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Lebuzuk - historik

Les délires d'histoire de Papyves.../...ça s'est passé aujourd'hui !

Papyves

C'est  sympa  un  Blog : On  peut  aller  au  bout  de  son  monologue  sans  risquer  d'être  interrompu.  On  n'est  même  pas  obligé  de  lire  les  commentaires  d'autrui.


Non,  je  rigole,  si  j'écris  c'est  pour  être  lu,  pardi.  Alors,  bonne  lecture.  Vous  pouvez  zapper,  je  ne  m'en  offusquerai  pas.


En  fait,  si  je  suis  là,  c'est  parce  que  je  cherche  surtout  à  me  souvenir  de  l'anniversaire  du  jour.  Que  s'est-il  passé  aujourd'hui ?  On  oublie  trop  le  passé.  L'histoire  nous  apprend  pourquoi  nous  en  sommes  arrivés  là.  J'évite  quand  même  de  choisir  un  événement  anniversaire  qui  sera  bien  médiatisé. 

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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Je vous donne mon mail personnel, si vous voulez vraiment me joindre : logetteyves@yahoo.fr,. Merci de votre fidélité. Papyves.

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Vive le Québec libre ! | 24 juillet 2008

 

Plus encore que John F. Kennedy ( Ich bin ein Berliner ), le Général de Gaulle avait l'art consommé des petites phrases et des effets de style. Ses mots ont toujours été réfléchis et choisis à dessein. On se souvient du « Je vous ai compris » prononcé le 04 Juin 1958, au balcon de l'hôtel de ville d'Alger.

Au Canada, dans la « belle Province » du Québec, une autre petite phrase va faire l'effet d'une bombe, en 1967. C'est l'année du centenaire de la Confédération canadienne et de Gaulle sait qu'il sera invité mais il pense que les Français sont là-bas des citoyens de seconde zone, les vassaux de la reine d'Angleterre, ce qui lui est insupportable. Il veut se rendre au Québec et trouve le prétexte de l'invitation de Daniel Johnson, Premier ministre du Québec, qui le prie à l'Exposition universelle de Montréal. Le Général hésite car une foire n'est pas le meilleur endroit pour faire un coup politique mais s'y rend finalement avec, rapporte Alain Peyrefitte, l'idée suivante en tête : « Nous n'irons pas fêter à Montréal le centenaire de la Confédération canadienne, comme le voudraient les Anglais du Canada et les fédéraux. Si nous y allons, ce sera pour fêter 200 ans de fidélité des Canadiens français à la France ».

C'est à bord du Colbert, navire-amiral de la flotte de l'Atlantique, et non pas en avion ( qui l'aurait obligé à se poser à Ottawa ) que de Gaulle fait la traversée de l'océan. Après une escale française à Saint-Pierre-et-Miquelon, il confie au colonel Desgrées du Lou, l'un des aides de camp « On va m'entendre là-bas. Je vais en surprendre plus d'un ... ». Le 23 Juillet, le Colbert mouille au pied de la citadelle de Québec où Daniel Johnson et le Gouverneur général du Canada accueillent un Charles de Gaulle en tenue de général. La foule se tait au « God save the Queen » mais chante « La Marseillaise » à pleins poumons. Le ton du séjour est donné.

Après la ville de Québec, de Gaulle entreprend le lendemain, 24 Juillet 1967, son voyage vers Montréal en suivant le « Chemin du Roy », sur la rive Nord du fleuve Saint-Laurent en passant par Trois-Rivières. Tout le long, la foule est nombreuse et brandit des pancartes « Québec libre » à chaque arrêt. Les discours du général s'animent au fur et à mesure qu'il progresse vers Montréal et l'accueil dans la ville est impressionnant. « Vive de Gaulle », « Le Québec aux Québécois ». C'est véritablement une ville française qui tend la main à cet invité de marque qui se présente, vers 19h30, à l'hôtel de ville où l'attend le maire Jean Drapeau, fédéraliste convaincu.

