• Guide spirituel de la révolution chiite, l'ayatollah Khomeyni  arrive au pouvoir en Iran, le 11 Février 1979, après avoir renversé le Shah, Mohammad Reza Pahlavi. Une dictature de fanatiques religieux en remplace une autre d'inspiration occidentale.

    Rouhollah Mousavi Khomeyni possédait les titres d'Ayatollah ( « signe de Dieu » en arabe ) et de Sayyed ( « seigneur, descendant du prophète » ). Né en 1902 dans une famille très croyante, où figurent déjà des Ayatollahs, il devient professeur de théologie à Qom puis se lance dans l'opposition aux réformes de modernisation du Shah. Ces réformes, appelées « révolution blanche » incluaient notamment le droit de vote des femmes, inacceptable. Arrêté en 1963 à la suite d'émeutes puis condamné à mort, il est rapidement gracié par le Shah pour ne pas être perçu comme un martyr.

    Forcé alors à l'exil en Turquie puis en Irak, il radicalise son discours au point d'indisposer ses hôtes et part pour Neauphle-le-Château, en France, sans même demander l'asile politique. C'est de là qu'il galvanise, à distance, ses fidèles pour l'établissement d'une révolution islamique, prônant le pouvoir absolu du religieux. De retour dans son pays, il prend le pouvoir le 11 Février 1979 et devient le « Chef spirituel suprême » par qui toute décision doit passer, y compris l'approbation de l'élection du premier Président de la république islamique d'Iran, Bani Sadr. Le régime s'appuie alors sur un véritable culte de la personnalité et une régression des droits acquis dans la période précédente. Les droits de l'homme, en particulier, seront amplement bafoués et toute référence occidentale interdite. C'est ainsi que des étudiants acquis à sa cause retiendront en otage 52 citoyens américains pendant 445 jours, entre 1979 et 1981, dans l'ambassade des Etats-Unis. L'opération héliportée, lancée par Jimmy Carter, pour les libérer tournera à la catastrophe. C'est ainsi également que Salman Rushdie sera condamné à mort par une fatwa pour avoir blasphémé le Prophète dans son livre «  les versets sataniques ».

    Craignant l'expansion d'une révolution chiite au-delà des frontières d'Iran, le Président Irakien Saddam Hussein ( qui lorgnait aussi sur le pétrole ) envahit l'Iran en Septembre 1980, entraînant de ce fait les deux pays dans une guerre de huit ans qui les ruinera démographiquement. Après la guerre, Khomeyni ordonnera l'exécution de 30.000 prisonniers politiques.

    L'Ayatollah Khomeyni sera finalement terrassé par une hémorragie interne le 03 Juin 1989. Une foule d'un million d'Iraniens accompagnera ses obsèques.

    Plusieurs guides suprêmes lui succéderont et plusieurs présidents tenteront d'améliorer l'économie d'un pays pourtant gros exportateur de pétrole mais aucun ne relâchera la bride sur une population opprimée et muselée. 

    Qu'est donc la Perse devenue ?

     


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  • C'est le 22 Janvier 1980 qu'Andrei Sakharov est arrêté et déporté à Gorki ( Nijni-Novgorod ) avec son épouse Elena Bonner. Docteur en physique, il avait été un des contributeurs du programme de recherche aboutissant à la première bombe thermonucléaire (H) soviétique en 1953. Parallèlement à ses recherches, et de plus en plus fortement, il affirme son intérêt pour les droits de l'homme et le contrôle des armes nucléaires (il participe notamment à l'élaboration du traité de Moscou de 1963 interdisant les essais atmosphériques). Ses prises de position en faveur des Droits de l'homme en URSS, contre les tentatives de réhabilitation de Staline et contre la répression qui s'abat sur les dissidents sous Brejnev lui valent l'estime du monde entier, pas du KGB.

