• Sabra et Shatila.

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>La guerre est inhumaine et affreuse, certes. Mais, même dans l'affreux, il y a des degrés.
    La tentative d'assassinat, à Londres, de l'Ambassadeur israélien, Shlomo Argov resté depuis paralysé, offre le prétexte aux Israéliens de déclencher, le 06 Juin 1982, l'opération « Paix en Galilée » prévue de longue date. Paix en Galilée consiste à envahir le Liban Sud pour neutraliser les bases arrières de l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine).


    Bechir Gemayel, chef des Phalanges chrétiennes, « Kataëb » (son père Pierre les avait créées en 1936), et tout nouveau Président du Liban, est assassiné le 14 Septembre 1982. Ce qui donne l'occasion à l'armée israélienne, pour rétablir l'ordre et après avoir envahi le Sud du Liban, de poursuivre vers le Nord en direction de Beyrouth, alors que la promesse avait été faite de rester le long de la frontière. Beyrouth-Est est rapidement investi puis l'Ouest est encerclé. Les feddayins palestiniens comprennent que leur opposition sera vaine et engendrerait des centaines de victimes civiles, notamment parmi les milliers de familles réfugiées, depuis le Septembre noir jordanien de 1970, dans les camps de Sabra et Shatila. Yasser Arafat accepte de négocier un cessez-le-feu en présence de l'émissaire des Etats-Unis et il demande qu'un contrôle international garantisse la sécurité des familles des réfugiés avant que ses combattants ne quittent Beyrouth. C'est ainsi que 800 Français, 800 Américains et 500 Italiens arrivent, en Août 1982, dans la capitale libanaise au moment où les combattants palestiniens, qui ont laissé leurs armes aux Libanais, embarquent pour la Tunisie.


    Lorsque les camps palestiniens sont libérés de leurs feddayins, une réunion entre Ariel Sharon, Begin et Gemayel, aurait mis au point la tactique qui sera employée pour « nettoyer » les camps des centaines de combattants que Sharon certifie avoir encore détectés dans ces deux bourgades. Les Israéliens resteront en périphérie des camps (qu'ils pourront bombarder) et seuls les Phalangistes de Elie Hobeika se chargeront de la mission mais « sans exaction envers la population civile ».


    Malheureusement, cette  dernière phrase ne pèsera pas lourd face à la haine des phalanges envers les Palestiniens. Dans la nuit du 16 Septembre 1982, dès que le ciel de Beyrouth s'embrase à la lumière des fusées éclairantes israéliennes, des petits groupes armés et à moitié drogués se répandent dans Sabra et dans Shatila à la recherche de combattants cachés ou d'armes. Ils ne trouvent que femmes, enfants et vieillards. Tout le monde doit sortir dans la rue. Les adolescents mâles et les vieillards sont abattus sur le champ mais les filles, surtout les jeunes, sont tirées à nouveau à l'intérieur des habitations pour y subir les assauts brutaux de viols collectifs qui se terminent aussi par des exécutions. Quand le groupe de personnes rassemblées est trop important, celui-ci est conduit vers des camions à banquettes qui les emportent vers des directions inconnues et on ne les revoit plus. Sans doute, ces innocents finissent-ils dans des fosses communes creusées à la hâte, comme on en retrouvera quelques jours après ce massacre. Le nombre de victimes de ces 40 heures de folie incontrôlée varie, selon les sources, entre 700 et 3.500 morts, pour l'essentiel des civils.


    Pourquoi les militaires israéliens, qui ne pouvaient manquer d'entendre les rafales de tir, ne sont-ils pas intervenus pour faire cesser le massacre ? De nombreux réfugiés se sont présentés à eux pour leur demander protection, en vain. Y avait-il eu un accord tacite Sharon-Gemayel ? Pourquoi la force internationale d'interposition est-elle partie début Septembre alors qu'elle devait rester jusqu'au 26 Septembre ? Pourquoi n'y a-t-il eu qu'une seule enquête officielle sur ces actes criminels, la Commission Kahane, diligentée par ... les Israéliens ?
    Aucun des chefs impliqués dans cette action ne sera poursuivi. Le phalangiste Hobeika sera nommé à des postes ministériels. Le ministre de la Défense Sharon, dont la Commission disait qu'il « avait une responsabilité personnelle » deviendra Premier Ministre. Le chef d'état-major israélien Eytan sera élu à la Knesset et le général Yaron, qui avait bloqué les issues des camps, sera nommé Attaché militaire à Washington.
    Doit-on considérer que ces milliers de morts n'ont été que des « victimes collatérales » d'une action de guerre ? Je ne le crois pas, à l'inverse des soldats français tombés en Afghanistan, par exemple, pour qui il est déplacé de dire, cette fois, qu'on « fera la lumière sur toutes les responsabilités », comme s'il s'agissait d'accidents de la route.
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