En sortant de l'ascenseur, le général entend les clameurs de la foule et veut aller les saluer par le balcon mais Drapeau l'entraîne de l'autre côté où l'attendent les notables de la ville. De Gaulle suit son idée et se présente au balcon décoré des trois couleurs. Sûr de lui, Drapeau annonce au général que le micro n'est pas branché et qu'il ne peut pas leur adresser la parole mais de Gaulle suit le fil et s'apprête à le brancher lui-même lorsqu'un technicien le devance.

 « C'est une immense émotion qui remplit mon cœur en voyant, devant moi, la ville de Montréal française. Au nom du vieux pays, au nom de la France, je vous salue. ... » et il parle du développement et des progrès accomplis par la ville, de la confiance des Français, de son ami Johnson, des élites québécoises qui pourront bientôt aider la France. « ...La France entière sait, voit, entend, ce qui se passe ici ... Vive Montréal ! Vive le Québec ! ». Une pause pendant laquelle les ovations reprennent puis « Vive le Québec libre ! ». ( voir la vidéo ) « Vive le Canada français et vive la France ! ». C'est du délire dans la foule où les drapeaux bleus et blancs s'agitent.

Il avait promis qu'on allait l'entendre, on l'a entendu. En quittant le balcon, le général aperçoit la mine inquiète de Couve de Murville, ministre des Affaires étrangères, qui doit imaginer les suites diplomatiques de ces quatre mots qui ont fait connaître le Québec de par le monde. En effet, à Ottawa, on est furieux et on n'apprécie pas du tout car « Vive le Québec libre » est exactement le slogan du Rassemblement pour l'indépendance nationale, RIN, futur Parti Québécois, séparatiste, que fondera René Lévesque un an plus tard. La presse anglaise se déchaîne, le Premier ministre du Canada, Lester B. Pearson, considère ces propos « inacceptables » comme un affront et annule la visite prévue à Ottawa. Les relations entre le Canada et la France ne s'amélioreront qu'après la démission de Charles de Gaulle en 1969.

Pourquoi avoir prononcé ces paroles ? Contrairement à ses intentions envers l'Algérie, il a toujours été clair sur sa vision du devenir de la Province. « Le Canada français deviendra nécessairement un Etat et c'est dans cette perspective que nous devons agir ».

Il n'a pas improvisé ce discours, même s'il n'était pas prévu, sauf peut-être la phrase inspirée par l'enthousiasme de la foule : « Ce soir, ici et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération ... ». De Gaulle a toujours minutieusement préparé et appris par cœur les moindres de ses interventions. Ce n'est donc pas sous le coup de l'émotion qu'il aurait « dérapé ». De retour en France, il lâchera « il fallait bien que je parle aux Français du Canada, nos rois les avaient abandonnés ». Et à son gendre : « C'est la dernière occasion de réparer la lâcheté de la France ».

Pourtant, l'effet politique sur le long terme, voulu par de Gaulle, n'aura pas lieu. Contrairement à 1997, où le 30ème anniversaire de ce discours avait été largement célébré, en présence de Pierre Mesmer et de Philippe Seguin, le 40ème anniversaire en 2007 s'est fait très discret, même du côté du Parti Québécois, comme si la question de la souveraineté n'était « pas morte mais pas forte ». Bravo quand même, les cousins, pour votre constance et votre fidélité !

 

Publié par Papyves à 02:00:11 dans Faits politiques. | Commentaires (0) |

Sa Majesté le Roi Hassan II | 23 juillet 2008

 

Lorsque le roi Hassan II du Maroc décède, à 70 ans, le 23 Juillet 1999, tous les chefs d'Etat du monde entier, ou presque, font le déplacement à Rabat pour venir saluer sa dépouille. Contrairement à la tradition musulmane, on a même repoussé l'enterrement de 2 jours pour que ceux-ci aient le temps de se rendre devant le Mausolée.

