• Oradour en Ossétie.

    <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>

    Alors qu'en France a lieu la rentrée des classes, que le GIGN neutralise en douceur un forcené qui menaçait son psychologue avec un couteau et au moment où l'Ossétie fait parler d'elle, ces trois éléments (rentrée, forcené, Ossétie) firent déjà l'actualité, en Septembre 2004, de triste façon.

    Le 1er Septembre est une fête très populaire dans toutes les écoles du Caucase. Parents et membres de la famille accompagnent chaque enfant pour célébrer ce « jour de la connaissance ». A Beslan, en Ossétie du Nord, petite province russe, voisine de la Tchétchénie, il y a bien 1.300 personnes rassemblées dans le complexe scolaire. Soudain, une trentaine d'hommes armés et cagoulés fait irruption dans l'école en tirant des coups de feu. Enseignants, parents et enfants mélangés sont poussés vers le gymnase surchauffé où ils s'entassent pendant que les assaillants piègent les bâtiments. Le siège va durer 3 jours, sans manger ni boire, au cours desquels des dizaines d'otages seront tués dès que les autorités essayeront de s'approcher de trop près. Des membres de la Police russe et des forces spéciales (Spetsnaz) établissent un cordon de sécurité autour de l'école.

    Le chef du commando déclare agir sur ordre du chef de guerre tchétchène Chamil Bassaïev mais il ne formule pas de revendications précises. Enfin, lorsque tous les médias étrangers ont rejoint Beslan, il se décide à évoquer l'indépendance de la Tchétchénie que le président Poutine doit, selon lui, annoncer à la télévision, faute de quoi les otages qui meurent de soif ne seront pas libérés.

    Les rebelles séparatistes revendiquent l'indépendance de la Tchétchénie et ils n'en sont pas à leur premier coup de force. Un hôpital en 1995 et le théâtre de Moscou en 2002 avaient déjà été leur cible avec une issue sanglante à chaque fois. Pour la Russie, c'est une question de maintien de l'ordre interne que viennent troubler des « terroristes ». Pour le reste du monde, cette région est sensible du fait qu'elle est traversée par un réseau d'oléoducs qui exploitent le pétrole de la mer Caspienne, via les ports de Bakou et Makatchkala. La prise d'otages intervient 3 jours après l'élection présidentielle en Tchétchénie et quelques heures seulement après la fin du sommet Poutine, Chirac, Schröder au cours duquel le président russe est félicité (Légion d'Honneur) pour la bonne organisation du processus démocratique.

    Au matin du troisième jour, le 03 Septembre 2004, après une tentative avortée de conciliation, les forces russes se décident à intervenir par la force. Le dispositif de sécurité a été renforcé par du lourd, blindés et lance-flammes compris. Tout le monde va tirer, sans souci de préserver la vie des otages. La version officielle dit que les rebelles ont fait exploser une bombe à l'arrivée des forces légales mais aucun éclat n'a touché les otages. Une vidéo récente, adressée au Collectif des victimes, laisse à penser qu'un tir de roquette russe, en direction du gymnase, a donné le signal de l'assaut qui fut sanglant : 344 civils tués dont 186 enfants, 11 soldats et 700 blessés. Un seul preneur d'otages sur les 32 sera épargné. Jugé par la cour de justice d'Ossétie du Nord, il sera condamné à la réclusion à perpétuité. Les corps carbonisés ou affreusement mutilés seront rendus, sans ménagement, aux familles choquées.

    A qui profite le crime ? Le commando de mercenaires semble avoir été piloté de l'extérieur. De mauvaises langues disent que le président Poutine avait intérêt à classer la prise d'otages en acte « terroriste » pour accréditer son action de force en Tchétchénie. Les occidentaux, américains en tête, sont soupçonnés de soutenir Bassaïev pour le contrôle des rails d'oléoducs vers l'Europe. Les Tchétchènes, eux-mêmes, réclameraient le départ des troupes russes de leur province. Toujours est-il que près de 350 personnes, dont 186 enfants sont morts pour des intérêts qui les dépassent, le jour de la rentrée à Beslan. Aucun des responsables, ayant fait tirer aux armes lourdes sur une école remplie d'élèves, ne sera inquiété, une enquête officielle ayant blanchi les services de sécurité. Après le sauvetage du Koursk et celui du théâtre Nord-Ost, on sait désormais quel est le prix de la vie en Russie.

    Ah oui, je sais à qui profite ce carnage. Un cinéaste, auteur du très controversé La Chute, réalise un film commercial, tiré de la tuerie, intitulé The School. Il y aura sûrement beaucoup de sang. Donc, succès assuré.

    <o:p> </o:p>

    Tags Tags : , , , , , , , , , , , , , , , ,
  • Commentaires

    1
    Gilles
    Mercredi 3 Septembre 2008 à 04:09
    Le prix d'une vie
    Il n'est effectivement pas inutile de rappeler qu'aux yeux du pouvoir poutinien une vie d'innocent (ou de centaines d'innocents) ne compte pas. Le 28 janvier 2005, une commission parlementaire de la Douma révèle que des officiels russes et de Beslan sont impliqués dans l'affaire. Elle a été contredite par le procureur.... Déja, en Septembre 1999, les forces russes avaient été fortement suspectées dans une série d'attentats a Moscou, attribués bien sur aux Tchetchenes, qui avaient fait dans les 200 morts. Mais la Tchetchenie a voté a 99 % pour Medvedine et Pouteiev, donc tout va bien!
    2
    Mercredi 3 Septembre 2008 à 09:34
    Gazprom
    Tu as raison, Gilles. Poutine, car c'est toujours lui qui commande, est quasi sûr de l'impunité dans ses agissements envers Tcétchénie, Ossétie ou autres revendications régionales car son gros baton n'est pas l'armée russe mais Gazprom qui fournit le gaz à l'Ouest.
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :