C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Merci de votre fidélité. Papyves.
La première guerre mondiale ( qui ne fut pas hélas
la « der des der » ) laissa sur le terrain européen environ 20
millions de morts dont la moitié de civils. Les Alliés de 1919
voulurent faire payer au vaincu, l’Allemagne, le prix fort
de cette dramatique hécatombe. Le traité de Versailles sera
ainsi injustement dur et contraignant envers des Allemands qui
en garderont un vif ressentiment, en grande partie à
l’origine de la montée du Nazisme et d’un IIIème
Reich belliqueux quelques années plus tard.
C’est ainsi que le 10 Mai 1940, Hitler lance ses armées
reconstituées sur les Pays-Bas, la Belgique et la France.
Le 20, ayant contourné la ligne Maginot, les panzers
percent à Sedan. Le 24, ils sont à Boulogne et Calais. Les
Anglais qui s’étaient déployés en Belgique, craignant d’être pris
en tenaille, ont le temps de réembarquer avant la
reprise de l’offensive allemande momentanément arrêtée
par Hitler lui-même.
Fin Juin 1940, les troupes anglaises sont intactes, la
moitié de la France est occupée mais le gouvernement
anglais craint que la très belle marine française ne
tombe aux mains de l’envahisseur.
Début Juillet 1940, Winston Churchill ordonne
donc à la Royal Navy d’attaquer une escadre de la flotte
française, dans la rade de Mers el-Kébir près d’Oran,
faisant près de 1.300 morts chez les marins français.
En France libre où il s’est replié, le régime
de Vichy ( et le maréchal Pétain le premier ) croit
encore pouvoir négocier avec les dirigeants nazis et collabore
avec eux en pensant sauver la paix.
Outre Manche, on choisit la résistance et la reconquête
en préparant une série de débarquements sur les nombreuses
côtes françaises.
Le 08 Novembre 1942, les troupes anglo-américaines débarquent
en Afrique du Nord, sous influence française. C’est l’opération
Torch commandée par le général Dwight Eisenhower. Malgré une
résistance inattendue de troupes aux ordres de l’amiral Darlan,
l’occupation alliée en Afrique du Nord réussit. Dans les
sables, la résistance héroïque des Français de Pierre Koenig
à Bir-Hakeim offre le temps aux Anglais de Alexander
et Montgomery de stopper l’avance des blindés de Rommel
dans l’oasis d’El-Alamein près d’Alexandrie. Les Allemands et leurs
alliés Italiens devront quitter l’Afrique du Nord.
Ce qui n’est franchement pas du goût de Hitler qui réagit, le
11 Novembre 1942, en lançant l’opération Attila consistant à franchir
la ligne de démarcation et occuper la zone libre, au Sud de
la Loire, en complète violation des accords d’armistice de Juin 1940.
A nouveau, la flotte française rassemblée à Toulon, est
menacée par la Wehrmacht. Pour échapper aux Allemands, sans
pour autant tomber entre les mains de la « perfide Albion », les
marins français acceptent l’ordre de l’amiral Jean de Laborde
du 27 Novembre et sabordent leurs navires.
Il faudra encore deux autres débarquements, l’un
en Juin 1944 sur les plages de Normandie et l’autre en Août 1944
en Provence, pour que le territoire de la France soit enfin libéré. Ces
exemples d’engagement de troupes fraiches depuis l’extérieur du théâtre
principal montrent que la victoire, dans un conflit majeur,
ne s’obtient qu’en coalition. Lesquelles coalitions ne sont pas
toujours exemptes d’arrières pensées.
Publié par Papyves à 16:02:38 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
A la suite d’une série d’attentats
terroristes palestiniens, et malgré la présence
de la FINUL depuis 1978, les blindés du général
israélien Ariel Sharon envahissent une nouvelle
fois le Liban en Juin 1982.
Les milliers de palestiniens réfugiés dans
Beyrouth sont piégés par cette opération
de guerre dite « Paix en Galilée ». L’artillerie
et l’aviation israéliennes bombardent la capitale,
pendant qu’un blocus est organisé et que l’on
craint un carnage.
Pour évacuer les fedayin de Yasser
Arafat ( ce que permettra l’opération Epaulard
des Français ), le gouvernement libanais de Gemayel demande
à l’ONU le déploiement d’une force
multinationale d’interposition ( FMI ) bientôt remplacée,
après les massacres de Sabra et Chatila,
par la FMSB, Force multinationale de
sécurité à Beyrouth.
