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Lebuzuk - historik

Les délires d'histoire de Papyves.../...ça s'est passé aujourd'hui !

Papyves

C'est  sympa  un  Blog : On  peut  aller  au  bout  de  son  monologue  sans  risquer  d'être  interrompu.  On  n'est  même  pas  obligé  de  lire  les  commentaires  d'autrui.


Non,  je  rigole,  si  j'écris  c'est  pour  être  lu,  pardi.  Alors,  bonne  lecture.  Vous  pouvez  zapper,  je  ne  m'en  offusquerai  pas.


En  fait,  si  je  suis  là,  c'est  parce  que  je  cherche  surtout  à  me  souvenir  de  l'anniversaire  du  jour.  Que  s'est-il  passé  aujourd'hui ?  On  oublie  trop  le  passé.  L'histoire  nous  apprend  pourquoi  nous  en  sommes  arrivés  là.  J'évite  quand  même  de  choisir  un  événement  anniversaire  qui  sera  bien  médiatisé. 

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Chers lecteurs blogeurs. J'ai reçu plusieurs messages me disant que vous avez des difficultés pour mettre des commentaires à la suite de mes billets. Beaucoup d'entre vous ne peuvent pas me répondre. Je n'y suis pour rien et n'ai pas mis de verrou. Je vous donne mon mail personnel, si vous voulez vraiment me joindre : logetteyves@yahoo.fr,. Merci de votre fidélité. Papyves.

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Le Français prohibé en Algérie. | 05 juillet 2008

 

A l'inverse du Maroc et de la Tunisie, la France a toujours eu des relations difficiles avec l'Algérie, même si les deux peuples s'apprécient. La date du 05 Juillet tombe à pic pour en parler car elle est l'anniversaire de trois événements :

Le 05 Juillet 1830, les troupes du Général de Bourmont font leur entrée dans la forteresse d'Alger, entraînant la capitulation du Dey et le début de la colonisation française dans ce qui deviendra l'Algérie. Un siècle et demie plus tard, le 05 Juillet 1998, entre en vigueur une loi, votée en 1996, qui impose la langue arabe dans toutes les écoles, à l'exclusion de toute autre, alors qu'au moment de l'indépendance, le 05 Juillet 1962, le pays dans son ensemble parle français, en sus de sa langue maternelle. On passe du bilinguisme culturel au monolinguisme arabe alors que le pays a soif d'ouverture vers l'extérieur. Mais avec un référentiel linguistique unique, le contrôle est plus facile.

Au début de la Guerre d'Algérie ( qu'on désignera longtemps par « les événements » en France ), le pays compte 08 millions d'autochtones seulement et 01 million de Français d'Algérie, c'est-à-dire Pieds-Noirs et Juifs séfarades naturalisés (installés là bien avant l'arrivée des arabes). On désignera ces colons Pieds-Noirs car ils avaient souvent les pieds dans les marécages pour les assécher et qu'ils ont fait connaître la vigne aux habitants locaux en foulant de leurs pieds nus les grappes de raisin noir pour en faire sortir le jus. Ce sont eux qui développeront l'usage de la langue française dans l'administration, les exploitations agricoles, ou les écoles. Mais, le 1er Novembre 1954, des attentats meurtriers contre les Français sont déclenchés par le tout jeune parti du Front National de Libération. C'est le début de l'insurrection et d'un conflit qui ne s'achèvera qu'en 1962 avec l'indépendance. Sans doute, le souvenir de la sanglante répression de Sétif en Mai 1945 refaisait surface dans les motifs du FLN.

En 1998 donc, l'enseignement de la langue de Voltaire est interdit. Le ministre précise « qu'il est fait obligation aux écoles privées ( les dernières à faire de la résistance ) d'utiliser la langue arabe comme unique instrument linguistique pour l'enseignement des programmes scolaires ». De fait, l'arabe était revenu en force dès l'indépendance, inscrit à l'article 3 de la Constitution comme « langue nationale et officielle », réintroduit d'abord dans le Primaire puis imposé, en 1968, à tous les fonctionnaires, placardé dans les rues en 1976. L'arabe est imposé par la loi comme unique langue d'Etat, en Janvier 1991, ce qui exclut, outre le Français, la pratique de la langue Berbère qui est pourtant celle des premiers occupants d'Algérie.

Naît alors un autre conflit interne entre les partisans d'une arabisation uniforme, dans le moule de l'Islam, et les tenants d'une pluralité de dialectes ou langues régionales dont se réclament les Berbères et leur culture « Tamazight ». Des émeutes régulières en Kabylie tenteront de faire accepter le Berbère comme deuxième langue officielle, en vain. La constitution de 1996 affirme pourtant que les composantes essentielles de l'identité algérienne restent « l'Islam, l'arabité et l'amazighité » mais pour ce dernier, les faits ne suivent pas et l'amazigh est considéré par les autorités comme un folklore. Ce n'est qu'en 2002 qu'une nouvelle loi lui accordera le statut de langue officielle, sans que cela ne se traduise dans les faits. Le Français, lui, n'est plus parlé que par l'élite et les journalistes, malgré la télévision qui diffuse largement les chaînes métropolitaines.

Membre de l'OPEP, l'Algérie du Président Abdelaziz Bouteflika a tous les atouts pour réussir son éclosion parmi les plus grandes nations arabo-musulmanes, membre influent de l'Union Africaine et de la Ligue Arabe. Mais avoir ôté au peuple l'atout majeur de la connaissance d'une langue étrangère est dommageable pour l'émancipation et l'épanouissement de celui-ci. Sauf si on ne le souhaite pas en haut lieu, ce qui serait étonnant.  

 

Publié par Papyves à 02:43:01 dans Faits de Société. | Commentaires (3) |