• Montcalm et les Plaines d’Abraham.

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    Rompant avec 250 ans de rivalité depuis Charles Quint, la France et l'Autriche signent un traité, en 1756, pour contrecarrer la montée en puissance de la Prusse, alliée à l'Angleterre. Ce sera le début de la « guerre de sept ans » qui aura des ramifications outre-mer du fait que les Anglais, voyant que les Prussiens résistent bien tous seuls sur le continent, vont concentrer leur effort sur les possessions françaises aux Indes et au Canada. Louis XV est bien trop absorbé aux frontières de son royaume pour suivre ce qui se passe en « Nouvelle-France », au-delà de l'Atlantique.

    Le ministre de la guerre britannique, William Pitt, confie la conquête de Québec à James Wolfe, combattant brutal et impitoyable. Côté Français, c'est un noble nîmois que l'on envoie, Louis-Joseph de Saint-Véran, marquis de Montcalm, qui est sorti de sa torpeur aristocratique car il avait guerroyé en Rhénanie et à Prague.

    La forteresse de Québec est idéalement placée pour contrôler l'arrivée des navires, en provenance d'Europe, obligés de remonter le Saint-Laurent pour ravitailler l'intérieur des terres. Si les Anglais s'en emparent, ils coupent les liaisons avec la France et l'obligent à capituler.

    Montcalm et Vaudreuil, le gouverneur qu'il découvre sur place, ne s'aiment pas a priori et les relations deviennent même exécrables lorsque le général apprend que Choiseul l'a nommé Lieutenant-général, c'est-à-dire à un rang qui le fait passer devant le gouverneur Vaudreuil. Leur opposition sur la stratégie à adopter ne favorisera pas les choses.

    L'Anglais Wolfe n'avait que 8.500 hommes sur les 12.000 promis mais c'était la fine fleur, bien rodés, disciplinés et aguerris. Les 49 vaisseaux de guerre de la flotte de Saunders qui les emmènent en comptent tout autant. Le campement se monte sur l'île d'Orléans. A l'inverse, côté français, l'armée que put se constituer Montcalm, en arrivant, était très disparate et peu ordonnée. 11.000 miliciens canadiens, 3.000 soldats réguliers, 1.500 paysans, marins ou amérindiens. Pendant plusieurs mois, alors que chaque camp organise sa défense, des mouvements de troupe ou de navires vont tenter de mettre une pression psychologique sur l'adversaire. Les soldats, eux, sont pressés d'en découdre et rongent leur frein.

    La première erreur, majeure, de Montcalm est de laisser la pointe Lévis (ou Lévy) sans défense. Or, cet éperon sur la rive Sud du Saint-Laurent, est juste en face du fort qui entoure la ville haute, à portée de canons (ce qu'il n'avait pas jugé possible). Le marquis estime également que le pied du fort est si abrupt qu'il est impossible d'y accéder avec une troupe lourdement armée. Il va donc concentrer l'essentiel de ses forces de défense sur la rive basse, en aval des fortifications, le long de la côte de Beauport jusqu'au Sault Montmorency. En amont, vers Montréal et Trois-Rivières, il peut compter sur les 3.000 soldats d'élite de Bougainville qui se tiennent en réserve à Cap-rouge, à deux heures de marche et il n'a conservé que 3.500 défenseurs armés à l'intérieur des murs de la citadelle.

    Malgré le harcèlement, type guérilla, des Canadiens et des Indiens, Wolfe prend possession des hauteurs de Lévis avec ses canons. Dès le 12 Juillet, ceux-ci vont entretenir un incessant bombardement de la ville de Québec. Pour les faire taire, Montcalm ordonne une opération commando. Dumas, un de ses lieutenants qui la commande, organise la progression en deux colonnes. Mais, dans la nuit sans lune, les deux colonnes vont se rencontrer et se neutraliser dans une totale confusion. L'artillerie continuera, sans autre résistance, à pilonner la ville et les remparts pendant des semaines.

