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Lebuzuk - historik

Les délires d'histoire de Papyves.../...ça s'est passé aujourd'hui !

Papyves

C'est  sympa  un  Blog : On  peut  aller  au  bout  de  son  monologue  sans  risquer  d'être  interrompu.  On  n'est  même  pas  obligé  de  lire  les  commentaires  d'autrui.


Non,  je  rigole,  si  j'écris  c'est  pour  être  lu,  pardi.  Alors,  bonne  lecture.  Vous  pouvez  zapper,  je  ne  m'en  offusquerai  pas.


En  fait,  si  je  suis  là,  c'est  parce  que  je  cherche  surtout  à  me  souvenir  de  l'anniversaire  du  jour.  Que  s'est-il  passé  aujourd'hui ?  On  oublie  trop  le  passé.  L'histoire  nous  apprend  pourquoi  nous  en  sommes  arrivés  là.  J'évite  quand  même  de  choisir  un  événement  anniversaire  qui  sera  bien  médiatisé. 

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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Je vous donne mon mail personnel, si vous voulez vraiment me joindre : logetteyves@yahoo.fr,. Merci de votre fidélité. Papyves.

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La bataille de Fleurus. | 26 juin 2008

 

Au temps de la première République qui a suivi la Révolution française, la France est encore la première puissance militaire d'Europe. Face à elle, une coalition autour de l'Autriche rassemble les forces de la Prusse, la Russie, la Hollande et l'Angleterre. Souhaitant faire acquérir, à la France, une frontière naturelle avec le Rhin, la Convention nationale ordonne la conquête de la Belgique. C'est l'armée française des Ardennes, aux ordres du général Jourdan, qui en est chargée, en 1794. Cela ne se fera pas sans heurts et la victoire de Moreau à Tourcoing est vite suivie par des revers que le Comité de Salut Public, avec Le Bas et St-Just, ne comprend pas.

Le Comte Jean-Baptiste Jourdan, héros de Jemmapes et de Wattignies, futur Maréchal d'Empire, s'empare de la ville de Charleroi après l'avoir encerclée et intensément bombardée. Pour lever le siège de la ville, les alliés se présentent, le 26 Juin 1794, sur cinq colonnes, en arc de cercle jusqu'à la Sambre sur laquelle Charleroi est adossée. Les Français déployés de part et d'autre de la ville, avaient eu le temps de construire des retranchements liés par des redoutes qui abriteront l'artillerie.

Les Austro-Hollandais, aux ordres du prince allemand de Saxe-Cobourg, veulent contenir les Français au-delà de la Sambre et parviennent, à plusieurs reprises, à réduire les têtes de pont en cours d'installation. A l'Ouest, le général Montaigu, attaqué par la colonne autrichienne du général Latour, est repoussé dans les bois mais Kléber contre attaque avec une charge de cavalerie et repousse, à son tour, les Autrichiens. Marceau, à l'Est, est enfoncé lui aussi par le général Beaulieu et doit repasser la rivière. Il ne doit son retour sur sa position défensive qu'à l'arrivée de Lefebvre et Championnet qui ont été prévenus de la situation critique grâce aux renseignements fournis par le capitaine Coutelle, embarqué à bord d'un ballon sphérique d'observation, survolant le champ de bataille et observateur privilégié ( pour la première fois ) des mouvements de l'ennemi. Ce qui regalvanise les troupes. Au centre, en lisières Nord de Charleroi, Jourdan, aidé de Morlot, a autant de mal à repousser les attaques des coalisés et doit faire donner ses réserves.

Mais globalement, le dispositif en arc de cercle resserré en avant de la ville tient le coup malgré les salves de l'artillerie autrichienne. «  Point de retraite aujourd'hui ! ». Ce sont même les alliés qui craignent d'être débordés à chaque contre attaque et se replient vers le Nord, pour reconstituer l'unité de leurs forces éparses. Ils ne comprendront qu'en fin de journée que la ville est tombée entre les mains de Jourdan et, lorsque Beaulieu l'apprendra à Cobourg, celui-ci décidera alors une retraite générale en direction de Bruxelles.

