Calendrier Révolutionnaire, aussi appelé Calendrier Républicain, était toujours en vigueur.
Au lendemain de la prise de la Bastille, le 14 Juillet 1789, l'usage était apparu d'appeler l'année 1789 « l'an 1 de l'ère de la Liberté ». On se souvient des Soldats de l'An II par exemple. Tous les symboles furent bon à prendre pour rompre avec l'ordre ancien, la Monarchie et ses privilèges, cette période que les Sans-Culottes désigneront par « l'ère vulgaire ». Il s'agit, notamment, d'effacer toute trace des anciens régimes s'appuyant sur les racines chrétiennes du Calendrier Grégorien et d'instaurer le culte de l'Etre suprême, indépendant du clergé.
Initié par Gilbert Romme, avec l'aide de Chénier et du poète Fabre d'Eglantine, l'élaboration de ce calendrier républicain a demandé plus d'un an de débats très vifs. Le début de la nouvelle ère est fixé au 22 Septembre 1792, jour de l'équinoxe d'automne mais aussi jour de la proclamation de la première République, qui devient ainsi le 1er Vendémiaire An 1.
Pourquoi Vendémiaire ? L'année est divisée, de façon simple, en 12 mois de 30 jours chacun, lesquels reçoivent un nom distinct. On garde les quatre saisons de trois mois mais ces derniers reçoivent un nom en rapport avec la nature et les produits de la terre. L'année commence en Septembre, période des vendanges, ce sera donc Vendémiaire. Puis viennent les premiers brouillards et brumes d'Octobre-Novembre, ce sera Brumaire. Les premiers frimas, Frimaire. La deuxième saison est l'hiver avec Nivôse sous la neige, Pluviose sous la pluie et enfin Ventôse, en Février-Mars, sous les giboulées et le vent. La troisième saison de l'année révolutionnaire est le printemps qui voit s'écouler les mois de Germinal, allusion à la pousse des graines, Floréal en Avril-Mai pour l'éclosion des fleurs, Prairial pour l'abondance des prairies. Enfin, vient l'été et ses moissons d'où Messidor, la chaleur de Thermidor en Juillet-Août et Fructidor donnant de belles récoltes.
Tout ceci est bien poétique mais pas très scientifique car 12 fois 30 ne font jamais que 360 jours, même en pleine révolution. Alors, puisque la Terre s'obstine à tourner en 365 jours, sans parler des années bissextiles, on invente la correction des 5 jours supplémentaires qui seront les « Fêtes sanculottides » et on baptise bien sûr ces jours-là également : on fêtera ainsi la Vertu, le Génie, le Travail, l'Opinion et les Récompenses. Car chaque jour est rebaptisé, non sans mal, et les jours de la « décade » de 10 jours aussi. Exit la semaine, voici la décade avec une racine latine : Primedi désigne les 1er, 11ème et 21ème jours, Duodi les 2ème, 12ème et 22ème jours, Tridi les 3ème, 13ème et 23ème jours, etc pour Quartidi, Quintidi, Sextidi, Septidi, Octidi, Nonidi et Décadi.
Le dernier jour de la Décade, le dixième donc, est maintenu férié mais cela n'arrange pas le bas peuple qui perd en fréquence de repos par rapport aux semaines. De 52 repos dominicaux, le nouveau décompte passe à 41 jours de repos seulement, d'où la contestation et le peu d'empressement à suivre ce calendrier et le peu de goût de la population pour le choix des prénoms issus des noms tarabiscotés des jours rebaptisés Pissenlit, Fumier, Chélidoine, Scorsonère, Bitume, Hémérocalle, Rhubarbe, Pintade ou Verge d'or.
Tombé en désuétude, hormis dans l'Administration, ce calendrier compliqué et approximatif, s'achèvera le 31 Décembre 1805 après la signature de son abrogation par Napoléon au moyen du « senatus-consulte » du 22 Fructidor an XIII, soit le 09 Septembre 1805. Dommage, nous étions hier le jour du Fléau, aujourd'hui celui du Granit et demain celui de l'Argile. Cela avait tout de même une autre allure.
Allez, je plaisante et ne renie pas mes racines chrétiennes.
Bonne Saint-Sylvestre à tous.
Bonne Année aussi aux non Chrétiens ! Notre terre tourne à la même vitesse pour chacun d'entre nous, quelque soit son prénom.
Publié par Papyves à 15:35:02 dans Faits de Société. | Commentaires (3) | Permaliens
Chers amis, je vais être obligé de vous quitter pendant une période relativement longue.
En effet, un changement dans mes activités, à partir de ce lundi, ne me permettra plus de consacrer le temps nécessaire à la rédaction d'un article journalier.
Je mets donc ce blog en sommeil pour une période indéterminée.
J'y ai pris beaucoup de plaisir, ai reçu beaucoup d'encouragements. Donc, je reviendrai, en espérant que l'hébergeur ne me jette pas aux orties.
J'ai cherché à être le plus objectif possible, même si ma sensibilité personnelle devant certains événements devait ressortir. Le fil rouge de ce blog est l'Histoire ou plutôt les histoires du passé car j'ai voulu toucher à tout, ne rien m'interdire et varier les plaisirs. J'ai commencé avec quelques lignes puis me suis enhardi. Maintenant, je crois même que je suis trop long, je dois lasser le lecteur, par définition pressé.
Lebuzuk Historik est tout jeune, n'a même pas un an, 9 mois très exactement, environ 250 articles, et déjà plus de 82.000 lecteurs, soit plus de 3 ou 400 par jour, venant de tous les continents, même hors du champ de
Ecrire un résumé d'une page sur n'importe quel sujet historique, chaque jour (ou presque) quand on n'est pas enseignant ni historien est un challenge que je souhaitais mener le plus loin possible. J'ai tenu le rythme pendant 9 mois et n'ai pratiquement jamais été contredit pour le fond de ce que j'avançais.