La France contribue à cette force,
à hauteur de 2.000 hommes, par
le biais de l’opération Diodon. Le
Groupement Aéroporté qui arrive à Beyrouth
en Septembre 1983 est composé de
plusieurs régiments parachutistes dont un régiment
de marche. La 3ème Compagnie du capitaine Jacky
Thomas, 1er RCP, s’installe dans le
bâtiment nommé Irma, haut de 8
étages et propice à l’observation du
Sud de la ville. Il le rebaptise « Drakkar ».
Mais de nombreuses attaques contre des patrouilles ou des
groupes de véhicules vont émailler les
journées des paras : A 06 heures, en
ce dimanche 23 Octobre 1983, une violente
explosion détruit le bâtiment qui abrite,
près de l’aéroport de Beyrouth, le
quartier-général américain. Un camion bourré d’explosifs
se serait engouffré dans les sous-sols
de l’immeuble, faisant 241 victimes parmi les Marines.
Vingt minutes plus tard, c’est à dire quasiment simultanément, une
autre explosion assourdissante fait trembler l’immeuble Drakkar,
où se trouvent 73 soldats français, qui s’effondre sur
lui-même aussitôt, les strates de béton
ensevelissant 58 parachutistes, en majorité appelés volontaires
du 1er RCP de Pau et faisant 15 blessés. En France,
le traumatisme est énorme pour les militaires. Par analogie
avec l’attentat américain revendiqué par le
Jihad islamique, on parle officiellement de
camion piégé, entré en force malgré
les tirs des sentinelles, bien qu’aucun soldat de garde
ne confirme cette version et qu’on ne retrouve aucune
trace du camion dans les décombres.
Veut-on cacher que la dépollution du bâtiment par le
Génie français, après son occupation par les services secrets
syriens depuis 1982, connus pour piéger leurs locaux lors
de leur départ, a été incomplète et que des
explosifs subsistaient dans les entrailles du Drakkar ? Alors qu’en
haut lieu, on voit la main de l’Iran et du Hezbollah, cet
attentat serait-il imputable à la Syrie qui n’a jamais
accepté son éviction du Liban ?
Annoncé à l’avance par le Président Mitterrand, un raid
de représailles par des avions Super-étendard sur une caserne
chiite à Baalbek ne surprendra qu’un berger égaré. A
la tragédie s’ajoute la honte d’un fiasco.
Le malaise renait, 25 ans plus tard, lorsque le
président Sarkozy invite le président syrien Bachar el Assad
à assister au défilé du 14 Juillet 2008, surtout
lorsque l’on sait que l’une des sections du 1er RCP qui
doit défiler devant lui portera le nom du Lieutenant
Antoine de la Bâtie, victime du Drakkar. La Syrie,
en effet, était déjà à l’origine de l’assassinat de
l’ambassadeur de France au Liban, Louis Delamare en 1981.
Mais, côté Hezbollah, le terroriste Imad Mougnieh, mort en
Février 2008, ne faisait pas mystère de ses innombrables
attentats contre les amis des Juifs et ses enlèvements
dont Michel Seurat, otage mort en captivité. Qui croire ?
Cet exemple montre que la politique est compliquée : doit-on
pardonner les erreurs passées des dirigeants étrangers ? Avait-on raison
d’accepter toutes les excentricités de Kadhafi en visite à
Paris en Décembre 2007 ? Avait-on raison d’accepter,
le 12 Septembre 2011, la poignée de main sur
le perron de l’Elysée du Président rwandais Paul Kagamé,
soupçonné de génocide ?
Les 241 Marines, les 58 parachutistes du Drakkar et
les 75 soldats français tombés en Afghanistan depuis 2001
auraient aimé savoir s’ils sont morts pour une cause juste.
Publié par Papyves à 09:16:53 dans Faits politiques. | Commentaires (2) | Permaliens
Cyrus II le Grand, roi des Perses et des Mèdes ( qui donneront leur nom aux guerres médiques ), s’empare de la prestigieuse Babylone de Nabuchodonosor ( au cœur de l’Irak actuel ) en 539 avant JC. Puis il écrase la cavalerie lydienne ( Turquie actuelle ) de Crésus et débouche à l’Ouest sur la mer Egée.
