•  En Janvier 1933, rompant enfin avec une succession d'échecs ( Baccalauréat raté, concours de l'Académie des Beaux-Arts manqué, réformé à l'incorporation en Autriche, sa patrie d'origine ), Hitler accède au pouvoir en Allemagne. Il tient sa revanche et va l'exercer jusqu'à l'absurde.
    En annexant l'Autriche qu'il investit avec ses véhicules blindés le 12 Mars 1938, Adolf Hitler réalise le rêve des nationalistes allemands et autrichiens qui n'avaient jamais accepté les traités de Versailles et de Saint-Germain, signés en 1919, dont l'une des clauses interdisait le rattachement de l'Autriche à l'Allemagne.
    Ce rêve, c'est « l'Anschluss », de l'allemand « anschliessen = rattacher », qu'un référendum truqué ( 99% de votes favorables ) avalisera le 10 Avril 1938. L'Autriche est réduite à une simple province du Reich, l'Ostmark et le chancelier Schuschnigg ( qui avait été sommé de nommer l'avocat nazi Seyss-Inquart au ministère de l'Intérieur et de la Sécurité) cède sa place à un Statthalter dépendant de Berlin.
    L'acceptation de Mussolini et l'absence de réaction du côté français et britannique vont encourager Hitler à continuer dans la voie des coups de force qui aboutira à la Seconde Guerre mondiale. En effet, les démocrates occidentaux sont encore pleins d'illusions sur le Führer, reconnu « Homme de l'année » par Time Magazine, en 1938, la France reconnaît l'Anschluss comme une affaire intérieure allemande et Mussolini, qui s'était pourtant emporté contre Hitler au moment de l'assassinat de Dollfuss, ne peut plus rien lui refuser pour faire accepter l'invasion italienne de l'Ethiopie.

    Après l'Autriche, Hitler se tourne vers la Tchécoslovaquie, riche en ressources agricoles et minières. La question des « Sudètes », de culture germanique, lui en offre l'occasion : il réclame leur rattachement à l'Allemagne. Les accords de Munich, en Septembre 1938, entre Daladier, Chamberlain et Hitler, scellent la mort de la Tchécoslovaquie comme Etat indépendant, en donnant raison à ce dernier.

    On connaît la suite, l'invasion de la Pologne puis de la Belgique, l'entrée en guerre des Alliés et la prise en tenaille des troupes nazies entre les deux fronts français et russe.

    De quoi faut-il le plus s'étonner ? De la folie mégalo-maniaque d'un dictateur ou de la faiblesse de ses contemporains qui le regardent faire sans réagir ?

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  • C'est dans une famille de la noblesse provençale d'origine italienne que naît dans le Loiret, le 09 Mars 1749, Honoré-Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau, qui sera tout à la fois révolutionnaire, écrivain, diplomate, franc-maçon, journaliste et homme politique français.

    Peu aidé par son physique ingrat, libertin, voire débauché bien qu'incorporé à un régiment, il contracte des dettes, ce qui provoque la colère de son père qui le fait enfermer au Fort de Vincennes afin de le soustraire à ses créanciers. Puis c'est l'exil dans le Doubs, au château de Joux d'où il s'enfuit avec l'épouse d'un marquis, vers les Provinces-Unies ( la Hollande ). Pendant ses nombreuses détentions, il écrira, entre autres, des pamphlets sur les prisons d'état et le despotisme.

    Après la prison et une courte mission en Europe, il retourne chez lui, en Provence, et se présente aux Etats généraux de 1789. La noblesse, dont il est pourtant issu, le repousse et c'est au nom du « Tiers état » qu'il sera nommé à Aix et Marseille. On découvre alors, derrière le visage ravagé par la petite vérole, un orateur et un tribun des plus énergiques, usant de sa voix de stentor pour convaincre.

    Mirabeau entre même dans l'histoire lorsqu'il apostrophe, en Juin 1789, l'officier venu porter l'ordre du Roi de dissoudre l'Assemblée constituante, en ces termes : « Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes ». Même si la phrase authentique était plus alambiquée que celle que la légende conserve, ce sont des propos qui bâtissent une réputation.

    Aristocrate libéral, il participe à la rédaction de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Il aide l'abbé Sieyès à transformer les Etats généraux en Assemblée nationale et réussit à s'en faire élire Président en Janvier 1791. Mais, pour l'empêcher d'être ministre, l'Assemblée avait voté, en Novembre 1789, une loi interdisant aux députés d'être aussi ministres. Furieux, Mirabeau va intriguer auprès du Roi et deviendra son conseiller mais il n'eut pas le temps de mettre tous ses projets à exécution car il mourut prématurément, le 02 Avril 1791.

