C'est sympa un Blog : On peut aller au bout de son monologue sans risquer d'être interrompu. On n'est même pas obligé de lire les commentaires d'autrui.
Non, je rigole, si j'écris c'est pour être lu, pardi. Alors, bonne lecture. Vous pouvez zapper, je ne m'en offusquerai pas.
En fait, si je suis là, c'est parce que je cherche surtout à me souvenir de l'anniversaire du jour. Que s'est-il passé aujourd'hui ? On oublie trop le passé. L'histoire nous apprend pourquoi nous en sommes arrivés là. J'évite quand même de choisir un événement anniversaire qui sera bien médiatisé.
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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Je vous donne mon mail personnel, si vous voulez vraiment me joindre : logetteyves@yahoo.fr,. Merci de votre fidélité. Papyves.
Août 2008, comme si l'Histoire s'amusait à ficeler de tristes coïncidences, les chars russes entrent en Georgie par l'Ossétie, exactement 40 ans après l'entrée de ceux du Pacte de Varsovie, en Août 1968, en Tchécoslovaquie pour y écraser le « Printemps de Prague », selon le terme de Roger Garaudy du PCF.
En Janvier 1968, Alexander Dubcek, 47 ans, accède au secrétariat général du PCT, Parti communiste tchécoslovaque, à la place du stalinien Novotny. Puis il fait élire le vieux général Lutvik Svoboda, l'auteur du « coup de Prague de 1948 » à la présidence de la République, pour rassurer Moscou. Cette nouvelle génération de dirigeants va ouvrir la voie à des réformes hardies, trop hardies pour le Grand frère soviétique, peu enclin à accepter le moindre écart d'un pays socialiste de l'Union et surtout pas ce « Manifeste des 2.000 mots » qui critique le régime. Dubcek va, en effet, à partir d'Avril, instaurer un « socialisme à visage humain » par un programme de démocratisation, largement applaudi par la population qui observe ce qui se passe au même moment en France. Il introduit les libertés de la presse, d'expression et de circulation dans la vie politique et sociale, en supprimant la censure, il enclenche une décentralisation de l'économie et dote le pays d'une nouvelle constitution pour une République désormais fédérale ( égalité des nations tchèque et slovaque qui montraient des velléités d'indépendance ). Les voyages à l'étranger étant autorisés, les Tchécoslovaques se ruent alors à la découverte de l'occident et se prennent à rêver à des lendemains de liberté.
Pendant ce temps, les généraux du Pacte de Varsovie organisent des manœuvres importantes de l'autre côté de la frontière. Encore une manœuvre, pensent les Praguois. Ce qu'ils ne savent pas est que « l'Opération Danube » qui mobilise essentiellement des troupes soviétiques, mais aussi des forces venant de Pologne, Allemagne de l'Est, Hongrie et Bulgarie, a pour mission finale de faire rentrer dans le rang, par la force, ce trublion libéral qui a même osé mettre en prison le chef de la Police qui avait la confiance de Moscou. Début Août, convoqué à Bratislava, Dubcek avait été fermement tancé, en vain, de renoncer à ses lubies hérétiques.
Dans la nuit du 20 au 21 Août 1968, Leonid Brejnev, sous la pression des généraux russes et poussé par Walter Ulbricht, alors à la tête de la RDA, lance les troupes blindées-mécanisées sur les routes tchécoslovaques, en direction de la capitale Prague. 300.000 hommes et 6.300 chars se déversent sur le pays malgré la dérisoire défense passive des habitants qui inversent les panneaux indicateurs ou jettent d'inutiles cocktails Molotov sur les blindés.
A Prague, dès le 18 Août, un avion de l'Aeroflot avait fait débarquer discrètement, sur l'aérodrome de Praha-Ruryne, des parachutistes en civil qui prirent rapidement le contrôle de l'aéroport. Dés lors, les avions Antonov 12 purent décharger troupes et matériels lourds. Une fois rassemblés, le 20 Août, les milliers de parachutistes de la Division aéroportée de la Garde investirent le centre ville dont le Palais présidentiel où le Président Svoboda fut mis en état d'arrestation.