Devenu « Roi des Rois », respectueux des croyances des peuples qu’il a soumis jusqu’à la mer d’Aral, il suscite cependant des jalousies et donc des révoltes. Son successeur Darius 1er, limite son appétit de domination aux îles grecques de la mer Egée. Naxos tombe en - 490 puis Délos et enfin Eubée, la plus grande île à l’Est d’Athènes dont le port de Carystos est pillé, avant que ne brûle Erétrie. La domination perse sur la mer Egée est complète mais grisés par leurs succès, les marins perses et mèdes poussent une flotte à l’Ouest vers le port athénien de Phalère et ils débarquent, en même temps, dans la plaine de Marathon, à 40 kilomètres à l’Est de la capitale grecque.
Cette fois, la menace est réelle et les Athéniens tentent de constituer une coalition pour repousser les envahisseurs, en envoyant des messagers, notamment vers Sparte. Seule la ville de Platées, au Sud de Thèbes, envoie des troupes mais cela suffit pour former un bloc en face des Perses, trois fois supérieurs en nombre. Les Spartiates arriveront après la bataille qui fut courte.
Forts de leur supériorité numérique, les Perses attaquent le centre du dispositif athénien qu’ils bousculent et enfoncent. Mais les Grecs, commandés par Miltiadès et soudés en phalanges « d’hoplites » lourdement armés, réagissent en effectuant une charge enveloppante simultanée par les deux ailes qui leur permet de se retrouver derrière le dispositif central des Perses. Ceux-ci, décontenancés, rompent le combat et refluent vers le rivage où sont amarrés leurs navires.
Au total, selon Hérodote, 6.400 Perses sont tués ou noyés, 7 navires sont détruits pendant que moins de 200 hoplites athéniens seulement périront.
Pourtant la bataille n’est pas finie car les navires perses qui contournent le cap Sounion, s’approchent du port de Phalère ( aujourd’hui Pirée ), de l’autre côté de la montagne de Pentélique. Miltiadès impose alors à ses soldats vainqueurs une marche forcée de 7 ou 8 heures pour devancer la flotte de Datis. Effectivement, ils arrivent une bonne heure avant les navires perses et se mettent en lignes de défense. Ce qui impressionne les Perses, lesquels renoncent à l’affrontement. Athènes est sauvée.
Juste après la bataille de Marathon, ce 13 Septembre - 490, Miltiadès aurait, selon la tradition, envoyé un jeune messager porter la nouvelle de la victoire aux habitants d’Athènes. Exténué, Philippidès s’écroulera devant l’Agora, aux pieds de l’Acropole, en ayant juste le temps de prononcer le mot « Nenikamen », nous avons gagné !
Une autre version de la légende dit que c’est Heuclès qui est mort d’épuisement au bout de ces 43 kilomètres et que Philippidès avait été envoyé vers Sparte, soit 240 kilomètres à l’intérieur du Péloponnèse, pour rallier les Spartiates à la coalition. Il aurait fait l’aller-retour et aurait pris part aux combats dans la plaine de Marathon.
Quel est l’exploit qui est fêté lors de nos jeux olympiques modernes, entre la course à mort jusqu’à l’Acropole, l’aller-retour jusqu’à Sparte ou la marche forcée des hoplites jusqu’au port ? Qu’importe, puisque l’important est que l’affrontement musclé et sanglant qui a réellement eu lieu dans l’Antiquité à Marathon soit rejoué, de nos jours, sous la forme d’une compétition fraternelle entre les coureurs de diverses nations rivales mais pas ennemies.
Publié par Papyves à 09:09:38 dans Conquêtes | Commentaires (0) | Permaliens
A l’été 1944, la situation des forces nazies en France est de plus en plus difficile. Les sabotages, guérillas urbaines ou attaques de convois de la part des résistants des maquis français font régner une psychose grandissante chez l’envahisseur qui devient de plus en plus nerveux. Les résistants pris les armes à la main ne sont pas considérés comme des combattants mais comme des « terroristes » que l’on peut éliminer sur le champ. En Février déjà, « l’ordonnance Hugo Sperrle » autorise les troupes allemandes à riposter aux attaques terroristes, à brûler les maisons qui les abritent, sans se soucier des pertes civiles, on dirait aujourd’hui des dommages collatéraux. Cette « Sperrle-Erlass » préconise même qu’il « faudra punir un chef trop souple car il met la sécurité de ses hommes en danger ».
On peut estimer que ces consignes, reçues après le choc du débarquement en Normandie et la progression des Alliés, aient conforté les petits chefs locaux dans un sentiment d’avoir « carte blanche » pour effectuer des représailles.
