C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Je vous donne mon mail personnel, si vous voulez vraiment me joindre : logetteyves@yahoo.fr,. Merci de votre fidélité. Papyves.
A la fin du XIXème siècle, les Boers d'Afrique du Sud, descendants de colons néerlandais et français, futurs Afrikaners, s'étaient organisés en petites républiques libres, regroupées au Transvaal par les Britanniques. Croyant les annexer facilement, les Anglais se heurtèrent à une farouche résistance de ces colons paysans qui réussirent quelques sièges de villes tenues par les Britanniques. Ce fut le cas de Mafikeng (ou Mafeking) où s'est illustré un certain Robert Baden-Powell.
Le britannique Robert Stephenson Smyth Baden-Powell ( dit BP, prononcez BiPi ), fils de pasteur, est le colonel qui tient la petite garnison de Mafeking face à l'encerclement des soldats Boers, en 1899. Alors que toutes les autres places fortes s'effondrent, BP résistera 217 jours, en utilisant des jeunes « éclaireurs » (scouts in English) comme agents de liaison. De cet épisode, il rapportera la gloire et surtout la conviction que la jeunesse peut être sainement encadrée dans un but noble, pour peu qu'on lui fasse confiance. Il publie ses observations, au retour de cette mission, dans un fascicule appelé « Aids to scouting ».
Le 29 Juillet 1907, à 50 ans déjà, il organise un camp de 15 jours avec une vingtaine de garçons, sur l'île de Brownsea ( non loin de celle Wight, au Sud de l'Angleterre ). Il y teste ses idées ( scouting for boys ) d'éducation par le jeu, l'indépendance et la confiance. Puis il affine les 5 buts initiaux du scoutisme par les 10 articles de la « loi scoute » et définit la « promesse » qui n'imposent aucune interdiction mais proposent une hygiène de vie axée sur le « faire de son mieux ». Trois classes d'âge sont différenciées : Louveteaux, Eclaireurs et Routiers. Aujourd'hui, on entend aussi les termes de Jeannette, Pionniers, Compagnons, Aînés, etc ... mais l'esprit reste le même. En 1909, sa soeur Agnès organise les premières compagnies de « Guides », les scouts filles, en fonction des principes que BP publie dans la revue « Girl guiding edition ». Puis viennent les scouts marins « Sea scouts ».
En 1910, Baden-Powell démissionne de l'Armée pour prendre la tête du mouvement qui a pris de l'ampleur au niveau mondial. Son épouse Olave deviendra Chef-guide mondiale, en remplacement de sa sœur. Le « Jamboree », rassemblement selon BP, de 1920 réunit des scouts de 21 pays. En 1927, Robert est anobli par le roi George V et devient Lord Baden-Powell of Gilwell. Il continuera, avec son épouse, à parcourir le monde pour soutenir de nouvelles créations du mouvement scout. Du Kenya, où il se retire à la fin de sa vie, il fait parvenir son dernier message : « Ceci est juste un petit mot d'adieu, pour vous rappeler, quand j'aurais disparu, que vous devez tâcher, dans la vie, d'être heureux et de rendre les autres heureux.... Contentez vous de ce que vous avez et faites-en le meilleur usage possible.... Essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu'il ne l'était quand vous y êtes venus.... Soyez fidèles à votre promesse, même quand vous serez adultes. »
Aujourd'hui, les scouts sont plus de 28 millions répartis dans plus de 216 pays du monde entier, soutenus par plusieurs religions. Rien qu'en France, quelques 80 groupements se réclament du scoutisme ( record mondial ) en étant, pour certains, soit trop militaires, soit trop religieux, ce qui entraîne, malheureusement, des dérives observées notamment au cours des séances d'attribution du « Totem », l'animal fétiche à chacun. Il n'est pas toujours facile, pour les parents, de choisir la bonne troupe. La plupart est fondée sur des bases confessionnelles, catholiques comme « Scouts et guides de France », protestantes comme les « Eclaireurs unionistes de France » ou musulmanes mais les « Eclaireurs de France », par exemple, sont laïcs. Le plus grand groupe se nomme simplement « Scouts de France » et le second est l'association française des « Guides et Scouts d'Europe ». Une dizaine seulement est reconnue par le ministère mais tous ces rassemblements ne sont représentés que par un seul organisme, devant les instances internationales, c'est la « Fédération du scoutisme français ». Chaque troupe affiche une tenue spécifique mais tient à conserver le foulard traditionnel et la fleur de lys (ou le trèfle, parfois la croix).