    Dans le même temps, des reconnaissances sont organisées le long du fleuve pour déceler une éventuelle possibilité d'escalader la falaise. Une brèche est trouvée à l'Ouest, au lieu-dit Anse de Foulon que les barges anglaises investissent dans la nuit du 13 au 14 Septembre 1759. Arrivées en haut du plateau des « Plaines d'Abraham » (du nom du paysan Ecossais propriétaire, Abraham Martin), les 4.400 soldats n'ont pas de mal à bousculer le petit poste de garde à moitié endormi et à s'aligner en ordre de bataille face à l'Est et à la citadelle. Wolfe malade avait placé Townsend au Nord, Murray au centre et Monckton au Sud, tous alignés sur deux lignes.

    Montcalm attendait les Anglais à Beauport, de l'autre côté au Nord-Est et, d'abord incrédule quand on lui rapporte le débarquement vers 04 heures du matin, il s'empresse de rassembler 4.500 hommes pour rejoindre le lieu de la bataille avant que les troupes de Wolfe ne soient aux portes de la ville. Contournant par le Nord, franchissant la rivière Saint-Charles, il arrive à 09 heures aux Plaines d'Abraham.

    La deuxième erreur tactique de Montcalm est d'avoir rompu avec le savoir faire de ses troupes, prôné par Vandreuil, coutumières de coups de main et de harcèlements (ce qui aurait fait merveille dans ce no man's land au sol inégal et entrecoupé de bosquets), pour les placer sur 3 lignes face au dispositif bien ordonné anglais. Descendant des buttes Neveu et emportés par leur élan, les Canadiens de la première ligne s'arrêtent et tirent, mais de trop loin, sur des uniformes rouges qui ne bougent pas. Les Franço-indiens des deux autres lignes s'avancent jusqu'à portée de tir pendant que les premiers rechargent leurs armes. C'est le moment que choisissent les Anglais pour faire feu tous ensemble, dans un coup de tonnerre qui glaçe le sang de tous. De nombreux hommes s'écroulent alors que survient une deuxième déflagration. C'est la débandade dans le camp français et les Anglais commencent la poursuite, baïonnette au canon. Fort heureusement, des tireurs d'élite miliciens et indiens, embusqués dans les lisières entourant la plaine, stoppèrent cette attaque. Ce sont eux qui infligèrent le plus de pertes aux Britanniques. Alors que, sur son cheval, Montcalm essaye de remotiver ses troupes, il est touché dans le dos et peine à franchir, lui aussi, les portes de la cité. Il mourra le lendemain sans savoir que Wolfe a également été blessé mortellement.

    Les pertes britanniques s'élèvent à 58 morts et 600 blessés alors que les pertes françaises sont d'environ 700 morts et blessés. Les renforts de Bougainvile, arrivés deux heures après et qui avaient « marché au canon » ne servirent à rien car Vaudreuil avait déjà envoyé un émissaire pour demander la capitulation, au grand dam du Chevalier de Lévis qui n'accepte pas la capitulation et repartira, un an plus tard, en Avril 1760, en reconquête depuis Montréal. Il infligera cette fois une sévère défaite au général britannique James Murray sur les hauteurs de Sainte-Foy dominant la forteresse de Québec. Courte victoire car les premiers navires qui abordent le Saint-Laurent sont anglais. Ainsi, sans renforts de métropole, ce sursaut d'orgueil de Lévis n'empêchera pas la perte de Montréal et de Trois-Rivières peu après.

    Finalement, la défaite des Plaines d'Abraham précipite la déroute de la France qui doit signer le Traité de Paris en 1763, par lequel elle rend l'essentiel de ses possessions en Amérique du Nord. Pourtant, bien qu'abandonnés par la mère patrie, les habitants de la belle province resteront attachés à leur langue et à leur religion. Résistant à toutes les pressions anglaises, les 65.000 pionniers deviendront 07 millions 800 milles fiers Québécois. Merci Cousins !

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