Son père, Sultan depuis 1927 sous le protectorat français, deviendra roi du Maroc, après l'indépendance en 1956, en adoptant le nom de Mohamed pour montrer sa filiation avec le Prophète. Il va éduquer son fils aîné Moulay Hassan, né en 1929, en l'initiant très tôt à la politique internationale. C'est ainsi que celui-ci dîne, à l'Hôtel Anfa en Janvier 1943, aux côtés de Roosevelt et de Churchill, alors qu'il n'a que 14 ans. Il participe au discours du Trône, en 1952, considéré comme la charte du nationalisme marocain contre le protectorat et accompagne même son père lorsque le sultan est exilé en Corse puis à Madagascar. Il partagera donc son triomphal retour dans le royaume, en 1955.

Une fois l'indépendance acquise en 1956, son père le nomme Chef d'état-major des toutes jeunes Forces armées royales. C'est à ce titre qu'il réprime, durement, le soulèvement du Rif. Il est proclamé Prince héritier en Juillet 1957 puis devient vice-Premier ministre et ministre de la Défense en 1960.

Le 03 Mars 1961, à la mort de son père, feu Sa Majesté Mohamed V, Moulay Hassan est proclamé roi du Maroc et donc Commandeur des croyants. Un règne de 38 ans, sans partage, va s'instaurer dans lequel l'opposition sera officiellement autorisée mais pratiquement jamais permise. Malgré l'adoption d'une Constitution, inspirée de celle de la France, en Décembre 1962, le régime est celui d'un pouvoir absolu qui jettera dans les prisons mouroirs des milliers d'opposants réels ou supposés. Après les émeutes de Casablanca, en 1965, par exemple, ce sont 10 ans d'exception qui vont s'abattre sur le pays. C'est à cette époque aussi que le chef charismatique et intègre de l'Union nationale des forces populaires, Mehdi Ben Barka, est mystérieusement enlevé à Paris puis livré à la police d'Etat marocaine, coiffée par le Général Oufkir. On ne le reverra plus.

Si le pays est tenu d'une main de fer à l'intérieur, c'est un souverain modéré qui s'affiche à l'extérieur du Maroc, auprès des nations occidentales et du monde arabe. Il jouera notamment un rôle actif en faveur des efforts de paix au Proche-Orient, rencontrant l'Israélien Shimon Pérès en 1986, négociant le rétablissement des relations diplomatiques avec l'Algérie en 1988 et en étant l'instigateur de la création de l'Union du Maghreb arabe.

Les abus que constate la population marocaine ( sévère répression à la suite d'une « suspicion » de complot, par exemple ) vont engendrer le désir, chez certains opposants, de faire disparaître le souverain. Hassan II échappera ainsi à plusieurs attentats dont deux sérieux en 1970 et en 1972 et assouplira le régime à la fin de son règne, en se réconciliant avec les chefs de l'opposition. Il n'aura alors plus qu'une ambition « Etre un grand roi » mais il ne renonce pas à sa fortune personnelle qui dépasserait, et de loin, la dette nationale du pays, de quoi entretenir les nombreux palais opulents qu'il possède au Maroc, sans compter un riche manoir près de Paris.

En Octobre 1975, Sa Majesté le Roi organise la glorieuse « Marche verte » de 350.000 Marocains brandissant des drapeaux et le Coran, en direction de l'ancienne colonie espagnole du Sahara occidental, ce qui lui fournit l'occasion de refaire l'unité autour de sa personne et d'annexer ensuite, par occupation, le territoire que lui disputait la Mauritanie et, surtout le Front Polissario.

Ce fin politique, diplômé en France, père de cinq enfants, à l'aise et diplomate sur le plan international, dur et arbitraire sur le plan intérieur, aura tenté de concilier modernisme et tradition, Orient et Occident dans un Maroc qu'il a, certes, structuré et unifié mais qu'il laisse à son fils, Mohammed VI, en net retard social et éducatif.