Finalement, le scoutisme et ses valeurs humaines préparent les adolescents à se forger un caractère, à devenir des adultes responsables, d'eux-mêmes d'abord, de leur entourage ensuite. Quel bel objectif, Robert, tu as défini pour les jeunes de ce monde. Face aux difficultés de la vie, toutes les « patrouilles » s'écrient en chœur « Scout, toujours prêt ! ».
Publié par Papyves à 00:10:59 dans Faits de Société. | Commentaires (2) | Permaliens
Encore aujourd'hui, la figure la plus emblématique de l'Argentine est une femme qui n'a jamais gouverné mais a galvanisé son peuple au-delà des espérances même de son Président de mari. Sa disparition prématurée en fera presque une sainte. Maria Eva Duarte, née en 1919, est l'une des 5 filles illégitimes d'un riche éleveur de Junin ( Ouest de Buenos Aires ) mais elle sera élevée par sa mère, humble cuisinière.
A l'âge de 15 ans, Eva se rend à Buenos Aires pour trouver du travail. Elle réussira à se faire une place comme actrice dans des mélodrames de série B et comme speakerine de radio. Cette expérience lui servira plus tard. Elle rencontre le colonel Juan Domingo Peron, lors d'une vente de charité, servant à venir en aide aux victimes d'un tremblement de terre. Elle devient sa maîtresse puis l'épouse, le 21 Octobre 1945, à 25 ans, alors qu'il vient d'accéder au poste de Président de la République, après le coup d'Etat qui l'avait fait ministre. C'est sa revanche, elle qui était à la fois enfant naturel, femme, pauvre et actrice sans succès.
De ce moment, elle va devenir son quasi ministre de la propagande, s'impliquant de plus en plus dans la politique, haranguant, sans mandat officiel, la foule des « descamisados », les sans-chemise, dont elle est issue, avec un réel succès. A l'inverse de la classe dominante qui méprise le peuple ( et donc se méfie d'elle ), elle se fait leur chantre, et joue le rôle d'un trait d'union entre un Peron théoricien politique et hautain et les travailleurs ou les opprimés. Elle crée des abris pour les mères célibataires, des orphelinats pour bébés abandonnés, distribue des vélos, des machines à coudre et des berceaux dans les quartiers pauvres. Cette action démagogique est payante et son mari la laisse agir puisque les fleurs retombent un peu sur sa tête. Eva, qu'on nomme dorénavant Evita, obtient même le droit de vote pour les femmes à la veille de l'élection présidentielle de 1952. Pour couvrir toutes ces actions, elle crée la Fondation Eva Peron dont le but est d'assister les pauvres. Grâce à ses interventions radiodiffusées, elle réussira à faire sortir Juan Peron lui-même de prison où une faction armée l'avait incarcéré.
En 1950, l'Argentine qui a fourni la viande et les céréales aux belligérants de la seconde guerre mondiale, est parmi les 10 pays les plus riches au monde mais Juan Peron a une réputation de dictateur fasciste. Aussi, Eva entreprend-elle une tournée européenne pour redorer son blason. Son passage en Espagne, à Paris et sa visite au Pape sont bien accueillis.
Pourtant, le poste de vice-présidente qu'elle brigue très logiquement, en 1951, ne lui sera pas offert car, bien qu'adulée par le peuple, elle est aussi haïe par l'oligarchie traditionnelle et une partie de l'armée. Le faste de sa garde-robe, sa collection de souliers et la voiture de course Maserati qu'elle s'offre ne plaident pas pour l'image de bienfaitrice qu'elle veut donner.
A 33 ans, l'âge du Christ, elle est emportée par un cancer de l'utérus, le 28 Juillet 1952. Afin que l'hommage de la nation puisse durer, son corps est embaumé par un expert en la matière puis exposé à la ferveur populaire. Mais, en 1955, Juan Peron est renversé et le corps d'Evita est transporté près de Milan, en Italie, où il est enterré sous une fausse identité. En 1971, son cadavre est de nouveau exhumé et envoyé en Espagne où Peron est en exil. Après la mort de Juan Peron en 1974, le corps d'Evita voyage encore et réapparaît aux Argentins, 22 ans après sa mort, dans un état de conservation surprenant. Elle repose enfin dans le caveau familial de Buenos Aires.
