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    Rouget de l'Isle, de son vrai nom Claude Joseph Rouget « de Lisle », n'est pas plus marseillais que l'hymne qu'il a composé. Il est né à Lons-le-Saunier en 1760 et deviendra officier français du Génie en même temps que poète et auteur dramatique.

    C'est dans la nuit du 24 Avril 1792 qu'il improvisera, sur demande du baron Frédéric de Dietrich, maire de Strasbourg, son « Chant de guerre pour l'Armée du Rhin », dédié au maréchal Lukner. Quatre jours plus tôt, la France a déclaré la guerre à l'Autriche et Dietrich s'adresse au jeune Rouget de Lisle qu'il sait violoncelliste à ses heures, en ces termes : « Monsieur de Lisle, faites-nous quelque beau chant pour ce peuple soldat qui surgit de toutes parts à l'appel de la patrie en danger et vous aurez bien mérité de la nation ». Le capitaine s'exécute aussitôt avec fougue. Le lendemain, le chant est prêt. Pour les paroles, il s'est inspiré des affiches de conscription et des chansons populaires de l'époque. La musique sera esquissée sur son violon.

    Entonné par le bataillon des volontaires Marseillais dans leur marche vers Paris en Juillet Août 1792, ce chant martial est très vite appelé « La Marseillaise » par les Parisiens et il accompagnera partout en Europe, au XIX° siècle, le mouvement des nationalités avant d'être supplanté par l'Internationale. Le 14 Mars 1879, la III° République en fait l'hymne national français par une loi. Dès lors, il sera chanté dans les écoles et sur tous les champs de bataille.

    Ayant eu un premier succès avec l'Hymne à la Liberté, mis en musique par Ignace Pleyel, royaliste autrichien, Rouget de Lisle avait composé d'autres chants patriotiques ou engagés et publié plusieurs œuvres, en vers ou en prose mais sa carrière littéraire ne perce pas, bien qu'il soit en phase, dans ses textes, avec toutes les époques, royauté, révolution ou restauration. Il finira sa vie dans une situation précaire, devant même vendre l'héritage de son père. Malade, il est recueilli par un camarade de l'Armée et s'éteint chez celui-ci, à Choisy-le-Roi en Juin 1836, à 76 ans. Raymond Poincaré fera transporter ses cendres aux Invalides en 1915.

    La ville de Lons-le Saunier lui a rendu de nombreux hommages, lui élevant notamment une statue, commandée à Bartholdi, cestui-là même qui façonna la statue de la Liberté offerte à la ville de New York.

    En tant qu'hymne national, inscrit dans la Constitution, la Marseillaise est immuable, même si les paroles paraissent un peu trop guerrières à certains. La transformer aujourd'hui serait comme changer les trois couleurs du drapeau. Impensable !

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    Décédé il y a tout juste un an, le 23 Avril 2007, Boris Eltsine est le premier Président démocratiquement élu de Russie. Le 12 Juin 1991, en effet, il remporte les élections au suffrage universel et en profite pour se nommer aussi chef du gouvernement.

    Issu d'une famille paysanne de l'Oural, Boris Eltsine gravit normalement les échelons du Parti communiste depuis son inscription en 1961, jusqu'à ce que Mikhaïl Gorbatchev le nomme à sa tête. Mais la chute du Mur de Berlin, le 09 Novembre 1989, va précipiter l'implosion de l'URSS qui éclate en 11 nouveaux Etats indépendants.

    Fantasque mais courageux, Boris n'hésite pas à monter sur un char, en 1991, pour haranguer la foule, en vrai démocrate, et faire barrage aux partisans du maintien du communisme qu'il avait lui-même supprimé. Mais celui qui brava les chars, cette année là, n'aura aucun scrupule à les envoyer contre ses opposants, en 1993 tout d'abord, quand il bombarda le Parlement récalcitrant et en 1994 ensuite, pour écraser l'espoir d'indépendance de la petite république de Tchétchénie même s'il se défend d'en avoir donné l'ordre.