En 24 heures, le « Printemps de Prague » avait été balayé et les choses redevinrent « normales » pour les Soviétiques, après « seulement » 30 morts et 300 blessés. L'URSS a encore une fois démontré qu'elle n'était prête à accorder qu'une « souveraineté limitée » à ses frères du camp socialiste. Les principaux dirigeants du pays, Alexander Dubcek compris, furent transférés à Moscou ou en exil. Un fidèle, Gustav Husak fut nommé Premier Ministre, en Avril 1969, et les structures totalitaires s'imposèrent à nouveau, avec pour commencer la fermeture des frontières. Un étudiant protestataire, Jan Palach, se fit brûler vif en Janvier 1969 pour attirer l'attention des bonnes consciences européennes mais celles-ci, tout comme l'OTAN, n'émirent que de timides protestations verbales. Le Parti communisme français, critique quant à la méthode, ne condamna jamais le retour à la « normalisation ».
La bureaucratie dirigeante soviétique ne pouvait se permettre de partager le pouvoir avec des Etats satellites, sous peine de le perdre entièrement. La réponse d'ordre militaire au mouvement politique de libéralisation tchécoslovaque fut un aveu de faiblesse du système et du régime qui sera finalement balayé par la « Révolution de velours » de 1989 avec Vaclav Havel.
Le peuple aura attendu 21 ans de résistance larvée avant de pouvoir respirer. Enfin.
Publié par Papyves à 01:09:06 dans Faits politiques. | Commentaires (2) | Permaliens
Au milieu de la seconde guerre mondiale, en 1942, les troupes allemandes triomphent sur tous les fronts. La France est totalement occupée, y compris la zone libre au Sud, les Anglais sont cantonnés sur leur île et Hitler porte son effort de conquête sur le front russe, avec 200 divisions à l'Est. Depuis plusieurs mois, Staline insiste auprès des Alliés pour que soit créé un deuxième front à l'Ouest, ce qui soulagerait la pression nazie sur l'Armée rouge.
A l'inverse de l'Anglais Churchill qui y est réticent, l'Américain Roosevelt est partisan d'une opération de débarquement sur les côtes de la Manche française, ce qui permettrait de tester « die Festung Europa », le Mur de l'Atlantique, que les Allemands sont en train de terminer face à l'Angleterre. Churchill se rallie à une opération « limitée », qui aura pour nom « Rutter » et aura lieu en Juin 1942. Les dirigeants canadiens insistent pour être sélectionnés, car leurs soldats, stationnés en Angleterre, ont été peu engagés jusqu'alors. Ce sera donc la 2° Division canadienne, commandée par le général John H. Roberts, assisté de forces aériennes et navales.
Des répétitions, grandeur nature, sur l'île de Wright, permettent d'apporter des corrections au plan et d'entraîner les hommes. Mais l'opération, plusieurs fois reportée à cause de la météo, sera finalement annulée au milieu du Channel, alors que la destination finale, Dieppe, a été annoncée aux troupes. Le secret est éventé et Montgomery veut tout arrêter mais Lord Mountbatten ne l'écoute pas et la replanifie pour le mois d'Août.
Le 19 Août 1942 à l'aube, les 250 bâtiments de guerre de « l'opération Jubilée », accompagnés d'une flottille de 58 aéronefs, arrivent en vue des falaises françaises. Ce sont essentiellement les 4.965 Canadiens des 4° et 6° Brigades, 1.100 Britanniques, 56 Américains et 15 Français de la France libre. Mais il n'y a pas de parachutistes ni les bombardiers que l'Air marshal Harris a refusé de risquer « dans des démonstrations inutiles », donc pas de bombardements préventifs. De plus, l'effet de surprise est perdu car un convoi allemand, parti de Boulogne, a croisé l'armada dans la nuit et a d'ailleurs éparpillé le Groupe n° 5 avec le Commando 3, sur l'aile Est.