La jeune actrice ratée, Eva Duarte, était devenue, grâce à ses discours affectifs et ses actions sociales de charité, judicieusement médiatisées, Evita, la « passionaria des pauvres » son plus beau rôle dans un pays en quête d'identité. Le mythe Evita, entretenu par des biographies et des films, n'est toujours pas retombé auprès des descamisados qui voulaient même la canoniser, ignorant les accointances du régime péroniste avec Mussolini, l'hospitalité qu'il offrait aux anciens nazis et ses comptes en Suisse bien remplis.
Don't cry for me Argentina !Publié par Papyves à 00:22:36 dans Aventures | Commentaires (1) | Permaliens
Si je vous dis que je trace un trait horizontal sur une carte, par exemple le 38ème parallèle, pour séparer deux parties d'un même peuple qui ne s'entendent pas. Si je fais intervenir, pendant 3 ans dans cette zone, pour régler leur problème de frontière, des soldats locaux, américains, russes, chinois et français, et que, au bout de 3 ans, je suis toujours sur le même 38ème parallèle mais en ayant laissé plus de 2 millions de morts de tous côtés, vous allez me prendre pour un fou. C'est pourtant ce qui est arrivé pendant la guerre de Corée de 1950 à 1953.
Après des incidents de frontière répétés et avec l'accord de Staline et Mao Zedong, 500.000 soldats nord-coréens, appuyés par les chars et l'artillerie soviétiques, franchissent, dans la nuit du 24 au 25 Juin 1950, la ligne de démarcation du 38ème parallèle qui sépare leur Etat communiste de la Corée du Sud, sous régime pro-occidental, disons américanisé. C'est le début de la guerre qui sera à deux doigts de tourner au conflit nucléaire.
Défendre la Corée du Sud, pour les Américains, équivaut à maintenir un pôle stratégique face à la Chine devenue, elle aussi communiste, d'autant plus que les Français sont empêtrés dans la guerre d'Indochine et ne pourront plus faire barrage. Le Président Harry Truman obtient du Conseil de sécurité de l'ONU l'accord d'une intervention de « rétablissement de la paix ». C'est le vieux général Douglas Mac Arthur qui est envoyé à la tête d'une armée de 16 nations, dont la France (Monclar, La Grandière), face à des forces Nord-coréennes qui, dans leur élan, ont déjà pris Séoul, la capitale du Sud et poussé jusqu'à Pusan.
Le 15 Septembre, le général MacArthur réussit, par une opération amphibie d'enveloppement, à faire débarquer 80.000 marines dans la baie à l'Ouest de Séoul pendant que la tête de pont de Pusan, au Sud, est consolidée. Pour éviter d'être pris en tenaille, les Nord-coréens sont contraints à la retraite jusqu'au 38ème parallèle. Truman veut profiter de l'avantage tactique et lance une grande offensive, avec les forces onusiennes, jusqu'à Pyongyang, la capitale du Nord, qui est prise le 18 Octobre 1950. Certaines unités poussent même jusqu'au fleuve Yalu qui fait frontière avec la Chine, au grand dam de l'ONU. Menacée, la Chine intervient alors et le général Lin Piao lance une contre-attaque, en Novembre, qui repousse les onusiens trop éparpillés. C'est au tour des communistes d'envahir le Sud et de reconquérir Pyongyang en Décembre puis de dépasser même Séoul en Janvier 1951.
