C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Quels sont ces symboles et ces drôles de figures rondes, nommées « agroglyphes » qui surgissent, en une nuit, au beau milieu de champs de maïs ou de blé et qu'on ne peut bien observer que d'avion ? Pourquoi les épis sont-ils seulement aplatis et tournés circulairement au sol, sans être coupés ? Pourquoi les plaisantins, si ce sont eux, ne laissent-ils aucune trace ? Sont-ce des messages d'extraterrestres qui veulent « parler » avec nous, nous donner une preuve de leur existence ? Les questions demeurent.
De simples cercles à l'origine (1978), les « Crop circles » (de crop = récolte et couper ras) se sont améliorés au fil des années, devenant des pictogrammes (1990) puis de véritables dessins figuratifs (2000). Comme si les petits hommes verts étaient subitement devenus plus intelligents (sinon, pourquoi ne pas avoir fait les dessins sophistiqués d'emblée ?) ou comme si des hommes avaient simplement perfectionné leur art de la farce. Je le dis tout net, je penche pour la deuxième solution, tant pis pour le suspens.
Bien sûr, on pourra m'objecter que les observateurs, qui scrutent les zones « probables » à la jumelle toute la nuit n'ont jamais vu personne, que d'autres ont vu des boules de feu stationner à la verticale des lieux où ils se produisent, vérifiant au matin que les blés avaient été brûlés, qu'aucune trace de pas ou de machine n'a été décelée en 30 ans d'apparition de ces phénomènes, que des scientifiques se sont même penchés sur le problème sans pouvoir l'expliquer. Il est impossible de reproduire ces cercles avec seulement une corde et un bâton, j'en conviens.
Dans les films de fiction américains, les météorites ou catastrophes naturelles de grande ampleur menacent toujours, bizarrement, Los Angeles ou Washington, jamais Kuala Lumpur ou Djakarta ou le Congo. De même, les crop circles sont abondants dans les îles britanniques, aux abords des lieux celtes antiques du type Stonehenge, comme un réveil des ancêtres, mais ne sont jamais visibles en Mongolie ou au Brésil où les surfaces ne manquent pas. Mais les plaisantins, si ! On me dira qu'on trouve ces agroglyphes aujourd'hui partout dans le monde mais rien de plus naturel avec le mimétisme engendré par Internet.
Ces figures, comme les « fractales » sont étonnamment bien réalisées et leur contour est hyper précis. Les figures géométriques sont complexes, symétriques à l'origine, de plus en plus élaborées aujourd'hui et leur réalisation difficilement imaginable par la main de l'homme. Pourtant, quoi de plus facile, avec des algorithmes créés sur ordinateur et l'aide d'un GPS, de copier-coller le dessin sur écran en un vaste graffiti moderne dans le champ du père Longhill, si possible près d'un radar météo associé à un centre de recherches, lui-même à deux pas de Stonehenge, pour stimuler l'imagination.
Pour crédibiliser le phénomène, vous trouverez une « preuve » d'une apparition ancienne, datant de 1678, où un champ de blé avait été complètement fauché dans la nuit. Mais les voleurs de récoltes ne datent pas d'hier. Manifestation de vortex, perturbation de champ magnétique, traces d'atterrissages d'extraterrestres, message laissé par une intelligence supérieure, en réponse à celui que les scientifiques ont émis vers l'espace lointain, à tout hasard, en 1974 puis 1999, toutes les explications ont été données au commun des mortels. Aucune ne cadre.
Je penche plutôt pour un défi de fin de cycle d'études d'étudiants en mathématiques, voire en recherche agronomique et pourquoi pas, au vu du secret de fabrication qui entoure ces crop circles, pour l'apothéose initiatique de groupes d'officiers en formation à Sandhurst ou ailleurs.
Le succès est tel que des entreprises « commandent » leur agroglyphe publicitaire et le diffusent largement sur la toile. On a même vu « London 2012 » réalisé dans un champ de céréales ... en France. Tout le monde a donc intérêt à ce que le secret soit bien conservé. Le mystère fait vendre. Un site Internet propose d'ailleurs de vous aider à réaliser votre propre logo.
Vraiment, les petits hommes verts, sur leur Ovni, sont à des années-lumière de me convaincre. Mais que c'est beau ! Chapeau les gars !
