• Goodyear dans la misère.

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    La société Goodyear se dispute, avec Michelin, le haut du panier de l'industrie mondiale du pneumatique. Elle doit son existence à la passion d'un homme et à un heureux hasard. L'homme s'appelait Charles Goodyear, quincaillier en faillite, mais obsédé par le caoutchouc dont il réalisait toutes sortes d'objets et de vêtements. Bien que toutes ses expériences, pour en améliorer la résistance, soient un échec, il persévère et fait toutes sortes de mélanges et de cuissons, sans succès. Le matériau utilisé, latex issu de la sève laiteuse de l'hévéa incisé, fond à la chaleur et craque à basse température. Il est connu depuis longtemps des peuples d'Amérique du Sud, sous le nom de « cahuchu » et découvert par les conquistadors.

    L'heureux hasard intervint le jour où, en 1839, Charles oublia un morceau de caoutchouc sur le poêle brûlant, après qu'il l'ait mélangé avec du souffre. Curieusement, la matière qu'il retira du poêle avait une autre consistance et se révéla être extrêmement résistante en même temps que très souple. Goodyear venait d'inventer le procédé connu aujourd'hui sous le nom de « vulcanisation », d'après Vulcain, le Dieu du feu chez les Romains. Pourtant, il n'en deviendra pas riche pour autant car il tarda à déposer son brevet, qui ne lui sera accordé que le 15 Juin 1844, et d'autres, tel Hancock lui soufflèrent les bénéfices de la découverte. Criblé de dettes, contractées pour ses multiples expériences, Charles Goodyear fit même plusieurs passages par la case prison. A sa mort, en 1860, il devait encore 200.000 dollars.

    Aujourd'hui, l'entreprise qui porte son nom ( mais n'a rien à voir avec sa famille ) est florissante et fait vivre 300.000 personnes, rien qu'aux Etats-Unis. Certaines des réalisations contemporaines, décrites comme de « nouvelles » applications pour le caoutchouc, avaient en fait été proposées par Goodyear, un siècle plus tôt. C'est le cas des emballages alimentaires extensibles, sous forme de films plastiques, de la peinture caoutchoutée, des ressorts de voiture, des canots de sauvetage, des combinaisons de plongée, etc ...

    Mais l'inventeur génial et têtu était aussi un philosophe, à sa manière. «  La vie, disait-il, ne saurait être évaluée selon les richesses accumulées. Je ne suis pas disposé à me plaindre que d'autres aient récolté les fruits de ce que j'ai semé. Un homme ne devrait avoir de regrets que lorsqu'il sème et que personne ne récolte ». Quel bel exemple de désintéressement. Comme on voudrait des patrons et des chercheurs de cette trempe !

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 15 Juin 2008 à 23:53
    Hasard
    Le hasard fait souvent bien les choses, et ce n'est pas la seule découverte qui lui doit le succès. Reste quand même l'idée du départ propre à l'esprit d'un homme; et sa ténacité. Quant à Michelin, je crois que c'est lui (le fondateur) qui disait qu'il n'était pas inquiet car le pneu subsisterait, même si les automobiles venaient à disparaître.
    2
    Lundi 16 Juin 2008 à 01:09
    Besoins
    Merci Patrick pour cet éclairage nouveau. L'homme se crée des besoins (automobile) qui nécessitent des techniques et productions nouvelles (pneus) et, après en avoir inondé le monde, ne sait plus quoi faire des carcasses qui défigurent nos paysages.
    3
    Olivier
    Mardi 17 Juin 2008 à 17:05
    ?!?
    Tres bien sauf la fin qui m'a fait bondir: " Quel bel exemple de désintéressement. Comme on voudrait des patrons et des chercheurs de cette trempe !" Pourquoi mettre les chercheurs dans le meme sac que les patrons ? (et on sait qu'en France "patron" est quasiment synonyme d'esclavagiste) Les chercheurs bossent comme des fous, sont tres largement sous-payes au vu de leurs competences, et se font tout le temps piquer leurs decouvertes par des hommes d'affaires (l'exemple Goodyear est un cas d'ecole). Et puis pourquoi sous-entendre qu'il serait mal d'avoir l'ambition de s'enrichir grace a son travail ? On ne reproche pourtant jamais aux cheminots et aux profs de demander une augmentation, alors que ce nos impots qu'ils ponctionnent...
    4
    Mercredi 18 Juin 2008 à 10:00
    Chercheurs
    Merci Olivier de cette réaction d'humeur qui me permet de préciser ce que je voulais dire. Je ne critique pas les chercheurs dont je connais le travail ingrat mais les conditions dans lesquelles on les place en France, locaux étriqués, moyens désuets et insuffisants, ni soutien ni reconnaissance de la nation. J'aurais du dire des Directeurs de recherche car on connait des lauriers qui ont été gagnés sur le dos, peu récompensé, de petites mains de l'ombre. Et où avoir lu que je trouvais mal de s'enrichir grâce à son travail ? Je pense tout le contraire.
    5
    Lepen
    Jeudi 19 Juin 2008 à 09:01
    Héros ordinaire
    Un chic type ce Goodyear, je m'arrangerai pour citer sa devise et faire honneur à son humanisme sympathique. Il le mérite bien. Merci pour ce formidable article Papyves!
    6
    Jeudi 19 Juin 2008 à 09:39
    Chic Type
    Merci Lepen pour ces paroles amicales. C'est vrai que voilà une belle maxime philosophique qu'on devrait mettre plus souvent en pratique.
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