C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
Publié par Papyves à 01:03:00 dans Conquêtes | Commentaires (3) | Permaliens
Tout auréolé de son succès obtenu par le percement du canal de Suez, le Français Ferdinand de Lesseps se lance dans le percement du canal dit de Panama qui va relier les deux océans Atlantique et Pacifique. Une si faible bande de terres et de lacs, en Amérique centrale, devrait être percée facilement et éviter aux super-tankers et porte-conteneurs ( qui n'avaient pas encore ces noms à l'époque ) de faire le grand tour par le cap Horn au Sud de l'Argentine, comme celui de Suez avait permis d'éviter le contour par le Sud de l'Afrique.
Avant l'arrivée des Européens au XVème siècle, les Amérindiens circulaient déjà sur des routes qui rejoignaient les deux rives. Puis le Portugais Magellan et Charles Quint au XVIème, émirent aussi l'idée d'un canal. Mais les moyens manquaient. Lesseps crut pouvoir les réunir facilement. Il rachète les droits de Bonaparte Wyse qui avait obtenu, en 1878, une concession de 99 ans avec la Colombie et commence la construction en 1881. Son idée est de faire un canal sans écluses, à niveau en quelque sorte, pour ne pas ralentir la navigation.
Mais le terrain du golfe de Panama n'est pas aussi simple à creuser que le désert d'Egypte et les conditions météorologiques et naturelles sont déplorables, humidité, roches dures, tremblements de terre et éboulements, crues en saison des pluies, vase de sédimentation, dénivellation entre les deux extrémités du percement. Bref, des retards interviennent, augmentés par les maladies tropicales des ouvriers, malaria et fièvre jaune, si bien que le coût des travaux est bientôt exorbitant par rapport aux prévisions. La situation financière s'aggrave encore quand Lesseps se laisse enfin convaincre, en 1887, qu'il faut jalonner le canal d'écluses dont il confie la construction à Gustave Eiffel. En 1889, la liquidation de la « Compagnie universelle du canal interocéanique de Panama » est prononcée et une plainte sera même déposée, deux ans plus tard, pour fraude et abus de confiance contre les administrateurs, puis une autre pour corruption de parlementaires. Exit, de Lesseps.
Une Compagnie nouvelle est créée qui offre aux Etats-Unis la propriété du canal et les droits afférents mais ceux-ci préfèrent signer, en Janvier 1903, un traité avec la Colombie pour l'exploitation, pour 100 ans, d'une large bande de territoire de part et d'autre du canal. En Août, le Congrès colombien rejette ce traité. Désappointés, les Américains favorisent alors le soulèvement des séparatistes panaméens contre la Colombie. La République de Panama est proclamée. On peut signer avec elle, en échange de la garantie de son indépendance, un nouveau traité qui offre aux USA la concession à perpétuité du canal et le contrôle d'une zone de 16 km de large. En 1904, les Etats-Unis rachètent à la compagnie française tous ses droits et reprennent les travaux là où ils avaient cessé.
Dix ans plus tard, le 03 Août 1914, le cargo panaméen SS Cristobal est le premier à franchir le canal sur toute sa longueur. L'inauguration officielle aura lieu le 15 Août. Dorénavant, pour aller de New York à San Francisco, il « suffit » de voguer 9.500 km au lieu des 22.500 nécessaires par le Cap Horn. Mais les écluses, pourtant larges de 33 mètres, limitent le passage des gros navires, assujettis au « panamax », dimensions et tirant d'eau maximum. C'est pourquoi, il a été décidé d'élargir les écluses pour accepter des tankers de plus grande taille. Les travaux ont commencé en 2007.