Le Président Truman ne veut pas la guerre avec la Chine car il sait que cela entraînerait un conflit avec l'URSS. Il songe à repousser seulement les Nord-coréens chez eux (opération Killer) mais MacArthur est plus belliqueux et insiste pour que les troupes s'enfoncent en territoire chinois, jusqu'en Mandchourie, en utilisant s'il le faut l'arme nucléaire. Il est limogé et remplacé par Matthew Ridgway en Avril 1951. Finalement, le front se stabilise, peu ou prou, aux abords du 38ème parallèle. Malgré la poursuite d'escarmouches, le long de cette nouvelle guerre de position, des pourparlers de paix sont entamés à l'été 1951 mais ils s'éternisent du fait de la question des prisonniers de guerre Chinois et Nord-coréens qui ne veulent pas retomber sous le joug communiste. Leur sort n'avait, pourtant, rien à envier à celui des milliers de prisonniers onusiens maltraités dans les camps nord-coréens. Les pourparlers sans fin pour des échanges, de part et d'autre, ne trouvèrent pas de solution.
Bien que les prisonniers meurent de mauvais traitements et par manque d'hygiène, les négociations sont même interrompues jusqu'à la mort de Joseph Staline en Mars 1953 et n'aboutissent que le 27 Juillet avec l'armistice signé à Pan Mun Jom entre les représentants de l'ONU, de la Chine et de la Corée du Nord. La Corée du Sud ne signe pas car elle reste opposée ( encore aujourd'hui ) à un texte qui reconnaît la partition de la grande Corée.
Cette guerre fut, par ailleurs, l'occasion d'effectuer des expérimentations sur de nouveaux armements ou des méthodes tactiques, comme les bombes au napalm ou les avions à réaction. L'interdiction par l'ONU de survoler le territoire chinois où étaient basés les avions Mig 15 Nord-coréens imposa la méthode du « containment » dans la Mig alley par l'aviation américaine, basée elle au Japon. Après des revers initiaux, celle-ci put obtenir la supériorité aérienne, avec l'arrivée de ses fameux Sabres.
Ainsi, une lutte de pouvoir entre deux petits pays asiatiques, n'arrivant pas à se mettre d'accord sur leur réunification, a-t-elle impliqué, pendant 3 ans, des troupes chinoises, russes et nord-coréennes contre un contingent des Nations Unies regroupant des soldats sud-coréens, américains, britanniques, français, canadiens, australiens, belges, luxembourgeois, colombiens, éthiopiens, grecs, hollandais, néo-zélandais, philippins, sud-africains, thaïlandais et turcs, ainsi que les unités médicales danoises, indiennes et suédoises. Tout cela pour revenir, 2 millions de morts (civils et militaires) plus tard, au point de départ. Status quo ante bellum. Quel gâchis !
Publié par Papyves à 00:57:19 dans Conquêtes | Commentaires (2) | Permaliens
A la tête de l'Egypte depuis 1954, le colonel Gamal Abdel Nasser rêve de moderniser son pays. Il veut commencer par construire un immense barrage, en amont du Nil, pour réguler le débit du fleuve, multiplier les surfaces irriguées et fournir de l'électricité à sa population. Le coût de ce barrage, à Assouan, est exorbitant mais les USA et la Banque mondiale lui prêtent les fonds nécessaires. Dans le même temps, Nasser envisage d'anéantir Israël et se fait livrer, en 1955, des armes soviétiques depuis la Tchécoslovaquie. Il n'en faut pas plus pour inquiéter le Sénat américain qui retire son offre de prêt, suivi par la Banque mondiale et même les Soviétiques.
C'est une humiliation pour ce jeune Président qui décide de se procurer l'argent en nationalisant le canal de Suez, construit par le Français Ferdinand de Lesseps, et en réaffectant les fonds perçus à la construction du barrage du siècle. Sans doute, a-t-il été influencé par la nationalisation récente des pétroles iraniens par Mossadegh ou incité à le faire par une suggestion américaine. Le 26 Juillet 1956, après s'être assuré du retrait, par accord, des troupes britanniques occupant la zone du canal, il prononce un discours ferme et nationaliste à Alexandrie. « Ce canal est la propriété de l'Egypte ... » puis, ponctuant ses phrases par plusieurs évocations à de Lesseps ( mots codes à ses hommes de main ) « ... à cette minute même, des fils de l'Egypte assurent le contrôle de la Compagnie du canal de Suez, de ses installations et de la direction du trafic ». Il coule ensuite des bateaux dans le canal pour bien montrer sa détermination et entraver la circulation.