Publié par Papyves à 00:41:54 dans Faits de Société. | Commentaires (2) | Permaliens
A la fin du XIXème siècle, les Boers d'Afrique du Sud, descendants de colons néerlandais et français, futurs Afrikaners, s'étaient organisés en petites républiques libres, regroupées au Transvaal par les Britanniques. Croyant les annexer facilement, les Anglais se heurtèrent à une farouche résistance de ces colons paysans qui réussirent quelques sièges de villes tenues par les Britanniques. Ce fut le cas de Mafikeng (ou Mafeking) où s'est illustré un certain Robert Baden-Powell.
Le britannique Robert Stephenson Smyth Baden-Powell ( dit BP, prononcez BiPi ), fils de pasteur, est le colonel qui tient la petite garnison de Mafeking face à l'encerclement des soldats Boers, en 1899. Alors que toutes les autres places fortes s'effondrent, BP résistera 217 jours, en utilisant des jeunes « éclaireurs » (scouts in English) comme agents de liaison. De cet épisode, il rapportera la gloire et surtout la conviction que la jeunesse peut être sainement encadrée dans un but noble, pour peu qu'on lui fasse confiance. Il publie ses observations, au retour de cette mission, dans un fascicule appelé « Aids to scouting ».
Le 29 Juillet 1907, à 50 ans déjà, il organise un camp de 15 jours avec une vingtaine de garçons, sur l'île de Brownsea ( non loin de celle Wight, au Sud de l'Angleterre ). Il y teste ses idées ( scouting for boys ) d'éducation par le jeu, l'indépendance et la confiance. Puis il affine les 5 buts initiaux du scoutisme par les 10 articles de la « loi scoute » et définit la « promesse » qui n'imposent aucune interdiction mais proposent une hygiène de vie axée sur le « faire de son mieux ». Trois classes d'âge sont différenciées : Louveteaux, Eclaireurs et Routiers. Aujourd'hui, on entend aussi les termes de Jeannette, Pionniers, Compagnons, Aînés, etc ... mais l'esprit reste le même. En 1909, sa soeur Agnès organise les premières compagnies de « Guides », les scouts filles, en fonction des principes que BP publie dans la revue « Girl guiding edition ». Puis viennent les scouts marins « Sea scouts ».
En 1910, Baden-Powell démissionne de l'Armée pour prendre la tête du mouvement qui a pris de l'ampleur au niveau mondial. Son épouse Olave deviendra Chef-guide mondiale, en remplacement de sa sœur. Le « Jamboree », rassemblement selon BP, de 1920 réunit des scouts de 21 pays. En 1927, Robert est anobli par le roi George V et devient Lord Baden-Powell of Gilwell. Il continuera, avec son épouse, à parcourir le monde pour soutenir de nouvelles créations du mouvement scout. Du Kenya, où il se retire à la fin de sa vie, il fait parvenir son dernier message : « Ceci est juste un petit mot d'adieu, pour vous rappeler, quand j'aurais disparu, que vous devez tâcher, dans la vie, d'être heureux et de rendre les autres heureux.... Contentez vous de ce que vous avez et faites-en le meilleur usage possible.... Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus.... Soyez fidèles à votre promesse, même quand vous serez adultes. »
Aujourd'hui, les scouts sont plus de 28 millions répartis dans plus de 216 pays du monde entier, soutenus par plusieurs religions. Rien qu'en France, quelques 80 groupements se réclament du scoutisme ( record mondial ) en étant, pour certains, soit trop militaires, soit trop religieux, ce qui entraîne, malheureusement, des dérives observées notamment au cours des séances d'attribution du « Totem », l'animal fétiche à chacun. Il n'est pas toujours facile, pour les parents, de choisir la bonne troupe. La plupart est fondée sur des bases confessionnelles, catholiques comme « Scouts et guides de France », protestantes comme les « Eclaireurs unionistes de France » ou musulmanes mais les « Eclaireurs de France », par exemple, sont laïcs. Le plus grand groupe se nomme simplement « Scouts de France » et le second est l'association française des « Guides et Scouts d'Europe ». Une dizaine seulement est reconnue par le ministère mais tous ces rassemblements ne sont représentés que par un seul organisme, devant les instances internationales, c'est la « Fédération du scoutisme français ». Chaque troupe affiche une tenue spécifique mais tient à conserver le foulard traditionnel et la fleur de lys (ou le trèfle, parfois la croix).
