C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Au moyen âge, partis des îles Marquises, les Polynésiens naviguent déjà, en catamarans, sur tout l'océan pacifique. Ils découvrent alors, vers 500 après J.C, une île volcanique triangulaire, où il fait en permanence 20°celsius, isolée à 4.000 km environ de toute autre terre, Chili à l'Est, Tahiti à l'Ouest, Galápagos au Nord et Antarctique au Sud. Ils créent ainsi la civilisation des « Rapa-Nui » dont il ne reste que la langue.
Cet éperon rocheux de la dorsale orientale du Pacifique Sud fut nommée « île de Pâques », le 06 Avril 1722, par le capitaine hollandais qui la croisa par hasard, un dimanche de Pâques, avec ses trois navires de la Société commerciale des Indes. Avant lui, un pirate du nom de Edward Davis l'aperçut en 1687 mais ne daigna pas y débarquer. Ce ne fut pas le cas de l'espagnol Felipe de Haedo qui, croyant être le premier, annexa l'île pour le compte de la couronne espagnole en 1770, sous le nom de « île de San Carlo ». L'Anglais James Cook, lui-même, l'explora sans enthousiasme en 1774 et enfin le Comte français J.F.G. de La Pérouse en dessina les contours pour Louis XVI. Aujourd'hui, l'île de Pâques, qui a perdu sa végétation, est sous juridiction chilienne et les descendants des premiers Rapa-Nui sont incapables de déchiffrer l'écriture « rongo-rongo » sur tablettes de bois, unique au monde.
A son apogée, l'île abrita quelques 10.000 habitants au XVII° siècle mais ce nombre chuta jusqu'à 111 en 1877, presque l'extinction, du fait des pénuries alimentaires, de la déforestation, de la déportation massive de travailleurs vers les mines du Pérou, de l'élevage intensif des moutons et des maladies importées par ceux qui pouvaient revenir au pays. Aujourd'hui, les Pascuans sont environ 4.000 à majorité chilienne et leur patrimoine est protégé par l'UNESCO.
Depuis que la NASA a agrandi l'aérodrome de Mataveri pour d'éventuels atterrissages d'urgence de la navette spatiale, les gros porteurs déversent des flots de touristes curieux. Ce qui frappe le visiteur, ce sont ces mystérieuses statues de pierre représentant des alignements de personnages, tournant le dos à la mer et coiffés d'un drôle de chapeau cylindrique. Comment ces monolithes « moaïs » de plusieurs dizaines de tonnes ont-ils pu être transportés depuis les carrières de basalte où ils ont été taillés, à même la montagne volcanique, cela reste un mystère. On songe aux rondins de bois qui ont servi à faire rouler les menhirs celtes ou les blocs cubiques des pyramides. Est-ce là l'explication de la totale déforestation de l'île, notamment palmiers ? Le bois aurait plutôt servi à la construction de bateaux qui ne sont jamais revenus.
Certains prétendent que les 838 mégalithes moaïs recensés, dressés sur 300 « ahus », plates-formes sacrées, sont soit la représentation des ancêtres ou des chefs successifs, soit la prière faite aux Dieux pour que cesse la période interminable de sécheresse qui provoqua une gigantesque famine. N'étant pas exhaussés, ils auraient renversé, de rage, bon nombre de statues. La tradition de « l'homme oiseau » consistant en une course, aller retour à la nage, pour rapporter l'œuf d'un oiseau, déposé sur les rochers voisins, aurait pu, dit-on, leur sauver la vie.
Pourquoi chercher, à tout prix, le secret de cette civilisation disparue. C'est si beau, une île mystérieuse.
Publié par Papyves à 01:02:46 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
Qui se souvient du Vélosolex, cette bête hybride entre la moto, la mobylette et le vélo ? La technique va si vite qu'on oublie l'origine de nos moyens de locomotion. Le vélo, par exemple, raccourci de « vélocipède » n'a pas toujours eu des pédales pour faire tourner ses roues. Nos ancêtres, en effet, avançaient en poussant alternativement avec les pieds une curieuse machine appelée « draisienne ».