Quelle facette de sa personnalité les 60 chefs d'Etat, venus s'incliner devant son cercueil, vénéraient-ils le plus, ou le moins ? Mystère de la politique.

 

Publié par Papyves à 02:11:18 dans Grands Chefs | Commentaires (0) |

Edith perd Marcel Cerdan | 22 juillet 2008

 

Ce matin, il me prend l'envie de vous parler d'un drôle de soldat mais de ceux dont le caractère trempé est comme l'acier de leurs biceps endurcis par les coups, et qui, tel un James Dean ou Gérard Philippe des rings, a su rejoindre la légende par une disparition prématurée.

Il fallait véritablement un coup de pouce du destin pour abattre le « bombardier marocain » comme était surnommé Marcel Cerdan dans le monde de la boxe, dans les années 1940, sinon nul n'aurait arrêté ce petit homme nerveux et trapu, de 1,69 mètres et 73 kilos. Sans cet accident d'avion fatal du 28 Octobre 1949, Cerdan aurait continué à perforer toutes les défenses gantées de ses adversaires qui craignaient son doublé du droit, express comme l'éclair.

Marcellin Cerdan est né en Algérie, le 22 Juillet 1916. Il a 6 ans lorsque sa famille s'installe à Casablanca, au Maroc. Son père l'entraîne à la boxe, comme ses frères, alors que le jeune Marcel s'intéresse plutôt au football, pour lequel il a d'ailleurs des aptitudes. Sur le ring, il s'entraîne pourtant durement et arrive, à 17 ans, à son premier combat professionnel, en 1933, avec un moral de vainqueur. On est à Meknès et il descend son premier adversaire. Ses succès le font vite remarquer et il monte à Paris où il débute à la Salle Wagram. Il gagne alors tous ses combats et devient champion de France en 1939 puis champion d'Europe. Dur sur le ring, puncheur très mobile sur ses courtes jambes, il paraît invincible.

Mais aux Etats-Unis, Tony Zale est surnommé « Le roi du K.O. », c'est une autre paire de manches. Le 21 Septembre 1948, cependant, en arrêtant le combat à la douzième reprise, l'arbitre déclare Marcel Cerdan champion du monde des poids moyens. Le bombardier a encore frappé mais les esprits, cette fois.

C'est là-bas qu'il rencontre Edith Piaf, la môme qui chante l'amour des gens du peuple avec cette voix si puissante, et qu'il n'avait qu'entre aperçue à Paris. C'est le coup de foudre. Une passion intense va naître entre la frêle chanteuse et le cogneur qui s'était pourtant marié en 1943 avec Marinette Lopez et dont il aura trois garçons. Cerdan est un héros. A Paris, on acclame ce petit Français du Maroc qui a su défier les Américains chez eux.

Mais la roue de la fortune est imprévisible et, le 17 Juin 1949, Marcel est dépossédé de son titre et de sa ceinture par Jake la Motta. Aussitôt, une revanche est programmée pour le 2 décembre 1949 au Madison Square Garden. Une voyante aurait pu dire que le 2 décembre est une bonne date puisque c'est le jour du sacre de Napoléon et de sa plus belle victoire à Austerlitz. Las, pour Marcel, c'est la chute au sens propre car l'avion Constellation qui l'emporte de Paris à New-York où il doit s'entraîner et rejoindre Edith, s'écrase aux Açores, le 27 Octobre 1949, en faisant 48 morts. Parmi les victimes, on déplorera aussi la perte de la violoniste Ginette Neveu et du peintre Bernard Boutet de Monvel. Edith Piaf ne se remettra jamais de cette disparition et sombrera dans le spiritisme.