    Réélu en Juin 1996, il fera un second mandat en pointillés, tant il aura d'absences, dues à la maladie, à un triple pontage coronarien mais aussi à l'alcool. Il changera régulièrement de Premier Ministre pour essayer de maintenir ses réformes mais les anciens communistes veillent. Fin 1999, il n'est plus que l'ombre de lui-même, bouffi et titubant, incapable de maîtriser une crise financière majeure et le pillage des richesses du pays par les oligarques qui lui avaient soufflé de privatiser des pans entiers de l'économie.

    Finalement, en échange de l'immunité à vie ( ce qui laisse à penser qu'il a bien profité, lui aussi, de sa position privilégiée ), il passe la main, en 2000, à son successeur désigné, le jeune Vladimir Poutine qui aura moins de scrupule, en tant qu'ancien du KGB, à ne pas paraître démocrate. Le jeune et froid dauphin a fait mine de vouloir poursuivre les réformes de l'appareil d'état que le dernier Tsar avait engagées. Mais celles-ci seront vite rangées dans les placards et la mise au pas reprendra par cet « héritier » qui va verrouiller à nouveau le pouvoir.

    Boris Eltsine aura tenté, à sa manière, souvent chaleureuse, d'instaurer la démocratie en Russie et de l'arrimer à l'Occident, en établissant la liberté de parole, sans faire donner la force, sauf en Tchétchénie, pour s'opposer au départ des Etats satellites d'ex-Union Soviétique. Ce fut une période de liberté pour les jeunes et les intellectuels Russes mais une régression économique, malheureusement, pour le petit peuple pendant que d'autres, et pas seulement la maffia, opéraient des ascensions fulgurantes.

    Ainsi, une tentative de démocratisation a échoué dans le plus vaste Etat du monde mais gageons que ce n'est qu'un recul pour mieux sauter, la prochaine fois.

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    En Belgique, lors de la première guerre mondiale, la ville d'Ypres va tristement devenir célèbre, non seulement par les trois batailles successives qui s'y déroulèrent en 1914, 1915 et 1917 pour barrer la « course à la mer » aux Allemands, mais surtout pour le fait que, pour la première fois, des gaz toxiques et mortels furent envoyés, poussés par le vent, en direction des tranchées adverses.

    L'utilisation de gaz toxiques était connue depuis le Moyen-Âge mais avec les progrès rapides des sciences, chimie notamment, les risques furent tels que la Convention de La Haye décida de les interdire en 1899. Des dispositions plus récentes, concernant l'emploi des gaz, figurent dans le Protocole de Genève de 1925 et la résolution 2603 des Nations Unies de 1969 mais les progrès sont lents et aujourd'hui, par exemple, bien que 183 Etats aient signé la Convention pour l'interdiction des armes chimiques, 37% seulement des stocks mondiaux d'agents chimiques à objectif militaire ont été détruits.

    Le premier emploi massif eut donc lieu, le 22 Avril 1915, entre Ypres et Langemarck, où les Allemands de la IV° Armée ont rassemblé 4.000 cylindres de gaz asphyxiants à base de chlore, la chlorine, facile à stocker et dont les effluves mortelles seront emportées par le vent jusqu'aux lignes de la 87° Division française, faisant instantanément 3.000 morts bretons, normands et algériens et provoquant la panique, ce qui ouvrira une brèche de 8 km de large sur la ligne de front. Ce gaz, appelé Ypérite du nom de la ville d'Ypres, était du sulfure d'éthyle dichloré, mortel à 15 km et son odeur le fit surnommer « gaz moutarde ». Il fallut attendre plusieurs mois et plusieurs milliers de morts supplémentaires pour que le masque à gaz remplace le bâillon imbibé d'huile, sensé protéger les combattants. Français et Anglais utiliseront aussi les gaz toxiques, notamment en Champagne et à Loos, et des unités spécialisées seront créées de part et d'autre du front.

    C'est sur cette terre martyrisée de Poelkapelle que disparut aussi Georges Guynemer, le glorieux aviateur aux 53 victoires, dont ni le corps ni le Spad ne furent retrouvés, tant les pluies d'obus avaient retourné le sol. C'est aussi non loin de là qu'un caporal de 24 ans du 16° régiment de réserve bavarois, Adolf Hitler, va être atteint, en Octobre 1918, par les gaz moutarde lancés par les alliés, d'où sa haine des Français et des Anglais.