Le Baron allemand Karl Friedrich Drais von Sauerbronn est le premier à avoir breveté, en 1817, une machine à deux roues, orientable et propulsée par la seule force humaine. Munie d'une selle réglable et d'une direction à pivot pour orienter la roue avant, elle permettait pour la première fois d'aller plus vite qu'un homme à pied, tout en étant assis. Pour s'arrêter, le conducteur freinait ... avec les pieds.
Le premier vélocipède, grossièrement taillé en bois, pesait environ 23 kilos et affichait des pointes à 12,5 km/h. Quand le Baron est venu présenter sa draisienne au jardin du Luxembourg à Paris, le 04 Avril 1818, il s'attendait à de la curiosité mais pas aux moqueries de la populace qui le traita d'excentrique. Il en fut beaucoup affecté et devint aigri, taciturne et amer, au point de mourir, en 1851, solitaire et privé de réputation.
Sa draisienne, pourtant, fut beaucoup copiée ( ce qui était facile puisqu'elle était en bois ) et rapidement améliorée par l'ajout de cale-pieds, d'une plaque de bois derrière la roue avant pour, en la pressant avec le pied, remplacer les freins . Les évolutions majeures furent celle de Pierre Michaux, un serrurier français qui adapte un pédalier directement sur la roue avant et invente le mot « vélocipède » de véloce (rapide) et pède (pied), celle de James Starley qui crée le « Grand Bi » avec une roue avant de 1,50 m de diamètre pour aller plus vite, et une roue arrière de 30 cm ( bonjour l'équilibre ) puis celle de l'anglais Lawson, incapable de monter sur un grand Bi, qui imagine la transmission par chaîne et enfin celle de Dunlop qui adapte un bandage caoutchouc pneumatique, amélioré peu après par Michelin. Les rayons sont bientôt de conception tangentielle plutôt que radiale, ce qui permet de mieux absorber les vibrations de la route, les roues plus légères et les cadres creux tandis que les selles s'assouplissent.
Comme toujours lorsqu'une découverte voit le jour, d'autres inventeurs se lèvent pour s'en attribuer la paternité chronologique. Ce fut, bien sûr, le cas avec cet ancêtre de la « bicyclette » qu'un journaliste français présenta, dans son histoire de la vélocipédie en 1891, comme une copie du bicycle du Marquis de Sivrac, rebaptisé, selon lui, « vélocifère » sous la révolution française. En fait, le vélocifère ou célérifère était une calèche.
Aujourd'hui, le vélo dont le succès ne se dément pas, a conquis le monde entier en étant souvent le bien le plus précieux des familles pauvres.
Bravo, la « petite reine » !
Publié par Papyves à 00:17:46 dans Conquêtes | Commentaires (2) | Permaliens
Sur cet ensemble de rochers battus par les vents que sont les îles Falklands, les moutons étaient plus nombreux que les hommes avant ce 02 Avril 1982 où 5.000 fusiliers marins argentins débarquèrent pour prendre possession de l'archipel. Les 60 marines présents durent se rendre. La guerre des Malouines ( guerra de las Malvinas ) était commencée.
En proie à des difficultés politiques internes, les dictateurs Argentins du Général Galtieri avaient besoin d'une guerre pour faire diversion. Ils savaient, bien sûr, que ces rochers perdus au Sud de l'Océan Atlantique étaient colonie britannique depuis 1833, après avoir été français puis espagnols, mais ils ignoraient que la fière détermination de Margaret Thatcher serait plus forte que leur nationalisme exacerbé. La crainte de voir leurs frontières remises en cause groupa, en outre, une majorité d'Etats aux Nations Unies en faveur du Royaume-Uni.