    Sa mort fut ressentie comme un deuil national, tant sa popularité était grande. Son corps fut alors déposé au Panthéon, puis en sera soudainement retiré lorsque des documents seront découverts dans l'armoire de fer de Louis XVI prouvant sa collusion avec la cour. On jettera ses cendres dans les égouts de Paris.

    Triste fin pour le plus grand orateur que nous eûmes jamais, grand défenseur de la liberté de la Presse, révolutionnaire partisan d'une monarchie constitutionnelle mais dont le double jeu aura finalement raison.

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  • Fils d'un paysan géorgien, ancien séminariste, Joseph Staline a réussi à éliminer tous ses opposants pour instaurer, à la tête du Parti communisme d'Union soviétique, une dictature personnalisée, héritière de la révolution bolchevique de Lénine. De son vrai nom Iossif Vissarionovitch Djougachvili, celui que les russes appelleront le « Petit Père des Peuples » s'éteint tranquillement dans son lit, à Moscou, le 05 Mars 1953 après avoir fait disparaître des millions de personnes dans les goulags.

    Par un jeu patient d'intrigues, d'alliances successives avec les diverses factions du parti unique bolchevik et en s'appuyant sur la Tcheka ( police politique ) à sa main, Staline ( homme d'acier en russe ) accéde progressivement au pouvoir absolu, transformant l'URSS en un « régime totalitaire » marqué par des purges massives de populations et le culte de la personnalité. Peu porté à l'internationalisme, méprisant envers le Komintern, il théorise sa politique sous le nom de « Marxisme-Léninisme » et crée le Gosplan pour contrôler les objectifs de planification qu'il rehausse d'année en année.

    Lénine le trouve trop brutal et lui préfère Trotski mais Lénine est déjà malade et ce bureaucrate laborieux et discret, en apparence, qu'est Staline a déjà tissé son réseau en éliminant tous ses opposants, fussent-ils de sa famille. Il règle ses comptes avec les généraux, les techniciens et spécialistes compétents qui ont osé contredire ses directives irréalistes, ordonne la déportation de milliers de Polonais et Baltes, suspects à ses yeux et il sédentarise les nomades du Kazakhstan qui perdent ainsi leurs traditions culturelles.

    Craignant, par ailleurs, l'invasion de l'extérieur par les capitalistes, il entreprend, pour y faire face, une industrialisation forcée de l'économie qui draine toutes les énergies et une collectivisation des ressources rurales qui mène les campagnes à la ruine et à la famine. Les kolkhoses et sovkhoses n'étant pas rentables à la longue, il concède, en 1935, un lopin de terre aux paysans mais c'est bien tard, le mal est fait, le cheptel a été mangé sur place pour se nourrir, la famine a fait des millions de morts, les Koulaks ( paysans supposés riches ) ont été déportés par familles entières vers la Sibérie et abandonnés à leur sort.

    Malgré ses exactions criminelles, son aura reste grande dans le pays du fait qu'il est assimilé au vainqueur de la Seconde Guerre mondiale contre le Nazisme qu'il a contribué à écraser sur le front Est, notamment à Stalingrad. Le pacte qu'il avait signé en 1939 avec Hitler pour se partager la Pologne est oublié. Présent à la Conférence de Yalta, aux côtés de Roosevelt et de Churchill, Staline en profite pour placer les pays de l'Europe de l'Est sous le contrôle de l'URSS avec des gouvernements pro-soviétiques.

    Son successeur, Nikita Khroutchev, attendra 1956 pour rompre officiellement avec le Stalinisme mais nombre de russes lui sont encore gré d'avoir hissé le pays au niveau d'une grande puissance mondiale. Le peuple n'a pas de mémoire.

     


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  • Descendant en droite ligne d'un émigré français originaire de l'île de Ré, George Washington est élu, à l'unanimité, premier Président des Etats-Unis d'Amérique, le 04 Mars 1789. Il deviendra ensuite une figure mythique de la jeune République, en quelque sorte le Père de la Nation. Consécration suprême, son nom sera donné à la nouvelle capitale fédérale ( Washington DC ) dans l'année qui a suivi sa mort.