Finalement, le scoutisme et ses valeurs humaines préparent les adolescents à se forger un caractère, à devenir des adultes responsables, d'eux-mêmes d'abord, de leur entourage ensuite. Quel bel objectif, Robert, tu as défini pour les jeunes de ce monde. Face aux difficultés de la vie, toutes les « patrouilles » s'écrient en chœur « Scout toujours, prêt ! ».
Publié par Papyves à 00:10:59 dans Faits de Société. | Commentaires (3) | Permaliens
Au moment où la carte territoriale des nouvelles implantations militaires vient d'être dévoilée par le Premier ministre, le plan Vigipirate, lui, n'est pas remis en cause. On s'est habitué à ces patrouilles mais nul ne saurait dire quelle part leur présence a joué dans le fait que notre pays semble épargné par les attentats terroristes, à l'inverse des Etats-Unis, de l'Angleterre ou de l'Espagne.
Pourtant, la terreur a déjà envahi la capitale française il y a un peu plus de 10 ans, liée sans doute à la politique extérieure de la France. Une vague d'attentats va frapper le pays en 1995 où, chaque fois, on trouvera la trace d'un jeune Algérien, dont la famille s'était installée à Vaulx-en-Velin et qui est manipulé par le GIA, Groupe Islamique Armé, lié au FIS frustré après des élections gagnées. La branche djazariste du GIA veut remplacer le gouvernement algérien par un Etat islamiste mais la branche salafiste, qui approche Khaled Kelkal, notre homme, veut organiser une révolution islamique mondiale.
Après des études sans problème à Lyon, Khaled sombre dans la délinquance, est arrêté pour vols et braquages et fait son éducation au radicalisme arabe auprès de religieux islamiques, qui meublent ses journées de prison. A sa sortie, en 1992, il est aussitôt intégré dans des réseaux de livraison d'armes en Algérie. Il ne fut sans doute pas difficile de le convaincre d'effectuer des attentats en France.
L'été 1995 sera son point d'orgue. XVIIIème arrondissement, le 11 Juillet, il assassine l'imam Sahraoui dans une mosquée. Lyon Bron, le 15 Juillet, il participe à une fusillade contre des gendarmes. RER B, station Saint Michel, le 25 Juillet, son plus gros coup, il est impliqué avec Boualem Bensaïd, dans l'explosion d'une bombonne de gaz remplie de clous, faisant 4 morts et 117 blessés. Place de l'Etoile, le 17 Août, il est encore là pour l'attentat à la bombe qui blesse 17 personnes. Le 26 Août, il est toujours impliqué dans l'attentat contre la ligne TGV Paris-Lyon. Mais, cette fois, la bombe n'explose pas et ses empreintes digitales sont relevées. Dès lors, il est reconnu, placardé sur tous les murs de police et recherché comme « l'ennemi public numéro 1 ». Malgré la traque dont il fait l'objet, Kelkal réussit à commettre encore deux autres attentats avant d'être abattu. Le 03 Septembre, une bombe dans un square parisien, boulevard Richard Lenoir, fait 4 blessés et le 07 Septembre, une autre explose dans une voiture devant l'école juive de Villeurbanne, faisant 14 blessés.
Ces attentats, et en particulier celui du RER à Saint Michel, ont été revendiqués par le GIA. On cite le nom de Rachid Ramda, protégé de l'émir du GIA, Djamel Zitouni, quand on évoque le cerveau et le financier de ces actions, orchestrées depuis Londres. Mais le terreau des banlieues difficiles, aux abords des grandes villes françaises, leur a fourni la main d'œuvre. Des bandes de petits trafiquants passent ainsi insensiblement de la délinquance classique au djihad, reportant dans leur pays d'adoption l'exacerbation des foules fanatisées du Moyen Orient qu'ils observent à la télévision. Ramda et Bensaïd seront condamnés à perpétuité.