La 302° Division d'infanterie allemande est en état d'alerte maximum et se tient prête, du haut de ses fortifications, à neutraliser les plages. C'est un véritable carnage et un déluge de feu qui attend les péniches de débarquement qui peuvent accoster, sous les tirs nourris des mitrailleuses et mortiers allemands, appuyés par des avions qui bombardent en piqué. Plusieurs barges ont raté leur cible, comme les chars Churchill du régiment de Calgary qui seront détruits et ne pourront pas soutenir la première vague. Par manque de communications, dont beaucoup n'ont pas franchi la plage, les compagnies ayant débarqué tentent de progresser isolément, sans lien avec leur voisin. Le Haut commandement de Roberts, au vu de renseignements épars, croit la situation stabilisée à terre et renvoie une autre vague de soldats canadiens qui vont encore grossir le nombre des victimes. Seul, le Commando n° 4 de Lord Lovat, à l'Ouest de Dieppe, réussira sa mission, détruira les canons ennemis désignés et fera même une trentaine de prisonniers.
Lorsque l'ordre de rembarquement, « vanquish » est lancé, en fin de matinée, les valeureux soldats des Saskatchewan ou Highlander regiments, ceux du Royal Hamilton, de l'Essex Scottish, les fusillers Montroyal ou le 14° Cavalry regiment tout comme le Royal Marine auront laissé sur la plage, près de 1.250 morts ou disparus, 1.500 blessés et quelques 2.000 prisonniers qui termineront la guerre dans les camps de concentration nazis. Un nombre impressionnant de matériels sera détruit dont le destroyer Berkeley, 30 péniches de débarquement et 98 avions alliés. Des armes et landing-crafts sont abandonnées sur place. Hitler dira à ce propos « C'est la première fois que les Anglais ont l'amabilité de traverser la mer pour offrir à l'ennemi un échantillonnage complet de leurs nouvelles armes ».
L'opération Jubilée est donc un désastre pour les Alliés mais elle aura permis, au prix du sang, de recueillir des renseignements sur le Mur de l'Atlantique et de préparer la future Opération Overlord de Juin 1944 qui sera camouflée par la manœuvre réussie de déception, appelée Fortitude. Nos amis Canadiens, qui avaient déjà vaillamment combattu en Europe, à Vimy en 1917, ont payé cher cette répétition générale du « Jour le plus long ».
Publié par Papyves à 00:11:22 dans Conquêtes | Commentaires (3) | Permaliens
Le temps d'aller en fumer un.
Chers amis, je dois faire une courte pause dans l'émission de mes bulletins journaliers.
Je serai muet pendant deux ou trois jours.
Alors, patience et merci pour votre fidélité.
En attendant, revisitez mes articles anciens.
Publié par Papyves à 14:28:26 dans Faits de Société. | Commentaires (0) | Permaliens
Sous la pression d'un vaste mouvement nationaliste mené par le Pandit Jawaharlal Nehru, président du Parti du Congrès et miné par l'influence internationale grandissante du Mahatma Mohandas Gandhi, avocat de la non-violence active (Ahimsa), le gouvernement britannique se voit contraint d'accorder, le 15 Août 1947, l'indépendance de l'Inde, jusqu'alors « Empire des Indes » depuis 182 ans. Ce sera dorénavant un « Dominion » du Commonwealth.
Dans le même temps, croyant apaiser les tensions entre les communautés religieuses, et pour donner raison aux exigences de Muhammad Ali Jinnah, le leader de la Ligue musulmane, Lord Mountbatten désigne une Commission chargée d'effectuer la partition en deux Etats, selon des critères de religion majoritaire. Les Hindous et les Sikhs d'une part, les Musulmans d'autre part. L'avocat londonien Cyril Radcliffe, qui ne connaît pas les Indes, trace une frontière qui mutile des zones urbaines et rurales, de populations mélangées. Le Penjab et le Bengale sont à majorité musulmane mais abritent de grosses minorités d'hindous et de sikhs. Lahore et Karachi, villes de commerçants et de fonctionnaires, sont à majorité hindoue. Ce sera le point de départ des massacres inter-ethniques et des déportations de populations.
Le musulman Ali Jinnah décroche le rêve de sa vie : une Inde indépendante en « deux nations » et non pas une Inde unique qui serait un Etat principalement Hindou. De son côté, Gandhi avait souvent mis en garde contre la partition du pays qui engendrerait, disait-il, la « monstrueuse vivisection » de son pays. La Birmanie et Ceylan (Sri Lanka actuel), majoritairement bouddhistes, ne sont pas des enjeux de cette partition.