Malgré cet arrêt brutal de sa carrière, Cerdan affiche un palmarès exceptionnel : Sur 123 Combats disputés ( Ali n'en compte que 57 ), seulement 4 défaites et 12 adversaires mis K.O. dès le 1er round dont le plus rapide, en 1942, au bout de 22 secondes face à Gustave Humery qui restera plusieurs heures dans le coma. Champion du monde, 4 fois champion d'Europe et 5 fois champion de France, Marcel Cerdan aurait sans aucun doute eu une carrière à la Cassius Clay.

Ses cendres ont été inhumées au Maroc puis, en 1995, au cimetière Sud de Perpignan. Soixante ans ont bientôt passé depuis sa mort et, malgré tout, il reste dans le haut du classement des sportifs préférés des Français, à l'égal des Zidane, Platini, Pelé, Douillet ou Prost.

C'est pour lui qu'Edith Piaf, malgré sa profonde déprime, écrira sa chanson « l'Hymne à l'amour ». L'un et l'autre sont indissociables dans notre mémoire collective. J'ai encore envie de lui crier « Aller, chauffe Marcel ».

 

Publié par Papyves à 00:39:12 dans Grands Chefs | Commentaires (0) |

Alexandre le Grand. | 21 juillet 2008

 

Bien avant Charlemagne, Jules César ou même Hannibal, l'un des plus grands conquérants de l'Antiquité fut certainement Alexandre III dit « le Grand ». Alexandre était fils de roi et a été élevé comme tel, ayant même eu le grand Aristote pour précepteur. Fils du roi de Macédoine ( Grèce du Nord ), Philippe II et de la fille du roi des Molosses ( en Epire, Albanie actuelle, le pays d'Achille qu'il vénérera ), il naît le 21 Juillet 356 avant JC. Son père est en guerre contre les Perses ( Iran actuel ) et commence à rassembler toutes les forces macédoniennes pour en finir avec eux, lorsqu'il est assassiné en - 336. Alexandre, qui n'a alors que 20 ans, est proclamé roi et il jure de poursuivre l'œuvre de son père. C'est le début d'une formidable conquête.

Après avoir maté les rebellions internes, de Thèbes notamment, et laissé la surveillance de la Grèce aux soins d'Antipater, avec les contingents les plus sûrs de l'armée, il part, en compagnie de Ptolémée, pour l'Asie (334) avec une armée de 35.000 fantassins ( organisés en phalanges ) et 5.000 cavaliers. Chef entraînant et fougueux, souvent colérique, il n'hésite pas à risquer sa vie, ce qui fait l'admiration de ses soldats. Débarquant à Troie, à l'entrée du détroit des Dardanelles, il met les Perses en fuite après une ardente mêlée de cavalerie mais avant de les poursuivre, il s'empare des villes de la côte ( turque ) pour éviter qu'elles ne servent de base de départ pour une conquête de la Grèce. Puis, il s'enfonce à l'intérieur des terres, bouscule avec fougue l'immense armée de Darius dans la plaine d'Issos, obligeant celui-ci à fuir. Désormais, les routes de la Syrie et de l'Egypte lui sont ouvertes et plusieurs villes se rendent. Alexandre s'acharnera plusieurs mois sur Tyr qui résistait sur son île mais il s'en empare finalement.

En Egypte, Alexandre est accueilli en libérateur car les Perses y sont détestés. Il reçoit de leurs mains le titre de « fils d'Amon », porté jadis par les Pharaons et fonde la ville d'Alexandrie qu'il souhaite helléniser en y plaçant des administrateurs macédoniens. Considéré comme un Dieu, enivré par ses succès, il recommence en 331 la lutte contre Darius, l'empereur de Perse, dont il veut prendre la place. Il franchit le Tigre et l'Euphrate sans trop de résistance car Darius l'attend plus à l'Est, près de Gaugamèle. Utilisant sa tactique habituelle d'enveloppement de l'aile droite par la cavalerie, Alexandre rompt le front de l'armée perse et poursuit vers l'Est. Reçu comme roi de l'Asie à Babylone et à Suse, il incendie les palais de Persépolis qui résiste et repart, en marche forcée, à la poursuite de Darius. Lorsque celui-ci est assassiné par un satrape, Alexandre, qui l'a enfin rejoint, fait rendre les honneurs royaux à sa dépouille.