Des ramasseurs de champignons dans la forêt de Marval, le 27 Septembre 1995, signalent aux gendarmes « deux campeurs sauvages » que ceux-ci ont tôt fait de retrouver. Ils sont accueillis par des tirs de fusil Winchester à pompe. Kelkal peut s'enfuir mais deux jours après, il est repéré à un abri de bus par une patrouille de l'EPIGN. Blessé à la jambe, il brandit son pistolet 7,65 mais ne peut s'en servir avant la riposte des gendarmes. Il est tué sur le coup.
Le GIA sera à peine touché par cette perte et, tel le phoenix, renaîtra pour enlever et exécuter, en 1996, les 07 moines trappistes français de Tibhirine en Algérie, encore que cette responsabilité soit aujourd'hui contestée. La France reste vigilante face à cette menace diffuse qui peut frapper aveuglément n'importe quand. On se souvient de l'arraisonnement de l'avion d'Air France, en 1994, sur l'aéroport de Marseille où le GIGN put anéantir les velléités du commando qui voulait projeter l'avion bourré de carburant sur la Tour Eiffel.
Toute parole de nos dirigeants, inappropriée ou perçue comme un outrage par certains fanatiques, peut immédiatement trouver son prolongement dans une action suicide meurtrière pour une foule d'innocents, action qui, aux yeux des auteurs, lave leur honneur et leur ouvre les portes du paradis. On espère que les chefs qui nous gouvernent ont bien cette pensée en tête dans leurs discours diplomatiques.
Publié par Papyves à 01:09:11 dans Faits de Société. | Commentaires (2) | Permaliens
Re-bonjour, les amis.
C'est la rentrée.
Je reprendrai donc mes billets journaliers dès demain.
Je suis de retour après une semaine dans le Jura français où j'ai participé à la défense du VRAI site de la bataille d'Alésia, perdue par Vercingétorix, face à César, en 52 avant JC.
Ceux qui sont passés en Bourgogne ont sans doute vu cette immense statue du chef gaulois trôner sur son piédestal, en haut de la colline du Mont Auxois, à Alise Sainte-Reine. Comme beaucoup, ils ont sûrement été abusés par les défenseurs de cette thèse invraisemblable qui aurait vu plus de 60.000 combattants et leurs chevaux séjourner pendant des mois sur un petit mamelon ridicule, sensé arrêter les légions du grand César dans sa retraite de Langres vers Genève et sa « Province ». Alise n'est d'ailleurs pas sur l'itinéraire mais très à l'Ouest.
D'une part, il n'y a pas la place pour faire tenir ces milliers de gaulois sur cette petite surface mais, d'autre part, il n'y a rien de chaque côté de ce mont insignifiant pour empêcher les Romains de le contourner et de poursuivre leur route. En tout cas, le récit détaillé qu'en fait César lui-même, dans « La guerre des Gaules » ne s'applique en rien à ce terrain.
Donc, Alésia ne s'est pas déroulé là où on vous le dit depuis Napoléon III mais des générations de prétendus experts scientifiques et d'archéologues cyniques et dédaigneux de la vérité vous vendent leurs livres ( qu'ils savent faux ) à prix d'or et traquent, avec persistance et véhémence, la moindre velléité de rétablissement de la vérité ( ce que fait, sans moyens, l'association dont je parlais au début ).
Pour être convaincus qu'Alésia se situe dans le Jura, chez les Séquanes comme le dit César ( et non chez les Eduens d'Alise ), reportez-vous à cet excellent site :
http://alesia.jura.free.fr/F_index.html
Alise, dont seul le nom se rapproche de Alésia ( mais pas la topographie des lieux ), à été choisi par les envoyés de Napoléon III qui voulaient lui donner rapidement satisfaction dans sa recherche d'un haut fait d'armes historique qui ferait oublier ses déboires ( Sedan, le Mexique, etc ... ). Quelques preuves de vestiges romains ( il y en a partout en France ) ont été présentés à la hâte et le tour fut joué.
Cette imposture, entretenue aux plus hauts échelons culturels nationaux, sera un jour démasquée mais l'omerta ( allant jusqu'à interdire les fouilles dans le Jura et faire pression sur Wikipedia pour que soit retirée illico toute correction des âneries qui y figurent ) se poursuit et les bonimenteurs officiels continuent à vendre leur mensonge, agrémenté de belles images mais de peu de cohérence avec la réalité décrite par les textes grecs et latins, en sus de César lui-même.