    Dans le bloc soviétique, sous Staline et Brejnev, la société est encadrée, embrigadée et la répression s'abat sur tous ceux qui ne se conforment pas au modèle, notamment les intellectuels. Passé au premier plan de l'opposition au régime, avec l'écrivain Alexandre Soljenitsyne, Sakharov dénonce les internements arbitraires, les camps de travail, les multiples violations des libertés fondamentales. En 1975, les autorités refusent de lui délivrer un visa pour se rendre à Oslo, pour recevoir le prix Nobel de la Paix qu'il vient de recevoir. A partir de 1980, il est assigné à résidence et ne pourra retrouver sa liberté de mouvement qu'avec l'arrivée au pouvoir de Gorbatchev.

    Et dire qu'il est encore des régimes qui croient qu'on peut embrigader la pensée humaine et museler l'opposition. Le monde n'avance que par la contestation tout comme les peuples n'accèdent à la liberté que grâce à l'éducation.

    Curieux et paradoxal, quand même, d'avoir attribué le Prix Nobel de la Paix à un des inventeurs de la bombe atomique qu'on appellerait aujourd'hui de destruction massive.

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  • Le 21 janvier 1793, à 38 ans, le roi Louis XVI est guillotiné sur la Place de la Révolution, devenue Place de la Concorde en 1795. Le 14 janvier, la Convention nouvellement élue, emmenée par Robespierre, déclare le roi de France dit « Louis Capet », coupable de trahison. Pour le peuple de Paris, la fuite avortée à Varennes en est la preuve formelle. Depuis son emprisonnement aux Tuileries avec sa famille en Août 1792, il est clair que la royauté est vaincue. Le 17 Janvier, la peine de mort est prononcée, le 21, la tête tombe.
    Pendant que le bourreau Sanson lui met les sangles dans le dos, le roi de France s'écrie : « Peuple, je meurs innocent, je pardonne à mes ennemis, je désire que ma mort soit...» Un roulement de tambour couvre ses dernières paroles. Le couperet tombe. Il est 10 heures 22. Le bourreau présente alors la tête de Louis XVI au peuple, cependant que s'élève un immense cri : " Vive la Nation ! vive la République ! "

    A une voix près, peut-être celle de Philippe d'Orléans, dit Philippe-Egalité, cousin du roi, celui-ci aurait sans doute bénéficié du sursis. Deux mois auparavant, en Novembre 1792, la découverte opportune d'un coffre dans les appartements royaux avait mis à jour la correspondance secrète entre Louis XVI et Mirabeau, confirmant que le roi complotait, avec le duc de Brunswick, contre le gouvernement élu par l'Assemblée Législative. Cette  révélation pèsera lourd dans le procès à venir, malgré  le soutien des « Girondins ».

    On connaît la suite et la terreur qu'imposa Maximilien de Robespierre au nom des « Montagnards ». Le 16 Octobre 1793, Marie-Antoinette, épouse du roi déchu, sera à son tour guillotinée en place publique.

    Aujourd'hui, on entend encore parfois en politique, certains s'exclamer : «  il ne suffit pas de dire que des têtes vont tomber, encore faut-il dire lesquelles ». Fort heureusement, c'est un effet de style. Ne tombent que les masques. Faut-il en conclure que la politique s'humanise ? Pas sûr.