Poussant toujours vers la Perse orientale pour la soumettre ( Afghanistan, Turkestan et Béloutchistan d'aujourd'hui ), il fatigue ses troupes dans des terrains difficiles mais il ne veut pas s'arrêter tant qu'il n'a pas atteint l'Inde, pays magique et inconnu. En descendant le bassin de l'Indus, il va se heurter au roi belliqueux Poros qui lui tient tête avec notamment une armée montée sur éléphants. Cette dernière bataille, si pénible, en pleine mousson, aux portes du Gange qui fait frontière avec le monde connu d'alors, est la bataille de trop pour son armée qui se mutine et exige de rebrousser chemin. Alexandre doit s'exécuter.

Le retour, en trois colonnes parallèles, s'avère difficile et Alexandre, pour redonner du moral aux troupes, organise « les noces de Suse » au cours desquelles 10.000 soldats, 80 généraux ( ses diadoques ) et le roi lui-même, prennent une épouse de souche persane. Ce sera ensuite Babylone où il entreprend de grands travaux mais ses rêves d'autres expéditions sont brutalement brisés par une fièvre maligne ( malaria, typhoïde ? ) qui l'emporte en 10 jours, en Juin 323 avant JC.

Il aura vécu 33 ans, comme le Christ, et conquis en 10 ans seulement, tout le Moyen-Orient et l'Asie centrale jusqu'au Pakistan actuel. Il a fait pénétrer, dans ces pays lointains, la civilisation grecque dont les traces sont encore visibles de nos jours. Son espoir était de mélanger les peuples, les Grecs comme les Barbares orientaux, pour n'en faire qu'un et l'administrer avec des gouverneurs locaux. Partout où il est passé, bien qu'il se soit constitué un formidable butin de guerre, il a créé de nouvelles Alexandrie, il a frappé monnaie, développé l'agriculture et l'irrigation, ouvert des routes et intensifié les échanges commerciaux, tout en conservant les coutumes locales.

Même si son empire va rapidement se disloquer après lui, les conquêtes d'Alexandre ont permis à la pensée, l'art, la littérature et à la société grecques de se transmettre aux Romains et donc à toute l'Europe.

On comprend pourquoi Alexandre le Grand a été le seul à pouvoir dénouer ( certes d'un coup d'épée ) le « nœud gordien » fixant le joug d'un char. Son entrelacement complexe, disait la légende, ne serait dénoué que par le futur maître de l'Asie.

 

Publié par Papyves à 02:53:40 dans Grands Chefs | Commentaires (2) |

Attentat manqué contre Hitler. | 20 juillet 2008

 

Contrairement à ce qui est souvent expliqué pour condamner la passivité des Allemands face aux atrocités commises par Hitler pendant la seconde guerre mondiale, les opposants allemands au régime nazi ont été nombreux et d'autant plus courageux que le régime tenait fermement les commandes de l'Etat. Pas moins de 30 attentats ont été préparés dès 1936 pour mettre fin aux visées extravagantes du Führer. A chaque fois, il en a réchappé grâce à la chance et au fait que ses déplacements étaient annoncés au dernier moment.

Le dernier complot fomenté par l'équipe de la « Schwarze Kapelle », en 1944, complot appelé « Opération Walkyrie », prévoit la mort de Hitler et de ses proches collaborateurs dans un attentat à l'explosif, suivi d'un coup d'état pour prendre le pouvoir politique et militaire du Reich ( les ramifications dans toute l'Allemagne couvrent déjà tous les niveaux ) et faire la paix avec les pays occidentaux pour pouvoir appliquer l'effort de guerre contre la Russie.

