C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Je vous donne mon mail personnel, si vous voulez vraiment me joindre : logetteyves@yahoo.fr,. Merci de votre fidélité. Papyves.
Publié par Papyves à 02:54:47 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
Le 03 Mai 1937, un groupe de 97 personnes prend place à bord du « Led Zeppelin 129 Hindenburg », sur le terrain de Francfort, en Allemagne. Personne n'est inquiet, l'appareil a déjà traversé l'Atlantique une vingtaine de fois. Ce sera la dernière.
Construit par les ingénieurs allemands à Friedrichshafen, dans le nouveau régime nazi, ce dirigeable, qui porte le nom du Président allemand, Paul von Hindenburg, et qui est destiné au transport de passagers par le Graf (comte) Ferdinand von Zeppelin, constitue un véritable « label » de l'ingéniosité allemande. Ses prédécesseurs avaient déjà fait merveille pendant la première guerre mondiale, en bombardant Londres. Equipé de quatre moteurs diesel Daimler-Benz, le propulsant à 130 km/h, cet engin de 248 mètres de long est maintenu en suspension dans l'air par 190.000 m3 d'hydrogène contenus dans 12 ballonnets. L'hélium, en effet, lui avait été refusé par les américains, soupçonneux sur les intentions prétendument belliqueuses allemandes.
Pendant la traversée de l'Atlantique qui dure trois jours, les passagers peuvent se distraire au salon, à la bibliothèque ou dîner fastueusement dans la salle de restaurant. On a même aménagé une salle fumeurs particulière.
A l'arrivée du grand vaisseau, le 06 Mai 1937, sur l'aéroport de Lakehurst, dans le New Jersey, près de New York, une foule de journalistes et badauds choisis sur le volet attendent sur la piste, malgré les orages. Il est 19h30, le dirigeable est à 60 mètres d'altitude puis 20 et les amarres sont larguées au sol pour pouvoir l'arrimer au mat d'amarrage vertical. Les passagers se préparent à débarquer. Soudain, une légère bouffée de fumée apparaît à l'arrière du Zeppelin, suivie d'une autre plus abondante et c'est l'embrasement brutal de la poupe qui explose littéralement. L'engin s'effondre en flammes sur sa partie arrière puis s'aplatit lentement sur le ventre pendant que l'enveloppe en acétate, combustible de choix, le transforme en torche.
Des passagers sautent et s'écrasent sur la piste, d'autres sont brûlés vifs ou écrasés par le poids de l'appareil. Quelques chanceux, près de la porte de sortie, peuvent s'échapper. Il y aura 35 victimes sur les 97 personnes qui avaient pris place à bord, à Francfort, dont les 2/3 de membres d'équipage. Cette tragédie filmée en direct, et donc largement diffusée à l'étranger, marquera la fin des transports de passagers par Zeppelins.
L'Hypothèse de l'attentat, tout de suite évoquée mais non approfondie, ni par les américains ni par les allemands, fut relancée en 1997, par une équipe de la NASA. Mais c'est la météo qui fut mise en cause et notamment les orages charriant des ondes électriques. De plus, la carène de l'appareil, dont beaucoup d'armatures étaient en bois, avait été enduite d'un composé inflammable, utilisé pour la propulsion des fusées. C'est donc l'hyper-inflammabilité qui a causé la perte de ce Titanic des airs.
Malgré des tentatives récentes de réhabilitation dans plusieurs pays, il semble que les dirigeables aient été définitivement supplantés par les avions. Le dernier dirigeable que l'on ait vu (hormis les porteurs privés de publicité) fut celui qui assura la sécurité des sites olympiques d'Athènes, en 2004, avec ses caméras de surveillance. Dommage, c'est beau à suivre des yeux, un gros cigare joufflu. Voyez la vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=8V5KXgFLia4&feature=related
Publié par Papyves à 07:21:43 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
Il est rare de voir 100.000 personnes assister aux funérailles d'un détenu, mort dans sa cellule après 66 jours de grève de la faim. C'est pourtant ce qui est arrivé, le 05 Mai 1981, à Bobby Sands, 27 ans, dans les rues de Belfast en Irlande du Nord. On se souvient de l'hostilité qui a opposé, en une véritable guerre civile, de 1969 à 2007, les nationalistes républicains catholiques, partisans de l'intégration à l'Irlande, l'Eire, et les unionistes loyalistes protestants, fidèles à la couronne britannique.