Le nouveau Pakistan (pays des purs) que Redcliffe vient d'arracher à l'Inde est, en outre, séparé en deux parties éloignées l'une de l'autre de 1.800 kilomètres. Le Pakistan occidental (Karachi) et le Pakistan oriental (Dacca) deviennent deux provinces musulmanes d'une République islamique. L'Inde, membre du Commonwealth, devient une République laïque (Delhi) qui promulgue sa constitution en 1950. Les Etats princiers des Indes, souverains, sont laissés libres de choisir la nation qu'ils souhaitent intégrer. Le choix se fera facilement selon la religion du peuple sauf pour trois d'entre eux, dont le Cachemire (ou Kashmir, en haut à gauche pour les non littéraires) pour lequel le contentieux subsiste encore aujourd'hui.
Pour rejoindre le centre de gravité de leur communauté religieuse, des millions d'indiens vont alors se mettre en mouvement sur les routes et dans les trains. Une migration forcée sans précédent s'organise (encore qu'organisé n'est pas le mot juste). 15 millions de personnes franchissent les frontières dans les deux sens : 9 millions d'hindous et de sikhs quittent le Pakistan, à l'Est et à l'Ouest de la péninsule, alors que 6 millions de musulmans s'exilent d'Inde centrale. Mais, les routes de cet exode deviennent vite l'objet d'un massacre sauvage. Des bandes de toutes communautés, armés de couteaux et de haches, s'acharnent sur les déplacés, femmes et enfants compris. Mêmes scènes d'horreur dans les trains bondés qui amènent les réfugiés des deux côtés, loin de chez eux. Gandhi avait plaidé pour l'harmonie des religions mais des voisins, qui se connaissent, se livrent à un impitoyable massacre. On peut se demander si l'assassinat du Mahatma, le 30 Janvier 1948, n'est pas le dernier meurtre de cette série, plus qu'un geste isolé.
Ces horribles exactions non contrôlées resteront longtemps dans les mémoires et le moindre incident de frontière entraînera souvent un conflit indo-pakistanais, comme en 1947-49, en 65, en 71-74 quand Rahman proclame la création du Bangladesh (à l'Est) et en 1998-99 où les deux belligérants se livrent même à des menaces d'utilisation d'armes nucléaires. Depuis, les relations restent tendues entre Islamabad et New Delhi, notamment à propos du Cachemire, revendiqué aussi, en partie, par la Chine.
Que de telles manifestations de haine entre communautés voisines, allant souvent jusqu'à la guerre, dans une région de plus d'un milliard d'habitants, soient encore possibles aujourd'hui, fait frémir quand on sait que ces deux Etats possèdent un armement nucléaire offensif. D'autant plus que le Pakistan est devenu la base arrière des Talibans et de Alkhaïda.
Publié par Papyves à 00:23:03 dans Faits politiques. | Commentaires (0) | Permaliens
Qui, comme Napoléon, croupit à la fin de sa vie enfermé dans une île, jusqu'à sa mort à 95 ans ? Qui fut Chef d'Etat français et accusé de haute trahison ? Qui est reçu à l'Académie Française et se voit confier le Ministère de la Guerre ? Qui fut condamné à mort à 89 ans, après avoir été le sauveur de la nation ? Qui a été le chef du Général de Gaulle et gracié par celui-ci ? Qui fut Maréchal de France et frappé d'indignité nationale par la justice de son pays ? Qui est choisi par Joffre pour défendre Verdun face aux Allemands ? Qui est choisi par le Parlement unanime pour recevoir les pleins pouvoirs ? Qui laissa faire la rafle du Veldiv, enrôler les Français de l'Est dans la Wehrmacht, partir les travailleurs dans les usines ennemies ? Qui reste le vainqueur de Verdun dans l'esprit de tous les Français et le collaborateur avec Hitler dans celui des politiques ?
