• Evita, la Madone de Peron.

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    Encore aujourd'hui, la figure la plus emblématique de l'Argentine est une femme qui n'a jamais gouverné mais a galvanisé son peuple au-delà des espérances même de son Président de mari. Sa disparition prématurée en fera presque une sainte. Maria Eva Duarte, née en 1919, est l'une des 5 filles illégitimes d'un riche éleveur de Junin ( Ouest de Buenos Aires ) mais elle sera élevée par sa mère, humble cuisinière.

    A l'âge de 15 ans, Eva se rend à Buenos Aires pour trouver du travail. Elle réussira à se faire une place comme actrice dans des mélodrames de série B et comme speakerine de radio. Cette expérience lui servira plus tard. Elle rencontre le colonel Juan Domingo Peron, lors d'une vente de charité, servant à venir en aide aux victimes d'un tremblement de terre. Elle devient sa maîtresse puis l'épouse, le 21 Octobre 1945, à 25 ans, alors qu'il vient d'accéder au poste de Président de la République, après le coup d'Etat qui l'avait fait ministre. C'est sa revanche, elle qui était à la fois enfant naturel, femme, pauvre et actrice sans succès.

    De ce moment, elle va devenir son quasi ministre de la propagande, s'impliquant de plus en plus dans la politique, haranguant, sans mandat officiel, la foule des « descamisados », les sans-chemise, dont elle est issue, avec un réel succès. A l'inverse de la classe dominante qui méprise le peuple ( et donc se méfie d'elle ), elle se fait leur chantre, et joue le rôle d'un trait d'union entre un Peron théoricien politique et hautain et les travailleurs ou les opprimés. Elle crée des abris pour les mères célibataires, des orphelinats pour bébés abandonnés, distribue des vélos, des machines à coudre et des berceaux dans les quartiers pauvres. Cette action démagogique est payante et son mari la laisse agir puisque les fleurs retombent un peu sur sa tête. Eva, qu'on nomme dorénavant Evita, obtient même le droit de vote pour les femmes à la veille de l'élection présidentielle de 1952. Pour couvrir toutes ces actions, elle crée la Fondation Eva Peron dont le but est d'assister les pauvres. Grâce à ses interventions radiodiffusées, elle réussira à faire sortir Juan Peron lui-même de prison où une faction armée l'avait incarcéré.

    En 1950, l'Argentine qui a fourni la viande et les céréales aux belligérants de la seconde guerre mondiale, est parmi les 10 pays les plus riches au monde mais Juan Peron a une réputation de dictateur fasciste. Aussi, Eva entreprend-elle une tournée européenne pour redorer son blason. Son passage en Espagne, à Paris et sa visite au Pape sont bien accueillis.

    Pourtant, le poste de vice-présidente qu'elle brigue très logiquement, en 1951, ne lui sera pas offert car, bien qu'adulée par le peuple, elle est aussi haïe par l'oligarchie traditionnelle et une partie de l'armée. Le faste de sa garde-robe, sa collection de souliers et la voiture de course Maserati qu'elle s'offre ne plaident pas pour l'image de bienfaitrice qu'elle veut donner.

    A 33 ans, l'âge du Christ, elle est emportée par un cancer de l'utérus, le 28 Juillet 1952. Afin que l'hommage de la nation puisse durer, son corps est embaumé par un expert en la matière puis exposé à la ferveur populaire. Mais, en 1955, Juan Peron est renversé et le corps d'Evita est transporté près de Milan, en Italie, où il est enterré sous une fausse identité. En 1971, son cadavre est de nouveau exhumé et envoyé en Espagne où Peron est en exil. Après la mort de Juan Peron en 1974, le corps d'Evita voyage encore et réapparaît aux Argentins, 22 ans après sa mort, dans un état de conservation surprenant. Elle repose enfin dans le caveau familial de Buenos Aires.

    La jeune actrice ratée, Eva Duarte, était devenue, grâce à ses discours affectifs et ses actions sociales de charité, judicieusement médiatisées, Evita, la « passionaria des pauvres » son plus beau rôle dans un pays en quête d'identité. Le mythe Evita, entretenu par des biographies et des films, n'est toujours pas retombé auprès des descamisados qui voulaient même la canoniser, ignorant les accointances du régime péroniste avec Mussolini, l'hospitalité qu'il offrait aux anciens nazis et ses comptes en Suisse bien remplis.

    Don't cry for me Argentina !
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  • Commentaires

    1
    Lundi 28 Juillet 2008 à 00:40
    Vidéo
    Je n’ai pas réussi à placer dans le texte le lien vers la vidéo que voici : http://www.youtube.com/watch?v=zyjJdoxUl6A&NR=1 Bonne lecture. Papyves.
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