Aujourd'hui, bien que rétrocédé au Panama, le canal est toujours considéré comme une voie d'eau intérieure par les Etats-Unis. Les droits de passage varient en fonction du tonnage, du nombre de conteneurs embarqués et du type de cargaison et tournent autour de 54.000 dollars en moyenne. Non négligeable quand on sait que le canal voit passer 15.000 navires par an. Le contrôle du canal est donc d'une importance stratégique. Les Chinois s'intéressent grandement à sa gestion et ont déjà obtenu une concession de 25 ans, en 1999, pour des terminaux de conteneurs. Des études ont aussi été lancées pour des canaux concurrents, plus larges, au Mexique, Colombie ou Venezuela. Car le risque existe qu'une décision unilatérale, du type de celle de Nasser en 1956, change la donne et donc les flux financiers ou qu'une action terroriste ne conduise à son obstruction pérenne.
On raconte que le peintre impressionniste Gauguin fut employé comme terrassier sur le chantier du canal. Quelle chance qu'il ne fut pas parmi les 25.000 ouvriers qui y laissèrent leur vie. Il avait déjà échappé au rasoir de Van Gogh, le soir où celui-ci s'est coupé l'oreille. Un veinard, ce Paul.
Publié par Papyves à 00:36:13 dans Conquêtes | Commentaires (6) | Permaliens
Si je vous dis que je trace un trait horizontal sur une carte, par exemple le 38ème parallèle, pour séparer deux parties d'un même peuple qui ne s'entendent pas. Si je fais intervenir, pendant 3 ans dans cette zone, pour régler leur problème de frontière, des soldats locaux, américains, russes, chinois et français, et que, au bout de 3 ans, je suis toujours sur le même 38ème parallèle mais en ayant laissé plus de 2 millions de morts de tous côtés, vous allez me prendre pour un fou. C'est pourtant ce qui est arrivé pendant la guerre de Corée de 1950 à 1953.
Après des incidents de frontière répétés et avec l'accord de Staline et Mao Zedong, 500.000 soldats nord-coréens, appuyés par les chars et l'artillerie soviétiques, franchissent, dans la nuit du 24 au 25 Juin 1950, la ligne de démarcation du 38ème parallèle qui sépare leur Etat communiste de la Corée du Sud, sous régime pro-occidental, disons américanisé. C'est le début de la guerre qui sera à deux doigts de tourner au conflit nucléaire.
Défendre la Corée du Sud, pour les Américains, équivaut à maintenir un pôle stratégique face à la Chine devenue, elle aussi communiste, d'autant plus que les Français sont empêtrés dans la guerre d'Indochine et ne pourront plus faire barrage. Le Président Harry Truman obtient du Conseil de sécurité de l'ONU l'accord d'une intervention de « rétablissement de la paix ». C'est le vieux général Douglas Mac Arthur qui est envoyé à la tête d'une armée de 16 nations, dont la France (Monclar, La Grandière), face à des forces Nord-coréennes qui, dans leur élan, ont déjà pris Séoul, la capitale du Sud et poussé jusqu'à Pusan.
Le 15 Septembre, le général MacArthur réussit, par une opération amphibie d'enveloppement, à faire débarquer 80.000 marines dans la baie à l'Ouest de Séoul pendant que la tête de pont de Pusan, au Sud, est consolidée. Pour éviter d'être pris en tenaille, les Nord-coréens sont contraints à la retraite jusqu'au 38ème parallèle. Truman veut profiter de l'avantage tactique et lance une grande offensive, avec les forces onusiennes, jusqu'à Pyongyang, la capitale du Nord, qui est prise le 18 Octobre 1950. Certaines unités poussent même jusqu'au fleuve Yalu qui fait frontière avec la Chine, au grand dam de l'ONU. Menacée, la Chine intervient alors et le général Lin Piao lance une contre-attaque, en Novembre, qui repousse les onusiens trop éparpillés. C'est au tour des communistes d'envahir le Sud et de reconquérir Pyongyang en Décembre puis de dépasser même Séoul en Janvier 1951.