Le canal de Suez évite aux navires de faire le tour de l'Afrique pour convoyer des marchandises de l'Asie vers l'Europe, et inversement. Son importance est donc primordiale pour les occidentaux qui l'exploitent et commercent avec les Indes, le Moyen-Orient et l'Asie. Sa liberté d'accès l'est tout autant pour les Israéliens qui ont vu Nasser bloquer le golfe d'Aqaba à plusieurs reprises.
Cette nationalisation surprise provoque donc une crise dans les chancelleries. En France, où l'on voit d'un mauvais œil le soutien égyptien à la rébellion du FLN algérien, Guy Mollet, appuyé par le ministre de la Défense et celui de la Justice, François Mitterrand, mais contre l'avis de Pierre Mendès France, se rallie à l'idée d'une guerre préventive. En Angleterre, le Premier ministre, Anthony Eden, peine aussi à convaincre, contre Neville Chamberlain, de la nécessité d'une démonstration de force contre le « Mussolini du Nil ». Pour Israël, qui n'a que la France comme allié, c'est une occasion de faire stopper les raids croissants des Fedayins, les combattants palestiniens poussés par l'Egypte. Les Etats-Unis temporisent.
Une réunion secrète, à trois, entre Français, Britanniques et Israéliens, se tient à Sèvres, le 22 Octobre 1956, au cours de laquelle il est décidé que Israël mènerait une attaque surprise en direction du canal, provoquant ainsi la montée au front des troupes arabes et que les gouvernements français et anglais imposeraient un ultimatum aux deux belligérants pour qu'ils se retirent à 10 miles de la zone du canal. Nasser refusera l'ultimatum ( c'est ce qu'on avait prévu à Sèvres ), ce qui autorisera les troupes franco-britanniques à bombarder les installations d'aviation égyptiennes et de larguer des parachutistes sur Port Saïd et de part et d'autre du Nil. Le plan marcha à merveille et les positions furent facilement réoccupées le 06 Novembre.
Cependant, Russes et Américains, écartés des préparatifs de cette intervention, n'entendent pas la laisser se dérouler sans qu'ils en tirent profit. Le Maréchal Boulganine menace aussitôt de lancer des fusées nucléaires si l'attaque n'est pas stoppée et le Président Dwight Eisenhower exige, lui aussi, un cessez-le-feu. Pour forcer la main aux Britanniques, qui ont agi sans les avertir, les Américains lancent une attaque monétaire contre la Livre sterling et envoient leurs forces aéronavales en Méditerranée. Les Anglais cèdent et, par contrecoup, les Français. Bien que vainqueurs, leurs troupes doivent se replier et quitter le pays. Une force internationale, sous l'égide de l'ONU, la première apparition des casques bleus, s'installera sur la ligne d'armistice et les Nations Unies condamneront l'action franco-britannique.
Nasser exulte. Sa défaite militaire prend des allures de triomphe diplomatique. Les deux puissances européennes, puissances coloniales déchues, subissent une grave perte de prestige pendant que deux autres puissances, américaine et soviétique, réaffirment leur suprématie. Nasser, devenu le héraut du panarabisme, gouvernera l'Egypte jusqu'à sa mort, à 52 ans, le 28 Septembre 1970.
Une page est définitivement tournée, celle de la « diplomatie de la canonnière » qui annonce l'heure de la décolonisation dans toute l'Afrique et au-delà. Le Proche-Orient deviendra un enjeu durable dans la lutte que se mèneront les nouvelles puissances du monde bipolarisé jusqu'à la chute du mur de Berlin en 1989.
Publié par Papyves à 08:33:18 dans Faits politiques. | Commentaires (3) | Permaliens
Au moment où la carte territoriale des nouvelles implantations militaires vient d'être dévoilée par le Premier ministre, le plan Vigipirate, lui, n'est pas remis en cause. On s'est habitué à ces patrouilles mais nul ne saurait dire quelle part leur présence a joué dans le fait que notre pays semble épargné par les attentats terroristes, à l'inverse des Etats-Unis, de l'Angleterre ou de l'Espagne.
Pourtant, la terreur a déjà envahi la capitale française il y a un peu plus de 10 ans, liée sans doute à la politique extérieure de la France. Une vague d'attentats va frapper le pays en 1995 où, chaque fois, on trouvera la trace d'un jeune Algérien, dont la famille s'était installée à Vaulx-en-Velin et qui est manipulé par le GIA, Groupe Islamique Armé, lié au FIS frustré après des élections gagnées. La branche djazariste du GIA veut remplacer le gouvernement algérien par un Etat islamiste mais la branche salafiste, qui approche Khaled Kelkal, notre homme, veut organiser une révolution islamique mondiale.