A 10 miles de Belfast, à Long Kesh, les Anglais avaient construit une prison moderne et sûre, véritable forteresse de 8 blocs en forme de H, du nom de « The Maze », le labyrinthe. Les prisonniers catholiques républicains, pour la plupart militants de l'Irish Republican Army (IRA) qui y étaient emprisonnés, bénéficiaient du même statut que les prisonniers politiques et étaient donc dispensés de travaux, pouvaient porter des vêtements civils et garder une certaine organisation interne au sein de la prison. Mais, le 1er Mars 1976, ce statut et ces faveurs sont abolis par le gouvernement travailliste de Harold Wilson qui classa tout le monde en criminels. Dès lors, les républicains détenus se sont engagés dans un processus de non-coopération en 5 points, refusant notamment de porter l'uniforme de prisonnier et de se laver. Comme ils portaient une simple couverture pour couvrir leur nudité, on appela cette protestation la « Blanket Protest » mais leurs revendications pour retrouver un statut privilégié n'aboutirent pas. Ils passèrent alors au stade suivant qui est le chantage de la grève de la faim.
Une première grève en 1980, décidée par le Sinn Fein, passe quasiment inaperçue et les promesses du gouvernement, en échange de son arrêt, ne seront pas tenues. De nouveaux prisonniers promettent, en 1981, d'aller cette fois jusqu'au bout de la démarche afin que le gouvernement prenne en compte leurs « five demands ». Bobby Sands, de son vrai nom Robert Gerard Sands, leur chef en prison, entame une grève de la faim le 1er Mars, bientôt suivi par d'autres, aussi déterminés que lui.
C'est à ce moment qu'un député républicain meurt et que des élections anticipées sont provoquées. Bien que le mouvement républicain était abstentionniste depuis 1922, pour protester contre la scission de l'Irlande, toute la communauté catholique se rassemble pour proposer la candidature de Sands qui est élu député en Avril 1981, provoquant une immense clameur dans la prison, bien que les postes radio fussent officiellement interdits. Le gouvernement réagira en changeant, mais un peu tard, la loi électorale.
Dans sa cellule, où il purge 14 ans de détention pour possession d'arme, Bobby Sands tient un journal, rédigé pendant les 17 premiers jours où il tient encore debout, sur du papier hygiénique qui passe clandestinement à l'extérieur. Il le signe Marcella, du nom de sa sœur qu'il adore. Malgré sa mort, le 05 Mai 1981, Margaret Thatcher, le premier ministre, ne fléchit pas car des actes de violence terroristes étaient toujours perpétrés et ce seront 10 autres compagnons qui mourront avant la fin de l'été. « Il ne peut être question d'un statut politique pour quelqu'un qui est en prison pour un crime. Un crime est un crime. Ce n'est pas politique ». La nouvelle de ces « martyrs » fera le tour du monde, contribuant à faire connaître la cause des catholiques d'Irlande du Nord. « Que faites vous pour eux ? », aurait-on demandé à la Dame de Fer, pendant la grève de la faim. Réponse : « Je fais mon devoir : je leur présente trois repas par jour ». Elle finira quand même par satisfaire leurs revendications.
Plus tard, après un premier cessez le feu de l'IRA, en 1994, qui va suspendre quelque temps les attentats, un long processus de paix sera enclenché avec le Sinn Fein jusqu'à l'accord de Stormont en 1998 puis le partage historique du pouvoir entre le protestant Ian Paisley et le catholique Gerry Adams, en 2007. Cependant, l'IRA ne déposera les armes, et encore lentement, qu'à partir de 2005.
Aujourd'hui, depuis 2000, The Maze, la prison de Long Kesh, est fermée mais combien d'autres établissements carcéraux du type Abou Ghraïb ou Guantanamo, verront encore le jour dans le monde, avant que les Etats n'humanisent les conditions d'incarcération des prisonniers ? On craint de ne jamais voir le bout de l'horreur.