Le Président Truman ne veut pas la guerre avec la Chine car il sait que cela entraînerait un conflit avec l'URSS. Il songe à repousser seulement les Nord-coréens chez eux (opération Killer) mais MacArthur est plus belliqueux et insiste pour que les troupes s'enfoncent en territoire chinois, jusqu'en Mandchourie, en utilisant s'il le faut l'arme nucléaire. Il est limogé et remplacé par Matthew Ridgway en Avril 1951. Finalement, le front se stabilise, peu ou prou, aux abords du 38ème parallèle. Malgré la poursuite d'escarmouches, le long de cette nouvelle guerre de position, des pourparlers de paix sont entamés à l'été 1951 mais ils s'éternisent du fait de la question des prisonniers de guerre Chinois et Nord-coréens qui ne veulent pas retomber sous le joug communiste. Leur sort n'avait, pourtant, rien à envier à celui des milliers de prisonniers onusiens maltraités dans les camps nord-coréens. Les pourparlers sans fin pour des échanges, de part et d'autre, ne trouvèrent pas de solution.
Bien que les prisonniers meurent de mauvais traitements et par manque d'hygiène, les négociations sont même interrompues jusqu'à la mort de Joseph Staline en Mars 1953 et n'aboutissent que le 27 Juillet avec l'armistice signé à Pan Mun Jom entre les représentants de l'ONU, de la Chine et de la Corée du Nord. La Corée du Sud ne signe pas car elle reste opposée ( encore aujourd'hui ) à un texte qui reconnaît la partition de la grande Corée.
Cette guerre fut, par ailleurs, l'occasion d'effectuer des expérimentations sur de nouveaux armements ou des méthodes tactiques, comme les bombes au napalm ou les avions à réaction. L'interdiction par l'ONU de survoler le territoire chinois où étaient basés les avions Mig 15 Nord-coréens imposa la méthode du « containment » dans la Mig alley par l'aviation américaine, basée elle au Japon. Après des revers initiaux, celle-ci put obtenir la supériorité aérienne, avec l'arrivée de ses fameux Sabres.
Ainsi, une lutte de pouvoir entre deux petits pays asiatiques, n'arrivant pas à se mettre d'accord sur leur réunification, a-t-elle impliqué, pendant 3 ans, des troupes chinoises, russes et nord-coréennes contre un contingent des Nations Unies regroupant des soldats sud-coréens, américains, britanniques, français, canadiens, australiens, belges, luxembourgeois, colombiens, éthiopiens, grecs, hollandais, néo-zélandais, philippins, sud-africains, thaïlandais et turcs, ainsi que les unités médicales danoises, indiennes et suédoises. Tout cela pour revenir, 2 millions de morts (civils et militaires) plus tard, au point de départ. Status quo ante bellum. Quel gâchis !
Publié par Papyves à 00:57:19 dans Conquêtes | Commentaires (2) | Permaliens
En ce 19 Juillet 1799, au beau milieu de l'expédition que Bonaparte mène en Egypte, l'officier français Pierre Bouchard exhume, au pied du fort Rashîd ( Rosette pour les Croisés), à l'embouchure du Nil, une stèle de basalte noir avec des inscriptions. Apparemment, trois écritures différentes ont été utilisées sur cette pierre, peut-être le même texte traduit pour des contemporains n'ayant pas la même langue. Sans le savoir, Bouchard vient de mettre la main sur un décret de Ptolémée V ( 196 av JC ) retranscrit en hiéroglyphique ( écriture sacrée des Pharaons ), en démotique ( ou hiératique ) et en grec, trois langues dérivées l'une de l'autre. C'est la fameuse « Pierre de Rosette » qui permettra à l'archéologue français Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes égyptiens, ces représentations figuratives dont on a longtemps cru qu'elles n'étaient que des idéogrammes désignant l'image sculptée, alors que la langue est beaucoup plus complexe et transcrit aussi des sons et des idées. Hiéroglyphe vient de mots grecs signifiant « graver » et « sacré » et désignait les inscriptions des monuments pharaoniques que les Grecs ne savaient, pas plus que d'autres, déchiffrer.
Jean-François Champollion, né en 1790 à Figeac dans le Lot, est très tôt un élève doué pour les langues étrangères qu'il collectionne à l'envie : hébreu, arabe, araméen, persan et syriaque. A 16 ans, il est pris en charge par son grand frère Joseph qui décide de financer les études de cet enfant prodigieux, à Grenoble puis Paris.