Rejoignez moi dans cette association AAB-CEDAJ pour faire éclater LA vérité sur un fait majeur et fondateur de notre patrimoine historique. Quel beau challenge !
Publié par Papyves à 01:06:47 dans Faits de Société. | Commentaires (0) | Permaliens
En 1985, l'artiste Christo emballe complètement le Pont Neuf de Paris, comme une papillote, ou un décor de théâtre. Pourquoi le Pont neuf alors qu'il y en a 34 à cette époque ? C'est aujourd'hui le plus vieux pont de Paris mais, en 1578, lorsque Henri III pose la première pierre de cet édifice majestueux pour l'époque, il est effectivement tout neuf. D'autant que tous les ponts, jusqu'alors, étaient en bois, selon l'usage au Moyen-âge et Paris n'en comptait que quatre. Il ne sera achevé que 30 ans plus tard, en 1607, du fait des retards et des guerres de religion.
Comme tous ses frères, il va accueillir, sur ses flancs, toute une série de boutiques diverses, qui n'entravent pas la circulation car il est large pour l'époque, plus de 20 mètres. Ces boutiques, qui empêchaient de voir l'eau couler du dessus du pont, ne disparaîtront qu'en 1854. Les boutiquiers le long des quais actuels en sont les derniers descendants, en modèle réduit. L'ensemble, conçu par 5 architectes, est élégant, puissant et beau, avec ses courtes arches de diamètres inégaux.
Le pont, long de 238 mètres et s'appuyant sur 12 arches, eut immédiatement un immense succès et marchands, badauds, charlatans et comédiens, prostituées ou bourgeois enrichis avec leur épée, tout autant que les gueux et les « tire-laine » (voleurs) s'y pressaient volontiers. C'était le lieu des fêtes de tous milieux et le rendez-vous des expositions.
Pour alimenter en eau les Palais du Louvre et des Tuileries, Henri IV autorise, en 1602, l'édification sur pilotis d'un bâtiment, sur la deuxième arche Nord du pont, pour abriter une grande pompe. Décorée d'une horloge astronomique en haut d'un campanile et d'une scène de Jésus et la Samaritaine devant le puits de Jacob, cette pompe sera baptisée simplement la « Pompe de la Samaritaine ». Elle disparaîtra en 1813. On comprend, dès lors, le nom de ce grand magasin, fondé par Emile Cognacq, dominant la Seine et « son » pont. Henri IV décida aussi, le 08 Juillet 1606, avant même l'achèvement du pont, l'établissement de la place Dauphine, aux façades identiques, entre le palais de la Cité et le terre-plein du pont.
Après la mort de Henri IV, son épouse Marie de Médicis, commande une statue en bronze du roi, à cheval, qui sera placée, en 1614, sur le terre-plein entre les deux parties du pont, sur l'île de la Cité. Sous la Révolution, en 1792, cette statue sera fondue pour en faire des canons puis remplacée sous la Restauration par une autre statue équestre d'Henri IV que Louis XVIII inaugurera en 1818.
La grande particularité de cet ouvrage, outre les premiers trottoirs qui étonnent et les balcons arrondis qui l'embellissent, réside dans ses 384 mascarons, figures humaines d'aspect grotesque sculptées par Germain Pilon, accrochés en frise en haut de la corniche supérieure, et dont les grimaces devaient éloigner les mauvais esprits, du moins le croyait-on au moyen-âge. On trouvait aussi ces mascarons, guetteurs tragiques, à l'orifice des fontaines, en haut des chapiteaux ou à la proue des navires.
Classé monument historique en 1889, jamais reconstruit mais seulement ravalé du fait de sa robustesse sauf les mascarons qui s'effritent avec le temps, ayant résisté à toutes les crues de la Seine, y compris celle de 1910, le Pont Neuf a inspiré de nombreux artistes peintres, tel Renoir, ou des écrivains. Il m'inspire, moi aussi, et j'aimerais rejouer ce film de 1991 « Les Amants du Pont Neuf ».
Publié par Papyves à 02:05:09 dans Faits de Société. | Commentaires (2) | Permaliens
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