Après cette victoire, l'armée de Jourdan, qui perdra quand même 6.000 hommes dans la journée, sur les 89.000 engagés, prendra le nom de « Sambre et Meuse » car les deux cours d'eau se rejoignent à l'Est du champ de bataille de Fleurus. Les Austro-Hollandais avouèrent une perte de 10.000 hommes dont 3.000 prisonniers, sur un total de 52.000 soldats. Ce grand succès répandit, dans la France républicaine, une ivresse générale.

Le lendemain, l'armée de Sambre et Meuse partit vers Namur, campa dans le village de Fleurus ( qui donnera son nom à la bataille ) et bousculera une nouvelle fois l'ennemi au lieu-dit « les Quatre Bras », 10 kilomètres plus au Nord, avant de trouver la voie libre vers Bruxelles qui sera prise le 10 Juillet, puis Anvers, le 27 Juillet. Les coalisés abandonnent la Belgique et repartent en Allemagne sauf le corps expéditionnaire anglais qui est rembarqué.

La position respective des deux armées, en croissant, pendant la bataille inspira, au général Jomini, la judicieuse réflexion suivante : «  C'était deux demi-cercles concentriques, celui de Jourdan étant interne avec le plus petit diamètre et, nécessairement, plus de force que celui des alliés dont les extrémités ne pouvaient se soutenir ni même communiquer entre elles qu'en faisant le tour de la circonférence ...  ». Concentration des efforts, dira Foch, plus tard. Judicieux, en effet.

 

Publié par Papyves à 01:03:36 dans Conquêtes | Commentaires (0) |

Little Bighorn, la dernière bataille de Custer. | 25 juin 2008

 

La découverte de gisements d'or dans les collines noires du Dakota du Sud, en 1874, avait attiré un grand nombre de prospecteurs blancs sur les territoires des amérindiens Sioux. Pour préserver leurs terres sacrées, ceux-ci se rassemblèrent, avec d'autres tribus, sous le commandement de leurs chefs Sitting Bull, Crazy Horse et Pizi Gall, pour les en chasser par la force.

En 1876, après l'échec de plusieurs ultimatums, l'armée américaine veut frapper un grand coup et dépêche le général Alfred H. Terry au Sud-Est du Montana ( Nord des USA ) où ils ont été repérés, avec une troupe chargée de libérer les terres convoitées. Le 7° Régiment de cavalerie du Lieutenant-colonel George A. Custer, fort de 655 hommes, est envoyé en avant-garde pour jauger de leur nombre. Le 25 Juin 1876, les éclaireurs de Custer localisent le camp des Sioux à proximité de la rivière Little Bighorn mais comme le dispositif indien est étalé le long de la rivière, ils ne soupçonnent pas qu'il y a là au moins 3.000 combattants Cheyenne, Hung-Papas et Sioux avec leurs familles.

Custer pense que l'effet de surprise joue en sa faveur et décide d'attaquer, sans attendre les troupes du Général Terry. Pour cela, il divise ses forces en 3 groupes. Le premier, avec les 140 hommes du Major (commandant) Marcus Reno, fera diversion par une attaque frontale, en venant du Sud, pendant que le deuxième, avec Custer lui-même et 217 hommes, contournera le campement par les hauteurs à l'Est de la rivière et attaquera de flanc. Le troisième, confié au Capitaine Benteen et ses 255 hommes suivra au centre, le long de la vallée, pour empêcher toute infiltration sur les arrières de Custer. C'est lui qui conserve la réserve de munitions. Le plan est bon mais ne sera pas appliqué par tous.

Le major Reno attaque de front comme prévu, à 15 heures, mais les Sioux, d'abord surpris, réagissent plus vite qu'il ne le pensait et Reno stoppe son offensive sur place. Les indiens en profitent pour le harceler et Reno, en plein découvert, doit battre en retraite jusqu'à la lisière d'un bois où il s'embusque. Soudain, le scout indien Bloody Knife, près du major, reçoit une balle en pleine tête et de la cervelle éclabousse Reno. Celui-ci entre dans un état de transe panique, lance des ordres incohérents puis saute sur son cheval pour se replier ou s'enfuir, suivi par quelques fidèles. Après un moment d'hésitation, ses hommes font de même mais, sans ordres, ne laissent pas d'arrière-garde et ce sont les Sioux qui remontent la colonne et tuent une quarantaine de soldats fuyards dont certains se noient dans la Little Bighorn. Les éclaireurs indiens rejoignent leurs frères. Reno se rétablit sur une colline, derrière Benteen où il fait face à une faible résistance. Car les indiens, voyant les troupes de Reno se replier, reportent le gros de leurs forces sur les premiers éléments de Custer qui viennent de se manifester.