Philippe Pétain fut cet homme là, tant aimé et soutenu par tout un peuple, au moment de Verdun et du premier conflit mondial, puis tant haï et rejeté par les mêmes âmes déçues, au sortir de la débâcle et de l'humiliation de la seconde guerre mondiale. Car le personnage est énigmatique et complexe. Officier désigné pour effectuer les cours de tactique à l'Ecole de guerre, juste avant Foch, il est le premier à comprendre le caractère décisif de la coordination artillerie-infanterie-aviation et la nécessité de la supériorité aérienne préalable dans les conflits. Le jeune de Gaulle, affecté dans le régiment de Pétain, s'en inspirera. Il s'élève contre les offensives meurtrières du Chemin des Dames, baïonnette au canon et peste contre l'inutilité de la Ligne Maginot si elle n'est pas associée à des forces motorisées mobiles. C'est ainsi qu'il deviendra le vainqueur de la bataille de Verdun et de la voie sacrée.
En fait, il y a deux Pétain. Le généralissime, habile tacticien, économe de la vie de ses hommes, et qui redonne le moral aux troupes affectées par les mutineries et l'obstination de quelques généraux bornés. C'est le sauveur de Verdun, adulé par tous, celui qui reçoit le bâton de Maréchal en Décembre 1918, des mains de Poincaré, à 62 ans, après avoir gravi ses étoiles au feu. Et il y a le Pétain naïf et crédule, qui a pris goût à la politique et au pouvoir, malgré l'âge avancé ( ou peut-être à cause de l'âge, il a 84 ans en 1940 ) et qui croit qu'il est possible d'oublier l'occupation ennemie pour faire table rase des difficultés en fraternisant, qui prône la révolution nationale et refondatrice. « Travail, Famille, Patrie », retour aux valeurs traditionnelles, pourvu que Hitler nous laisse nous réorganiser. Mais on ne reconstruit pas sa maison pendant qu'elle flambe.
Le héros de 14-18 a fait place, après que les pleins pouvoirs lui soient donnés pour éviter le chaos, à la victime expiatoire qui offre son torse aux coups de l'ennemi pour éviter la perte complète de la souveraineté nationale. Mieux vaut collaborer avec le diable, dans une demie France occupée, que la soumission totale du pays à une Allemagne dont les forces sont écrasantes. Pétain croit sérieusement que, puisque les alliés ne veulent pas s'engager, l'armistice va épargner des milliers de vies humaines, va permettre de conserver la puissante flotte maritime et le vaste empire colonial que Hitler craint de ne pouvoir contrôler. La poignée de mains de Montoire est, selon lui, le prix à payer pour sauver ce qui peut l'être. Et il est suivi, politiques et fonctionnaires lui font allégeance, jusqu'aux exactions de la milice.
Mais la victoire vient d'ailleurs, de l'extérieur où un autre général appelle à la reprise du combat, avec l'aide des Anglo-saxons qui ne peuvent rester l'arme au pied, et l'opinion se retourne à mesure que la victoire se fait plus précise. Comment ce vieux fou a-t-il pu nous entraîner dans ce déshonneur, clament ceux-là même qui l'avaient applaudi, à l'Assemblée ou dans les rues ?
Le 14 Août 1945, on oublie de demander à l'accusé Philippe Pétain de se lever pour écouter la sentence que le Tribunal spécial, désigné parmi les parlementaires et jurés résistants, va prononcer : « condamné à mort pour intelligence avec l'Allemagne » et pour avoir « demandé l'armistice » afin de « prendre le pouvoir » en vue d'instaurer une politique dont l'objet était « de détruire ou changer la forme du gouvernement ». Condamné d'avance dans un procès à charge, avec des défenseurs courageux, tel le général Weygand, mais qu'on n'écoute pas. Puis on le destitue de son rang de Maréchal et de sa dignité nationale. C'est un vieil homme de 89 ans qui est poussé dans une cellule humide de la citadelle de la Pierre-Levée sur l'île d'Yeu où il restera, seul sans voir la mer, plus de 6 ans.
Le plus vieux condamné du monde vit un jour arriver le directeur de l'administration pénitentiaire qui s'appelait Amor. Bien que malade, il ne put résister au plaisir d'un jeu de mots : « Amor, dit-il, Comme moi ? ».
Publié par Papyves à 06:57:08 dans Faits politiques. | Commentaires (5) | Permaliens
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