Le retour de l'expédition égyptienne de Bonaparte lui fournira matière à aiguiser sa curiosité linguistique. En effet, les hiéroglyphes, apparus vers 3150 avant JC, disparaissent au IV° siècle après JC et avec eux leur signification. Pour percer le mystère de ces signes étranges, après 14 siècles, Champollion comprend qu'il lui faudra posséder la langue copte qui panache le grec avec des caractères démotiques, dernier stade de la simplification successive de l'écriture égyptienne. Patiemment, il s'en imprègne méthodiquement, dans son bureau de Paris. « Je parle copte tout seul. C'est le vrai moyen de me mettre mon égyptien dans la tête ». Il a entendu parler de la pierre de Rosette mais celle-ci a été confisquée par les Anglais avec les autres monuments rapportés de la campagne du Caire.
D'ailleurs, c'est un Anglais, Thomas Young, médecin-physicien, qui prétend, en 1814, avoir percé le secret des cartouches de hiéroglyphes et avoir identifié les noms de plusieurs pharaons, en comparant les trois textes de la pierre de Rosette. Heureusement pour lui, Champollion qui avait du quitter les bibliothèques parisiennes pour Figeac après la chute de l'Empire, apprend que des copies de la pierre de basalte avaient été dessinées à l'intention de savants européens. Il les étudie en parallèle avec d'autres textes du livre des morts.
Son poste de professeur d'histoire lui permet de poursuivre ses études sur les hiéroglyphes qu'il compare aux textes en hiératique, ancienne écriture abréviative et cursive. Il découvre l'importance de l'alphabet phonétique qui lie les mots dans la phrase ou définit les sons. En 1821, il déchiffre les premiers cartouches royaux dont celui de Ptolémée V puis celui de Cléopâtre sur la base de l'obélisque de Philae et sur un papyrus bilingue. Et, en Septembre 1822, reconnaissant grâce à sa méthode, les noms de Ramsès et de Thoutmosis sur un nouveau dessin rapporté du temple d'Abou Simbel par un archéologue, il est convaincu, après 15 années d'acharnement, d'en avoir trouvé les clefs et il écrit une lettre au secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, M. Dacier, dans laquelle il fait part de sa découverte d'un système de déchiffrement des hiéroglyphes. « C'est un système complexe » dira-t-il « une écriture tout à la fois figurative, symbolique et phonétique, dans un même texte, une même phrase, je dirais presque dans un même mot ». Sa communication est un succès qui ouvre les portes de l'égyptologie. En 1826, il est nommé conservateur du musée égyptien du Louvre.
En 1828, après la visite des collections égyptiennes de Turin, Jean-François Champollion réalise enfin son rêve et part pour deux ans en Egypte où il est le premier à pouvoir lire l'égyptien ancien dans le texte. Il rapporte de ce voyage moult données complémentaires et quelques objets. C'est, bien sûr, la chaire d'Antiquité égyptienne au Collège de France qui l'attend à Paris au retour mais, épuisé par ses travaux, il meurt le 04 Mars 1832, à l'âge de 42 ans, sans avoir eu le temps d'achever sa Grammaire égyptienne et son Dictionnaire égyptien. On peut encore lui rendre visite au cimetière du Père Lachaise à Paris.
Quant à la pierre de Rosette, exposée au British Museum, que l'amiral Nelson avait dérobée aux Français, on peut rêver qu'elle retraverse la Manche un jour, peut-être en même temps que le cercueil de Napoléon III ? Oui, vraiment je rêve !
Publié par Papyves à 01:45:08 dans Conquêtes | Commentaires (10) | Permaliens
En ce 04 Juillet, vous attendiez un article sur l'indépendance des Etats-Unis, bien sûr, qui coïncide d'ailleurs avec l'assassinat du 3° Président américain, Thomas Jefferson. Je souhaiterais plutôt vous parler de nos cousins Canadiens, installés en « Nouvelle France » depuis 400 ans.