Custer a d'abord pensé capturer les femmes et les enfants qui s'enfuient pour les utiliser comme otages et amener les Sioux à se rendre. Mais Crazy Horse et Two Moons se présentent à lui avec une troupe importante et Custer est en infériorité numérique, d'autant qu'il a distrait la section Keogh qui doit le couvrir face à la rivière que traverse un groupe d'indiens menaçants. Il fait porter un ordre à Benteen «  Come on, big village, be quick. Bring packs » pour que celui-ci lui vienne en aide rapidement, avec ses hommes et des munitions. Mais Benteen n'a jamais porté Custer dans son cœur et feint de comprendre qu'il n'y a pas urgence. Il se hâte donc lentement. Le bruit de la bataille où est engagé Custer leur vient distinctement aux oreilles et, dans ce cas, la consigne veut qu'on « marche au canon » le plus vite possible. Benteen et Reno ne se pressent pas. Excédé, à 16 h 50, l'un de leurs subordonnés, le capitaine Weir s'élance seul avec sa compagnie au devant de Custer qu'il pressent en mauvaise posture. Benteen et Reno finissent par le suivre, sans conviction et c'est de loin qu'ils assistent, à 18 h, au massacre du dernier carré de Custer, « Custer's last stand », retranché derrière les chevaux abattus, au flanc d'une colline herbeuse. Comme les indiens les harcèlent à nouveau, les deux chefs courageux, avec les 2/3 du régiment, font demi-tour et abandonnent Custer à son sort. Celui-ci, avec le peu d'hommes qu'il lui reste, résiste de son mieux, fait sonner le clairon pour appeler des renforts et fait même l'admiration des chefs indiens qui tenaient, jusqu'alors, les tuniques bleues pour des pleutres. Touché à la hanche, le colonel Custer agonisera près de ses hommes jusqu'à ce qu'un guerrier lui loge une balle dans la tête pour abréger ses souffrances.

La bravoure de Custer, ( il sera nommé Général ) qui avait été observé par les indiens en train d'haranguer ses troupes sur son cheval, lui vaudra de ne pas être scalpé. Le reste du régiment, retranché au Sud du campement, dut encore subir les attaques des Sioux motivés par leur première victoire. Ce n'est que le 27 Juin au matin que les troupes fraîches du Général Terry viendront les relever. Le 7° de cavalerie laisse 263 hommes et 38 blessés, les indiens près de 200 morts dont le chef Cheyenne Lame White Man.

Benteen et Reno furent longtemps considérés comme des héros qui avaient préservé la vie du gros du régiment. C'est Custer, dirent-ils devant la commission d'enquête en 1879, qui avait désobéi et s'était mis tout seul dans cette mauvaise posture. Eux-mêmes avaient tout tenté, au triple gallot, pour lui venir en aide mais en vain.

Couards et menteurs, ils ne seront démasqués que tardivement par des historiens zélés, tel David Cornut, en 2006. Pour ma part, je ferai mienne cette citation du Général de cavalerie Thomas Rosser : « Je préfèrerais, en tant que soldat, mourir avec Custer plutôt que de rester sur la colline des survivants avec Benteen et Reno, en n'ayant pas fait mon devoir ».

 

Publié par Papyves à 02:06:57 dans Conquêtes | Commentaires (3) |

Les soucoupes volantes arrivent. | 24 juin 2008

 

Peu de temps après la fin de la seconde guerre mondiale, un jeune pilote privé américain, Kenneth Arnold, rapporte avoir vu, au dessus du Mont Rainier, dans l'Etat de Washington, le vol de neuf engins non identifiés. Ce 24 Juin 1947, en effet, Arnold qui est un pilote sérieux, effectue une reconnaissance pour le compte du « Search and Rescue Mercy Flyer » et n'a aucune raison d'affabuler.