De fait, le 10 Juin 1944, les troupes de la Division Waffen-SS « Das Reich » rayaient de la carte le village d’Oradour sur Glane et faisaient 642 victimes. D’autres massacres suivront comme celui du Vigeant début Août.
Lorsque les Alliés débarquent en Provence le 15 Août, Hitler comprend que ses troupes risquent d’être prises en tenaille et il ordonne, dès le 17, un repli général qui sera compliqué par le regain de vigueur des mouvements de résistance. Dès lors, pour assurer leur repli en sécurité et réagir aux sabotages, les forces de la Wehrmacht mais aussi la Gestapo ( nom commun donné aux unités de Sicherheitspolizei ou Sicherheitsdienst ) vont lutter « rücksichtlos », c’est à dire « sans égards » contre les partisans.
Le village de Maillé, à mi-chemin entre Tours et Chatellerault, 700 habitants y compris les réfugiés, est une bourgade de Touraine qui compte, elle aussi, ses groupes de résistance, d’autant que la voie ferrée venant de Paris ( qu’il est facile de saboter ) coupe le village en deux et que des officiers allemands du camp de soutien de Nouâtre tout proche logent au village.
Le 24 Août 1944 au soir, des résistants en cours de ravitaillement dans le hameau de Nimbré, à 1 km au Nord de Maillé, voient passer devant eux deux véhicules allemands. Ils se ruent sur leur camion qui est armé d’une mitrailleuse et attaquent les véhicules dans lesquels se trouve le Sous-lieutenant Gustav Schlüter. Celui-ci, rescapé, demande à son supérieur à Tours, le Colonel Stenger, s’il peut entamer des représailles contre ces terroristes. C’est muni de ce sésame officiel qu’il va prendre contact avec la 17° division Panzergrenadier Waffen SS « Götz von Berlichingen » basée à Châtellerault, dont l’une des unités de combat est à Antran, à 25 km seulement au Sud de Maillé.
Le 25 Août au matin, des soldats de la Wehrmacht suivent la voie ferrée et entrent dans le village par le Nord. En même temps, une centaine d’autres de la 17° Panzer division aborde les premières fermes par l’Ouest. Un coup de sifflet et le massacre commence. Tout ce qui bouge, hommes, femmes, enfants, animaux, est exterminé à bout portant. Les soldats entrent dans les habitations, volent au passage quelques biens précieux et de l’alcool puis, s’étant assurés qu’aucune vie ne subsiste, ils mettent le feu aux maisons. Au Nord du bourg, ils trouvent encore 8 cheminots cachés dans une cave. Ils seront traînés jusqu’à la place du village en feu et fusillés.
Dans l’après midi, c’est le canon qui prend le relais et bombarde de 80 obus le village martyr. 124 victimes seront dénombrées.
Puis, même si le tribunal de Bordeaux, après enquête, condamne le Slt Gustav Schlüter par contumace en 1952, cet évènement tragique va tomber dans l’oubli car le 25 Août 1944, c’est aussi le jour de la libération de Paris. Alors, … comment vous dites, … Maillé ?
En 1972, le massacre de Maillé est même légalement prescrit en France. Schlüter, jamais inquiété, décèdera en 1965 à Hambourg.
Plus de soixante ans d’oubli jusqu’à ce qu’un procureur allemand de Dortmund, Ulrich Maass, rouvre le dossier en 2005 et entreprenne d’interroger les soldats survivants potentiels. Son enquête se poursuit encore aujourd’hui sans que l’on sache vraiment quels étaient les responsables de cette tuerie barbare.
A Maillé, la Maison du Souvenir, inaugurée par le président Sarkozy le 25 Août 2008, témoigne de la volonté de ses habitants de perpétrer la mémoire des 124 innocents, victimes de la folie des hommes.
Publié par Papyves à 09:43:12 dans Faits politiques. | Commentaires (0) | Permaliens
Dès la fin de la guerre et la capitulation des armées nazies en 1945, le territoire de l’Allemagne fut divisé en quatre zones de subordination, conformément à la conférence de Yalta : soviétique à l’Est, ce qui inclut Berlin, britannique au Nord, américaine au Sud et une petite zone à responsabilité française aux frontières de la Moselle et du Rhin.