Les britanniques lancèrent une Force aéronavale autonome ainsi qu'une Force d'assaut amphibie. Les opérations commencèrent le 1er Mai avec les attaques de la Royal Air Force, basée sur l'île de l'Ascension, contre l'aéroport de Port Stanley, relayés par les sous-marins qui coulèrent le croiseur Belgrano et ses 321 passagers. Ce torpillage eut pour conséquence stratégique de contenir la flotte argentine dans les ports, loin de l'escadre britannique. De leur côté, les Anglais subirent la perte du destroyer Sheffield, atteint par un Exocet ( conception française ) tiré depuis un Super-Etendard ( lui aussi français ) puis perdirent plusieurs autres bâtiments du fait de la faiblesse des défenses antiaériennes de bord.
Au sol, après le débarquement amphibie sur les côtes Nord, le plan visait à se rendre maître de Darwin et Goose Green, avant de se tourner vers Port Stanley. Ce qui fut possible avec l'arrivée, le 1er Juin, de 5.000 soldats britanniques supplémentaires, débarqués du Queen Elisabeth II. Le 14 Juin, le commandant de la garnison, Mario Menendez, offrit sa reddition avec 9.800 hommes.
Cette guerre de 74 jours, à laquelle participa le prince Andrew comme pilote hélico sur l'Invincible, causa la mort de 255 britanniques et 712 Argentins. En moins de trois mois, la souveraineté britannique avait été restaurée sur ces territoires et les forces argentines défaites, ce qui contribua au départ de la junte militaire et à l'instauration lente d'un régime démocratique. Elle aura aussi contribué à la popularité de la « Dame de fer » et à la victoire de son parti en 1983.
On ne défie pas impunément la couronne britannique, où que soit planté son drapeau, fut-il même dressé au sommet d'un caillou lointain. Je me demande ce que ferait la France si l'un de ses atolls du Pacifique était ainsi menacé. N'est pas Thatcher qui veut !
Publié par Papyves à 01:32:10 dans Conquêtes | Commentaires (4) | Permaliens
Sur la mappemonde, la France est toute petite au bout de la presqu'île européenne. Pourtant, si on inclut ses possessions dites « d'outre-mer », la France est présente sur tous les continents et océans du monde, même après avoir rendu leur liberté à ses anciennes colonies. Les territoires et départements d'outre-mer sont tous des îles à l'exception de la Guyane et de la Terre Adélie et représentent 1,5 millions d'habitants sur 120.000 km2.
C'est par la loi du 19 Mars 1946 que les départements d'outre-mer ( DOM ) ont été créés, avec préfet et représentation nationale. Ceux-ci comprennent la Guyane ( française depuis 1605 ) le plus vaste, la Guadeloupe et la Martinique ( depuis 1635 ) volcaniques ainsi que la Réunion (1642) le plus peuplé. Ces terres lointaines, qui font maintenant partie de l'Union Européenne en tant que Régions ultra-périphériques, étaient les plus anciennes colonies de l'Empire français. Mayotte (1841) la musulmane des Comores tout comme St Pierre et Miquelon près du Canada ( découvert par Jacques Cartier en 1534 ) sont des collectivités territoriales à statut particulier.
Les DOM se distinguent ainsi des Territoires d'outre-mer ( TOM ) dont le statut est aussi différent, avec une autonomie plus grande, l'Etat français n'y exerçant que des fonctions régaliennes. Ce sont la Polynésie française (1885) et ses 118 îles qui administre aussi l'atoll de Clipperton, ce sont Wallis et Futuna (1886) qui ont la particularité de conserver 3 rois coutumiers et les Territoires des terres australes et antarctiques françaises ( TAAF ) non habitées qui comprennent les îles Saint-Paul et Amsterdam, les archipels Crozet et Kerguelen ( voir mon billet du 12 Février) ainsi que la Terre Adélie.
La Nouvelle Calédonie (1874) a perdu son statut de TOM en 1998 et se trouve classée en collectivité sui generis ( institutions spécifiques notamment coutumières ) avec 3 provinces et 3 assemblées. Elle parviendra, selon les accords, à sa pleine souveraineté Kanak vers 2015.