    Aujourd'hui, le monde entier craint une action terroriste, employant des moyens chimiques ou neurotoxiques, comme l'ont déjà fait Saddam Hussein à Halabja ou la secte Aoun dans le métro de Tokyo.

    L'imagination humaine est inépuisable quand il s'agit de découvrir de nouveaux moyens de courir à sa propre perte.

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    La première guerre mondiale, de 1914 à 1918, n'a pas consacré que les héros rampants, ces « poilus » magnifiques de courage. Elle a aussi enfanté des « héros ailés » qui ont utilisé les balbutiements de l'aviation pour des duels de seigneurs. C'est ainsi qu'un certain Manfred von Richthofen, aristocrate allemand, fut l'un des derniers représentants des valeurs chevaleresques au combat : honneur, fair-play et surtout courage jusqu'à la mort.

    Né à Breslau en 1892, le jeune Manfred se distingue très tôt pour ses exploits risqués, comme celui d'accrocher un mouchoir en haut du clocher de son église. Engagé, comme Uhlan, sur le front Est, en 1914, dans la cavalerie ( tradition oblige ), il s'y ennuie et demande à intégrer la nouvelle aviation où il effectuera, de 1915 à 1918, une courte mais brillante carrière sous le surnom de « Baron rouge », en totalisant la bagatelle de 80 victoires aériennes homologuées.

    Contrairement à la légende, l'armée allemande était plus permissive que l'armée anglaise et autorisait les unités de combat qui s'étaient distinguées à peindre leurs aéronefs de la couleur de leur choix. C'est ainsi que Manfred von Richthofen, qui était effectivement Baron, fit peindre son Fokker Triplan Dr1 en rouge. A l'image de son maître Oswald Boelcke qu'il dépassera, et enchaînant les victoires, les responsabilités tout autant que les médailles, il deviendra vite la bête noire des Alliés. Au cours du seul mois d'Avril 1917, il gagne vingt combats. La légende du « Diable rouge », comme diront les Anglais, est née. Son escadrille colorée devient la terreur des cieux, au dessus du front. Comme son double français Georges Guynemer, il est dépassionné, méthodique et calculateur dans chacune de ses actions.

    Pourtant, il « cassera du bois » comme on dit d'un pilote qui rate son atterrissage ou se pose en catastrophe et il sera même blessé, notamment en Juillet 1916 où une estafilade à la tête lui laissera de légères séquelles. En 1918, il est devenu une légende et galvanise le moral des troupes allemandes. Les autorités militaires songent alors à le préserver, à l'arrière, mais lui ne vit que pour ses duels, comme un chasseur que la proie nargue sans cesse.

     « Ne jamais quitter le groupe et ne jamais voler trop bas, ni sur les lignes ennemies » seront les règles qu'il imposera à ses élèves et qu'il transgressera, malheureusement pour sa perte, lors de son dernier combat, le 21 Avril 1918 alors qu'il venait d'accrocher une 80ème victoire à son palmarès. Lors d'une rencontre entre Anglais et l'escadre Jagdgeschwader de Manfred au dessus de Amiens, la version officielle dit que le Baron rouge s'est écarté du groupe pour protéger son cousin Wolfram, attaqué par les Sopwith Camel anglais alors qu'il ne participait pas au combat aérien, du fait de son inexpérience. Sans couverture, le « Rittmeister » aurait été touché, à l'arrière, par le capitaine Roy Brown, défendant le lieutenant Wilfrid May, lui aussi Canadien. Il aurait réussi à poser son avion sans trop de dommages, à Sailly le Sec, mais aurait été trouvé mort, dans l'appareil, à l'arrivée des Alliés.