Arnold répéta son histoire à un groupe de curieux. Les objets volaient de façon irrégulière, comme un boomerang ou une soucoupe que vous faites rebondir sur l'eau, explique-t-il. Un journaliste présent dans le groupe retient le nom et son reportage fera état de « soucoupes volantes ». C'est la première fois que ce terme est prononcé et c'est sans doute lui qui influencera de centaines de témoins d'OVNI (objets volants non identifiés), qu'ils décriront justement sous la forme d'une soucoupe ( flying saucer ), même si la vision furtive qu'ils en ont eue ne leur permettait pas de l'affirmer. Les sceptiques ont trouvé l'explication rationnelle d'un vol de pélicans blancs qu'Arnold n'avait jamais vu de sa vie.

Au même moment, début Juillet 1947, dans le désert de Roswell, nouveau Mexique, l'US Air Force collecte furtivement les débris d'un engin étonnant et les met en sûreté, loin de la vue des badauds. Cet empressement à dissimuler l'événement fera grossir la légende d'un crash de vaisseau d'extra-terrestres. Il s'agissait, vraisemblablement, d'un ballon-espion top-secret, dans le cadre du projet Mogul servant à espionner les essais nucléaires russes.

Dès lors, tout va s'enchaîner. Un an plus tard, les pilotes de l'Eastern Airlines observent un long « cigare volant » sans ailes mais brillant. En 1950, on va même photographier des soucoupes volantes. Puis la forme change, ce sont bientôt trois lumières en triangle ou des boules lumineuses qui sont observées. Le phénomène franchit l'Atlantique et les apparitions sont décrites dans le Puy de Dôme ou les Pyrénées. On dépeint des vitesses inimaginables, au dessus des Grands lacs canadiens, en 1953, et les avions de chasse qui les poursuivent ne reviennent pas. Mystère. Boule verte à Madagascar et atterrissages en séries en France en 1954. Un fermier brésilien est même invité quelques heures à bord d'un OVNI, en 1957. On commencera à voir des petits hommes verts dans les années 1960. En 1967, des témoins s'approchent des engins posés en plein champ et du souffle chaud que ceux-ci dégagent, aussi bien au Canada que dans le Cantal. Il ne faudra pas attendre longtemps avant qu'on ne parle d'enlèvement que les initiés appellent « abduction ». En 1978, on filme des passages d'OVNI et on les enregistre sur les radars de surveillance des aérodromes. Tous les ans voient leur cortège d'OVNI, comme le survol de la France en 1990 ou à Guernesey en Avril 2007.

Mais non identifié ne veut pas dire forcément extra-terrestre. Les ufologues eux-mêmes ( de UFO : unidentified flying objects ) se disputent sur les explications à apporter à certains faits. Pour en avoir le cœur net, on crée des organismes de suivi, tel que le CUFOS ( Center for UFO Studies ) ou le GEPAN ( Groupe d'étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés ) à Toulouse, dépendant du CNES.

Les explications à ces phénomènes sont souvent physiques ou psychologiques. Physiques quand l'objet lumineux filant à très grande vitesse peut s'assimiler à une rentrée atmosphérique de météorite ou d'étoile filante. Les premiers avions furtifs F 117 américains, indétectables et évoluant avec seulement trois points lumineux, ont été l'objet de nombre de rapports alarmants, y compris en Europe. Psychologiques quand les témoins subissent une hallucination visuelle prenant appui sur l'occurrence d'un phénomène naturel ou météo inattendu. L'imagination et la peur de l'inconnu entraînent parfois la conviction d'avoir réellement vécu ce qu'on redoute le plus.

Vous l'aurez compris au ton de mon article, je ne crois pas aux soucoupes volantes mais elles font vivre les romanciers de science fiction, c'est déjà une belle réalité. Merci aux petits hommes verts de soutenir l'édition.