On citera aussi les « Iles Eparses » de l'océan Indien, nommées Glorieuses, Tromelin, Europe, Juan de Nova et Bassas da India.
Mentionnons enfin deux figures qui ont marqué l'histoire de ces territoires éloignés, Toussaint-Louverture et sa lutte contre l'esclavage puis Aimé Césaire, député et écrivain.
Stratégiquement, ces îlots ou terres du bout du monde ont une importance capitale pour la France qui peut ainsi, outre les escales maritimes, utiliser un site de lancements, Kourou, idéalement placé sur l'équateur, réaliser des essais nucléaires sous-marins ou se prévaloir d'immenses « zones économiques exclusives » s'étendant jusqu'à 200 milles marins des côtes ( 370 km ).
Au nom évocateur de certaines destinations, Tahiti, Papeete, Bora-Bora, Marquises, Gambiers, on se prend à rêver d'une mutation ..... à l'autre bout de la France.
Publié par Papyves à 01:19:56 dans Conquêtes | Commentaires (3) | Permaliens
Après la paix de Brétigny ( 1360 ) avec les Anglais, les mercenaires sont désoeuvrés et, rassemblés en « Grandes Compagnies », ils écument les campagnes qu'ils délestent de leurs ressources et du peu qu'elles conservaient pour l'impôt. Charles V, dit le Sage, s'en émeut et prenant prétexte d'un appel à l'aide du prétendant malheureux à la couronne d'Espagne, il envoie son capitaine Bertrand Du Guesclin, à la tête de ces grandes Compagnies, prêter main forte à Henri de Trastamare qui veut reconquérir la Castille ( capitale Tolède ), en guerre avec l'Aragon ( capitale Barcelone ). Ce chevalier breton s'était déjà illustré en battant, à Cocherel en 1364, les troupes du roi de Navarre Charles le Mauvais.
Du Guesclin subit d'abord un premier échec à Navarette, en 1367, au cours duquel il est capturé par le Prince Noir, fils du roi d'Angleterre Edouard III, accouru avec le capitaine Chandos et ses troupes depuis l'Aquitaine. Le chevalier breton fixera lui-même, par orgueil, un montant élevé de rançon pour sa libération puis prendra sa revanche, le 14 Mars 1369, en battant le roi de Castille Pierre 1er , dit Pierre le Justicier puis le Cruel, à Montiel, au Sud-Est de la Castille.
Par ruse, Bertrand amènera les deux demi-frères, concurrents au trône, à se rencontrer sous une tente où ils en viennent aux mains. Du Guesclin aidera Henri de Trastamare à prendre le dessus et, une fois Pierre mort, à monter sur le trône de Castille sous le nom de Henri II. Pour le remercier, celui-ci le couvre de récompenses et c'est en vainqueur que Du Guesclin peut se présenter à nouveau à son roi Charles V qui le fait Connétable ( grand écuyer, du latin comes stabuli ).
C'est la fin de la première guerre civile espagnole mais également le retour aux exactions des Grandes compagnies. Aussi, le roi Charles le Sage propose-t-il à Bertrand Du Guesclin de mettre sa vigueur et son courage au service de la lutte contre les dernières places fortes aux mains des Anglais, ce qu'icelui s'acquittera avec succès, grâce à l'artillerie naissante, chassant l'anglais de Normandie, de Guyenne, de Saintonge et du Poitou.
Il mène son dernier assaut à 60 ans, dans le Gévaudan, le 13 Juillet 1380. Le gouverneur de la place assiégée se rend et vient solennellement déposer les clés de la forteresse sur le cercueil du héros.
Le roi le suivra de peu dans la nécropole royale de Saint-Denis où ils reposent tous les deux.
Cette guerre entre Pierre et son demi-frère Henri préfigure celle qui amènera au pouvoir le Général Franco en 1939, en offrant à des étrangers l'occasion de régler leurs conflits intérieurs sur le dos de l'Espagne. Doit-on dire : "C'est de bonne guerre" ?
Publié par Papyves à 00:50:56 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
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