Parmi les conjurés, figurent plusieurs hauts gradés comme les généraux Beck, Goerdeler, le maréchal Erwin Rommel, le « Renard du désert » qui a vite compris que la guerre était perdue et surtout le comte Claus von Stauffenberg, 36 ans, récemment affecté comme colonel à l'état-major de l'armée de réserve et, à ce titre, accepté à la table de décisions. De fervent partisan d'Hitler, cet aristocrate n'a pas supporté la brutalité des SS sur le front Est, pendant l'hiver 1941/42 et il est devenu le plus déterminé des opposants.

Ayant rassemblé ses généraux ( manquent Goering et Himmler ) au Grand Quartier Général de Rastenburg, en Prusse orientale, le 20 Juillet 1944, Hitler veut se faire expliquer la situation sur le front russe devant une grande carte murale. Stauffenberg a repéré la place où il doit siéger autour de la table de chêne qui équipe la « Wolfsschanze », la tanière du loup. Mais Hitler avance la réunion d'une demi-heure car il doit recevoir le Duce Mussolini dans l'après-midi. Pris de court, Stauffenberg prétexte un changement de chemise et se rend dans sa chambre avec son aide de camp ( qu'il a obtenu depuis qu'il a perdu un bras en Libye ), afin d'actionner la bombe cachée dans une sacoche. Puis il rejoint la salle de conférence et dépose la sacoche contre un pied de table, non loin de Hitler. Le compte à rebours du détonateur à retardement lui laisse une dizaine de minutes. Il fait mine d'avoir à téléphoner et quitte la pièce où, bientôt, une formidable explosion a lieu. Il lit sur sa montre 12 h 42, observe le bungalow soufflé et quelques corps de soldats éjectés et court prendre son avion pour Berlin.

Mais béni du sort, une fois encore, Hitler ne fait pas partie des 4 morts et des blessés graves. Il a les cheveux grillés, les tympans percés, le bras paralysé mais c'est tout. Il a été sauvé par le fait qu'un officier a déplacé la sacoche de Stauffenberg qui le gênait et l'a mise derrière le gros pied de bois, côté opposé à Hitler et par le fait que Claus von Stauffenberg, dérangé par un sergent pendant la préparation de la bombe n'a pu actionner qu'un seul des deux détonateurs. Ne sachant pas que le deuxième pain de plastic aurait explosé aussi, malgré cela, il l'a enlevé de la serviette, d'où un effet destructeur amoindri, d'autant que la réunion s'était déplacée, à cause de la chaleur, du bunker initialement prévu ( et où l'effet de souffle aurait été plus fort ) vers un chalet en bois attenant.

Rejoignant les autres conjurés, Stauffenberg apprend que ceux-ci n'ont pas osé déclencher le soulèvement, ne sachant pas, au vu des appels contradictoires, si Hitler fut bien mort. L'attentat et la conspiration ont échoué. La répression sera terrible, mêlant tortures, humiliations et exécutions en règle, dont des généraux de la Wehrmacht et des ministres. 600 personnes, soit trois fois plus que les rebelles, seront abattues dans les semaines qui suivront et des milliers emprisonnées en vue de leur exécution ultérieure, après une parodie de jugement. Les principaux organisateurs de l'Opération Walkyrie seront « suicidés » sur le champ.

Rescapé de l'attentat, Hitler mènera l'Allemagne jusqu'au bout de sa folie.

Au moment où le dernier survivant de cet attentat, le baron von Boeselager, vient de s'éteindre, à 90 ans, on peut se demander ce qu'il serait advenu de l'Europe si l'opération avait réussi. Malheureusement, on ne découvre souvent les intentions des dictateurs qu'après les avoir aidés à s'installer légitimement sur le trône. Je ne vise personne ...

 

Publié par Papyves à 00:25:12 dans Faits politiques. | Commentaires (2) |

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