Jacques Cartier avait découvert ces nouvelles terres, en 1534, mais ne s'y était pas implanté. Les premiers établissements français, comme Port-Royal en 1604, furent créés en Acadie, sur la péninsule de l'actuelle Nouvelle-Ecosse. En 1608, Samuel de Champlain déporta la petite colonie vers un promontoire plus facile à défendre, qui permettait surtout de contrôler le trafic des fourrures, le long du fleuve Saint-Laurent. Il y fonde un comptoir, fort de 28 hommes seulement, « l'Abitation de Québecq », qui deviendra la capitale administrative de la « Belle Province » jusqu'à la défaite de Montcalm aux « Plaines d'Abraham ». Le premier hiver est rude et le scorbut décime les colons pionniers mais le commerce se maintient.
S'alliant avec les indiens Montagnais, Algonquins et les Hurons, Champlain part en 1609 vers le Sud, longeant la rivière des Iroquois (Richelieu aujourd'hui) par Trois-Rivières et Ville-Marie (Montréal), pour explorer de nouvelles contrées riches en fourrures. C'est à cette occasion qu'il découvre, le 04 Juillet 1609, le lac qui portera le nom de Lac Champlain. Attaqué par un groupe de 200 Iroquois, alors qu'il n'a autour de lui que 60 hommes, il les mettra en fuite grâce aux flèches de son arquebuse, méconnue des Indiens. Son implication directe dans les guerres amérindiennes inter-tribus lui permettra de publier, outre le compte rendu qu'il devait au roi Henri IV, un carnet de voyages qu'il intitula « Des sauvages ... ».
Malgré plusieurs allers-retours au travers de l'Atlantique, pour vanter les mérites de ces contrées vierges, Champlain ne réussira pas à mobiliser d'autres colons (seules des congrégations catholiques partiront vers la conquête de nouvelles âmes) et les Acadiens, trop peu nombreux, ne pourront pas défendre leurs immenses territoires face à la forte expansion démographique des colonies anglaises, coincées le long de la côte Est. Car les Français, poussés par la nécessité de trouver d'autres zones d'approvisionnement en fourrures, puis par l'exil forcé du « grand dérangement » pour ne pas faire allégeance aux Britanniques, avaient investi, au milieu du 17ème siècle, pratiquement tout l'Est de l'Amérique du Nord, depuis l'embouchure du Saint-Laurent au Canada jusqu'à celle du Mississipi en Louisiane. Des grands lacs au Mexique, en passant par la vallée de l'Ohio, les distances couvrant les 5 régions de cette Nouvelle France étaient trop vastes pour être correctement défendues.
A partir de 1670, la rivalité franco-britannique s'accentua en proportion des prétentions territoriales des 13 colonies anglaises qui ne pouvaient plus s'étendre à l'Ouest. Avec, au Sud, l'expansion de la Nouvelle-Angleterre et, au Nord, la création de la Compagnie britannique de la Baie d'Hudson, la Nouvelle-France se trouvait prise dans un étau, alors qu'elle était dramatiquement sous-peuplée. Elle dut céder la Baie d'Hudson, l'Acadie et Terre-Neuve. La signature du Traité d'Utrecht en 1713 marquera l'effritement de cet empire colonial français trop distendu et qui n'avait commencé à se développer qu'avec l'arrivée des 850 « filles du Roy » envoyées par Louis XIV.
Quand il meurt à Québec, à 65 ans, à l'époque de Louis XIII et Richelieu en France, Samuel de Champlain sera reconnu comme le « Père de la Nouvelle France ». Son entêtement ne fera pas école malheureusement et la France a laissé ses enfants expatriés se débrouiller seuls face à l'immensité des enjeux et des appétits. Je trouve qu'ils s'en sont bien sortis et méritent notre admiration et notre reconnaissance de maintenir, avec autant de persévérance, aux portes de l'Oncle Sam, un petit coin de France.
Publié par Papyves à 02:44:23 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
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