    Né en Virginie au foyer d'un riche propriétaire terrien, il doit prendre la tête du domaine de Mount Vernon, à la mort de son père, alors qu'il n'est encore qu'un adolescent. Adjudant dans l'Armée de Sa Majesté britannique en 1753, il est envoyé sur l'Ohio pour contenir les Français de la rive d'en face. Le récit qu'il publiera de cette mission lui acquiert une popularité immédiate. Devenu maître des Francs-maçons puis officier, il s'illustre ensuite pendant la guerre de Sept ans ( 1756-1763 ) puis pendant la guerre d'Indépendance pour laquelle il délaisse son mandat de député de Virginie pour devenir le chef des troupes insurgées. Malgré des troupes mal équipées, il résiste avec honneur et courage aux forces anglaises, jusqu'à la victoire décisive de Yorktown, obtenue en bonne partie grâce aux Français.

    Après le Traité de Versailles qui consacre son triomphe, George Washington se retire sur son domaine de Mount Vernon, en Virginie. Il en est rappelé une nouvelle fois en 1787 pour présider la Convention chargée de donner une Constitution à la Fédération.

    Elu Président des Etats-Unis en 1789 contre John Adams, l'un des leaders de la guerre d'Indépendance qu'il prendra quand même comme premier ministre, il sera réélu pour un second mandat de quatre ans mais refusera le troisième.

    Retiré de la vie politique en 1797, il meurt en pleine gloire, à l'âge de 67 ans, en 1799. Administrateur habile, il a laissé son empreinte sur les institutions du pays et sur l'histoire fédérale.

    George Washington est l'un des quatre présidents dont le visage est sculpté dans le Mount Rushmore ( voir mon billet du 31.01.08 ), son portrait est dessiné sur le billet de Un dollar US et sur de nombreux timbres. Le troisième Lundi de Février est un jour férié fédéral pour fêter son anniversaire.

    L'Amérique ne pouvait pas rêver plus grand Premier Président pour initier la légende de la nation.

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  • Après la Révolution d'Octobre ( Novembre 1917 ) en Russie, les Bolcheviques instaurent, avec Lénine, un communisme d'état strictement encadré. Le Tsar Nicolas II a abdiqué, les armées «  blanches » ont été vaincues à Sébastopol, le Bolchevisme peut régner sans partage. Ce n'est pas du goût des marins révolutionnaires de Kronstadt qui revendiquent un pouvoir à des Soviets ( conseils de délégués des ouvriers, soldats et paysans ) libres de déterminer le déroulement de la révolution et non plus au parti léniniste seul. « Tout le pouvoir aux soviets » montre bien l'espoir d'une démocratie socialiste réelle. Elle sera écrasée.

    Le 28 Février 1921, l'équipage du cuirassé Petropavlosk, amarré dans cette ville de garnison qu'est Kronstadt, sur une petite île à 30 kilomètres à l'Ouest de Saint-Pétersbourg ( Petrograd à l'époque puis Léningrad ), s'insurge contre la dictature du parti communisme et réclame la réélection des soviets, la liberté de réunions, le travail libre pour les ouvriers et les paysans. Le cuirassé Sébastopol puis toute la ville les suivront car on ne supporte plus les méfaits des bolcheviques qui multiplient les exécutions sommaires, bien que la guerre civile soit terminée, réquisitionnent les récoltes et réduisent les prolétaires à la famine. Mais Zinoviev et surtout Trotski, commissaire à la guerre, craignent qu'une contre-révolution ne s'étende au reste du pays, voire à l'Europe et décident d'écraser cette rébellion, sans même écouter les revendications de ces protestataires qui osent clamer : « Il est clair que le parti communiste russe n'est pas le défenseur des travailleurs qu'il prétend être ...s'étant emparé du pouvoir, il n'a plus qu'une seule crainte : le perdre. »

    Au bout de seize jours, les soldats de l'Armée Rouge, commandés par le futur maréchal Toukhachevski, s'emparent de Kronstadt et de sa citadelle en progressant sur la surface gelée du golfe de Finlande. 900 marins sont exécutés tandis que 8.000 parviennent à fuir vers la Finlande, des milliers d'autres seront déportés en Sibérie ou au Caucase. La répression de la tchéka se poursuivra pendant des semaines par l'élimination des prisonniers dans un bain de sang.

    Lénine tire très vite les enseignements de la révolte. Dès le 12 Mars 1921, il annonce devant le Congrès du parti la mise en œuvre d'une Nouvelle politique économique ( NEP ) destinée à relancer l'initiative paysanne. Dans le même temps, il liquide les derniers partis politiques à l'exception du parti communiste.

    Il a eu très peur qu'à l'instar du cuirassé Potemkine, en 1905, la révolte d'un autre cuirassé ne lui conteste la mainmise sur l'appareil communiste qu'il venait de conquérir. Ouf, il peut rétablir la « dictature du prolétariat » qui, bien sûr, ne signifie rien moins que la dictature du Parti.


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