Publié par Papyves à 07:20:16 dans Faits politiques. | Commentaires (2) | Permaliens
C'est lors de ses funérailles, le 04 Mai 1980, que l'on put mesurer la place qu'occupait le Maréchal Tito sur la scène internationale, saluée devant son cercueil par Leonid Brejnev (URSS), Margaret Thatcher (GB), Helmut Schmidt (RFA) et Hua-Kuo-feng (Chine).
Josip Broz est né en 1892 à Kumrovec, en Croatie, alors partie de l'Autriche-Hongrie, d'un père Croate et d'une mère Slovène. Il ne prendra le nom de Tito, dont l'origine est controversée, qu'en 1934. Mobilisé pendant la première guerre mondiale, il combat sur le front russe, est fait prisonnier, s'évade et finalement s'engage dans l'armée russe avant de s'inscrire au Parti Communiste en 1920 et de rentrer dans la police secrète soviétique, le NKVD. C'est à ce titre qu'il est envoyé, par le Parti, en Yougoslavie. Il y combattra l'occupation nazie par des campagnes de guérilla, appuyant ainsi l'Armée rouge dans la libération de la Yougoslavie. Par la même occasion, les « Oustachis croates » indépendantistes, seront balayés.
En Novembre 1945, la République fédérale populaire de Yougoslavie est proclamée. On changera ensuite le mot « populaire » par « socialiste » pour bien marquer qu'elle est communiste et on officialise la création des 6 républiques qui composent cet Etat fédéral : « Bosnie-Herzégovine, Croatie, Macédoine, Monténégro, Serbie et Slovénie ». Tito, qui n'est que Premier ministre, deviendra Président de la République yougoslave en 1953 et le restera jusqu'à sa mort. En 1954, la Fédération RFPY s'agrandira même du territoire libre de Trieste, dissous.
Mais Tito, dont le prestige est grand après ses exploits pendant la guerre, prend des initiatives qui irritent le camarade soviétique. La brouille avec Staline aura pour conséquence de resserrer les yougoslaves derrière Tito lui-même. Fervent nationaliste, celui-ci veut prendre ses distances avec Staline et avec les occidentaux. N'étant membre ni du Pacte de Varsovie ni de l'OTAN, la Yougoslavie a pu ainsi initier le Mouvement des Non-alignés, avec Nasser (Egypte) et Nehru (Inde). En critiquant l'invasion de la Tchécoslovaquie en 1968, Tito améliore son image auprès des pays occidentaux mais son régime reste autoritaire et avait aussi ses prisonniers politiques. On le verra ainsi réprimer durement les manifestations nationalistes en Croatie, en 1971.
Emporté par la maladie, à 87 ans, Josip Broz Tito meurt le 04 Mai 1980, alors que sa succession a déjà été préparée. Son corps repose dans un mausolée à Belgrade où de nombreux nostalgiques d'une fierté nationale perdue viennent régulièrement se recueillir. « On vivait mieux du temps de Tito » entend-on souvent.
Après sa mort, les tensions apparaissent immédiatement entre les différentes nations de la RFPY jusqu'à mener à la sécession de 4 d'entre elles en 1991. On connaît la suite, plus proche de nous, les guerres dans les Balkans, la mosaïque d'ethnies entremêlées, les charniers, l'intransigeance serbe face aux revendications albanaises. Finalement, même l'indépendance de la province du Kosovo, toute récente, illustre bien l'échec de la politique multi-ethnique menée par les Etats-Unis et l'Europe dans ces Balkans où les communautés se regardent maintenant en chiens de faïence, alors qu'elles vivaient en relative bonne harmonie sous Tito.
Le feu est éteint mais la marmite bout toujours. N'est-ce pas déjà à Sarajevo qu'est intervenu l'incident qui a mis le feu aux poudres et embrasé l'Europe en 1914 ? Pourvu que l'Histoire ne se répète pas !
Publié par Papyves à 07:17:03 dans Aventures | Commentaires (0) | Permaliens
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