Vous, mes fidèles lecteurs, je vous devais ce rendez-vous quotidien, même si souvent il m'en a coûté de le concrétiser. Nous nous retrouverons mais après cette phase de plusieurs mois où mes pas me mènent sur un autre chemin (d'où la photo).
Merci pour votre fidélité.
Papyves. ( c'est ainsi que m'appellent mes petits-fils ).
Publié par Papyves à 00:13:48 dans Faits de Société. | Commentaires (10) | Permaliens
Après un long plaidoyer, passionné, du Garde des sceaux, Maître Robert Badinter, les trois-quarts des députés de l'Assemblée nationale française, soit 369 sur 482, votent l'abolition définitive de la peine de mort, le 18 Septembre 1981. Ce vote, historique mais tardif en Europe, donnera lieu à une Loi d'abolition, en date du 09 Octobre 1981. La France était, en effet, avec la Turquie, le dernier Etat d'Europe occidentale à appliquer encore la peine capitale. Exit la « Guillotine ».
Sous l'Ancien régime, avant 1791, la peine capitale, souvent prononcée, était exécutée de diverses manières : par décapitation à la hache pour les nobles, pendaison pour les voleurs, bûcher pour les hérétiques ou encore écartèlement par 4 chevaux pour les régicides ou membres brisés sur la roue pour les crimes les plus violents. La mort était donc souvent précédée d'une longue agonie, sauf pour les militaires qui étaient fusillés.
La Constituante souhaite, tout en gardant la peine de mort, supprimer cette forme de torture. Un député, le Docteur Guillotin, propose que la mort soit donnée de la même façon pour tous et de façon subite et nette. « Le criminel sera décapité ; il le sera par l'effet d'un simple mécanisme » traduit le législateur. Ce que le code pénal de 1791, toujours en vigueur au moment où Badinter parle, transforme en « Tout condamné à mort aura la tête tranchée ».
Restait à trouver le « simple mécanisme ». Antoine Louis, secrétaire de l'Académie de chirurgie, s'y attelle. Une machine couperet, expérimentée à l'hôpital de Bicêtre sur des cadavres, en Avril 1792, semble donner satisfaction. Comme les châtiments, pour être exemplaires, sont publics, on lui adjoint une haute estrade, appelée « échafaud ». La première exécution, grâce à cette « Louisette » peut alors intervenir, le 25 Avril. Louis ne sera pas le seul à laisser son nom, dans le langage du peuple, à cette solution définitive. Guillotin bien sûr passera à la postérité mais on lui donnera aussi le nom de « Mirabelle » (en pensant à Mirabeau), de « la Veuve » sous la Révolution ou « le Massicot » au XXème siècle, celui de la presse.
Au fil du temps et des décapitations, l'opinion publique et donc les gouvernements chercheront à « assouplir » le procédé, voire à en proposer l'abolition. En 1870, Crémieux supprime l'échafaud par un décret mais les têtes continuent à tomber. Puis, en 1939, Edouard Daladier, le président du Conseil, abolit les exécutions capitales publiques. Elles se feront désormais à l'abri des enceintes des prisons. Mais un courant de plus en plus fort, après 1968, prône l'abolition pure et simple. Cette vague est pourtant contrebattue par des événements dramatiques où des enfants, notamment, sont sauvagement assassinés, ce qui fait remonter le taux des partisans de la guillotine.
La Convention européenne des Droits de l'homme exclut la peine de mort, sauf en temps de guerre par son protocole n°6 de 1985 puis en toutes circonstances par son protocole n°13 de 2002. Les 27 pays ont ratifié cette clause et la Turquie, qui frappe à la porte de l'Europe depuis longtemps, a du abolir la peine capitale en 2002, pour rester crédible.
Mais, dans le monde, nombreux sont encore les pays où ces exécutions se pratiquent toujours, et pas des moindres. En 2000, Amnesty International annonce que 88 % des exécutions ont lieu dans 4 pays seulement : Chine avec un record de plus de 1000, Arabie Saoudite avec 123, Etats-Unis avec 85 et Iran avec environ 75 exécutions. Obama et McCain étaient partisans de la peine de mort avant d'être candidats. Aujourd'hui, en pleine campagne, le sujet n'est plus abordé pour ne pas fâcher.
Bien qu'elle ne puisse plus être rétablie, du fait de la ratification du protocole européen, la peine de mort continue à être réclamée, en France, pour les crimes odieux, commis notamment sur des enfants. La Sofres comptait 42 % de Français pour son rétablissement, en 2006 mais les sentiments de l'opinion sont très fluctuants dans ce domaine, au gré de l'actualité. Car, fort heureusement, l'abolition va dans le sens de l'Histoire. Même le Rwanda, où de bien vilaines choses se sont passées récemment, l'a abolie en 2007.
On sait maintenant que la peine de mort n'est pas dissuasive et ne fait pas baisser la grande criminalité. « Et si la peur de la mort arrêtait les hommes, vous n'auriez ni grands soldats, ni grands sportifs » nous rappelle Robert Badinter.
Pour ma part, je préfère me ranger derrière Voltaire, Hugo, Jaurès, Camus et même Brassens plutôt que suivre Montesquieu, Rousseau, Comte, Le Pen ou Berlusconi. Bon, coupez !
Publié par Papyves à 02:47:42 dans Faits de Société. | Commentaires (2) | Permaliens
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