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  • Le 20 Janvier 1942, quinze hauts responsables nazis et des officiers SS se réunissent à Wannsee, près de Berlin, sous la présidence de Reinhardt Heydrich, chef des services secrets, afin de débattre de la « solution finale » c'est-à-dire l'extermination systématique de tous les Européens israélites ou considérés comme tels. La pire des clauses annoncées dans le programme nazi défini à Munich ( et déjà visible dans « Mein Kampf » ) se voyait concrétisée.
    Lors de cette conférence, il est décidé que les Juifs d'Europe ( mais aussi tsiganes, communistes et homosexuels ), en état de travailler seront transférés dans des camps de travaux forcés et que ceux qui en seraient incapables seront éliminés purement et simplement. C'est en Pologne que commence ce génocide qui verra périr plus de six millions d'entre eux.
    La SS, garde d'élite, considéra bientôt que les méthodes mobiles d'extermination, principalement par arme à feu et camions à gaz ( comme à Chelmno ), étaient insuffisantes et psychologiquement difficiles pour ...les assassins. On leur préféra l'élimination de masse dans des camps de concentration puis d'extermination tels que Treblinka, Belzec, Auschwitz-Birkenau, Buchenwald, Dachau, Mauthausen, Ravensbrück, etc....
    Sinistre liste dont on voudrait oublier les noms comme on voudrait oublier ceux de Himmler, Goering, Eichmann, Goebbels ...et Hitler ! De toute l'Europe occupée, partiront des convois bondés à destination des camps d'extermination systématique.
    Lorsque les soldats russes pénètrent dans le camp d'Auschwitz, le 27 Janvier 1945, ils découvrent avec horreur des fours crématoires encore brûlants de cendres humaines et les chambres à gaz où les déportés, nus, entraient «  pour prendre une douche ».
    Il est regrettable de constater que, même en zone occupée, une administration aux ordres et des fonctionnaires zélés comme Bousquet ou Papon, participeront à cette honte organisée.
    Décidemment, l'homme est capable des pires choses comme des meilleures. Aucune période de l'histoire n'y échappe, voyez la Saint Barthélemy et le 11 Septembre.
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  • Le 17 Janvier 1991, à 03 heures du matin, débute l'opération «  Desert Storm  », tempête du désert, menée par une coalition internationale pour attaquer l'Irak de Saddam Hussein, coupable d'avoir annexé l'émirat du Koweit pour son pétrole.

    En Août 1990, en effet, Saddam Hussein veut se venger de la décision unilatérale du Koweit d'augmenter sa production de pétrole de 20%, ce qui fait chuter les cours et donc les recettes de l'Irak qui était déjà sorti exsangue de sa précédente guerre avec l'Iran. Pour cela, il envahit le Koweit, facilement tant la résistance est faible. Mais il est aussitôt surpris par la violence des réactions internationales car cette annexion risque de déséquilibrer le marché du pétrole.

    Inquiètes et désinformées par les Américains, les monarchies arabes du Golfe pensent que l'Arabie saoudite sera la prochaine cible de Saddam et elles acceptent alors, pour être défendues, l'intrusion de forces « infidèles » sur leur sol.

    Le Général américain Norman Schwarzkopf prend la tête d'une coalition de 605.000 hommes venant de 28 pays différents, en application de la résolution 678 du Conseil de sécurité de l'ONU. Les bombes pleuvront pendant 42 jours sur ce que les occidentaux pensaient être la quatrième puissance militaire du monde, laissant le champ ( on devrait dire le sable ) libre aux forces terrestres ( parmi lesquelles la Division Daguet française ) pour foncer sur Bagdad. Mais elles n'y entreront pas, stoppées qu'elles furent par un Président Bush ( père ) inquiet de voir que les chiites du Sud de l'Irak ( alliés de l'Iran ) se soulèvent contre Saddam. Le pays risquant de sombrer dans la guerre civile, ce qui compromettrait l'installation durable américaine dans la région, Schwarzkopf reçoit l'ordre d'arrêter la percée aux portes de la ville.
    Cette « Guerre du Golfe » aura fait
    plus de 200.000 morts du côté irakien dont une moitié de civils et seulement une grosse centaine du côté allié. Saddam Hussein est rentré dans le rang, une puissante base militaire anglo-saxonne peut stationner, pour longtemps croit-on, au milieu des champs de pétrole. Tout le monde semble satisfait.

    Mais on connaît la suite, malheureusement. Les attentats du 11 Septembre 2001 à New York ont réduit à néant ce précaire équilibre.

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