 

Publié par Papyves à 00:50:00 dans Aventures | Commentaires (0) |

Les grandes avenues du Baron Haussmann. | 23 juin 2008

 En 1850, la capitale française n'a pas l'aspect harmonieux que nous lui connaissons aujourd'hui. Un entrelacs de rues étroites et sinueuses forme le cœur de Paris que la population rend responsable de l'insalubrité, empêchant la circulation de l'air et la dispersion des miasmes, porteurs de maladies. Ouvrir de grandes avenues serait plus hygiénique.
Napoléon III, dès qu'il obtient les pleins pouvoirs, peut imprimer sa marque en matière d'urbanisme, pour des raisons sociales certes, mais diront certains, pour des raisons tactiques aussi en permettant à la force publique de s'élancer sur de grandes artères que le canon peut battre sur toute leur longueur. Les soulèvements populaires ont renversé plusieurs régimes depuis 1789. Napoléon reprend les idées de Rambuteau ( qui avait réalisé les premières percées en 1836 ) et cherche l'homme déterminé et fidèle qui saura mettre sa politique en œuvre. Il a vu la transformation de Londres avec ses grands parcs et son réseau d'assainissement. Paris se doit d'être à la hauteur. Ce sera le Baron Georges Eugène Haussmann que l'on nomme Préfet de la Seine, le 23 Juin 1853.
Haussmann a l'obsession de la ligne droite. Il va tailler de grandes coupes Est-Ouest et Nord-Sud, se croisant au Châtelet, de 20 à 30 mètres de large qui nécessiteront d'abattre de nombreux bâtiments, amputer des cours, raser l'église Saint-Benoit et la moitié de l'île Saint-Louis ou même la maison où il est né car mal placée sur son plan. Mais on lui doit les Champs Elysées, les avenues en étoile qui convergent vers l'Arc de Triomphe et quelques belles perspectives. Il aura eu raison de l'insalubrité et du choléra, mais pas de la tuberculose.
La rénovation de Paris se veut globale, en surface et en sous-sol. En surface, percement de nombreux grands boulevards, vastes avenues et rues transverses qui vont désengorger Paris. Mais construction aussi de nouveaux édifices, comme l'Opéra ( de Garnier ), les Halles ( de Baltard ), des ponts, les grandes gares ou certains théâtres. Enfin, aménagement de parcs et jardins, comme le parc du Luxembourg ou de Montsouris et l'entretien des bois de Vincennes et de Boulogne. En sous-sol, un nouveau circuit d'approvisionnement en eau potable et en gaz ainsi qu'un système d'évacuation des déchets et des eaux usées. L'eau potable, qui était puisée dans l'Ourcq jusqu'alors, sera acheminée depuis Château-Thierry sur un aqueduc de 600 kilomètres, construit par l'ingénieur Belgrand entre 1865 et 1900. En sous-sol encore, le système des égouts, datant de 1370, est complètement rénové et élargi jusqu'à Asnières où il débouche et une loi de 1852 impose le raccordement des immeubles à ces égouts modernes.
La construction des immeubles, le long des nouvelles voies, est soumise à des conditions particulières sur l'aspect des façades et des balcons qui doivent être alignés au même niveau, d'un immeuble à l'autre. La pierre de taille est obligatoire sur les boulevards. Mais Haussmann n'a pu éviter la dissymétrie, encore actuelle, entre l'Ouest plus bourgeois et l'Est plus populaire.
Grâce au soutien inconditionnel de Napoléon III, le « Baron » Haussmann ( qui aurait usurpé son titre ) pourra présider pendant 17 ans (1853 à 1870) aux énormes changements urbains de la capitale qui seront financés par un emprunt de l'Etat, de 250 millions de francs, en 1865 puis un autre de 260 millions en 1869. Les travaux d'Haussmann seront donc décidés et encadrés par l'Etat, mis en œuvre par les entrepreneurs privés et financés par l'emprunt. Sa persévérance à transformer Paris lui vaudra d'accéder à la fonction de Sénateur, en 1857 puis de membre de l'Académie des Beaux-Arts, dix ans plus tard.
Mais interminables, défigurant certains quartiers, gouffres à dépenses non contrôlées, les travaux d'Haussmann s'attirèrent des critiques et mécontentements légitimes, notamment à cause des expropriations. Emile Zola, dans son roman « La curée » et plus encore Jules Ferry dans un célèbre pamphlet qu'il intitule « Les comptes fantastiques d'Haussmann » (1) dénonceront la corruption et le trou financier qui se creuse, à mesure que les prêts diminuent. Le Baron constructeur sera finalement renvoyé au début de 1870, après un débat au Parlement, quelques mois avant la défaite de Sedan et la chute du Second Empire qu'il aura soutenu jusqu'au bout.
Aujourd'hui encore, nous pouvons admirer ces ensembles architecturaux harmonieux et homogènes, par quartier entiers, qui tranchent sur l'anarchie de certains centres des capitales étrangères. Je regrette quand même cette « verrue » qu'est la tour Montparnasse qui avait sa place ... à la Défense.
(1)   : par allusion aux « Contes fantastiques d'Hoffmann »
 

