• Du Guesclin en Espagne.

     

    Après la paix de Brétigny ( 1360 ) avec les Anglais, les mercenaires sont désoeuvrés et, rassemblés en « Grandes Compagnies », ils écument les campagnes qu'ils délestent de leurs ressources et du peu qu'elles conservaient pour l'impôt. Charles V, dit le Sage, s'en émeut et prenant prétexte d'un appel à l'aide du prétendant malheureux à la couronne d'Espagne, il envoie son capitaine Bertrand Du Guesclin, à la tête de ces grandes Compagnies, prêter main forte à Henri de Trastamare qui veut reconquérir la Castille ( capitale Tolède ), en guerre avec l'Aragon ( capitale Barcelone ). Ce chevalier breton s'était déjà illustré en battant, à Cocherel en 1364, les troupes du roi de Navarre Charles le Mauvais.

    Du Guesclin subit d'abord un premier échec à Navarette, en 1367, au cours duquel il est capturé par le Prince Noir, fils du roi d'Angleterre Edouard III, accouru avec le capitaine Chandos et ses troupes depuis l'Aquitaine. Le chevalier breton fixera lui-même, par orgueil, un montant élevé de rançon pour sa libération puis prendra sa revanche, le 14 Mars 1369, en battant le roi de Castille Pierre 1er , dit Pierre le Justicier puis le Cruel, à Montiel, au Sud-Est de la Castille.

    Par ruse, Bertrand amènera les deux demi-frères, concurrents au trône, à se rencontrer sous une tente où ils en viennent aux mains. Du Guesclin aidera Henri de Trastamare à prendre le dessus et, une fois Pierre mort, à monter sur le trône de Castille sous le nom de Henri II. Pour le remercier, celui-ci le couvre de récompenses et c'est en vainqueur que Du Guesclin peut se présenter à nouveau à son roi Charles V qui le fait Connétable ( grand écuyer, du latin comes stabuli ).

    C'est la fin de la première guerre civile espagnole mais également le retour aux exactions des Grandes compagnies. Aussi, le roi Charles le Sage propose-t-il à Bertrand Du Guesclin de mettre sa vigueur et son courage au service de la lutte contre les dernières places fortes aux mains des Anglais, ce qu'icelui s'acquittera avec succès, grâce à l'artillerie naissante, chassant l'anglais de Normandie, de Guyenne, de Saintonge et du Poitou.

    Il mène son dernier assaut à 60 ans, dans le Gévaudan, le 13 Juillet 1380. Le gouverneur de la place assiégée se rend et vient solennellement déposer les clés de la forteresse sur le cercueil du héros.

    Le roi le suivra de peu dans la nécropole royale de Saint-Denis où ils reposent tous les deux.

    Cette guerre entre Pierre et son demi-frère Henri préfigure celle qui amènera au pouvoir le Général Franco en 1939, en offrant à des étrangers l'occasion de régler leurs conflits intérieurs sur le dos de l'Espagne. Doit-on dire : "C'est de bonne guerre" ?

     


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