Les Soviétiques, qui ont accepté de mauvais gré le partage équivalent de la capitale du IIIème Reich et un contrôle conjoint, doivent se contenter de la moitié Est de la ville ( pourtant au cœur de leur zone d’occupation ) et laisser les « capitalistes » gérer à trois ( US, GB, FR ) la partie Ouest de celle-ci. Initialement coopératifs au sein d’un Conseil de contrôle allié, les Soviétiques s’en dégagent en Mars 1948 puis, dès le mois de Juin, instaurent un Blocus terrestre de Berlin pour asphyxier les secteurs Ouest afin d’en récupérer ainsi le contrôle. Las, un gigantesque pont aérien allié, ininterrompu sur plusieurs mois, va déjouer leur plan et les contraindre à accepter le statu quo d’une « guerre froide » de part et d’autre du « rideau de fer ». L’Allemagne est officiellement scindée, en 1949, en une République Fédérale ( RFA ) et une République Démocratique ( RDA ) et des gardes frontières sont mis en place.
Mais les différences de niveau de vie et de liberté individuelle des deux côtés de la frontière entraînent un flux grossissant de départs des Allemands de l’Est vers la vitrine économique de l’Ouest. Et pas des moindres puisque c’est l’élite de la population qui fuit la RDA, via le métro de Berlin notamment. Ensuite deux heures d’avion et c’est la liberté. Environ 3 millions de « déserteurs » quittent le régime communiste entre 1949 et 1961, année d’érection du Mur.
Walter Ulbricht, l’homme fort de la RDA s’en émeut et, bien qu’il ait annoncé que « Personne n’a l’intention de construire un mur » ( il est le premier à utiliser ce mot ), il déclenche, dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 Août 1961, l’opération « Protection antifasciste ». Sans doute avait-il obtenu le feu vert du dirigeant de l’URSS, Nikita Khrouchtchev.
La construction du mur, sous la responsabilité active de Erich Honecker, commence par un rideau de fils barbelés entourant les trois secteurs occidentaux et le barrage sommaire des voies d’accès, métro compris, vers Berlin Est. Puis, devant les berlinois médusés, un bataillon de maçons, surveillés par des policiers et douaniers, érige 43 km d’un mur en dalles de béton surmontées de briques et de barbelés. Un double mur parallèle de grillage, côté Est, ménagera ensuite un no man’s land balayé par les projecteurs qui formera un cordon stérile parcouru par des chiens de garde, constamment enrichi de miradors, mines et pièges. Les fenêtres des bâtiments qui donnent sur cette zone interdite sont cimentées, les caves emmurées.
Malgré la protestation énergique du maire, Willy Brandt, et une manifestation monstre de 300.000 personnes devant le Rathaus, le béton s’élève partout jusqu’à 4 mètres de hauteur, séparant brutalement des familles éberluées. Sept points de passage seulement subsisteront sur les 80 existants préalablement.
Le 27 Octobre 1961, des gardes frontières de RDA exigent de contrôler les membres des forces alliées se rendant dans le secteur d’occupation soviétique. Le ton monte de telle sorte que 10 blindés de chaque camp prennent position, face à face, à Check-point Charlie et se jaugent pendant deux jours sans qu’un coup de feu ne soit heureusement tiré, ce qui aurait pu conduire, par escalade, à un affrontement nucléaire.
En Juin 1963, le président américain John Fitzgerald Kennedy prononce son fameux discours de soutien aux Berlinois de l’Ouest : « Ich bin ein Berliner » mais il ne peut rien faire pour aider les milliers de personnes qui tentent de franchir la frontière entre les deux Allemagne ou le mur à Berlin. Pendant les 28 ans d’existence du mur, plus de 500 fugitifs seront abattus par les « Vopos » ( Volkspolizei, police du peuple ) dont 136 à Berlin même.
Long de 160 km, ce « mur de la honte », selon l’expression des alliés, sera célébré régulièrement et en grande pompe par la nomenklatura Est-allemande alors qu’il symbolise, à l’Ouest, l’échec économique du bloc soviétique. Il restera en place jusqu’à ce que, sur insistance de Gorbatchev, les autorités est-allemandes annoncent, le 09 Novembre 1989, que les candidats à l’émigration peuvent passer librement par les postes frontières. Après un moment d’hésitation et d’incrédulité naturelle, c’est la ruée et la délivrance. On connaît le bouleversement stratégique que cette chute va entraîner.
Malheureusement, le nouveau monde issu de la chute du mur n’est pas plus pacifique, au contraire. L’égoïsme et la bêtise des hommes restent incommensurables.
Publié par Papyves à 15:50:18 dans Faits politiques. | Commentaires (1) | Permaliens
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