Publié par Papyves à 10:19:12 dans Faits de Société. | Commentaires (1) |

Check point Charlie. | 22 juin 2008

 L'effondrement du IIIème Reich de Hitler, en 1945, entraîne la partition de l'Allemagne en deux zones, l'une sous occupation soviétique, à l'Est, qui deviendra la République Démocratique Allemande (RDA) et l'autre sous occupation alliée, à l'Ouest, devenue la République Fédérale Allemande (RFA). Opposant deux mondes rivaux, une frontière « en dur » sera érigée par le bloc de l'Est entre ces deux parties d'un même peuple germain.
Des points de contrôle, Check points, servent de filtres à certains endroits de ce « Mur de la Honte » où les échanges sont possibles sur la nouvelle frontière. Les forces alliées ( britannique, française et américaine ) disposent de trois postes contrôle pour transiter d'un bord à l'autre, qu'ils ont nommés A alpha, B bravo, C charlie, selon l'alphabet militaire et OTAN. Alpha, à Helmstedt, ouvre une porte entre RFA et RDA, en dehors de Berlin. Bravo, à Dreilinden-Drewitz, permet d'entrer à Berlin par le Sud-Ouest, en venant d'Allemagne de l'Est et Charlie, sur la Friedrichstrasse, artère mythique de la ville, permet aux étrangers et aux personnels diplomatiques d'accéder au secteur soviétique de Berlin, en venant de Berlin Ouest. Pendant 28 ans, de 1961 à 1989, Berlin Ouest restera une île occidentale en RDA.
Après le séisme inattendu du 09 Novembre 1989, où des berlinois en liesse attaquent le mur avec toutes sortes d'outils dérisoires, le fameux point de passage Check point Charlie disparaît enfin, le 22 Juin 1990, comme vont d'ailleurs disparaître pratiquement tous les vestiges du « Berliner Mauer » sous la pioche des collectionneurs et des spéculateurs. On en retrouve des fragments colorés dans de nombreux musées ou parcs du monde entier. Ne reste plus, à Berlin, que de grandes trouées, là où se trouvait le no man's land interdit et des noms de rues à la gloire des héros de la révolution. Pour matérialiser le tracé du Mur disparu, la ville a construit un pointillé de pavés couleur brique, au sol, dans lequel est incrusté, de loin en loin, une plaque de cuivre datée. Un circuit historique en 4 langues rappelle un événement tragique de chacune des 29 étapes de celui-ci. Le panneau avertisseur « You are leaving the american sector » ne se lit plus que sur les cartes postales du Musée du mur et Check point Charlie a été grossièrement reconstitué pour les touristes.
Combien parmi ceux-ci se souviennent de l'effroi des berlinois, au matin du 13 Août 1961, lorsqu'ils découvrirent un réseau de barbelés et de chevaux de frise coupant la ville en deux, selon les ordres de Ulbricht et Honecker qui veulent endiguer l'exode croissant des ressortissants de RDA ? En Septembre, un mur de 3,60 m de haut est construit, puis un autre en profondeur qui crée, entre les deux, un no man's land dénudé, infranchissable et surveillé par les mitrailleuses des miradors. Savent-ils, ces touristes, qu'en Octobre 1961, dix chars américains et dix soviétiques, face à face à Check point Charlie, sont à deux doigts de s'affronter et d'enclencher un conflit nucléaire ? Pensent-ils à ces centaines d'Allemands de l'Est qui perdirent la vie en essayant de franchir ce mur honteux, véritable concrétisation matérielle du « rideau de fer » ?
Le nouveau Berlin a pratiquement gommé tous les signes concrets de cette cicatrice de pierre et l'on s'étonne de voir ressurgir un tel mur, aujourd'hui, en Israël, alors qu'on est déjà si loin de la Guerre froide.
 

Publié par Papyves à 09:32:55 dans Faits politiques. | Commentaires (0) |

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