Après des études sans problème à Lyon, Khaled sombre dans la délinquance, est arrêté pour vols et braquages et fait son éducation au radicalisme arabe auprès de religieux islamiques, qui meublent ses journées de prison. A sa sortie, en 1992, il est aussitôt intégré dans des réseaux de livraison d'armes en Algérie. Il ne fut sans doute pas difficile de le convaincre d'effectuer des attentats en France.
L'été 1995 sera son point d'orgue. XVIIIème arrondissement, le 11 Juillet, il assassine l'imam Sahraoui dans une mosquée. Lyon Bron, le 15 Juillet, il participe à une fusillade contre des gendarmes. RER B, station Saint Michel, le 25 Juillet, son plus gros coup, il est impliqué avec Boualem Bensaïd, dans l'explosion d'une bombonne de gaz remplie de clous, faisant 4 morts et 117 blessés. Place de l'Etoile, le 17 Août, il est encore là pour l'attentat à la bombe qui blesse 17 personnes. Le 26 Août, il est toujours impliqué dans l'attentat contre la ligne TGV Paris-Lyon. Mais, cette fois, la bombe n'explose pas et ses empreintes digitales sont relevées. Dès lors, il est reconnu, placardé sur tous les murs de police et recherché comme « l'ennemi public numéro 1 ». Malgré la traque dont il fait l'objet, Kelkal réussit à commettre encore deux autres attentats avant d'être abattu. Le 03 Septembre, une bombe dans un square parisien, boulevard Richard Lenoir, fait 4 blessés et le 07 Septembre, une autre explose dans une voiture devant l'école juive de Villeurbanne, faisant 14 blessés.
Ces attentats, et en particulier celui du RER à Saint Michel, ont été revendiqués par le GIA. On cite le nom de Rachid Ramda, protégé de l'émir du GIA, Djamel Zitouni, quand on évoque le cerveau et le financier de ces actions, orchestrées depuis Londres. Mais le terreau des banlieues difficiles, aux abords des grandes villes françaises, leur a fourni la main d'œuvre. Des bandes de petits trafiquants passent ainsi insensiblement de la délinquance classique au djihad, reportant dans leur pays d'adoption l'exacerbation des foules fanatisées du Moyen Orient qu'ils observent à la télévision. Ramda et Bensaïd seront condamnés à perpétuité.
Des ramasseurs de champignons dans la forêt de Marval, le 27 Septembre 1995, signalent aux gendarmes « deux campeurs sauvages » que ceux-ci ont tôt fait de retrouver. Ils sont accueillis par des tirs de fusil Winchester à pompe. Kelkal peut s'enfuir mais deux jours après, il est repéré à un abri de bus par une patrouille de l'EPIGN. Blessé à la jambe, il brandit son pistolet 7,65 mais ne peut s'en servir avant la riposte des gendarmes. Il est tué sur le coup.
Le GIA sera à peine touché par cette perte et, tel le phoenix, renaîtra pour enlever et exécuter, en 1996, les 07 moines trappistes français de Tibhirine en Algérie, encore que cette responsabilité soit aujourd'hui contestée. La France reste vigilante face à cette menace diffuse qui peut frapper aveuglément n'importe quand. On se souvient de l'arraisonnement de l'avion d'Air France, en 1994, sur l'aéroport de Marseille où le GIGN put anéantir les velléités du commando qui voulait projeter l'avion bourré de carburant sur la Tour Eiffel.
Toute parole de nos dirigeants, inappropriée ou perçue comme un outrage par certains fanatiques, peut immédiatement trouver son prolongement dans une action suicide meurtrière pour une foule d'innocents, action qui, aux yeux des auteurs, lave leur honneur et leur ouvre les portes du paradis. On espère que les chefs qui nous gouvernent ont bien cette pensée en tête dans leurs discours diplomatiques.
Publié par Papyves à 01:09:11 dans Faits de Société. | Commentaires (2) | Permaliens
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