    Une version moins officielle prétend qu'il aurait été attiré dans un véritable traquenard. « Wop » May n'étant pas la chèvre qu'on affirme, l'aurait « balladé » au dessus des méandres de la Somme, jusqu'à Vaux, pendant que Roy lui mettait la pression sur son arrière, tous les deux l'emmenant ainsi jusqu'à un éperon, au fond d'un cirque, où des mitrailleuses australiennes, installées là pour l'occasion, l'auraient copieusement « arrosé ». Les honneurs militaires lui furent rendus très rapidement et la nouvelle de la disparition de « l'As des As » fit partout l'effet d'une bombe.

    Depuis cette fin tragique, il est devenu un mythe et une égérie romantique. Sa fière allure dans sa tenue de cuir a été copiée par Elvis Presley, Marlon Brando, James Dean, Johnny Hallyday et bien d'autres. Un film allemand, « Der Rote Baron » lui rend, d'ailleurs, hommage en ce moment. Moritz, son dogue d'Ulm, qui le suivait partout, même en avion parfois, est-il enterré, avec lui, à Wiesbaden ? On ne doit pas répondre à toutes les questions, c'est cela une légende.

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    Au temps de la dictature du Général Batista, l'île de Cuba était devenue, du fait de sa proximité avec la Floride, un lieu de villégiature et de débauche pour maffieux américains. Un ancien avocat qui avait pris le maquis pour s'opposer à ce régime de corruption, Fidel Castro, devint le symbole de la révolte pour tout un peuple. Il n'eut ainsi pas de mal, dès 1959, à conquérir La Havane, faisant fuir tous les notables et nationalisant les plantations de sucre détenues par les Américains. Sa politique d'expropriation des terres et de nationalisation de l'industrie lui valut l'opposition des Etats-Unis qui fomentèrent un coup de force pour l'éliminer du pouvoir.

    C'est Eisenhower qui avait remis à John F. Kennedy, le jour de la passation de pouvoirs, le dossier « Baie des Cochons ». Il s'agissait d'un projet de renversement de Castro, mis au point par la CIA ( Central Intelligence Agency ), grâce à un débarquement massif de futurs opposants au « Lider Massimo ».

    Environ 1.500 exilés cubains seront entraînés par la CIA, dans un camp de jungle en Amérique centrale. L'invasion, précédée d'un bombardement aérien et appuyée par des chars débarqués, eut lieu le 17 Avril 1961 sur la côte Sud-Ouest de Cuba, au lieu dit « Playa Giron », dans la Baie des Cochons. Mais le second jour, Kennedy n'autorisa pas un nouveau bombardement aérien et, de surcroît, les avions cubains n'avaient pas tous été réduits au silence. Ce sont eux qui frapperont les navires, au large, attendant d'être engagés en deuxième vague. Au sol, le soutien de la population, que les Américains imaginaient en faveur des exilés, fut au contraire massif derrière Fidel Castro qui avait galvanisé leur patriotisme par des formules chocs, telle que : « Venez défendre votre révolution ».

    Pas de couverture aérienne suffisante, pas de soulèvement populaire anticastriste, des pertes importantes et inattendues face à une résistance déterminée, le refus final de Kennedy d'engager l'Armée américaine, bref, tous les ingrédients pour que l'opération se solde par un désastre. Après 72 heures, le 20 Avril 1961, Fidel Castro peut savourer sa victoire et montrer au monde, dans un long discours comme il aime à les faire, que son régime est disposé à défendre chèrement son autonomie. L'embargo qui va le frapper aussitôt l'entraînera dans les bras de l'Union soviétique, trop heureuse d'implanter cette épine aux portes des USA.

    On peut lire, aujourd'hui, à l'entrée de la Baie des Cochons, le panneau suivant : « Giron, première défaite de l'impérialisme yankee en Amérique Latine ». Cet échec des Américains va entamer la crédibilité du nouveau Président qui, heureusement, sortira grandi, juste un an après en 1962, par son attitude lors de la crise des fusées soviétiques, dans cette même île de Cuba.

    Cette invasion manquée, il y a 47 ans, consacre la fin du mythe de l'invincibilité des Etats-Unis qui - le présent nous le montre - perdure encore. Le « Commandante » aussi a la vie dure, qui a vu passer 10 Présidents américains.

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